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 Code 44 (PV Navis)

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MessageSujet: Re: Code 44 (PV Navis)   Lun 16 Déc - 7:22

La réaction de Navis me surprit. Si je m'étais attendu à ça? Et même si je m'y étais attendu, en fait, rien n'aurait pu me préparer à la vision de Navis, les yeux brouillés par les larmes, me remerciant... d'être gentil avec elle? Je n'étais pas gentil, j'étais correct. Je réagissais comme tout individu normalement constitué et avec un intellect et une sensibilité lambda devrait réagir.  J'écartai doucement un pan de ma veste sombre, et sortis de ma poche intérieure un mouchoir en tissu blanc. J'étais passablement opposé aux mouchoirs en papiers, qui me donnaient l'impression que toute dignité avait fui ce monde cruel... Oui, j'étais assez vieille école.

Je le lui tendis sans un mot, tout d'abord. Puis je dis d'une voix douce :


- Essuyez vos larmes, Navis. Je suis persuadé que le sourire vous irait bien mieux.

Lorsqu'elle prit le mouchoir, je ramenai ma main vers moi, et joignis les deux sur le bois de la table.

- Navis... Je crois qu'il est nécessaire de mettre quelques choses au point, vous et moi.

Je lui fis un sourire rassurant, pour ne pas lui faire penser que j'allais la réprimander ni quoi que ce soit du genre.

- Tout d'abord - et je ne dis pas ça pour vous blesser ni vous vexer- je doute qu'être mon garde du corps soit un poste de choix et d'honneur... Si vous échappez à la milice (ce qui n'est pas un mal à priori), vous devrez vous coltiner un ennuyant bureaucrate, et je ne sais pas si c'est vous rendre service! Ensuite, nous allons devoir travailler tous les deux sur votre estime de vous. Je vous connais encore peu, mais ce que j'ai pu observer de vous me renvoie l'image d'une femme tout à fait estimable. Aussi, pour votre bien, j'aimerais que vous cessiez -et je vous l'ordonnerais si besoin est- de dire que vous n'êtes que "mon pion". Est-ce d'accord?

Je me fendis d'un léger rire.

- Par ailleurs, je ne me suis pas dressé contre la milice pour défendre vos petites préférences, comme vous dites, mais pour défendre la dignité et le respect que vous méritez en tant qu'être humain... ce que certaines personnes ont tendance à négliger ici bas.

Je jetai un rapide coup d'oeil à travers la baie vitrée dans la direction où a disparu Miss Von Klein aînée. Je fis une pause, avant de reprendre, regardant Navis dans les yeux.

- Enfin, je souhaiterais, mais cela uniquement par goût personnel, et bien sûr, seulement vous trouvez cela acceptable, que vous cessiez de m'appeler Mr Meyer. Aussi, si vous pensez en être capable, et si vous en avez envie, je serais ravi que vous m'appeliez simplement Raphaël. Mais je ne souhaite vous forcer en rien.

Mr Meyer ne me rappelait que trop mes collègues de bureau. Je passais déjà trop de temps avec eux, et surtout, je n'avais pas envie que la relation qui allait nécessairement naître de la proximité que Navis et moi devrions à l'avenir observer soit aussi rigide que celle que j'avais avec l'Ambassade... et avec mon ex-femme. J'avais besoin de plus de fraîcheur, mais ceci, bien entendu, je n'en parlai pas. Je finis mon café et reposai la tasse dans sa soucoupe, dans un léger tintement qui se perdit parmi le brouhaha des conversations qui avaient reprises tout autour de nous.

- Bien, puisque les accords de notre collaboration sont désormais établis, je vous propose de retourner auprès de ce cher Sergent Janssen, qui, selon les dires de Mlle Visconti, est censé ratifier les termes de notre contrat. Qu'en dites-vous?

Avec un regard attentif, je me tournais une fois de plus vers elle avant de rajouter :

- A moins que vous ne souhaitiez rajouter une clause ou une condition à laquelle je n'aurais pas pensé, ou qui vous satisferait, auquel cas, vous avez toute mon attention.
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MessageSujet: Re: Code 44 (PV Navis)   Sam 21 Déc - 17:26

Le rapide silence qu’occasionna la surprise de Meyer permis à Navis de reconsidérer ce qu’elle venait de lui dire. Cela lui laissa entendre que quelque chose clochait chez elle. Apparemment, elle semblait confronter son vis-à-vis à des comportements marginaux et pour le moins insensés. Bonjours l’handicapée sociale… Petit à petit et au contacte de Meyer, Navis commençait à prendre conscience de ses lacunes et de ses déformations. Jusque là sous tutelle aussi bien administrative que physique, morale et même sentimentale ; elle ignorait tous des codes sociaux. Tenir une conversation, c’était d’ordinaire on ne peut plus simple. Savoir se comporter avec un autre individu paraissait évident. Répondre en tant que soi même individu aussi… Pourtant Navis n’avait pas ces acquis. Ces petites connexions qui fondent les rapports sociaux lui échappaient complètement, si bien qu’elle devait constamment démarcher intellectuellement pour analyser, construire ou même envisager ses réponses, ses actions mais aussi les réponses et les actions des autres. Parce qu’en l’occurrence, toutes les manières qu’avait d’agir Meyer lui semblaient extraordinaires. Cela ne laissa donc pas de la mettre dans une confusion et une incompréhension folle. Soit, Navis était perdue. Mais que savait-elle ? Trop peu de choses pour s’affirmer. Elle prit donc la décision de commencer un nouvel apprentissage. Maintenant qu’elle allait devoir vivre avec cet homme singulier, elle commencerait par l’écouter attentivement ; puis elle en tirera des leçons et tâchera de s’en nourrir pour apprendre à voir les choses autrement. Elle voulait commencer à se faire une place dans le monde et pour cela, il semblait clair qu’elle devait porter dorénavant plus d’attention à ce que lui disait Meyer qu’à ce qu’elle avait appris jusque là par l’intermédiaire de sa sœur.

- Essuyer vos larmes, Navis. Je suis persuadé que le sourire vous irait bien mieux.


Encore une fois, alors que Navis avait trouvé prétexte à se perdre dans les méandres de sa pensée, la voix de Meyer la ramena sur terre. Sa voix et… un mouchoir ? Pourquoi un mou… Navis senti l’humidité sur ses joues. Pleurait-elle ? *Non mais c’est pas vrai ! Quelle greluche ! J’ai choisit mon moment ! Voilà donc les premières images que M.Meyer aura de moi… Une pleurnicheuse !* Alors que Navis se perdait en réprimandes internes (ce qui est tout à fait nouveau puisque jusque là, elle ne se savait même pas assez exister pour avoir une conversation avec elle même), Meyer sembla lui traduire simplement ce que son geste voulait dire. Si il lui tend un mouchoir, c’est pour essuyer ses larmes. Check ! Donc là, il faut juste prendre le mouchoir et s’essuyer avec CHECK ! Et puis sourire parce que le sourire lui va mieux CHE…. Comment ça le sourire lui va… La phrase prenant tout l’air d’un compliment, Navis fit vite obstruction et pris le mouchoir pour essuyer des larmes qu’elle n’avait pas senti couler et qu’elle avait furieusement envie de nier.

- Merci M.Meyer, remercia Navis avant de s’essuyer les yeux avec décontraction comme un mineur qui s’enlève le cambouis de la face avant de rentrer chez lui, j’avais un cil dans l’œil.

Sans prendre pleinement conscience de la naïveté de son propos, Navis souris timidement comme pour se donner plus de crédibilité… Meyer eut la décence de ne rien rétorquer même si il n’était évidemment pas dupe, puis il marqua le désir de « mettre quelque chose au point ». Ce genre de formulation qui mettait d’ordinaire Navis en panique la laissa ici sereine car Meyer l’avait accompagné de ce sourire bienveillant qui la captivait tant.
Elle écouta donc attentivement ce qu’il avait à lui dire et pour la première fois se senti assez libre pour marquer ses impressions. C’est-à-dire qu’au lieu d’écouter stoïquement ce qu’il lui disait, elle se permettait (inconsciemment peut-être) de réagir en silence à ce qu’il lui disait. Ainsi, elle pris un air contrarié quand il se décrivit à nouveau comme quelqu’un d’ennuyeux (apparemment il n’y avait pas qu’elle qui avait des problèmes d’estime !), elle rougit du compliment qu’il lui fit sans pour autant l’assimiler puis elle hocha la tête à sa dernière directive. Enfin, bien qu’elle ne réagie pas à la phrase qu’il dit ensuite, celle-ci la toucha en profondeur. En quelques mots, elle était démarginalisée et tout un champ de possibles s’ouvrait donc à elle.
Mais Meyer n’avait pas fini de s’expliquer et voilà que les choses se corsaient… Il voulait qu’elle l’appelle Raphaël… Rien de mal dira-t-on, mais la seule personne que Navis appelait par son prénom était sa sœur, et encore ! C’est pour dire le degré d’intimité que ça représentait pour elle. Cependant avait-elle le droit de refuser ? Il s’occupait tellement d’elle, c’était la moindre des choses qu’elle lui devait. D’autant plus que, pour une raison qu’elle ne s’expliquait pas, il semblait y tenir. Après tout, il était un peu comme elle ici. Lui suisse, elle allemande : ils étaient tout deux déracinés, « seuls » dans la ville hostile qu’était Hegemony. Un peu de proximité ne ferait pas de mal, surtout quand elle savait comme ça lui faisait du bien que lui l’appelle par son prénom. Entendu… Elle murmura tout bas ne nom de Raphaël comme pour s’assurer qu’elle en était capable. Bien sûr que c’était faisable. Du nerf ! Elle n’allait pas jouer le rôle de l’handicapée toute sa vie ! Peut-être était-il temps d’arrêter de se trouver des excuses et de vivre la vie au lieu de la subir ! Elle hochât la tête en signe de coopération.
Puis Meyer se leva et Navis s’empressa de faire de même. Elle n’avait aucune envie de se remettre en contacte avec la milice… Mais puisqu’il le fallait.
Avant de se mettre en route, Navis profita de l’ouverture que Meyer lui laissait pour lui faire par de ses doutes et incompréhensions nés de leur conversation.


- Monsieur…. Raphaël… J’aurais juste une question… Si un garde du corps n’est pas un pion… Qu’est ce que je suis alors ? Et aussi… Je voudrais ajouter une condition. Navis se permis cette exigence non sans gêne, mais il faillait qu’elle lui dise. Je voudrais que vous soyez assuré de votre valeur à mes yeux. Je veux dire… Arrêtez de vous trouver ennuyeux et comprenez que… ce n’est vraiment pas comme ça que je vous vois. Et aussi que… Je suis sincèrement soulagée de ma nouvelle place auprès de vous… Alors comprenez que je vous suis reconnaissante.

Navis était consciente de la maladresse de ses propos… Mais elle ne savait pas comment les formuler avec éloquence… De toute façon elle n’était pas une bonne rhétrice alors pas la peine de s’en faire des nœuds dans la tête. L’essentielle était que son message passe, en espérant qu’il était bien passé. Elle avait de l’affection pour son supérieur et étant donné les rapports qu’il réclamait et la clarté de ses considérations, elle se devait de mettre à jour son point de vue à elle. D’un geste, elle tâcha de rompre la solennité du moment en rendant son mouchoir à Raphaël, mais celui-ci refusa et lui fit signe de le garder… Bizarrement, Navis ne se fit pas prier et glissa le mouchoir dans sa poche. Elle avait désormais bien des richesses. Un mot magique, un résidu de générosité et un trop plein d’envie de vivre !
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