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 Moineau perdu

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Sarah Kahyer
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MessageSujet: Moineau perdu   Jeu 18 Juil - 19:31

[comme je ne sais pas si on va être embarqués dans la rafle ou pas je ne l'ai pas mis en titre on verra selon les événements]

07 Mars 2100

Arrow église protestante

D’habitude, lorsqu’elle était en fuite, les pas de Sarah la ramenaient vers une de ses cachettes dans le quartier pauvre. Quand elle reprenait ses esprits, elle était capable de reconnaître l’endroit où elle se trouvait. La dernière fois, elle s’était retrouvée blottie contre le mur d’une impasse discrète ou elle avait l’habitude de se réfugier pour échapper aux patrouilles de la milice pendant le couvre-feu. Une autre fois encore, sous un vieil escalier blottie dans une couverture qu’elle n’avait jamais vue auparavant.
Quand elle ouvrit les yeux, elle était recroquevillée contre le mur d’un tunnel, et tenait son précieux sac serré dans ses bras frêles.

*Plus de chaussures*

Tant pis, elle ferait sans. Au moins, elle avait toujours son sac. Elle se redressa et regarda autour d’elle. Non, décidément, rien de familier, elle n’était jamais venue ici. Sans prendre le temps de réfléchir, elle s’avança dans une direction au hasard. Sarah avait un principe : toujours avancer, dans n’importe quelle situation. Pleurer et s’arrêter ne servait jamais à grand-chose dans sa situation.

Sa jambe la faisait encore souffrir et c’est en boitillant qu’elle se retrouva dans. Un parking. Certes, Sarah ne s’attendait pas à déboucher sur le paradis de la nourriture ou coulerait une rivière en chocolat et ou même l’herbe serait comestible mais elle ne put s’empêcher d’être un peu déçue. Bon, au moins pas de milicien en vue, c’était déjà ça. Et puis elle pourrait peut-être passer la nuit ici. D’ailleurs, était-ce encore la nuit ?
Au fond, cela n’avait pas grande importance, Sarah était exténuée. Elle boita jusqu’à une des voitures et s’adossa contre la roue avant de sortir de son sac une certaine barre de chocolat pour laquelle elle avait failli perdre la vie. Avec volupté, elle laissa le premier carré fondre sur sa langue. C’était du chocolat bon marché, rien d’extraordinaire mais pour les petits moineaux les friandises étaient bien rares. Elle s’accorda un second carré, avec sa patte douloureuse elle avait bien mérité ce petit réconfort. Tout en mangeant, elle pensait à ces hommes qui l’avaient sauvée. Ils lui en voudraient peut être d’être partie comme cendrillon… quoi que les affreuses chaussures rafistolées au scotch n’avaient rien de souliers de vair. Ils ne pourraient même pas les vendre pour gagner quelques piécettes. Peut être l’un d’eux, ôtant les bouts de chiffons qu’elle avait glissés dans l’extrémité de ses chaussures, pourrait les porter. Elles étaient trois fois trop grandes pour Sarah, ces grolles qui malgré tout lui manquaient. Ses pieds allaient bien souffrir dans les jours à venir. Elle aurait bien voulu rester là-bas mais les cauchemars ne la laissaient jamais en paix.

Tant pis, la vie continuait.

Sa jambe blessée étendue devant elle et l’autre repliée Sarah fouilla son sac afin de vérifier que tout était là. Elle en sortit un petit couteau, au cas où. Rien ne manquait, pas même les billets volés au monstre …à cette seule évocation la jeune fille frissonna et regarda autour d’elle, au cas où ce croque mitaine surgisse d’une voiture. Personne. Elle sourit et se détendit légèrement. Mais cela ne dura pas longtemps ; elle crut entendre des bruits de pas. Terrifiée, elle se recroquevilla derrière la voiture  tout en saisissant son couteau fétiche, bien maigre défense mais c’était déjà ça. En hâte, elle avait remis son sac sur son dos pour être sûre de l’emmener en cas de fuite, même si elle n’était certainement pas en état de fuir avec sa jambe douloureuse.

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Amaury Scherr



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MessageSujet: Re: Moineau perdu   Mer 24 Juil - 23:00

Amaury Scherr avait mis du temps pour digérer le carnage qui avait eu lieu dans son sous sol. Deux patrouilles massacrées, le parking saccagé, son appartement transformé en hôpital de fortune, puis en QG de la résistance. Les deux fous furieux responsable  de tout ça qui se conduisaient en propriétaires arrogants, alors qu'ils étaient la cause de tous ce bordel.  Théo, qui avait dû rester allonger deux jours pour se remettre de son arrêt cardiaque. Et puis cette nana, la pirate informatique, qui pouvait le faire chanter quand elle voulait. Les dégâts dans le parkings avaient été imputé à l'explosion inexpliquée et inexplicable d'une des voiture garées là. En bref, ça avait été une semaine plutôt merdique. D'autant que le Français avait dû surveiller la santé précaire de son frère tout en terminant en catastrophe les deux robes dernières robes de la collection qu'il avait dû présenter la veille, dans le dernier défilé de la saison. Qui avait d'ailleurs remporté un franc succès, grâce à l'aide de ses mannequins fétiches, ses trois Drôles de Dames, comme il s'amusait à les appeler : Hayden, Louise et Maya. Trois fortes têtes, à leurs manières, mais qui savaient sublimer ses créations avec brio. Il avait d'ailleurs un nouveau projet, un défilé sur le thème d'Alice au Pays des Merveilles, qui mettrait en scène Louise en Reine Rouge, Hayden en Reine Blanche et Maya... en Alice, bien sûr (ce rôle était fait pour elle... Bien qu'il ait hésité avec celui du Chapelier Fou).

C'était donc bien fatigué qui rentra chez lui ce soir là, avec dans l'idée de passer une soirée avec son frère, tranquillement. Il avait été enfermé comme tout le monde du début de la Rafle... Mais de par sa position, il ne pouvait rien faire. Son statut de double camp lui liait pieds et poings. Il ne pouvait protéger que son frère, ou les amis qui pourraient peut-être lui demander de l'aide. Même si ça le faisait encore grincer des dents, il savait qu'il était plus utile à la Cible incognito, plutôt que démasqué -et mort. Assis dans sa voiture, il avait réfléchi un moment, passant un coup de fil à Maya pour savoir si elle était bien rentrée en début d'après-midi, et si elle s'était remise de la folle réception qui avait suivi le défilé. Il discuta un moment avec la Grecque, avant de tenter de joindre Hayden... qui ne répondit pas. Il laissa un court message sur son répondeur, lui recommandant de prendre soin d'elle, puis sortit de sa voiture, qu'il verrouilla.

On aurait pu dire beaucoup de choses sur d'Amaury Scherr. Il était... spécial. Parfois -souvent- dur à vivre. Il stressait beaucoup. Il piquait parfois des crises de nerfs pour un rien. Pouvait se montrer susceptible. Montrait un certain penchant pour le pessimisme. Le designer avait beaucoup de défauts. Mais il n'était pas paranoïaque. Pourtant, en marchant ce soir-là entre les voitures silencieuses, il ne put éviter de jeter un œil aux alentours, par simple mesure de sécurité.

Soudain, il entendit un bruit.


* Ah non, pas encore!*

Il avait tout de suite pensé à un intrus, un mec qui s'était caché pour agresser le premier -riche- habitant venu. Prudent, l'homme avançait parmi les voitures en jetant des coups d'oeil nerveux.  Et puis, un mouvement attira son attention. Redoublant de prudence, il s'approcha... pour trouver une jeune fille, une adolescente, encore, recroquevillée contre une voiture, brandissant devant elle un petit couteau pour se défendre. Elle n'était de l'immeuble. D'ou, alors? Pieds nus, habillée légèrement, elle semblait terrifiée. En cette nuit ou la milice avait pris le pouvoir sur la ville, il n'aurait pas été étonnant qu'elle vienne d'échapper à une rafle. Il mit un genoux à terre à une bonne distance de l'inconnue, lui montrant ses mains, comme s'il voulait calmer un petit animal. Puis il prit la parole d'une voix douce :

-Tout va bien se passer, tu n'as pas à avoir peur de moi. Je m'appelle Amaury. Je peux avancer?

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Sarah Kahyer
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MessageSujet: Re: Moineau perdu   Sam 27 Juil - 13:17

Sarah observa attentivement l’homme devant elle. Un détail particulier retenait son attention : son crâne. Il était lisse et brillant…Sarah était littéralement hypnotisée par cette absence totale d’une quelconque capillarité. Macache, que dalle, rien du tout, peau de zobi , tintin, des clous, mes genoux. Une vraie boule de billard, mise en valeur par les lumières du parking qui s’y reflétaient. Si le créateur avait eu des intentions hostiles, il aurait eu le temps de la dépasser, désosser et déguster en salade, osso bucco, hachis Parmentier ou même en tartiflette et congeler le reste pour un casse-croute ultérieur en attendant qu’elle réagisse.

On aurait dit un joli petit œuf sur le point de se fendiller puis d’éclore pour laisser place à un joli petit oiseau.  Sarah aurait bien attendu l’éclosion en finissant son chocolat mais elle avait d’autres chats à fouetter…ou plutôt d’autres choses à faire. Elle détestait les expressions de ce type. Pauvres petits chats innocents…

Bref. L’homme n’avait a aucun moment tenté de l’appâter avec de la nourriture. Avec le temps et l’expérience, la jeune fille avait appris à se méfier de ceux qui lui proposaient gracieusement de la nourriture. Le dernier en date lui avait laissé un aimable petit souvenir dont elle se serait fort bien passé…mais il n’était pas le premier. Des messieurs mal intentionnés avaient déjà essayé de l’appâter avec des sucreries, des vêtements chauds, de la nourriture. Dans ces moments-là, Sarah entendait une petite voix dans sa tête qui soufflait « mauvaise idée ». Ces deux mots lui avaient évité de tomber Dieu seul sait où. Impossible de se rappeler de la personne qui un jour lui avait soufflé cela au creux de l’oreille. Homme, femme, chimpanzé, impossible de le savoir… quoique l’option chimpanzé fût peu probable.

Ou alors : Sarah avait rencontré dans sa vie « d’avant » un chimpanzé doté d’une intelligence supérieure capable de parler ! …Peu probable également. Dommage, les chimpanzés devaient avoir énormément de choses à dire. Ou les Gibbons, les singes préférés de Sarah à cause de leurs immenses bras. Mais elle n’était pas face à un gibbon mais à un homme inconnu dans un lieu inconnu, donc en position de faiblesse. Hourra. Mais il n’avait pas l’air de vouloir en profiter. Peut-être pourrait-il l’aider…

Elle devait se rendre à l’évidence, elle était dans la panade jusqu’au coup. Blessée, perdue et épuisée…le tiercé gagnant. Il fallait au moins qu’elle connaisse le nom de cet endroit, histoire de se situer. Elle posa son couteau au sol pour lui montrer qu’elle n’avait pas l’intention de s’en servir puis lui fit signe d’avancer. Elle croisa les doigts pour qu’il ne soit pas armé car au corps à corps elle n’avait aucune chance de s’en sortir.
Tout en guettant le moindre signe d’agressivité de la part de son interlocuteur, elle demanda


-Ou …on est ici ?

Pour une fois, la phrase était à peu près bien construite, mieux que les embryons qu’elle avait adressés à son précédent sauveur. Avec un peu de chance, elle n’était pas trop loin des quartiers pauvres et pourrait vite aller se blottir dans une de ses cachettes préférées.

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Amaury Scherr



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MessageSujet: Re: Moineau perdu   Dim 18 Aoû - 19:15

La pauvre jeune fille avait l'air totalement fascinée par quelque chose qu'Amaury ne saisissait pas. Enfin, c'était sans doute fascinant pour ainsi la tenir en haleine. A sa question, elle posa son couteau et lui fit signe qu'il pouvait s'approcher. Le designer ne se méfiait pas de cette petite. Elle avait l'air tellement perdue, assise sans chaussures avec juste un couteau pour se défendre. Elle avait de la chance d'être tombé sur lui. Cet immeuble était destiné aux gens aisés, qui, pour la plupart, se rapprochaient pas mal de collabo. Au mieux ils ne disaient rien, au pire, ils dénonçaient. Dans le meilleur des cas, la jeune fille se serait retrouvée expulsée par la sécurité qu'il l'aurait renvoyée dehors, sans chaussures, sans manteau, dans le froid des nuits de la capitale.

Sans se redresser totalement, pour ne pas lui donner l'impression de vouloir la dominer, il s'approc]ha un peu, se délesta de sa veste et la lui tendit.


- Tu es dans le centre ville, dans le parking de l'Immeuble ou j'habite. Comment tu t'appelles?

Il n'était pas trop près d'elle, et espérait qu'elle verrait qu'il n'avait pas la moindre envie de l'agresser ou quoi que ce soit. Il se retourna pour regarder derrière lui. Il fallait faire vite. Que personne ne le voie, et surtout que personne ne la voie, elle. Heureusement, depuis "l'incident" du parking, les voitures des résidents avaient été déplacés dans une dépendance attenante, aménagée à la va vite et encore dépourvue de caméras de surveillance. Il ne voulait pas la brusquer, puisqu'à l'évidence, elle semblait terrorisée, mais il faudrait vite la mettre à l'abri. Elle avait l'air tellement perdue! L'instinct protecteur d'Amaury reprenait le dessus. Il avait beau se montrer cynique et froid au quotidien, son frère et lui se ressemblait pas mal sur ce point : ils n'aimaient pas laisser des gens qui ont besoin d'aide seuls dans leur merde.

- Tu sais comment tu es arrivée ici? Tu as fui les miliciens?

Il jetait des coup d'oeils nerveux autour de lui, de peur que quelqu'un arrive.

- Ecoute, je sais que tu ne me connais pas, mais il ne faut pas qu'on reste ici, c'est dangereux. Je te demande de me faire confiance. On va aller chez moi, tu seras en sécurité.

Si elle était fugitive, il ne valait mieux pas qu'on la retrouve. Le designer ne réfléchissait pas aux conséquences ni aux suites. Une gamine avait besoin de lui. Il lui tendit la main pour l'aider à se relever.

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Sarah Kahyer
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MessageSujet: Re: Moineau perdu   Sam 31 Aoû - 18:03

L’inconnu ne montrait aucun signe de lassitude, d’énervement ou d’ennui ce qui arrivait pourtant souvent à ceux qui tentaient de communiquer avec Sarah. Il lui tendait même sa veste ! La jeune fille la saisit doucement pour l’enfiler.  Elle savoura le contact du tissu doux, soyeux de la veste. Ca la changeait de ses pulls rêches qui provoquaient parfois de sacrées démangeaisons. Une fois elle s’était retrouvée avec les bars recouvert de grosses  plaques rouges.

- Tu es dans le centre-ville, dans le parking de l'Immeuble ou j'habite. Comment tu t'appelles?

Centre-ville. Sarah y trainait de temps en temps mais jamais de nuit. Etrange que ses pas l’aient menée ici. Au moins, elle était à peu près fixée sur sa location. Mais dans son état, impossible de retourner nicher dans les bas quartiers ; il était déjà étonnant qu’elle ait  réussit à se trainer jusqu’ici, ce n’était pas pour faire demi-tour.  
Comment tu t’appelles  … elle avait toujours du mal à répondre à cette question. Ou plutôt elle avait comme un doute avant de répondre Sarah. Parfois, il lui semblait que son interlocuteur allait répondre : mauvaise réponse !  En tout cas c’était le seul prénom qui hantait sa mémoire suivit d’un nom de famille donc c’était probablement le bon, enfin espérons.


-Sarah, Sarah Kayher finit elle par dire au bout de quelques secondes d’hésitation.

Tout en lui parlant Amaury regardait autour de lui. Sarah comprit que restée plantée là comme un légume pouvait s’avérer dangereux, il allait falloir agir. Oui mais faire quoi ? Elle n’avait pas franchement d’endroit où aller

- Tu sais comment tu es arrivée ici? Tu as fui les miliciens?

-Euh… sais plus bien…


Il y avait ces mains rouges de sang qui la poursuivaient sans cesse… elles allaient lui faire du mal mais Sarah avait réussi à fuir. La prochaine fois, elle n’ouvrirait pas la porte même si elle en mourrait d’envie. Mais déjà, cette nuit, elle n’avait pas pu s’en empêcher, sa main ne lui obéissait plus. Comme si c’était obligatoire : elle devait ouvrir cette porte. Mais elle ne pouvait pas parler à Amaury du cauchemar, ni de ses amis de l’église car il ne comprendrait pas pourquoi elle s’était enfuie. Personne ne pouvait comprendre le cauchemar.

-J’avais peur…sais plus.

Finit-elle par articuler. Si elle c’était contentée de dire oui, elle aurait sans doute parut plus normale, mais empêtrée dans ses réflexions bancale elle n’y avait même pas pensé. Pauvre petite chose étrange. En attendant, elle croisait les doigts pour qu’il ne la prenne pas pour une folle. Elle n’était pas folle, juste… pas complète. Il manquait des pièces.

- Ecoute, je sais que tu ne me connais pas, mais il ne faut pas qu'on reste ici, c'est dangereux. Je te demande de me faire confiance. On va aller chez moi, tu seras en sécurité.

C’était officiel : il devait faire partie de l’entourage du père noël. Les gens aussi généreux se faisaient rares par les temps qui courent. Après avoir croisé la route d’un bon samaritain sur un toit gelé, la demoiselle ne s’attendait pas à avoir cette chance une seconde fois. Elle saisit la main qu’il lui tendait montrer qu’elle n’avait plus peur , se leva et prit son précieux, son irremplaçable sac à dos. Puis elle murmura

-Merci

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Amaury Scherr



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MessageSujet: Re: Moineau perdu   Dim 17 Nov - 17:26

[hrp : désolée pour le retard! J'étais persuadée de l'avoir posté, mais il attendait dans les brouillons...]

Confiance. Ce mot si simple à dire, mais pourtant si difficile à appliquer dans une ville comme Hegemony. Les véritables personnes de confiances se comptaient en général sur les doigts d'une main. De deux mains, si l'on avait des contacts. La pauvre gamine ne devait pas en avoir beaucoup. Elle ne parvint même pas à dire au designer pourquoi et de quoi elle avait fui. Saloperie de miliciens... Car pour Amaury, il n'y avait aucun doute que la Milice était en cause.  La jeune Sarah avait l'air traumatisée, et à sa connaissance, et pendant une nuit comme celle-ci, il n'y avait que les Hommes en Rouges pour effrayer quelqu'un à ce point. L'homme au crâne rasé aida son vis à vis à se redresser. Elle ne pesait pas bien lourd. Elle était maigre, vraiment. Il faudrait prendre soin de cette petite, en attendant de trouver quelqu'un qui, peut-être, l'attendait quelque part. Ils parcoururent rapidement les quelques mètres qui les séparaient de la sortie. Un problème s'imposa à Amaury. Si le garage était dénué de caméra, l'immeuble, lui, en possédait un paquet. Autant, il était en droit d'amener qui il voulait chez lui, autant, pendant la nuit de la Rafle, tout mouvement suspect allait être analysé. La prenant doucement par la main, il l'entraîna vers le parking souterrain, encore désaffecté. Les travaux ne devaient commencer que dans quelques jours. Et il se rappelait qu'Anthem, la pirate informatique, avait grillé les programmes de toutes les caméras de cet étage. Ils étaient momentanément hors d'atteinte. Maintenant, à moi de demander à Théo de descendre avec un grand sac de sport pour demander à Sarah de s'y cacher, il ne voyait pas trop comment la remonter. Il se frappa mentalement le front de la main. Quel con. Habitué à son petit confort, il avait négligé les escaliers de secours. Personne ne les empruntait jamais...

Il fit un sourire rassurant à la jeune fille qui se tenait à ses côtés.


"- Tu as une bonne endurance?"

Il ouvrit la porte des escaliers, ceux-là même par lesquels Théo était descendu au casse-pipe quelques jours auparavant. Il lui fit signe d'avancer et monta à sa suite, attentif à la moindre faiblesse. Le neuvième étage arrive bientôt... Pour lui qui n'était pas en meilleure forme que le quidam lambda, cet exercice avait déjà été fatiguant. Un doigt sur ses lèvres, il entrouvrit la porte et se dépêcha d'amener la jeune fille jusque chez lui où il ferma la porte en poussant un soupir. Un bruit d'eau lui indiquait que Théo prenait sa douche. Il servit rapidement un verre d'eau à sa protégée, puis, lui désignant le canapé :

"- Assieds-toi là, tu veux? Je reviens d'ici 30 secondes."

Au pas de course, il prit une feuille de papier, un stylo et fabriqua une pancarte de fortune qu'il posa sur la chaise de bureau devant son ordinateur, qu'il mit en marche. Maintenant, il n'y avait plus qu'à attendre, en espérant que ça ne prendrait pas trop de temps...  Il revint vers la jeune fille et lui demanda :

"-Tu veux manger quelque chose? Je te propose pas la douche, mon frère y est, mais dès qu'il sera sorti... N'hésites pas."

Il restait intrigué par Sarah et ce qui l'avait poussé à fuir, ce qu'elle avait vécu. Mais elle paraissait en état de choc, aussi il se tut, se contentant de se laisser tomber sur le canapé en face d'elle, le téléphone à portée de main.

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Sarah Kahyer
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MessageSujet: Re: Moineau perdu   Ven 13 Déc - 17:37

[sorry, max d'attente et minimum de boulot TT ]

« Le père noël » n’eut aucune difficulté à aider Sarah à se lever. Elle n’était pas bien lourde la mominette et tremblait même un peu une fois sur ses jambes. Mais il était hors de question de rester sur place. Et puis elle avait déjà vécu pire : sa fuite le jour de cette blessure…une vraie horreur.

- Tu as une bonne endurance?


En regardant vers le haut, Sarah eut le vertige. Il allait falloir monter tout ça ? Même si elle était parfaitement consciente qu’elle n’avait pas le choix, la perspective de l’ascension ne l’enchantait pas franchement. Elle acquiesça sans répondre et serra les poings tout en s’appuyant sur Amaury puis s’engagea dans l’escalier en essayant de faire le moins de bruit possible et surtout en croisant les doigts pour que personne ne surgisse. Elle avait beau avoir quelques cases en moi, elle devinait aisément que, si jamais quelque les trouvait comme ça, cette personne risquait de les signaler à la milice.
Tout, sauf les brutes en rouge.
Lentement mais surement, l’étrange duo avançait dans l’escalier. Sarah guettait le moindre bruit de pas ou de porte, au cas où, mais rien. Décidément, c’était plutôt son jour de chance. Les mains rouges avaient disparu, au moins pour le moment et Amaury allait prendre soin d’elle. Etrangement, cette fuite lui rappelait quelque chose. C’était bien sûr très flou, mais elle avait déjà vécu quelque chose de semblable… elle se souvenait d’un hurlement de douleur, d’un escalier…et d’une paire de chaussures. Pourquoi une paire de chaussures ? Aucune idée. Les souvenirs de Sarah étaient toujours très embrouillés et mêlaient assez souvent le coq et l’âne. En attendant ce souvenir étrange avait le mérite de détourner son attention de sa jambe , c’était déjà ça de prit.
Quand ils s’arrêtèrent enfin devant une porte, la demoiselle ne put s’empêcher de pousser un soupir de soulagement. Amaury lui fit signe de se taire, visiblement il y avait déjà quelqu’un dans l’appartement, elle pouvait entendre un bruit d’eau. Une douche. Une bonne douche bien chaude, ou mieux : Un bain avec plein de mousse ! Le rêve ultime. Un bon bain chaud avec des huiles essentielles parfumées à la fleur d’oranger et une immense serviette éponge chaude dans laquelle on pourrait s’enrouler à son aise en sortant de la baignoire. Suivit d’un bon repas avec plein de viandes, cela faisait vraiment très longtemps que Sarah ne s’en était pas mis sous la dent, vu le prix et ses petits moyens. Amaury servit un verre d’eau qu’elle engloutit à la vitesse de l’éclair. Après tant d’efforts, elle l’avait bien mérité même si elle aurait préféré quelque chose de plus… alcoolisé histoire de se remettre sur ses deux jambes. Puis il lui indiqua le canapé


"- Assieds-toi là, tu veux? Je reviens d'ici 30 secondes."

Sarah s’y enfonça avec délice. Quel confort ! C’était même plus confortable qu’à l’église protestante. Pendant qu’elle se laissait aller dans le canapé, il revint et lui proposa

"-Tu veux manger quelque chose? Je te propose pas la douche, mon frère y est, mais dès qu'il sera sorti... N'hésites pas."

Manger ? MANGER ??
Sarah faillit sauter de joie ! Son activité préférée !


-Manger ! répéta-t-elle en souriant de toutes ses dents. Elle ajouta, l’air très concentrée

-Manger …truc chaud. Dehors il … fait froid. Alors truc chaud ?

Puis elle jeta un petit coup d’œil autour d’elle.

- Jolie maison. A toi ?

C’était très sympa ici, très bien décoré. Sarah s’y plaisait beaucoup pour le moment, même si elle n’avait aucune idée de ce qui allait se passer ensuite. Elle ôta la veste qu’Amaury lui avait passée et la plia soigneusement sur le rebord du canapé tout en observant autour d’elle.

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MessageSujet: Re: Moineau perdu   Lun 20 Jan - 21:19

[/color][HRP: Je poste Amaury et Théo en un post Wink sinon ça aurait fait des posts trop courts!]

Le regard de la gamine s'illumina lorsqu'il parla de manger quelque chose. Il rit d'un rire sans joie. Des fois, il s'en voulait d'être un privilégié, alors que tant de personne dans la rue crevaient de froid et de faim. Aussi, dès qu'il pouvait aider quelqu'un, il n'hésitait pas à le faire... C'était d'ailleurs pour ça que quelques jours auparavant, son appartement s'était transformé en hôpital clandestin... Passons. L'homme fit un aller-retour dans la cuisine et revint avec une assiette creuse, des couverts et divers condiments sur un plateau qu'il déposa devant Sarah. Puis il amena une soupière fumante. De son éducation plutôt bourgeoise, Amaury, contrairement au reste de la fratrie, avait conservé des restes : l'habitude de faire les choses "comme il faut" : la soupe dans une soupière, le couteau à poisson s'il y avait du poisson, changer d'assiette entre les plats... Ce genre de choses débiles et parfaitement inutiles dans le cas présent, mais qui lui collaient à la peau. Pour lui, un repas sans entrée, plat et dessert, ça n'était pas un vrai repas. Voir son frère ou sa sœur qui se contentaient de réchauffer un plat préparé dans un micro-onde pour le manger sur le pouce en 5 minutes debout dans la cuisine le rendait dingue.

- Je viens de faire un potage. C'est chaud, au moins. Après, il y aura du bœuf bourguignon, si tu aimes. Tu veux boire autre chose que de l'eau, peut-être? Thé? Café?

Une voix l'interrompit :

- File-lui de la gnôle, par ce froid c'est tout ce qui parvient à réchauffer les gens!

Son frangin venait d'entrer dans le salon. Se séchant les cheveux, il regardait Amaury, sans prendre la peine de regarder qui était le canapé tant il était sûr de l'identité de l'invité surprise. Ses pieds nus encore humides laissaient des marques sur le parquet, et il ne portait qu'un jean. Sur son torse, on voyait une cicatrice assez disgracieuse en forme de L, large comme la paume de la main. Le designer lui envoya le torchon qu'il tenait à la main dans le torse en râlant :

- Tu pourrais peut-être t'habiller, non?
- Boarh, ça va, c'est pas comme si Ophé m'avait jamais vu torse nu... On a pris des bains tous les trois dans la même baignoire, je te rappelle.
- Ophé? Pourquoi tu parles d'Ophé?

Le plus jeune se tourna vers le canapé, la bouche ouverte, s’apprêtant visiblement à dire quelque chose, avant d'avoir l'air passablement surpris. Il dévisagea la gamine pendant quelques secondes, en oubliant même de renvoyer son torchon à Amaury.

- Merde, je pensais que c'était la frangine! Excuse-moi.

Il sourit, plus amusé que gêné au final, au petit moineau assis sur le canapé blanc.Le journaliste s’apprêtait visiblement à rajouter quelque chose, mais il s'en abstint, comprenant que ce n'était peut-être pas le moment de poser tout un tas de questions. Il ouvrit le frigo pour sortir une brique de jus d'orange qu'il porta à sa bouche pour boire à même la bouteille, essuyant un regard courroucé de la part d'Amaury, qui lui prit la brique des mains et versa le jus dans un verre. A l'intention de Sarah, il ajouta :

- Désolé, Sarah. C'est mon petit frère, Théo.

Le début d'une musique électro retentit soudain, et le designer se précipita vers son téléphone. Voyant le numéro s'afficher, il poussa un soupire de soulagement. Elle n'avait mis que 5 minutes à se manifester. S'éloignant dans le couloir pour passer son coup de téléphone, il laissa son jeune frère faire la conversation. Celui-ci s'assit d'ailleurs près de Sarah, pas trop non plus pour ne pas avoir l'air menaçant et lui dit, désignant le couloir du menton :

- Il est chiant, mais c'est un chouette type quand même.

L'observant un instant sans trop être intrusif, son regard tomba sur la jambe de la jeune fille. Son passé lui avait appris à reconnaître les gens blessés...  :

- Ta jambe, c'est une blessure par balle? ça a été soigné?

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Sarah Kahyer
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MessageSujet: Re: Moineau perdu   Mar 4 Fév - 15:17

Sarah n’était pas très franchement adepte des bonnes manières. A table, tout particulièrement. Son maintien n’avait rien à envier à celui d’un barbare affamé. Le maniement des couverts était franchement approximatif, c’était pourquoi elle choisissait d’utiliser la plupart du temps ses doigts. La voir manger n’était pas un spectacle très agréable voire parfaitement répugnant. Quand elle vit arriver le bon bol de soupe chaude, que les effluves du divin plat virent lui chatouiller les narines, son estomac peu remplit grogna en signe de reddition. Ça allait être un sacré carnage. Sans prendre le temps de remercier Amaury ni même de lui répondre, elle saisit à deux mains l’assiette de soupe avant de la porter à ses lèvres. Dieu que c’était bon ! La soupe en elle-même était très bonne mais la faim dévorante de Sarah (la meilleure des sauces) lui donnait un petit gout de Paradis. Elle aurait presque entendu chanter les anges, tant elle se croyait proche du paradis. Un peu de soupe lui dégoulina sur le menton. Elle recueillit la précieuse nourriture du bout de ses doigts avant de les lécher consciencieusement puis revint à la soupe. Il ne lui fallut que quelques secondes pour finir son plat mais quelques restes de soupes demeuraient au fond de l’assiette. Sans aucun respect pour le savoir vivre, Sarah se mit à lécher avidement l’assiette. Avec son minois et son petit nez pointu, on aurait dit un chat devant un bon bol de lait. Ce fut la voix de l’inconnu qui l’arrêta.

Ophé ? C’était qui ophé ? Elle considéra avec intérêt le jeune homme torse nu face à elle avant de lui sourire de toutes ses dents. Elle était chez Amaury, rien à craindre de lui sûrement. En temps normal, elle lui aurait lancé son couteau entre les deux yeux. Mais là, elle se contenta d’éclater de rire. Une vraie gosse. Le mot gnôle la fit réagir. Elle en avait, de la gnôle quelque part, non ? C’était très impoli de sa part de se régaler aux dépends d’Amaury sans proposer quoi que ce soit en retour ! Elle se mit à farfouiller dans son sac, tandis qu’Amaury lui présentait son frère, pour en sortir, triomphante, une bouteille de Scotch bon marché à moitié vide.

-Gnôle ! s’exclama-t-elle avant de répéter, petit frère Théo.

C’était bon, c’était enregistré. Elle observa Amaury s’éloigner téléphone à la main tandis que Théo venait s’installer à côté d’elle. Pendant qu’il parlait, elle déboucha la bouteille et porta le goulot à ses lèvres sans cérémonie avant d’en avaler une bonne rasade. Ça fait du bien par ou ça passe, avait l’habitude de répéter un des vagabonds avec qui elle partageait certains de ses abris. Si, quand elle était arrivée en ville, Sarah tenait très mal l’alcool, elle avait acquis au fil du temps une véritable descente de scaphandrier. Son foie lui en tiendrait longtemps rancune mais c’était parfois le seul moyen qu’elle avait de se réchauffer les entrailles pendant les longues nuits d’hiver. Elle essuya le goulot avec ses mains et tendit la bouteille à Théo

-Gnôle ?

Puis elle sortit de son sac une autre bouteille d’un alcool transparent dont l’étiquette était arrachée, histoire d’offrir un choix à peu près correct.

-Amaury, chouette type. Pas beaucoup de gens… comme lui. Très gentil. Et bonne cuisine.

Dans sa tête sa sonnait mieux, très certainement. Elle observa longuement sa cicatrice à la jambe. Comment expliquer ce qui c’était passé quand elle-même ne comprenait pas trop comment elle avait pu fuir un endroit où elle était à l’abri, ou on prenait soin d’elle.

-Oui. Milicien, ajouta-t-elle. Très dangereux, très sadique, avec un gros chien. Vieux dégoutant…avec un regard de pervers. Mais je l’avais tapé avant. Ajouta-t-elle en se redressant. Elle ne s’était pas faire comme une pauvre petite victime sans défense, elle avait lutté et lui avait même fait un peu mal, d’abord, même si il avait eu l’occasion de l’étrangler.

-Soigné, opéré et suturé. Ai eu très mal, mais maintenant presque plus. J’étais chez quelqu’un puis…il y a eu…

Elle avala une bonne gorgée de l’alcool transparent mais ne put articuler un mot pendant quelques minutes, les yeux perdus dans le vague.

-Partie. Oublié mes chaussures. Mais toi, dit-elle en désignant l’endroit où, quand il était torse nu elle avait pu voir une cicatrice étrange, c’est quoi ? Tu as mal ?

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MessageSujet: Re: Moineau perdu   Sam 15 Fév - 22:59

[HRP : post modifié pour coller au fait qu'on est le soir de la rafle... oui j'avais oublié ce détail... -__-'']

L'arrivée à Hegemony n'avait pas été des plus simples. Le choc du contraste probablement. Victor était arrivé par le train en un peu moins d'une journée et demi. Il ne fallait pas croire, malgré la particule, le bellâtre n'avait pas un sous en poche pour se permettre de prendre l'avion. Il avait alors successivement vu défiler sous ses yeux les villes et les campagnes de la province française, allemande en contournant l'enclave neutre entourée de montagne, la Suisse, puis austrienne. Plus il se rapprochait de la capitale, plus il avait l'impression que son humeur se noircissait. Le temps aussi semblait plus gris, plus froid, les couleurs plus ternes aussi. Le pire fut probablement dans ce moment où ils atteignirent les abords de la capitale. Ce fut une suite sans fin de zones résidentielles, géométrisées, proprettes, semblables, comme décalquée les unes sur les autres. La vie semblait paisible, sans aucun sens, comme si ce confort relatif avait permis d'accepter la froideur de la chose. Puis l’enchaînement de tours et de cités, de bâtiment dans un état de délabrement tel que seul le linge sur les balcons permettait d'affirmer que ces quartier fantômes était encore peuplées. Les heures glorieuse de l'urbanisation. Du bétail dans des boxes de béton, le tout surveillé de près par des patrouilles d'homme en rouge. La ville semblait s'étirer encore et encore, au fur et à mesure pourtant, les constructions devenaient de plus en plus anciennes, portaient de plus en plus de cachet, se révélaient comme des beautés sauvegardés du patrimoine et enfin une ostentation audacieuse d'un luxe et d'un faste écœurants. Au rythme régulier des rails, les entrailles de  homme se tordaient dans une violence douloureuse. Déjà il se sentait happé, intégré, ingérer par la monstruosité de cette ville, il savait qu'il serait aussi rapidement digéré...

Quitter Paris n'avait pas été le plus dur, après tout, il avait été prêt à le faire un peu plus d'un mois auparavant pour suivre son meilleur ami, son frère non pas de sang mais de tout le reste. Et puis, plus rien ne le retenait là-bas désormais. Il s'agissait d'un changement de vie, pas de cause. Pourtant, comme il arrivait à l'allure ralentit sur les quais parfaitement aseptisés de la gare, il eut l'horrible impression que la capitale n'aurait aucun mal à drainer l’énergie de quiconque, les idéaux aussi... peut être avait-il peur de devenir comme tous ces gens dans leur baraquement de ciment. Agir en province n'était rien, comparé à lever le petit doigt dans une ville comme Hegemony...

A peine descendu du train qui l'avait conduit dans cet enfer enrubanné de faux semblants, il avait consulté les plans de la ville, cherchant une adresse qu'il n'aurait, normalement, que peu de mal à trouver. Sur son épaule, il portait un large sac de sport, réminiscence d'une jeunesse un peu plus fastueuse dans le domaine de l'exercice physique. A l'intérieur, tout ce dont il aurait besoin pour faire face à la ville anthropophage.
En pleins centre ville vivait un designer un peu fou, un homme déterminé pourtant et.... aux multiples facettes. Pas de taxi là non plus. La nuit avait beau être tombée et le couvre-feu bientôt en place. Victor préféra la marche aux trams qui semblaient pourtant pulluler sur toutes les grandes avenues. Et puis ce serait l'occasion pour lui de découvrir plus en détail ce centre débordant d'extravagance, d'insouciance et d'opulence. C'était comme une prise de repaires, un tâtonnement de terrain. La nuit semblait agitée, les voitures de la milices semblaient défiler les une après les autres pour se déversée dans la ville. C'était donc ça, là capitale ?...

D'un petit sifflement impressionné, il s'arrêta devant le numéro indiqué sur son petit bout de papier pour reluquer l'impressionnant immeuble en pierre de taille. Ils se faisaient vraiment pas chier les frères Scherr... même si Victor ne s'étonnait pas un instant du fait que c'était davantage la position de l'aîné qui leur permettait de jouir d'un tel appartement dans le cœur historique même de la ville.
Le Vicomte de pacotille avait suivit à la lettre les instructions pour le digicode et sous l'impulsion d'un coup de poignet, la porte du bas de l'immeuble s'était ouverte comme les portes de la caverne d'Ali-baba. D'un œil à la fois envieux et dégoûté, il regarda aux alentours, ça puait la richesse jusque dans le vestibule. Une volée d'étages plus haut, il était sorti de l'ascenseur avant de venir se poster devant la porte qui y faisait face. Il frappa trois coups sec, se demandant si les frangins seraient là. Après tout, l'un, en plus d'être pigiste à courir les potins recracher par la cellule de désinformation de l'Empire, pouvait tout aussi bien être en train de s'occuper d'affaires tout à fait illégales dans les bas-fond de la ville. Quant à l'autre, il n'était pas plus improbable qu'il soit en train de bosser, entouré d'une ribambelle de mannequins à moitié dénudées – l'idée fit doucement sourire Victor quand on pensait que le beau gosse aurait donné beaucoup pour se trouver à la place d'Amaury qui, lui, passait à côté de toute ces belles créatures sans même s'en émouvoir – ou à s'occuper d'affaires totalement différentes...
Il serait de toute façon fixé assez rapidement, il imaginait. Fouillant d'une main ses poches, il cherchait de la petite monnaie, histoire d'estimer quel type de chambre pourrie il pourrait se payer avec les quelques livres qu'il avait sur lui.
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Théo Scherr
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MessageSujet: Re: Moineau perdu   Dim 16 Fév - 3:00

Je ris de bon coeur lorsque la gamine me tends une bouteille pleine d'un alcool non identifié. Je secoue la tête avec un petit sourire. Pas que j'ai pas confiance en elle, mais les bouteilles sans étiquettes, je me méfie, souvent c'est de la gnôle maison, et c'est pas bon pour ce que j'ai, l'alcool à 70%. Je pose ma serviette en travers de mes épaules et me ressert un verre de jus d'orange, poussant la bouteille vers Sarah, pour le cas où elle voudrait tester les mélanges. Je m'enfonce un peu plus dans le canapé, et j'ajoute, à son commentaire sur mon frère :

- Ouais, il cuisine bien, c'est la seule chose qui me fait rester chez lui.

Je ris une nouvelle fois, pour montrer à quel point je suis peu sérieux. Bon si, Amaury est chiant, surtout depuis mon infarctus, mais il s'inquiète, alors je lui en veux pas. Enfin, pas trop. Aux explications du moineau qui s'accroche à sa bouteille, je fronce légèrement les sourcils, tout en serrant un peu les dents. Les miliciens... Tous recrutés non pas pour leurs aptitudes sportives ou leur capacité à viser... encore moins pour leur intelligence, mais pour la violence qu'ils refoulent tous, leur goût pour le sang, leur sadisme. Je ne savais pas qui était ce milicien qui l'avait agressé, mais malheureusement, y'avait aucune garantie que si elle était tombée sur quelqu'un d'autre, ça se serait mieux passé. Sa pause lorsqu'elle parle de là où elle était restée après son apparition retient mon attention, en revanche. Mais quand elle change de sujet, je classe l'affaire. Quitte à y revenir plus tard. Je note aussi sa façon de parler particulière, me promettant de creuser le sujet : était-ce parce qu'elle était étrangère, parce qu'elle n'avait jamais été à l'école?

- Pour tes chaussures, et tes affaires, en fait, faudra demander à Amaury. Il doit avoir des habits de notre soeur à te prêter. Comme ça tu pourras laver tes fringues. Enfin, comme tu veux après.

A sa dernière question j'hausse les épaules.

- J'ai mal parfois, mais seulement quand je fais le con. Mon coeur est en toc, et ils m'ont découpé comme ça pour mettre un stimulateur. Sans ça, mon coeur ne pourrait pas faire tout le boulot. Mais c'est une maladie que j'ai depuis tout petit.

Pourquoi je lui racontais tout ça? Aucune idée. Je me confiais facilement, et puis parler de mon coeur en morceaux ne m'avait jamais gêné. Je vois mon frère qui revient, l'air apaisé. Pourquoi j'en sais rien, mais à priori, il est content.  Je le laisse revenir à sa cuisine, mettre la dernière touche à son bœuf bourguignon ou je sais pas quel autre ragoût bizarre. Et puis, on frappe à la porte. Je me fige. En cette nuit de Rafle, frapper à la porte n'est pas un bon signe. Amaury pense la même chose, vraisemblablement, puisqu'il me jette un regard paniqué. Sans un mot, je prends Sarah par la main et lui souffle de me suivre. Même si les coups ne sont pas accompagnés de vociférations d'ivrognes, on ne sait jamais... Vaudrait mieux que la Milice ne tombe pas sur une nana blessée qui n'est pas censé vivre là. Du couloir, méfiant, j'entends Amaury ouvrir la porte, puis rester silencieux un moment.

- Tu nous as fait peur... Rentre. Content de te voir en forme.

La porte se referme et la voix du frangin nous autorise à revenir d'un tonitruant :

- Vous pouvez revenir! Théo, c'est pour toi.

Qui, à cette heure, dans cette ville? A part Louise, je ne vois pas, et je ne vois pas pourquoi elle sortirait un soir comme ce soir. Quittant le couloir, je reste un instant interloqué devant l'invité surprise. En trois enjambés, je traverse le salon, pousse à moitié Amaury qui me barre plus ou moins le chemin, et serre contre moi Victor, mon meilleur pote. Putain de surprise! Il a même pas prévenu, cet enfoiré!

- Mec!

J'ai même pas envie de rajouter quoi que ce soit. Cette exclamation, mélange de surprise, de joie et d'indignation, suffit amplement. Y'a tellement de choses dont je voudrait lui parler. Mais pas ici, pas maintenant. Pas avec Amaury dans le coin.

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Sarah Kahyer
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MessageSujet: Re: Moineau perdu   Mer 19 Fév - 1:03

Un cœur en toc ? C’était une drôle d’idée. Sarah avait du mal à imaginer un cœur qui ne soit pas fait de chair et de sang. Curieusement, cette image évoquait tout de même quelque chose. Un membre factice, un organe factice…. Oui elle avait déjà vu ça chez quelqu’un d’autre. Sûrement pas un cœur, mais quelque chose d’également important. Impossible de mettre un nom dessus. Oh et puis tant pis, elle y réfléchirait une autre fois. L’important pour l’instant, c’était le jus d’orange que Théo avait posé devant elle. Sans faire de manière, elle saisit la bouteille de jus d’orange. Un petit mélange de temps en temps ne fait de mal à personne, n’est-ce pas ? Sauf qu’il fallait choisir : gin ou l’étrange mixture transparente ? hummm…choix difficile. Au bout de quelques secondes, elle se décida à ranger le gin et déboucha son autre bouteille avec d’infinies précautions. Elle versa une bonne rasade de jus d’orange dans sa bouteille avec d’infinie précaution. Il aurait été mal poli de renverser, et surtout : pas question de perdre une goutte de jus d’orange. Elle remua doucement sa bouteille pour parfaire le mélange avant de renifler le goulot.

- Bon, plein de vitamines ! s’exclama-t-elle, visiblement satisfaite.

Et elle en avala une bonne rasade, histoire de confirmer avant d’éclater de rire. C’était pas mauvais, un peu arrache boyau, mais pas mauvais. Elle rangea cette seconde bouteille dans son sac afin de faire des réserves et observa amaury entrer dans la cuisine. Si la suite du repas était à la hauteur de la soupe, la demoiselle s’apprêtait à savourer un festin qui resterait longtemps gravé dans sa mémoire. Mais ce moment de détente ne dura pas longtemps. Quand elle vit Théo se tendre après les coups frappés à la porte, sa main droite se crispa sur le couteau qu’elle avait dans son sac. Et si c’ était un homme en rouge ? Théo l’entraina par la main tandis qu’elle extirpait son couteau de son sac. Elle ne se laisserait pas assassiner sans rien dire, si jamais la personne qui frappait à la porte était un millicien. Dans le couloir, les vieux réflexes prirent le dessus, elle se mit devant Théo en position de combat, comme pour le protéger au cas où. Son aspect débraillé au possible contrastait avec l’assurance de sa posture. Elle n’avait plus l’allure d’une gamine légèrement cinglée, mais de quelqu’un d’entrainé et déterminé.

Heureusement pour tout le monde Sarah n’eut pas besoin de faire étalage de ses talents, visiblement ses hôtes conaissaient le mystérieux visiteur. Sarah se fendit donc d’un grand sourire et clama dans sa direction


-Bonjour !

Bonsoir aurait été plus exact ? Quoique ? boh, au fond qu’est-ce que le temps… Sarah allait retourner sagement s’assoir quand quelque chose attira son attention. Une sacoche. Sans savoir trop pourquoi, la jeune fille s’en approcha doucement et l’effleura du bout des doigts sans l’ouvrir, elle se contentait de la regarder fixement. Et si elle l’ouvrait ?
Elle se tourna vers Théo et lui demanda sobrement


-A toi ? Amaury ?

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MessageSujet: Re: Moineau perdu   Mer 19 Fév - 14:29

La porte ne resta pas bien longtemps fermée devant Victor, mais peut-être suffisamment de temps pour que le jeune homme ne soit qu'à moitié surpris de déceler de l'appréhension dans les traits tendus de l'homme au crâne rasé qui lui avait ouvert. Comme si le jeune provincial tout droit débarqué à Hegemony n'était pas vraiment ce à quoi il s'attendait. Pourtant, son expression changea du tout au tout lorsqu'il reconnu l'ami de son frère. Une vague de soulagement dérida son front et c'est dans une accolade qu'il salua l'homme sur le seuil. Les quelques mots du designer ne firent que confirmer les doutes du jeune homme qui ne mit que peu de temps à faire le lien avec l'agitation du quartier :

-'Scuse de vous avoir mis en panique... ça un lien avec la Milice qui tourne dehors ? Il y en a partout, une vraie fourmilière... Je savais que la capitale était un peu plus surveillée mais à ce point...

La porte fut aussi rapidement refermée qu'elle n'avait été ouverte et déjà son hôte appelait Théo. Victor ne put s'empêcher de jeter un coup d’œil à la ronde en prenant un peu distraitement des nouvelle de tout le monde. Darn... l'appart' était bien à l'image de l'immeuble et laissa le franchement débarqué sans voix. Du coin de l’œil, il aperçut son meilleur ami sortir d'un couloir pour presque lui tomber dessus. Avec un grand sourire con, il l'accola, amusé de voir que la surprise le laissait sans voix.

-Ça va, bro' ?

Sous l'étreinte virile, le sac de sport de l'arrivant tomba au sol.

-Désolé de pas avoir prévenu que je débarquais, ça c'est un peu fait à la dernière minute...

Victor avait attendu que tous les problèmes, notamment financier, liés au décès prématuré de sa mère pour pouvoir sauter dans le train pour Hegemony, dans la petite maison en vente, il avait un sac prêt, attendant seulement d'avoir l'argent suffisant pour se payer l'aller simple dans la ville de la Tarée. Voilà qui était fait.

-J'espère d'ailleurs que je dérange pas ?

Au même moment, une voix enjouée sortie de nulle part s'élevait pour lui dire bonjour. Tournant la tête vers la jeune femme qui se trouvait là, le visage de celle-ci se barrait d'un grand sourire. A croire que sa bonne humeur était contagieuse, (ou y avait-il un autre facteur?) Victor lui sourit en retour :

-Salut miss !

Avant de se tourner vers Théo, son sourire s'élargissant encore un peu plus si cela était possible. S'il avait exprimé à voix haute la première idée qui lui était venue, son pote lui en aurait probablement collé une dernière l'oreille. Mais quoi, à voir le petit bout de femme dans le salon, c'était sûrement pas Amaury qui l'avait amené là...
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