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 Code 44 (PV Navis)

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MessageSujet: Code 44 (PV Navis)   Mer 3 Juil - 19:15

J’étais en colère. Exaspéré par le manque de coopération de la milice livingstonienne. Etait-ce si compliqué de donner un accès à l’ambassade aux fichiers des détenus, des disparus ? Je savais parfaitement que personne ne voulait qu’on fouille dans leurs affaires. Simplement, de par sa neutralité, la Suisse et ses ressortissants avait, de même que les Etats-Unis et les pays asiatiques, un certain statut, une certaine immunité, et voir qu’ils s’en balançaient me hérissait le poil. Déjà que depuis un an, j’avais dû me taper toute la paperasse... L’ambassadeur n’était pas à proprement parler un feignant, mais il était pas mal occupé à discuter avec le gouvernement Livingstone et le gouvernement suisse pour des accords économiques, des traités d’extradition, ceci, cela. A moi le sale boulot. La chasse au suisse dans les fichiers de la police et de la milice. J’avais dû contacter chaque ressortissant pour obtenir des informations que le gouvernement ne faisait rien pour me faire connaître. J’avais dû emmerder quelque chose comme... trois cents personnes qui n’en avaient rien à carrer, ou presque, de la création de l’ambassade suisse. Et le pire, c’est que j’avais dû chercher les autres... ceux qui avaient disparus. Quel boulot horrible. Heureusement que je voulais aider les gens, sinon, il y avait belle lurette que j’aurais donné ma démission.

Aujourd’hui, je devais retourner me battre pour obtenir un rendez-vous avec la Cheffe de la Milice. Autant dire que, vu la réputation de cette femme, je n’étais pas pressé. Mais il fallait que je la voie pour demander un accès complets aux dossiers concernant les expatriés suisses, surtout ceux qui avaient finis en taule ou je ne sais quoi. J’avais un boulot à faire, moi, et si on ne m’en donnait pas les moyens, ça risquait de se révéler compliqué. Vêtu comme à mon habitude d’un costume trois pièces, je resserrais ma cravate d’un air déterminé. J’allais prendre d’assaut les bureaucrates de la milice s’il le fallait. Je me saisis de mon attaché case et partit à grands pas vers le Commissariat Central. Une voiture avec chauffeur aurait pu me conduire, mais je n’étais pas le genre à user de mes privilèges... surtout quand des gens se battaient pour de l’essence. Le trajet n’était pas si long, et marcher me permettrait sans doute de revenir à de meilleures dispositions.

Ce fut le cas... pour quelques minutes. A peine étais-je arrivé que déjà, on me baladait de lieutenant en adjudant à coup de sourires mielleux. Ils se foutaient de ma gueule. A croire qu’ils avaient un plan de bataille pour m’échapper, avec un signe de ralliement « Code 44 ! Meyer arrive ! ». Agaçant au possible. Mes doigts serrant avec force ma mallette, je marchais à grands pas dans les couloirs, bien décider à ne pas me laisser faire et à obtenir ces foutus dossiers. En voulant tourner à un coin, je percutais assez violemment quelqu’un, que j’entendis chuter. J’échappais mon attaché case qui s’ouvrit, laissant s’enfuir papiers divers, et retint un juron. D’abord, les excuses. J’avais foncé dans une jeune femme blonde qui paraissait presque étourdie par la chute qu’elle avait faite par ma faute. Je me précipitais pour l’aider à se relever. La présence d’une jeune femme qui ne porte pas l’uniforme me paraissait étrange. Surtout à cette heure-ci. Mais je ne posais pas de questions, ce n’était pas mon job.


- Je suis sincèrement désolé, mademoiselle, j’étais perdu dans mes pensées, et...

Je lui adressais un sourire absolument navré, puis lui tendis une main pour l’aider à se relever. Ce fut seulement après m’être assuré qu’elle allait bien, que je me baissais pour ramasser mes papiers éparpillés.
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MessageSujet: Re: Code 44 (PV Navis)   Lun 8 Juil - 1:02

Arrow Arrivée au Commissariat Central

Navis avançait à tout hasard dans les couloirs du commissariat. Elle ne savait pas où se diriger et l’idée de s’adresser à l’accueil ne lui effleura même pas l’esprit. Non. Elle avait d’autres choses en tête. Elle s’apercevait que la nouvelle vie qu’elle était en train d’entamer à Hegemony n’était en réalité pas aussi différente qu’elle l’aurait souhaité. Elle demeurait toujours en bon petit soldat, mais cette fois-ci, dans tous les sens du terme. Ce qu’elle avait imaginé comme un nouvel envol n’était en fait qu’une migration vers une cage un peu plus grande mais avec d’autant plus de chaînes.
Elle posait son regard sur les gens qu’elle croisait. Tous affairés, occupés… Qu’est ce qui les avait menés ici ? Étaient-ils heureux dans leur vie ? Travailler pour le compte de la milice les comblaient-ils ? Et l’avaient-ils seulement choisit ? Personne ne semblait faire attention à elle et, elle, faisait trop attention à eux, à tel point qu’elle ne vit pas l’homme, aussi perdu dans ses pensées qu’elle, arriver en face et le percuta.
Elle ne s’attendait absolument pas à heurter quelqu’un et la surprise lui fit perdre l’équilibre tant et si bien qu’elle s’effondra comme une crêpe sur le sol tandis que des papiers volaient en l’air. Ce n’est qu’une fois misérablement étendue à terre qu’elle se rendit compte que le choc avait répandu la moitié des documents d’un jeune homme en costume. Sonnée, elle ne trouva pas le temps de l’examiner qu’il la relevait déjà en s’excusant platement. Elle prit machinalement la main qu’il lui tendit. Avec une bonne poigne cela dit. On lui tendait si rarement la main… Une fois debout et après avoir constaté qu’il était fort agréable de se faire aider, elle posa les yeux sur le jeune homme. Ce qui la frappa en premier était son regard. Deux grands yeux bleus, chargés de bienveillance et surmontés de deux sourcils plus sévères. Puis son sourire. Il lui souriait, à elle ? N’importe qui qui l’aurait renversé habituellement n’aurait pas prit cette peine. C’est à peine s’il l’aurait remarqué ou s’il n’aurait pas rechigné après elle. Mais là, c’était différent. L’inconnu en face d’elle avait un visage humain et s’excusait en la considérant comme n’importe quel autre individu méritant un peu de respect. Troublée, elle ne su que lui répondre jusqu’au moment où il se baissa pour ramasser ses papiers. Elle descendit aussitôt de son petit nuage de perplexité et se baissa à sa suite, l’aidant à remettre de l’ordre dans ses affaires.


- Non, c’est moi qui suis navrée. J’étais distraite. Je ne voulais pas semer la pagaille dans vos documents…

Navis baissait la tête en s’excusant platement et tâchait de l’aider du mieux qu’elle pouvait sans savoir où allait tel ou tel document. Elle ramassait juste en essayant d’être efficace.
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MessageSujet: Re: Code 44 (PV Navis)   Mar 9 Juil - 0:32

La jeune femme paraissait perturbée par mon intervention. J’espérais ne pas avoir gaffé. Je n’avais pourtant fait que lui présenter mes excuses... Mais après tout, je ne savais rien de cette femme et j’avais pu la blesser sans le faire exprès. Peut-être était-elle d’une culture qui ne permettait pas d’adresser la parole aux hommes, qu’en savais-je après tout ? Je reléguais mes questions ailleurs, me préoccupant de mes papiers si soigneusement classés... Je n’avais plus qu’à tout recommencer. Ça m’apprendrait à ne pas regarder ou je marche, et à perdre mon calme. Haussant les épaules avec un faux air fataliste, je souris une nouvelle fois à la victime de mon inattention, qui était venue m’aider à rassembler mes documents :

- Non, non, c’est ma faute, ne vous excusez pas. Je n’avais pas à marcher aussi vite sans regarder où je mettais les pieds. Ne vous inquiétez pas pour ces papiers, les ranger ira vite. D’autant que ce n’est nullement votre faute !

Je rassemblai tout en un tas, et je pris la liasse de feuille qu’elle me tendait avec un regard chargé de reconnaissance. C’était bien la seule personne aujourd’hui qui avait levé le petit doigt pour m’apporter son aide. C’était appréciable. Enfin quelqu’un qui ne cherchait pas à me mettre les bâtons dans les roues ! Définitivement, elle ne devait pas travailler ici. Autrement elle aurait vite fait de fuir « Meyer l’emmerdeur » et de me laisser là avec mes papiers éparpillés.

- C’est gentil à vous de m’aider. Je n’ai pourtant rien fait pour mériter ça !

Je me redresse en fermant mon attaché case avec un petit rire. Mes yeux plongent dans les siens alors que je me présente en lui tendant la main une nouvelle fois pour la saluer :

- Raphaël Meyer. Juste histoire que vous ayez un nom à mettre sur le visage du malotru qui vous aura fait tomber par terre. J’espère que vous n’aurez pas de bleus... Je serais inexcusable.
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MessageSujet: Re: Code 44 (PV Navis)   Mar 9 Juil - 0:51

Alors là c’était le comble ! Navis était, pour le coup, complètement chamboulée. Déjà, le jeune homme avait eu la gentillesse de l’aider à se relever tout en s’excusant gentiment mais voilà qu’à présent il voulait absolument être considéré comme le coupable de la situation. N’importe qui aurait immédiatement cherché à se déculpabiliser, et il n’était pas difficile de faire porter le chapeau à Navis. Si peu affirmée qu’elle était, si peu prompte à se défendre, si influençable…
Navis avait du mal à gérer la situation. Elle paraissait étrangement angoissée, à tel point que c’en était louche. Ses deux yeux vairons dissimulés sous ses mèches blondes, on ne voyait distinctement que sa bouche secouée par instants de tics nerveux. Ce qui devait paraître évident pour tout un chacun était complètement obscure pour la cadette Von Klein : comment réagir face à la gentillesse ? Quelle attitude avoir ? Sourire ? Non... ça elle n’avait pas le droit. Elle n’avait jamais sourit qu’au ciel et à la flore qu’elle voyait à travers la fenêtre de sa chambre en Allemagne jusqu’à temps que sa sœur la surprenne et lui demande d’ôter cet air idiot de sa figure. Jamais elle n’avait levé ses commissures pour un être humain. D’ailleurs avait-elle déjà rit ? Trop de questions se disputaient à nouveau dans son esprit et l’empêchaient de gérer la situation calmement. Elle devait avoir l’air d’un petit oisillon tombé du nid. Ne sachant plus que faire de ses mains, elle alternait entre se les triturer et les plaquer sur ses cuisses, comme si elle cherchait une accroche rassurante.
L’étranger continuait à parler, et la phrase qu’il dit ensuite la laissa perplexe.


- C’est gentil à vous de m’aider. Je n’ai pourtant rien fait pour mériter ça !

« …pour mériter ça … » ? Navis voulu répliquer mais elle ne trouva pas les mots et ravala sa langue. Que voulait-il dire par là ? Est-ce que lui aussi se posait ce genre de questions ? Navis avait bien compris qu’elle ne méritait rien d’où sa perplexité face à l’attitude du jeune homme. Elle savait aussi que certain était plus méritant que d’autre mais elle n’avait jamais imaginé entendre un homme se déprécier en face d’elle. C’était sa place d’habitude. Pourquoi ne mériterait-il pas les excuses de l’être le plus misérable au monde ? Bref, ce type était complètement bizarre…
Elle fut extirpée de ses questionnements internes par le léger rire de l’inconnu. Il se moquait ? Non, on n’aurait pas dit… Puis ses deux beaux yeux bleu se fixèrent dans les siens. Panique ! Navis avait vraiment du mal avec ça. Elle avait l’impression que ses propres yeux étaient une porte ouverte vers sa pensée, et ce jeune homme avait un regard tellement particulier… Elle réprima tant bien que mal un rougissement puéril quand soudain, il tendit sa main vers elle. Qu’est ce que ça voulait dire ça ? Ha oui… il la saluait. Décidément, Navis en perdait son latin. Ce genre de mains tendues était généralement destinées à sa sœur, Navis quant-à-elle, se prenait plus volontiers une bonne gifle ou un coup sur l’arrière du crâne. Mais aujourd’hui tout changeait. C’était elle qu’on saluait et son cœur se gonfla d’un bonheur inexpliqué. Elle tendit fébrilement sa main vers celle qu’on lui donnait et la serra avec un entrain inopiné. Elle se sentait exister, là, en cet instant de reconnaissance.
« Raphael Meyer ». Etait enfin prononcé le nom tant attendu. Elle n’entendit que cette partie de la phrase et osa se présenter à son tour.


- Je… M’appelle Navis Von Klein… dit-elle difficilement puis elle ajouta, gênée. Ne vous excusez plus… S’il vous plait…

Elle sentait la fin de leur échange venir, pourtant elle ne voulait pas s’y résoudre. Elle cherchait à toute vitesse un moyen de prolonger cet entretien, si nouveau, si agréable pour elle. Elle renchérit avec la première question bête qui lui vint à l’esprit :

- Vous cherchez quelque chose ? Enfin, je veux dire, quel est votre profession ?

Mon Dieu, qu’elle se sentait bête….
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MessageSujet: Re: Code 44 (PV Navis)   Mar 9 Juil - 19:52

Cette jeune femme était tellement mal à l’aise que s’en était presque comique. Enfin... ça l’aurait été si j’avais été du genre à rire des autres pour de futiles motifs du genre. Je ne me moquais pas des autres. Je n’aimais pas ça. C’est idiot, rire méchamment des travers de quelqu’un ! Comme si elle le faisait exprès. J’aurais voulu la mettre à l’aise. Mais je n’avais pas l’idée de génie, le déclic... et c’était bien dommage. Je ne fit pourtant aucun commentaires, ça n’arrangerait pas les choses et puis, à quoi ça servirait ? Elle avait un petit côté attendrissant, ainsi.

Mais du coup, les questions revinrent. Une jeune femme aussi timide qu’elle, que faisait-elle ici ? Le Commissariat était un repaires de charognards... avec au milieu un nid de serpents venimeux et quelques tarentules. Du danger à chaque pas. Je ne saisissais pas. Étrangement, je l’aurais plutôt vue à la campagne, dans une ferme, ou en train de courir dans la montagne... J’avais sans doute trop lu Heidi quand j’étais gosse. Il n’empêchait que tout ceci était étrange. Peut-être que la suite de la conversation m’éclairerait plus sur le motif de sa visite ?

Elle finit par se présenter, d’ailleurs. Navis Von Klein. Ce nom m’interpella mais l’esprit occupé, je ne pris pas la peine d’y revenir de suite. Je lui adressai un sourire chaleureux : sa remarque m’amusa. Je n’aurais pas songé à ce que quelqu’un me demande d’arrêter de m’excuser un jour. J’en faisais peut-être trop. Il faudrait que j’y réfléchisse. Ses mains qui bougeaient sans arrêt allaient finir par me rendre nerveux, moi aussi. Quoi que, il m’en fallait quand même beaucoup pour que je laisse voir mon stress, mais tout de même ! Doucement, je les lui saisis, sans arrières pensées. Je ne fais que lui dire d’une voix égale :


- Voilà, ainsi elles sont occupées.

Je lui souris une fois de plus lorsqu’elle me posa une question, surpris mais content au final qu’elle dépasse sa timidité. Si je cherchais quelque chose ? Oh que oui.

- Eh bien... Je travaille pour l’ambassade suisse, et je me bats depuis un certain moment pour avoir de quoi faire correctement mon boulot. Enfin, ce n’est pas vraiment passionnant. Et vous ? Que venez-vous faire ici ? Je prends le Commissariat d’assaut depuis un certain temps déjà mais je n’ai jamais eu le plaisir de vous y voir avant aujourd’hui.
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MessageSujet: Re: Code 44 (PV Navis)   Mar 9 Juil - 20:40

L’ambassade suisse ? Rien que ça ?! Certes, de part sa naissance, Navis avait souvent été mise en relation avec des gens hauts placés, mais jamais directement ! Ses parents se contentaient de la présenter comme il est coutume de le faire et si un jeune homme avisé s’aventurait à lui poser des questions, sa sœur prenait de suite le relais. De ce fait, bien qu’elle appartienne elle même à une famille influente, elle s’en sentait exclue, indigne et s’entêtait à voir les gens d’importances comme des êtres à part, avec qui il fallait absolument choisir ses mots. Ainsi, Raphael Meyer devenait « MONSIEUR Meyer qui travaille pour l’ambassade Suisse » dans la tête de la jeune femme. Ce nouveau constat avait laissé Navis se perdre dans ses pensées un court instant et quand elle repris de nouveau ses esprits, elle ne sentait plus sa main. Ok… Il fallait qu’elle reste calme. Bien qu’elle était anestésiée de presque tout le bras ses yeux informaient son cerveau que la main en question se trouvait actuellement dans celle de M.Meyer. Ses typans complétait en traduisant que ce geste avait pour but « d’occuper » ses extrémintés nerveuses. Et maintenant ? Qu’était-elle supposée faire au juste ? Elle décida dans un premier temps d’ignorer le geste mais elle reprenait peu à peu possession de son membre parcouru de fourmies. Elle se trouvait folle. Son corps ne se rappelait même plus des gestes simples. Il les concidérait comme inconnus. Pourtant son cerveau lui savait. Mais les connections ne se faisaient pas. Tout ceci l’empéchait clairement de se concentrer sur sa réponse et elle bafouilla :

- Je…Suis nouvelle… Je.. la milice… J’ai été engagée dans la milice. Je cherche ma supérieure. D’ailleurs il serait peut être temps que je la trouve.

Navis formula sa réponse sans convictions. Elle ne montra aucune fierté à dire qu’elle faisait partie de la milice et ne semblait absolument pas savoir où aller trouver sa supérieur. C’est clair qu’on avait du mal à comprendre ce qu’elle faisait là. C’était presque une blague. Tout son être était une énorme blague.
Quant à sa main, elle avait enfin réussit à en reprendre pleinement possession. Elle la sentait au creu de celle de son interlocuteur. Sa petite main qui devenait un asticot dans la bouche d’un gros poisson. Grande fut la tentation de la retirer vivement mais elle avait trop peur d’offusquer M.Meyer. Elle se concentrait donc pour rester tel quel mais sa main tremblait dans la sienne, se refermait, se déserrait ; comme si elle prenait ses repères. Navis cachat de nouveau ses yeux vairons derrière ses cheveux mais elle ne pu dissimuler ses deux misérables joues qui s’empourpraient à nouveau. Franchement elle n’avait pas besoin de ça. C’était ridicule. Candide. Elle n’avait plus 13 ans !  
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MessageSujet: Re: Code 44 (PV Navis)   Ven 12 Juil - 0:23

La milice ? Cette jeune femme, dans la milice ? Bon sang. Je n’en revenais pas. Avait-ce été son choix ?Quelque part, j’en doutais... Ou je voulais en douter. Une jeune femme aussi... innocente qu’elle, dans la milice ? Je préferais croire qu’on l’y avait forcée, et ça ne renforçait que plus ma colère contre ce régime et tout ce qu’il perpétrait. Quelle était l’histoire de cette femme ? Qui était-elle ? Comment était-elle arrivée là ? Je voulais le savoir. Elle avait piqué ma curiosité... Meyer l’emmerdeur frappait encore. Dans ma poche, le portable sonna. C’était Emma, ma femme... ou plutôt, ma future ex femme, qui appelait une fois de plus pour les papiers. Je n’avais ni le temps, ni l’envie de discuter. Enfin si, ma seule motivation aurait été de parler à Vincent, le seul dans cette famille qui n’allait pas me faire des reproches... Mais Vincent faisait sa sieste,  à cette heure-ci. Je remis le portable dans ma poche sans décrocher, et je souris de nouveau à Navis, qui avait l’air embarrassée par sa main dans la mienne. Je la lui rendis doucement en lui disant, sincère :

- Je suis désolé, je ne voulais pas vous mettre mal à l’aise.

Je ne rajoutais rien. Je n’avais fait ceci que dans le but de lui occuper la main, afin qu’elle cesse de se tordre les doigts d’embarras, sans penser une seule seconde que mon geste pourrait être dérangeant pour elle. Quel idiot je peux être, parfois ! Je changeais rapidement de sujet : être diplomate, j’étais doué pour ça...Je rebondis donc sur sa précédente phrase.

- Qui devez-vous trouver ? Je commence à connaître cet endroit, je peux vous accompagner, si vous en avez envie ! Ou a défaut vous indiquer le chemin... Et avec un peu de chance, votre supérieur(e) pourra peut-être m’aider !

J’avais bien des doutes là-dessus. Personne dans cet endroit n’aurait l’idée de m’aider. A part Navis, en fait, qui m’avait si gentiment aidé à ramasser mes affaires éparpillées... Je me doutais que, qui que soit cette personne, elle m’enverrait au mieux voir quelqu’un d’autre, au pire, elle me foutrait dehors. Mais j’avais l’intuition que si j’offrais simplement à la jeune femme de l’accompagner, elle aurait refusé, ne voulant pas me déranger. Alors que si je prétextais aller dans la même direction... il y avait une chance qu’elle accepte. Cette jeune femme apportait un peu de fraîcheur à cette après-midi morose, et je n’avais pas tout de suite envie de me séparer de mon unique rayon de soleil de la journée. Et puis, il aurait été bien cruel de la laisser se débrouiller seule dans un lieu inconnu... Et j’étais un gentleman.
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MessageSujet: Re: Code 44 (PV Navis)   Ven 12 Juil - 2:33

La sonnerie du téléphone de M.Meyer extirpa vivement Navis de son embarras. Elle eut un très léger sursaut et resta perplexe en voyant qu’il ne décrochait pas. Il avait bien sorti son téléphone, vu qui l’appelait mais l’avait remit dans sa poche. Ce geste laissa Navis victime d’une vilaine curiosité. A qui refusait-il de répondre ? Du travail ? Non. Il avait eut un drôle de regard. Le coup de fil ne semblait pas être anodin. Apparement il n’avait pas l’air de tomber au bon moment. Et au travail, ce qui ne tombe pas au bon moment a de grandes chances d’être de l’ordre de la vie privée… Autrement dit, cela ne la regardait absolument pas et elle ravala sa curiosité mal placée avant d’observer qu’il lui avait rendu sa main. Elle la replaqua aussitôt contre sa cuisse et s’aperçut qu’elle avait prit quelques degrès. Elle était toute chaude, pleine de chaleur humaine. Cette chaleur qui valait 1 000 feux de cheminée, depuis combien de temps ne l’avait-elle pas éprouvé de la sorte ? Décidément, ce jeune homme lui avait apporté bien de bonheur en quelques instants. Et tout ça parce que sa sœur n’était pas avec elle. Navis chassa vite ce sentiment de libération de sa tête. Elle ne devait pas penser des choses comme ça. Elle n’avait pas sa sœur auprès d’elle et elle s’était donc perdue. Le fait que M.Meyer se soit trouvé sur son passage n’était qu’un hasard…
Il était désormait encore en train de s’excuser pour son geste qui n’était pas sensé la mettre « mal à l’aise ». Elle lui répondit si bas qu’on aurait dit un chuchotement :


- Ce n’est rien…

Navis n’arrivait toujours pas à comprendre pourquoi il se souciait tellement de ce qu’elle pouvait ressentir. Elle devait avoir affaire à un de ces gentlemans, autrement dit des hypocrites comme lui avait enseigné sa sœur. Pourtant, il n’avait pas chercher à abréger leur conversation et là encore, il se proposait de l’accompagner. Navis s’apprêtait à refuser, il avait sûrement bien d’autres chats à fouetter ! Mais il spécifia qu’il cherchait lui aussi à renconter sa supérieure. Elle se stoppa en pleine élan alors qu’elle allait décliner l’offre et tourna plusieurs fois sa langue dans sa bouche. L’idée qu’il l’accompagne chez cette « Selena » ne lui déplaisait pas. Tout d’abord, elle devait s’avouer qu’elle avait une énorme appréhension à la rencontrer. Les gens ici étaient tellement austères… Ensuite, elle ne savait pas du tout où la trouver. Peut-être que lui le savait. Et enfin, elle se trouvait bien en sa compagnie. Lui au moins ne lui parlait pas d’un ton sec et autoritaire comme le faisait l’adjudant.
Oula, elle divaguait. Elle avait dû oublier qu’il sagissait de M.Meyer de l’AMBASSADE Suisse… Malgré tout le stresse qu’il lui avait causé par sa proximité, il l’apaisait en quelques sortes mais il ne fallait pas qu’elle oublie qu’il était quelqu’un d’important et par conséquent elle se devait de garder ses distances. Sait-on jamais. Il avait sans doute beaucoup de pouvoir sur elle et ce n’était pas le moment qu’elle se fasse remarquer à mauvais escient. Navis décida en fin de compte d’aller dans son sens et l’enjoint à poursuivre son chemin avec elle :


- J’ai été envoyé auprès du Sergent Selena. Mais… J’ai honte d’admettre que je ne sais nullement où la trouver, l’idée de l’accueil lui vint enfin à l’esprit, je pensais me renseigner à l’accueil mais… Si vous savez où la trouver et que vous souhaitez vous aussi la rencontrer, je pourrais peut-être vous suivre ?

Elle tourna ses deux grands yeux vairons vers ceux de M.Meyer, comme pour que sa question ait plus d’impact. Mais sachant que ses yeux laissaient trop paraître ses émotions elle détourna vite le regard. Cependant, ce peu de temps avait suffit pour laisser voir comme il l’impressionnait. Elle se sentait toute petite en face de lui et ne savait pas quel comportement adopter. Ce n’était vraiment pas une militaire. Elle jouait mal les formalités et réfléchissait trop. Maintenant, elle attendait sa réponses tel le glas.
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Selena Visconti

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MessageSujet: Re: Code 44 (PV Navis)   Mer 17 Juil - 0:31

Les bureaux. La paperasse. Tout ce que j’exécrais. Les séances de tortures m'apportaient mon fix quotidien, mais les formalités, Madonna, qu'est-ce que je pouvais détester ça! Remplir les rapport, ce genre de truc... je préférais laisser ça aux autres. Et je tenais justement l'occasion de me débarrasser de cette tâche ennuyante. On m'avait chargée de former une nouvelle recrue. C'était un boulot chiant aussi, mais elle pourrait me servir d'assistante et faire tout le sale boulot pour moi. Et tant pis si ça voulait dire que je chasserais sur des terrains moins intéressants pendant quelques temps, pour ne pas mettre la barre trop haut pour elle.  J'étais assise en tenue de terrain dans un bureau commun aux sergent pour leur rare travail de paperasse (qui se résumait d'ailleurs à rédiger les rapports d'interrogatoire). Seuls les Hauts Gradés avaient un bureau individuel... ou se tassaient à deux dans une même pièce pour les moins chanceux. Tambourinant le bureau de mes doigts, agacée, je jetais un regard meurtrier aux rares collègues qui faisaient mine de se sentir dérangés par le bruit que cela produisaient. En général, c'était suffisant, et ils fermaient leurs gueules.

Elle était en retard. C'était pas si dur de trouver un bureau, si? Au moment ou j'allais exploser, le téléphone sonna. Ravalant ma bile, je décrochais


- Visconti.

Mes yeux s'ouvrirent. Jones. Elle n'appelait qu'en cas de faute grave, j'avais une erreur? Retenant mon souffle j'attendais qu'elle me donne la raison de son appel, et finit par raccrocher.

Merde. Mon assistante me passait sous le nez. Je réfléchis : tout le monde ici, ou presque, connaissait Raphaël Meyer, l'assistant de l'ambassadeur suisse. L'ambassadeur, on l'avait jamais vu, mais Meyer, par contre... Y'avait des semaines ou il venait tous les jours pour nous harceler, jusqu'à ce que quelqu'un craque et lui donne ce qu'il voulait... un dossier concernant un mec arrêté y'a un an, le plus souvent. Je ne savais pas s'il était vraiment dangereux, pour moi, c'était simplement un emmerdeur. Mais la décision de Cassandra Jones fait autorité et personne, surtout pas moi, ne viendrait la remettre en question. Il allait falloir que je trouve Meyer maintenant... rien que d'y penser, j'avais qu'une envie, c'était de retourner sur le terrain, loin de l'administration. Heureusement que j'étais que Sergent. J'aurais pas supporté plus de travail de bureau.

Et puis, ENFIN, on frappe à la porte. 15 minutes de retard, pour une milicienne, y'avait encore énormément de boulot. Oh, elle allait vite devoir apprendre. Pas le choix. J'haussais un sourcil en voyant apparaître derrière l'huis non pas la femme à laquelle je m'attendais mais... Meyer l'emmerdeur en personne. Pour une fois qu'il tombait bien celui là! Je coupais court aux politesses du suisse d'un geste agacé de la main.


- Oui, oui, on en reparle. Restez dans le coin, je dois parler à Von Klein.

Le suisse bat en retraite. Il sait choisir ses batailles. La blonde reste face à moi, gênée. L'entretien sera bref, je me fous d'ou elle vient, de qui elle est, je n'ai plus à la former, maintenant. Elle apprendra... sur le tas.

- Von Klein, Navis. Non, je veux pas vous entendre, je m'en fous. Je transmets juste les ordres, ok? Cassandra Jones, la Cheffe de la Milice, vous a affecté à la garde de Mr Meyer. Quand je dis la garde, vous comprenez bien que c'est plus que ça, n'est-ce pas? En tant que représentant d'un pays neutre, il est un potentiel danger pour l'Empire. Votre mission, c'est d'aller ou il va, de voir ce qu'il voit, de lire ce qu'il lit, de manger ce qu'il mange, de dormir là ou il dort. Enfin vous verrez pour les détails, mais vous devrez, plus que de la protection, assurer sa surveillance, et de me rapporter le moindre fait suspect, car officiellement, vous dépendez toujours de moi. Des questions?

Si elle n'en a pas, je n'ai plus qu'à rappeler Meyer pour éluder ses éternelles demande, et lui annoncer que la Milice lui a collé un espion au cul.

[ndlr : Afin de conserver l'esprit du personnage, il est important d'imaginer Selena parlant avec l'accent italien]
[HRP : Navis, je dois encore poster Raph après ça, mais j'aurais pas le temps ce soit, sorry ><]

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MessageSujet: Re: Code 44 (PV Navis)   Jeu 18 Juil - 0:22

Navis finit par accepter ma proposition, dans une naïveté charmante. Décidement, je n'arrive pas à comprendre comment cette jeune femme s'est retrouvée ici. Dans la Milice. Je croirais presque à une mauvaise blague. Elle s'excuse une nouvelle fois, de ne pas savoir ou trouver... le "Sergent Selena". Je lui offre un sourire rassurant :

- N'ayez pas honte, si vous venez d'arriver, c'est parfaitement normal de ne pas savoir ou se trouve telle ou telle personne.

Ramassant ma mallette, je me mets en route doucement, l'attendant pour ne pas la distancer.

- D'autant que le Sergent Visconti n'est pas réputée pour aimer rester en place.

Ainsi donc, ils l'avaient placée sous les ordres de Visconti. Etrange. C'était une femme de terrain, et qui vu sa froideur n'était pas vraiment indiquée pour former une nouvelle recrue. Peut-être qu'ils avaient voulu frapper un grand coup... Que Jones s'était dit que l'italienne formerait une recrue à son image, une traqueuse. C'est ce qu'elle était. Une louve qui reniflait l'odeur du sang à 1km. Mais je savais pas si un instinct comme le sien pouvait s'apprendre... En faisant des recherches, j'avais appris qu'elle venait d'une famille de gardes du corps en tous genres. Sa présence ici m'avait moins étonné, après ça. Enfin, si c'était la Madonne qu'on devait aller voir, je pouvais tout aussi bien repartir sans mes dossiers, Visconti ne me prêtait aucune attention. Je l’indifférait. Elle m'ignorait, la plupart du temps... et le reste, elle me coupait la parole. Venir accompagné de Navis changerait peut-être la donne... mais j'en doutais sérieusement.

En quelques instant, nous fûmes devant le bureau des Sergent. Je frappai doucement, et entrai, sans attendre une invitation qui ne viendrait pas :


- Bonjour, Sergent Visconti, je ...

Elle ne me laisse même pas le temps de finir. Typique d'elle. Je lève discrètement les yeux au ciel, puis adresse un petit sourire et un regard d'encouragement à Navis, avant de sortir et de fermer la porte derrière moi. Adossé au mur, j'attends comme un élève pris en faute, qu'on m'appelle dans le bureau. Je sors mon téléphone. Emma a laissé un message... Fatigué, je repose le téléphone dans ma poche. La vie privée devra attendre.
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MessageSujet: Re: Code 44 (PV Navis)   Jeu 18 Juil - 4:10

Le glas sonna bien tendrement aux oreilles de Navis. Rien de ce qu’elle disait ne semblait chiffonner M.Meyer. Il acceptait tout d’elle sans broncher. Au contraire, plus elle se sentait idiote plus il était clément avec elle. Elle trouvait que son surnom de « Meyer l’emmerdeur » lui seyait mal… De plus, son tendre sourire était si… Non, qu’elle s’ôte vite ces pensées dégoulinantes de la tête… Elle ne le comprenait définitivement pas… Mais cette douceur ne lui était franchement pas désagréable. Elle n’avait plus le courage de la fuir. Les paroles de sa sœur avaient beau frappées à la porte de sa raison, son sentiment de bien être parlait plus fort. Elle savait que les hommes étaient dangereux et qu’elle n’était qu’un gros bout de viande… Elle savait que les gens finiraient par s’apercevoir de sa minorité…. Elle savait tout ça… Mais l’homme qu’elle avait en face d’elle, même s’il rejoindrait sûrement l’image que lui avait forgé sa sœur de la gent masculine, était pour l’instant le plus doux réconfort qu’elle trouvait dans sa « nouvelle vie ». Le seul qui ne la bousculait pas et qui lui accordait un peu d’attention. Bien sûr, elle savait que tout cela n’allait pas durer. Aussitôt qu’il aurait eu les réponses à ses questions, il repartirait à ses occupations et elle serait affectée aux siennes. Ils reprendraient chacun leur chemin…
Navis le remercia et pressa le pas pour se mettre à la hauteur du jeune homme quand elle s’aperçut qu’il s’appliquait même à l’attendre. Apparemment, il connaissait le Sergent Visconti… et à en voir l’expression sur son visage, il n’avait pas l’air de la conduire entre les griffes d’une sainte…. Navis appréhendait terriblement cette rencontre… Le bref portrait qu’elle s’imaginait de Selena Visconti n’était pas franchement encourageant…

Ils arrivèrent enfin devant le bureau où attendait Visconti… C’est là que  Navis prit conscience qu’il se pourrait bien qu’elle soit… En retard… En effet, elle avait, mine de rien, passé un certain temps à chercher le bureau puis à discuter avec Raphael. Son estomac se noua… Elle prit une grande inspiration alors que le suisse la soulageait d’ouvrir en premier la porte.
Dans la pièce Navis aperçue par dessus l’épaule de Meyer, la Sergente en question. Son regard sévère et impitoyable glaça le sang de la cadette Von Klein. C’était quelqu’un de très charismatique à son goût. Elle n’avait encore rien dit mais elle lui faisait déjà des frissons dans le dos. Seule remarque positive, Navis nota pour elle même que décidément, elle aimait bien les brunes… Elles avaient du chien… Surtout Visconti…
A peine Raphael avait il entamé la discussion que la gradé le foutait dehors, et non sans brutalité. Le ton qu’elle employa alerta Navis. Cette jeune femme n’avait pas DU TOUT l’air compatissante…  Lorsque Raphael quitta la pièce, au grand damne de Navis, et qu’elle se retrouva seule avec sa supérieur, elle redoutait d’être mangée toute crue…
Selena entama une longue tirade qu’elle commença en marquant son désintérêt le plus total pour Navis. Pas de soucis, c’était monnaie courante pour elle et elle pu rétablir ses repères. Mais ce qu’elle lui apprit en suite la déconcerta complètement. Elle ne savait pas trop si c’était une faveur des dieux ou un leurre diabolique. Si elle comprenait bien… Elle était devenue la pseudo garde du corps de « M.Meyer qui travaillait pour l’ambassade Suisse »… QUOI ?! Navis cru qu’elle allait tournée intérieurement de l’œil. Elle se faisait une montagne de ce qu’on lui demandait. On lui attribuait un poste qui lui semblait requérir beaucoup d’assurance et de ruse. En plus, on lui demandait aussi de jouer double jeu. De l’escorter pour mieux l’espionner… Elle ne se sentait capable d’aucun des deux ! Tout d’abord elle se demandait ce qu’elle saurait bien faire pour le défendre… Bien qu’elle sache correctement se servir d’un pistolet, elle n’était pas une tireuse d’élite ni une assez fine oreille pour sentir les coups fourrés… Et ensuite, elle n’avait absolument aucun charisme et n’était nullement doué pour soutirer des informations aux gens… Sans oublier qu’elle allait devoir coller aux basques de cet hommes qui la turlupinait tellement !
Elle n’arrivait pas à s’accorder sur ce dernier point… Etait-ce une chance ou une tare ? Navis essaya de faire preuve de la plus grande lucidité… Evidemment que c’était une chance. On lui ordonnait de rester avec la personne la plus compréhensive et sympathique qu’elle avait rencontré jusque là. Et vu le nid de frelons dans lequel elle était tombée, des gars comme lui, ça ne devait pas courir les couloirs ! Elle se rendit compte bien vite et pris sur elle.
Navis ravala sa peur et répondit à Visconti avec un aplomb qu’elle n’avait jamais connu jusque là. Elle se tenait droite, les mains dans le dos et les jambes légèrement écartées. Son regard était sûr et posé. En réalité, seule les mains qu’elle avait dissimulé tremblaient. Elle répondit d’une voix assurée.


- Aucune question. A vos ordres…

Navis avait choisie de formuler une réponse concise et clair car apparemment, la Sergente n’aimait pas perdre son temps avec des formules de politesse… Ces quelques mots avaient été une torture à sortir car Navis n’avait jamais essayé de paraître pour ce qu’elle n’était pas. Une femme assurée et clairvoyante. Pourtant elle avait là assez bien réussit à jouer ce rôle. Elle voulait être sûr qu’on lui confierait bien ce poste. Elle voulait donner l’impression qu’elle était apte à l’occuper. Rester avec M.Meyer devenait sa priorité…
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MessageSujet: Re: Code 44 (PV Navis)   Jeu 18 Juil - 23:28

Je regardais froidement la nouvelle milicienne. Elle se tenait droite. Elle avait un bon mantien, ne faisait pas de chichis, sa gêne du début semblait être passée. Je sondais sa gestuelle pour trouver son point faible. Sans dire que j'aimais ce que je voyais, elle ne me déplaisait pas. Elle semblait solide, mais il était vrai que j'avais un instinct plus solide pour trouver les rebelles ou pour faire avouer les crimes que pour sonder ceux de mon propre camp. Par défaut, je les classais tous dans la catégories "Idiot jusqu'à preuve du contraire". Pas grand monde n'en était sorti pour le moment. Jones, évidemment. Dickins aussi, mais pour entrer dans une autre qui s'intitulait  " Idiot qui aime le spectacle". Von Klein allait peut-être obtenir une miette de mon estime. Mais je n'aimais pas pour autant l'idée d'avoir une débutant sous ma responsabilité. Enfin, en l'affectant à Meyer, les risques de gaffes étaient minces. Au pire, elle ne trouverait rien, et j'y serais pour rien vu que je n'aurait jamais eu de temps pour la former. J'acquiesçais à sa réponse avec l'ombre d'un sourire sur les lèvres. Brève, efficace. Peut-être qu'elle me plairait, cette petite, au final.

- Parfait. Vous me ferez parvenir un rapport avec relevé téléphonique tous les vendredis. Sauf si quelque chose d'important s'est passé, auquel cas je veux être prévenue immédiatement. Mais soyez prudente, je déteste être dérangée pour rien. Ne me décevez pas.

Je laissais le silence plâner quelques secondes, en la regardant.

- Bon, faites rentrer Meyer.

Le Suisse revint dans le bureau, calme, comme toujours. Je ne l'avait jamais vu sortir de ses gonds, et pourtant, on lui en avait fait voir... Il commence à me parler de dossier de ressortissants suisses. Ah, tiens. Il y en a un, je l'ai moi même descendu après un délit de fuite.

- Meyer, je n'ai ni le temps, ni l'envie de vous aider. Aller voir aux archives, vous devriez avoir l'habitude. Oh, et puis, vous aviez déjà rencontré Navis Von Klein. J'espère que vous l'avez apprécié, parce qu'au vu des récents évenements, la Milice a décidé de l'affecter à votre sécurité personnelle. Nous ne vous voudrions pas aux mains de l'ennemi, vous aussi. Je dois partir. Voyez entre vous pour les détails et faites valider par le Sergent Janssen.

Je me levais et sortit sans leur accorder un regard de plus.

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MessageSujet: Re: Code 44 (PV Navis)   Ven 19 Juil - 0:33

J'avais pris mon mal en patience. Que faire d'autres, de toutes manières? J'avais Visconti sous la main, autant tenter ma chance. Et puis, je voulais savoir si elle n'avait pas trop malmené Navis. J'entends de très faibles bribes de voix filtrer du bureau. Pas assez fort pour que je comprenne de quoi il s'agit. Tant pis. La porte finit par s'ouvrir de nouveau sur la blondeur de la jeune femme, qui m'invite à entrer de nouveau. Je m'avance, et referme la porte derrière moi. 3... 2... 1... FIGHT!

- Sergent Visconti, je veux un accès aux dossiers des ressortissants suisses Léonie Descombes, Jan Wicht et Dominic Thorens. Leurs familles sont sans nouvelles depuis plus de six mois, et je me dois de leur fournir une réponse. En tant qu'expatrié, ils ont forcément atterit ici à ...

Elle me coupe une deuxième fois. Ouh, elle est forte, mais je suis tenace. Pire qu'une mauvaise herbe. Je n'avait pas grand espoir de les trouver vivants, mais c'était mon boulot de les retrouver, et d'annoncer ce qu'il en était à leurs familles... En espérant que dans le pire des cas, il y aurait un corps à rapatrier... Puis j'hausse un sourcil à la nouvelle, partagé. Navis, affectée à ma sécurité? C'était un revirement de situation incroyable. Mon rayon de soleil qui me suivrait partout comme mon ombre. En espérant qu'elle me porte chance! Mais je n'étais pas dupe. Ma protection importait peu à ces renards de la Milice. Par contre, savoir si je ne complotais pas dans l'ombre... Ils seraient déçus. J'ai une vie toute à fait ennuyeuse. Je fais un sourire en coin devant la tentative de sauver les apparences... A d'autres. Depuis quand vous vous souciez de la sécurité des ambassadeurs?

- Ais-je droit de la mettre à contribution dans mes recherches aux archives?

Je prends la chose avec bonne humeur. Ais-je le choix, de toutes manières? Que je le veuille ou non, Navis me suivra partout jusqu'à un contrordre. Ce n'est pas une fouine, elle est différente. Je préfère que ce soit elle plutôt qu'un autre qui ne me serait pas aussi agréable. Visconti sort. Ok, elle a gagné cette bataille, mais je jure que je remporterais la guerre. Un petit sourire aux lèvres, je me tourne vers la jeune femme :

- Bon, eh bien on dirait que nous allons nous côtoyer souvent. Que diriez-vous d'aller parler des "détails" devant un café? Je crois que je suis indésirable, ici.


De toutes manière, elle n'a plus le choix et doit me suivre, désormais. Je fais comprendre au Sergent Janssen que nous reviendrons plus tard, quand les termes du contrats seront établis, et je sors de la pièce, puis du Commissariat, ma nouvelle ombre sur les talons. M'arrêtant dans un café d'aspect sympathique non loin, je rentre et m'assieds, faisant signe à Navis de prendre place en face de moi. Je lui souris, chaleureux :

- Drôle de journée!

Je commande, et lui demande ce qu'elle veut boire, avant de reprendre, tranquille :

- Etant donné que vous allez devoir garder les yeux rivés sur moi, il faut vous trouver un endroit ou dormir. Pardonnez-moi d'être si direct, mais je possède un appartement trop grand pour moi seul : une chambre est disponible. Elle est a vous, si cela vous convient. A moins que vous ne préféreriez un autre arrangement?

Je suis direct, mais je n'aime pas perdre du temps inutilement. Elle doit me surveiller, et donc rester à proximité. Vu la tolérance de sa supérieure, je préfère lui faciliter la tâche et ne pas lui créer de soucis. Et puis, je n'ai absolument rien à cacher.
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MessageSujet: Re: Code 44 (PV Navis)   Ven 19 Juil - 3:39

Navis écoutait les ordres avec la plus grande attention et sans broncher. Bien que sa nouvelle position d’espionne la mettait mal à l’aise, elle se dit que le sort restait plutôt clément avec elle… Visconti sortait ses phrases avec une autorité terrifiante. Navis avait presqu’aussi peur d’elle qu’elle avait peur de sa sœur. D’autant plus qu’elle avait aussi cette prestance fascinante. Belle et sanglante… La seule différence résidait en ce fait que Visconti assumait son rôle là où Victoria préférait plus ou moins cacher son jeu. Bien entendu, Navis oublia dans la seconde ce qu’elle venait de penser… Elle demeurait donc toujours debout, face à sa supérieure.
Navis trouvait assez de force en elle pour garder son rôle de milicienne solide et efficace. Ho que oui elle la trouvait cette force… Cet entretien s’était en quelques instants transformé en lutte pour sa survie. Elle avait tout de suite compris à quel point Visconti était dangereuse. Elle ne voulait en aucun cas avoir affaire à elle ! Et pour éviter ça, le poste qu’on lui servait sur un plateau devenait le recourt le plus sûr et immédiat. En effet, si Meyer n’était pas entré en jeu au bon moment, elle aurait dû se plier aux ordres de cette femme et elle savait qu’elle n’aurait pas fait long feu… Elle gardait donc la tête droite et les épaules carrées puis lui répondit clairement :


- C’est compris…

Visconti marqua un silence et la confronta à son regard de tueuse. Là c’était un coup dur ! Navis faillit se déstabiliser mais réussit à se contenir comme elle pu. Elle réprimait les tics nerveux qui assaillaient son visage de poupée. Elle ne laissa rien filtrer, son visage s’immobilisant comme celui d’une statue. D’ailleurs c’est ce qu’elle était devenue. Elle n’osait même plus respirer…
Heureusement, Selena rappela Meyer avant que Navis ne se sente trop mal à l’aise. Et le fait qu’il reprenne le flambeau l’apaisa illico. En l’écoutant, elle en apprit d’avantage sur son travail. Elle compati, car ça n’avait pas l’air de tout repos, ni facile, ni attractif… C’est en le voyant garder son sang froid comme ça qu’elle se dit combien il savait travailler ses nerfs… Et combien aussi il devait jouer sur son paraître…
Enfin, Visconti lui annonçait la nouvelle. Il allait devoir se coltiner Navis comme piètre garde du corps. La jeune femme guettait, non sans appréhension, la réaction du suisse. A son grand étonnement, il le prenait plutôt bien… Presque aussitôt cette constatation faite, Visconti les laissa paître sans plus attendre et Navis se retrouva à nouveau seule avec Meyer qui lui proposait de discuter des détails devant un café, son beau sourire toujours accroché au lèvres. Mine de rien, Navis se retrouvait confronté à un cruel dilemme. Accepter un café ou quelque autre boisson que ce soit de la part d’un étranger lui avait toujours été formellement interdit par sa soeur. Mais d’un autre côté, suivre M.Meyer devenait une priorité. C’était les ordres. Elle était donc dans la même situation que le chevalier qui a prêté serment d’allégeance à son roi mais aussi serment de protéger le peuple et à qui le Roi demanderait de tuer le peuple. Il serait obligé de rompre l’un de ses serments et Navis devait faire de même. Bien sur, ayant retrouvé une once de libre arbitre et un soupçon de jugeote elle accepta sans délais de le suivre :


- S’il vous plaît…

Il faut ajouter que la fin de sa phrase avait trouvée écho dans le cœur de Navis… Elle aussi connaissait trop bien ce sentiment d’être indésirable… Elle marchait derrière lui, se laissant guider jusqu’à un café à l’allure plutôt chaleureuse. Il lui fit signe de s’asseoir en face de lui, ce qu’elle fit instantanément. Se retrouver assise avec un homme dans un café la perturbait… Elle avait l’impression de vivre ses rêves les plus secrets. Ceux qu’elle pouvait faire dans un creux de sa tête sans que sa sœur ne vienne y fourrer son nez. D’ailleurs, lorsque le suisse lui demanda ce qu’elle voulait boire, elle faillit répondre : « un jus d’abricot ». Parce que c’est ce qu’elle prenait tout le temps.. Non pas qu’elle aimait ça, au contraire, elle trouvait le goût écoeurant, mais sa sœur avait décrété que ce serait sa boisson préférée. Loin de Victoria Navis s’autorisa à parcourir les jus existant dans son esprit et opta timidement pour un jus de pomme.

- Un jus d’ab…de pomme, s’il vous plaît… Merci…

Elle porta sans plus attendre la main à son porte-monnaie qu’elle sorti de sa chemise pour payer d’avance, lorsque Meyer en vint à parler du logement. Il lui proposait ni plus ni moins de partager son appartement. Le trouble de Navis fut tel qu’elle en fit tomber un pièce par terre. Celle-ci roula et buta contre la chaussure de Meyer. Honteuse, Navis glissa sous la table et récupéra sa pièce en manqua de se frapper la tête contre le genoux de son interlocuteur. Elle se rassit à sa chaise comme si elle revenait d’une expédition et en effet, elle venait de faire une expédition spirituelle vertigineuse. Tous les interdits établit par Victoria avaient reparus dans sa tête et se trouvaient tous à la fois éradiqués par la simple parole de Visconti. Le maître mot auquel Navis devait désormais obéir était « proximité ». Elle devait s’arranger pour rester collée à Meyer et, dans ce cadre, la proposition qu’il lui faisait était une aubaine… Bien que l’idée la mettait complètement mal à l’aise, elle ne s’autorisa qu’à l’accepter :

- Ne vous excusez pas, je comprends que vous n’ayez pas de temps à perdre avec ce qu’on vous impose… Ce que vous m’offrez là est plus qu’aimable.. Je vous promet d’être discrète et efficace… Et vous remercie…

Elle n’avait pas osée le regarder dans les yeux pour répondre… Il fallait qu’elle se fasse à l’idée, et comme on le sait déjà, ses yeux étaient un accès direct vers ses états d’âme… D’ailleurs, ses joues qui restaient rose depuis qu’il l’avait fait entrer dans le café la trahissaient déjà bien assez. Quoi que… A force, on aurait pu croire qu’il s’agissait d’un surplus de blush ou d’un rhume naissant tellement cela faisait partie de son visage… Dans ces moments là, Navis se disait qu’elle ferait mieux de se couvrir la figure d’une épaisse couche de fond-de-teint afin qu’aucune rougeur ne transparaisse… Mais elle exécrait tellement le maquillage…
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MessageSujet: Re: Code 44 (PV Navis)   Jeu 25 Juil - 1:55

Lorsqu'elle sort son portefeuille, je fais un signe de la main pour montrer que c'est moi, ou plutôt l'ambassade, qui vais payer. L'avantage de bosser à l'ambassade, c'est qu'ils prennent en chargent presque tous mes frais.

Je l'écoute me remercier pour ma proposition. Pourquoi je lui avait proposé la chambre vide dans mon appartement? Le prétexte, c'était "pour lui faciliter la tâche". Mais c'était une excuse. En vérité, j'avais de plus en plus de mal avec cette chambre vide, cette chambre qui serait pleine de bateaux pirates et de petites voiture si jamais Emma était venue avec moi à Hegemony. C'était censé être la chambre de Vincent. Mais là, c'était juste une chambre pleine de rien, et plus mon divorce avec Emma se concrétisait, plus je perdais espoir que mon fils vienne un jour dans cette chambre. Ma femme, enfin ma future ex, avait demandé la garde exclusive de Vincent, en prétextant que la ville n'était pas sûre, et que notre fils serait perturbé par les longs voyages, et par le climat tendu d'Hegemony, et que de toute façon je n'avais jamais été un bon père. Je me battrais avec elle bec et ongle s'il le fallait, mais j'obtiendrais un droit d'hébergement. J'en avais le droit, et Emma n'avait pas droit de m'interdire de voir mon fils. Mon avocat me disait même que si elle continuait à me refuser le droit de voir Vincent, le juge risquait de me donner la garde à moi. Je ne savais pas encore si j'en avais envie ou non. Bien sur qu'avoir mon fils tous les jours avec moi serait un grand bonheur, mais... je ne voulais pas qu'il soit malheureux. Le bonheur de cet enfant avait été ma raison de vivre pendant les 5 ans qu'a duré mon mariage. Alors que mon ex ose dire que je n'étais pas un bon père, ça me révoltait.

Et j'en avais assez d'être seul. Une présence me ferait du bien. Je n'avais qu'à prendre un chat, me direz-vous? Oui, sans doute. Mais la vie avait mis Navis sur mon chemin, alors autant en profiter. Elle m'intriguait. Et j'avais beau avoir de gros doute sur le rôle qu'on lui avait confié, je ne l'en blâmais pas, elle. Je doute qu'elle ait eu la possibilité de refuser. Je gardai le silence quelques secondes, réfléchissant à cette rencontre. Puis, je tiltais sur le nom. Von Klein! Bon sang. En tant qu'assistant de l'ambassadeur, je mettais un point d'honneur à me tenir au courant des mouvements dans la milice. Qui venait, qui repartait, qui était promu... qui était décédé. Connaître son adversaire est souvent la clé de la réussite. Je pouvais les déstabiliser et, moins sûrs d'eux, ils craquaient. J'avais appris l'arrivée d'Allemagne de deux jeunes femmes, deux sœurs, l'aînée étant promise à une promotion directe. C'était ce qui m'avait intriguée, c'était un événement extrêmement rare. Navis était donc la cadette? En bon suisse (la neutralité avant tout) je ne laissais rien paraître de ma soudaine révélation, me contentant de voire une gorgée de café :

- Ne me remerciez pas. Après tout, vous allez devoir vous attacher à mes pas, et je suis un être assez ennuyeux. Et puis, ça ne doit pas être simple de quitter ses racines. Vous veniez de Berlin?

Je fait une supposition. Si je suis habitué à la langue allemande, et que je la parle parfaitement, au même titre que l'italien et le français (Suisse oblige) je n'ai pas encore l'oreille pour distinguer les accents.

- J'y pense, vous voudriez peut-etre informer votre soeur. J'ai un téléphone, si vous le souhaitez, mais vous pouvez aussi attendre d'être rentrée... comme vous préférez!


Dernière édition par Raphaël Meyer le Jeu 25 Juil - 20:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Code 44 (PV Navis)   Jeu 25 Juil - 18:23

Alors qu’elle avait la ferme intention de payer sa consommation, Meyer lui fit un singe de la main pour qu’elle remballe son argent. Bien que cela la gène, elle s’exécuta, consciente qu’il serait mal poli d’insister… Et puis il était son patron désormais… Navis se trouvait dans une drôle d’ambiance. Il ne correspondait pas du tout à l’idée qu’elle se faisait d’un supérieur. Victoria lui avait toujours expliqué le B.A.BA des relations hiérarchiques. Un supérieur pédant qui considérait ceux sous ses ordres comme des pions et qui les traitait comme tel. Des relations froides et autoritaires. Pas de bla-bla. Bref, tout le contraire de M.Meyer : humble, attentionné, doux et aimable. Quelqu’un de tout à fait admirable. Et cela embarrassait d’autant plus Navis quant à sa mission. Espionner un être aussi agréable la démoralisait. Elle n’arrivait pas à croire qu’il n’était pas quelqu’un d’honnête.
Mais trêve de cogitations intempestives et place à l’instant. Pour quelques secondes, juste le temps d’un silence de la part de son interlocuteur, Navis exacerba tous ses sens. Elle entendait les bruits de vaisselle. Des brides de conversations. Les gens qui étaient assis derrière eux parlaient d’une tarte tatin qui avait explosé dans le four. Ceux d’à côté se murmuraient des mots d’amours. Un serveur au fond du bar annonçait une commande tandis qu’une femme riait dans la rue. Et les odeurs… L’odeur du café de Meyer venait chatouiller les narines de Navis et le bruit que cela fit quand il en bu une gorgée lui fit presque sentir sa saveur. Elle baissa ses yeux vers le sien et plongea dans le noir intense… C’était beau un café. Dire qu’elle n’en avait que de mauvais souvenirs. Souvenirs de ces soirées passées avec sa sœur et son groupe de milicien dans les bistros d’Allemagne. Ces soirées interminables où elle n’avait droit qu’à de l’alcool pour la « décoincer » soit disant, ou à un verre de jus d’abricot si l’humeur n’était pas festive. Ces soirées où elle devait dire Amen à tous les désirs des miliciens, les laisser la complimenter sur sa « belle bouche de salope » et lui rappeler sans cesse qu’elle en avait « une bonne paires ». Et sa sœur riait. Bien sur, c’était de l’humour… Juste de l’humour… Et quand tous étaient bien éméchés, elle finissait la plupart du temps sur leurs genoux, malmenée comme l’était autrefois les prostitués de tavernes. Rien à voir avec ce qu’elle vivait un ce moment même.


La voix de Meyer s’éleva à nouveau, la sortant sans désagréments de sa rêverie. Et encore, le voilà trop humble. Quelqu’un d’ennuyeux disait-il. S’il savait. Cela faisait des lustres que Navis ne s’était pas autant « amusée ». En effet le simple fait de pouvoir profiter d’un café la rendait aussi béate qu’un enfant qu’on emmènerait à Disneyland. Enfin… sûr qu’il ne pouvait pas le soupçonner. Les gens normaux ne se font pas une montagne de si peu…

- Je vous en conjure, arrêtez d’être si dur avec vous même. Je ne vous trouve pas ennuyeux.

Navis voulait continuer sur sa lancée et parler avec humour, mais elle eut une appréhension et se ravisa. Et puis de toute façon, il lui posait une autre question. Si elle venait de Berlin ? Il faisait vraiment attention à chaque détail. Qu’est ce que ça pouvait lui faire d’où elle venait ? Rien. Il s’intéressait juste à elle. Il la faisait parler. Etait-ce cela qu’on appelait « prendre quelqu’un en considération » ?

- Haha… Elle eut un rire discret et un tantinet nerveux, vous n’avez pas tout à fait tord. J’ai passé ces trois dernières années à Berlin en effet. Mais je suis née en Bavière et mes parents étaient bavarois de souche. Cependant, j’ai grandit à Villingen-Schwenningen, dans la forêt noire. N’essayez donc pas de me trouver un accent, je crois que je les ai un peu tous… Elle sourit secrètement. J’ai donc quitté mes racines au moment où je suis partie pour Berlin. Venir à Hegemony était juste un pas de plus et… *l’espoir d’un changement de vie… * voilà…

Ca lui faisait du bien… de parler d’elle. Elle n’était jamais au centre de la conversation, mais avec lui, elle avait droit à ces petits moments d’attention. Mine de rien, ça fait du bien de parler de son parcours, de sentir que quelqu’un nous écoute. Navis éprouvait enfin ce sentiment d’exister pour quelqu’un. Bien sûr, elle savait qu’elle n’existait que dans ces moments là. En dehors de ça, Meyer avait d’autres choses en tête, et elle ne serait sûrement pas celle à qui il penserait hors de ces moments d’échanges. Qu’importe… Le sentiment de bien être qu’elle avait éprouvé durant ce court instant valait tout l’or du monde. Cependant… Toutes les bonnes choses ont une fin et ce moment privilégier s’acheva net quand Raphaël ajouta :

- J'y pense, vous voudriez peut-être informer votre soeur. J'ai un téléphone, si vous le souhaitez, mais vous pouvez aussi attendre d'être rentrée... comme vous préférez!

Le visage de Navis se rembruni de façon spectaculaire. Elle blêmit presque. Prévenir sa sœur… Mon dieu comment allait réagir Victoria ? Elle frémit à cette idée et accepta la proposition de Raphaël comme une enfant à qui on demande de prévenir ses parents. Elle se saisit du téléphone en tremblant et s’excusa :

- Désolé de vous l’emprunter, je n’ai pas de téléphone portable personnel…

Elle saisit le numéro avec difficulté, ne sachant apparemment pas se servir d’un téléphone…
Dans le commissariat central, le téléphone de Victoria sonna. Elle répondit à la dernière sonnerie. Navis qui croyait avoir la chance de passer par un message vocal, fut confronté à la voix venimeuse de Victoria. On entendait brièvement ce qu’elle disait à travers le téléphone.


- Qui…st-ce ? Victoria se demandait qui l’appelait. Elle n’avait pas ce numéro dans son répertoire…
- Allô… Ein… C’est Na… Swei… Je… Elle fut coupée
- Avec qu… téléphone t…appelles ?!
- Celui de monsieur Meyer… mais…
- PARDON ?!
- Non attends, laisse moi t’expliquer…
- O… est…u ?
- Je suis dans le café en face du commissariat
- J’…ive… Ne…ouge…as !

La communication coupa. Navis était déconcertée. Elle n’avait rien voulu entendre et voilà…. Qu’elle arrivait. Elle dégluti en rendant son téléphone à M.Meyer. Elle mit du temps à trouver ses mots. Elle était transit d’angoisse, comme si elle attendait l’arrivée d’un fléau.

- Ma sœur… Arrive…

Elle ne voulait pas imaginer la suite…

(hrp) : je sais pas si tu as reçu mon SMS, mais je dois faire un autre post après celui de Navis sur ce sujet. Donc, sauf si tu veux donner une réponse après Navis avec Raph, attends que je poste le second ! Vwalà =3
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MessageSujet: Re: Code 44 (PV Navis)   Ven 26 Juil - 13:28

Victoria sortait de son entretient avec Cassandra John’s quand son téléphone sonna. Numéro inconnu ? Qui s’était procuré son numéro ? Elle espérait qu’il ne s'agissait pas d’une erreur, sinon quoi, son interlocuteur se prendrait une bonne raclée ! Ce genre d’étourderies l’horripilait ! Elle attendit, comme à son habitude, le dernier moment pour décrocher. D’une voix froide et s’attendant à tomber sur un inconnu, elle demanda sans détours :

- Qui est-ce ?

C’était la voix de Navis. Avec quel téléphone appelait-elle ?! Et surtout avec QUI se trouvait elle en ce moment ? Elle appelait d’un téléphone privé qui n’était certainement pas celui de Selena, sa supérieure qui, à ce qu’on dit, n’était pas du genre à prêter ses affaires pour dépanner. Victoria enchaînait les questions sans laisser sa sœur parler. A qui appartenait ce téléphone ? M.Meyer ? Qui c’était celui là ?! Victoria se laissait gagner par la colère sans que personne n’en douta rien. En effet vu de l’extérieur elle avait l’air inquiète comme une mère à qui l’on apprend que son enfant traîne avec les mauvaises personnes. D’ailleurs inquiète, elle l’était aussi beaucoup… Sans plus attendre, elle somma sa sœur de lui dire où elle se trouvait et partie la rejoindre… Elle savait que s’absenter sans autorisation la mettait en risque de lourdes réprimandes… Mais qu’importe ! Sa sœur passait avant le reste. Elle tourna un visage plein d’angoisse vers Emerson, avec qui elle était condamnée à être encore un moment.

- Toutes mes excuses Lieutenant, ma sœur est en danger… Je sais que je manque à mon devoir en m’absentant sans autorisation mais je dois aller la secourir ! Comprenez moi, je suis sûr que si la personne qui vous est le plus chère se trouvait dans une situation difficile, vous feriez fi de la bienséance et lui viendrez en aide !

Sur ce elle s’inclina et s’empressa de descendre les marches du commissariat jusqu’à atteindre la rue. Là elle trouva le café en moins de deux. Navis qui la vit au loin se pétrifia. On aurait dit qu’elle venait de voir l’Ankou brandissant sa faux. Victoria approchait vite et d’un pas dur. Elle avait le regard noir et portait son uniforme, ce qui lui donnait une prestance monstrueuse. Navis se triturait les doigts, sentant venir le glas.
Victoria pénétra dans le café et Navis n’eut pas le temps de dire mot qu’elle se prit une énorme gifle du revers de la main en pleine figure. Le choc fut monumental et la propulsa à terre. Son bassin buttât contre le carrelage du café tandis que sa tête vint heurter une table. En tombant, elle s’était ouvert l’arcade sourcilière et une traînée de sang aveuglait son œil vert. Sonnée, elle se releva difficilement, comme si elle était devenue aveugle,  tandis que sa sœur la saisit par le bras pour accélérer la cadence.


- Qu’est ce que tu fais là ?! Je te signal que tu es en service !
- Mais é…écoute je… Navis tremblait de tous ses membres et avait du mal à tenir debout.
- TAIS TOI ! Je ne parlerais pas avec une milicienne sans uniforme ! En civil, tu n’es rien et tu ne m’adresse pas la parole. Changes toi !

Victoria se saisit de l’uniforme de Navis et le lui balança en travers de la figure. Elle sortie également un mouchoir de sa poche et le lui cola sans délicatesse sur l’arcade.

- Et va me rincer ça !
- Ein, je n’ai pas retouché l’uniforme il… Elle essayait de calmer l’hémorragie et de retrouver une vue correcte.
- Il fallait le faire en temps et en heure ! EXECUTION !

Navis, voyant que sa sœur s’apprêtait à lever de nouveau la main sur elle, s’empressa de rejoindre les toilettes au fond du café. Victoria quant à elle, s’essuya machinalement les mains et se tourna vers Meyer après avoir demandé à la volé :

- Garçon ! Quelqu’un pour nettoyer.

Elle s’assit en face de Meyer et plongea son regard de biche dans le sien. Drôle de regard vraiment. Des yeux de velours, un regard suave et sensuel mais des gestes d’une violence inouïe. Les mains qui venaient de causer tant de tord étaient à vue d’œil d’une délicatesse exquise. Victoria avait un visage de poupée de cabaret. Des traits doux mais par moment comme convulsés par une folie furieuse, une haine démesurée. Elle était complètement troublante, incernable. Folle ?
Elle s’adressa à Raphaël avec une voix posée. Rien ne laissait paraître une quelconque émotion quant à ce qu’elle venait de faire. La routine.


- C’est vous, M.Meyer ? Elle haussa un sourcil. Je ne suis pas au courant de votre rôle ici. Mais j’ose espérer que vous avez de bonnes raisons de retenir ma sœur dans un endroit comme celui-ci. Cela va sans dire que vous connaissez la situation de Navis ? Une simple milicienne. Autrement dit, pas quelqu’un avec qui l’on peut discuter autour d’un… café. Elle dit ce dernier mot avec une once de mépris. Mais bon, je suppose que si elle s’est laissée accaparer par vous, c’est qu’il y a une bonne raison. Quel est votre lien ? Vous n’avez pas l’air d’un milicien. Ou alors c’est la nouvelle mode de se trimbaler sans uniforme.
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MessageSujet: Re: Code 44 (PV Navis)   Mar 30 Juil - 0:02

Mon offre la fit blémir. Je ne pensais pas provoquer... la panique? chez une femme un jour. Navis semblait terrifiée, mais pas quoi? Par sa soeur? après tout, c'est elle qu'elle devait appeler... Je me promis de creuser la question. Mentalement, je notais qu'il faudrait que l'ambassade lui fournisse un téléphone portable. C'était indispensable pour son nouvel emploi. Je sirotais tranquillement mon café lorsqu'une milicienne en uniforme surgit d'un coup, telle une tornade, dans l'établissement ou nous nous trouvions. Elle ne prononça pas un mot mais gifla monstrueusement la jeune femme qui était désormais mon garde du corps. Je reposais ma tasse, serrant les dents et lui jetant un regard glacé. Je ne la quittais pas des yeux, me promettant de lui interdire tout moyen de faire ça à l'avenir. Quelle soeur était-ce donc, pour traiter ainsi son propre sang? Cette femme était folle. Peut-être pas au sens propre, mais quelque chose l'étouffait, quelque chose qui la métamorphosait en Harpie, quelque chose qui, malheureusement, se retrouvait chez bon nombre de miliciens. Ils avaient tous été choisis pour leur absence de peur du danger, leur instinct, leur plaisir à verser le sang et à infliger la souffrance. Ce qui la motivait, elle, je l'ignorais pour le moment. En revanche, je savais que Visconti, par exemple, était atteinte depuis son enfance de troubles de la personnalité. Rien de très grave, mais assez cependant pour ne pas lui permettre de ressentir certains sentiments... comme la compassion. L'une de mes occupations était de rechercher le plus d'informations possibles sur les miliciens d'Hegemony. Plus je les connaissais, mieux je pouvais les comprendre, et donc réagir en fonction d'eux. Aussi, tel un détective privé, je fouinais dans l'ombre, payant qui pouvait me fournir des informations. Activité qui allait devenir compliquée avec l'arrivée de Navis, mais qu'importe, je trouverais un moyen. Je préférais que personne ne sache mon point fort.

Navis d'ailleurs était blessée. J'allais me lever pour l'aider à se redresser, mais sa soeur fut plus rapide que moi, l'invectivant de plus belle et l'envoyant aux toilettes pour nettoyer sa blessure et se changer. L'uniforme milicien... Je n'en voulais pas dans mon entourage. Elle était ma garde du corps, désormais, et était sous ma responsabilité. Et je ne laisserais pas cette Méduse furieuse la piétiner plus.

Elle s'assit en face de moi et me regarda. Je soutins son regards sans sourire plus que ça, certain qu'elle parlerais la première. J'étais persuadé que ce genre d'individu, si j'avais bien cerné Victoria Von Klein, avait à coeur d'asseoir sa supériorité sur tout ceux qu'elle considérait comme inférieurs. Et ça ne loupa pas. Son vocabulaire ne trompait personne. Elle diminuait Navis, et tentait de prendre l'ascendant sur moi. M'effrayait-elle? Non. Si j'avais eu peur de la folie des hommes, jamais je n'aurais accepté de m'occuper de l'ambassade suisse. M'impressionnait-elle? Elle aurait pu. Ses traits qui oscillaient entre calme apparent et folie furieuse pouvaient mettre mal à l'aise. Mais elle était trop évidente pour m'impressionner. Et même si ça avait été le cas, je n'en aurais rien montré. Un sourire en coin naquit sur mon visage, et je laissais planer un silence avant de répondre :


- Mademoiselle Victoria Von Klein. Il est évident que, depuis votre Allemagne natale, vous n'ayez pu entendre parler de moi. De plus, vous n'êtes pas arrivée dans la capitale depuis assez longtemps pour que mon nom soit parvenu jusqu'à vous. Quoique, si vous aviez pris votre futur grade d'adjudant à coeur, vous vous seriez sans doute renseigné sur les noms importants d'Hegemony, quoique je ne me targue pas d'en être un. Je me présente. Je suis Raphaël Meyer, Secrétaire et Premier Assistant de l'Ambassadeur Suisse. Et je vais faire comme si vous ne m'aviez pas interrogé sans aucune gêne, et comme si vous ne m'aviez pas manqué de respect.

Je bus une nouvelle gorgée de mon café sans la quitter du regards. Je jouais plus ou moins un personnage, plus assuré, plus arrogant que celui que j'étais vraiment. Mais il fallait qu'elle comprenne que nous n'étions pas du même cercle. Elle n'avait aucune influence sur moi, de part mon immunité diplomatique, a moins bien sur que je sois inculpé pour un crime contre l'Empire. De mon côté, je n'avais sans doute pas plus d'influence sur elle... Du moins pas si elle devenait Adjudante.

- Vous n'êtes vous même pas encore adjudante, et de ce fait, une simple milicienne au même titre que Mademoiselle votre soeur. Par ailleurs, vous êtes priée de ne plus porter la main sur elle, peu importe que vous soyez du même sang. Elle est sortie de votre autorité pour entrer sous la mienne.

Je pense que si je le voulais, je pourrais même interdire à Navis de lui adresser la parole. Mais ce serait idiot, et cruel de ma part. Sa soeur, malgré son caractère, restait son seul point d'attache.

- Navis Von Klein a été affecté par la Cheffe de la Milice à ma garde personnelle, et de ce fait, n'est plus milicienne.

Je passe à l'allemand pour prononcer ma dernière phrase.

- Les lois de cette ville sont différentes des votres, Mademoiselle.

Echec, Victoria. A vous de jouer.
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MessageSujet: Re: Code 44 (PV Navis)   Mer 31 Juil - 1:24

Victoria fut saisit par la verve de Meyer. Elle ne s’attendait pas du tout à l’entendre répondre comme ça. En fait, elle ne s’attendait surtout pas à voir quelqu’un prendre un jour la défense de sa cadette. Pourtant elle savait… Elle savait que c’était un risque si le destin les séparait. C’en était fini de son rôle d’intermédiaire. Désormais on lui poserait les questions à elle, et c’est évident qu’on éprouve facilement de la sympathie pour une potiche… Restait plus qu’à espérer que Navis ne se vit pas pousser des ailes… Ce qui n’aurait pas eut lieu d’arriver si elle avait été COMME PREVU mise sous les ordres directes de Visconti. Sa première mission l’aurait déjà fait regretter l’absence de Victoria et elle aurait pleuré chaque soir, priant pour que sa sœur eut été là. Mais non , il avait fallu que cette énergumène de Meyer fourre son nez là dedans. Et, au grand damne de Victoria, il avait plus l’air d’un tendre que d’une brute. Vic se dit clairement qu’il allait falloir remédier à ça, d’autant plus qu’il paraissait assez intrusif.
Enfin, prenons les choses par le commencement. Il s’avérait tout de même que sa première réplique avait été d’une pédanterie insupportable. Pour qui se prenait il celui là ? Ca pour sûr, il se cachait bien derrière son immunité diplomatique, cependant Victoria ne concevait pas qu’un simple « assistant » se mette à lui parler comme ça, surtout quand son supérieur à elle lui avait bien fait comprendre qu’elle aurait sa promotion…


- Comme vous dite, je me suis renseignée sur les noms « importants » d’Hegemony et vous n’y figuriez pas. Sauf si c’est vous qu’on surnomme « l’emmerdeur » au quel cas, à part des plaintes récurrentes, je n’ai entendu rien d’autre à votre sujet… Quand à vous je vois que vous en savez déjà quelque chose sur ma personne, ce qui ne m’étonne pas. Enfin, je trouve votre dernière menace bien chétive. Vous voulez me faire peur en caftant la manière que j’ai de vous parler ? Hoo… J’ai l’impression d’être face à un écolier… De grâce, faite moi croire que vous valez mieux que ça…

Elle marqua une pause, juste le temps de constater qu’il restait du café dans la tasse de Navis. Elle s’en saisit et la but avec cette grâce si terrible qui est la sienne. Puis elle reprit :

- Ensuite, je me permet de corriger vos ardeurs. Bien sûr je ne porte pas encore le grade d’adjudante sur mon uniforme mais sachez que c’est un poste que j’ai déjà occupé dans mon « Allemagne natale » comme vous le dite si bien. Je ne suis ici que pour officialiser la chose, et je m’y applique. Ensuite, pour ce qui s'agit de ma sœur, rien ni personne ne me dira comment je dois agir avec elle. Là où elle peut être à tout moment affranchit de votre autorité, elle ne pourra jamais l’être de la mienne. Elle est le sang de mon sang, il faudra vous y faire. Et on apprend pas à une mère comment élever ses enfants, et cette petite, c’est moi qui ai fais son éducation. Je sais ce qui est bon pour elle, vous non. Alors restez à votre place et je tacherais de maintenir la mienne.

Victoria qui avait si bien commencé fut soudainement matée par ce qu’elle entendit en suite. Navis… La garde du corps de cette crapule ?! Elle avait bien compris qu’il était son nouveau patron mais de la à exercer une activité qui impliquerait un contacte permanent et… INTIME ?! Comment diable avait-ce pu en arriver là ? Il allait falloir qu’elle trouve une solution… Ca devenait urgent. Le trouble qui apparu sur le visage de Victoria s’effaça aussitôt pour laisser place à un sourire à peine dessiné et surtout à une lueur des plus terrible dans le regard. Elle avait quelque chose en tête et le soulagement inopiné qui s’exhibait sur son visage était des plus inquiétant… C’était une femme dangereuse, pas de doute sur ce point, mais jusqu’où était elle capable d’aller ?

- Et bien… vous n’allez pas tenir longtemps avec elle…

Puis Meyer acheva de la surprendre lorsqu’il se mit à parler l’Allemand. Haaa sa belle langue, elle ne pensait jamais l’entendre profanée par un homme si détestable. Mais ce recourt la piqua au vif. Qu’essayait-il de prouver par là ? Victoria essaya de tourner la situation à son avantage, maintenant elle savait qu’il comprenait l’allemand et que donc il serait à l’avenir inutile de le pratiquer avec sa sœur dans le but de l’exclure de la conversation. Il abattait ses cartes trop vite à son goût.
Victoria fut perturbée dans son raisonnement par sa sœur qui revenait des toilettes. Elle portait son uniforme cette fois. Cet uniforme mal taillé dans lequel elle avait la poitrine compressée comme une grosse sardine… Victoria se leva à son approche et s’approcha d’elle en souriant.


- Meine Schatz, là tu as déjà plus d’allure. Même s’il va falloir que tu reprennes cet uniforme… Fais moi voir ta blessure.

Elle jeta un coup d’œil à l’arcade de sa sœur, apparemment préoccupée par cet endroit en particulier, car le reste de ses blessures elle s’en moquait. Elle sortie un pansement de sa poche et le lui appliqua doucement.

- Comme ça, ça ne saignera plus. Elle lui offrit un sourire radieux.
- Merci, Ein.

Navis, penaude avait regardé ce sourire comme un enfant à qui on montre pour la première fois la mer. Avec de grands yeux émerveillés et le cœur gros.

- J’ai appris que tu travaillais pour l’assistant Suisse. Victoria prenait bien soin de ne pas laisser le suisse intervenir avant elle.
- Heu, ou-oui… Navis appréhendait sa réaction
- Bien. Te voilà enfin utile. Cela va sans dire qu’il va te falloir être « efficace », « droite » et « dégourdie ».

Victoria prononça ces mots comme des coups de fouets qu’on donne sur un carrelage en porcelaine. Navis baissa la tête, défaitiste d’avance et acquiesça sans plus de confiance en elle.

- Ein je… je t’appellerai souvent…
- J’y compte bien.

Mon Dieu que Victoria était un personnage étrange. De cruelle, elle était devenue arrogante pour aussitôt paraître une sœur aimante. Et pour le cas de Navis, ça marchait. Les quelques gentilles attentions qu’elle venait d’avoir pour elle avait illuminé le regard de la cadette Von Klein. Elle paraissait avide de plus, fière que sa sœur s’inquiète pour elle. Vaillante qu’elle la félicite et toujours inquiète de ne pas être à la hauteur de ses attentes… Victoria savait manipuler sa sœur… Mieux que tout, elle savait la plier à tout ce qu’elle voulait.
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MessageSujet: Re: Code 44 (PV Navis)   Mer 31 Juil - 20:27

Il n’y avait que quelques mètres entre la table où s’était cognée Navis et les toilettes. Pourtant, y arriver avait été pour elle une véritable expédition. Tout d’abord son bassin la faisait atrocement souffrir et elle était sonnée par le choc. Elle se déplaçait donc comme un canard boiteux bien qu’elle mettait toute son énergie à paraître stable. S’ajoutait à cela, sa blessure à l’arcade qui laissait couler une quantité de sang très fâcheuse. Cela forçait Navis à marcher comme une aveugle, la main tendue en avant pour éviter les obstacles. En vain d’ailleurs car elle avait passé toute la traversé du restaurant à se prendre des tables et deux ou trois serveurs. L’un d’ailleurs avait eu la bonté de la prendre par la main pour la conduire jusqu’aux toilettes où Navis, après l’avoir remercié, l’avait aussitôt congédié.
Dès qu’elle fut enfermée dans les sanitaires, elle fit couler de l’eau et s’en aspergea le visage afin de recouvrer ses esprits, et de nettoyer son œil. Le reflet qu’elle aperçu d’elle même en relevant les yeux vers le miroir qu’il y avait au dessus du lavabo la rebutait. Franchement, elle se détestait. L’humiliation qu’elle venait de subir la rongeait, et elle le portait sur sa figure abîmée. Son corps lui faisait mal, tout en elle la faisait souffrir. Elle en venait à regretter sa simple existence. Elle ne se trouvait aucun intérêt à vivre, fatiguée de s’en prendre plein la figure aussi bien physiquement que verbalement. C’est dur de savoir qu’on passe pour de la merde aux yeux de chaque personne qui nous regarde et Navis savait, de part l’enseignement de sa sœur, que vivre avait un prix. Et visiblement elle n’était pas à la hauteur. Pourtant, elle avait l’habitude de ce genre de scène. Mais cette fois-ci était différente. Parce qu’alors qu’elle prenait du plaisir à vivre elle avait été ramené sur terre par la main inquisitrice de sa sœur. C’est vrai que les quelques instants qu’elle avait passé avec Meyer lui avaient fait miroiter les bonheurs de la vie. Pour la première fois, elle avait éprouvé la joie de vivre avec quelqu’un. Sa remise à l’ordre n’avait donc été que plus rude. Elle avait envie de pleurer… Comme une enfant. Pleurer toutes les larmes de son corps, s’épuiser et partir. Se noyer dans le néant pour ne plus jamais en revenir. Mais quelque chose la retenait une fois de plus. Une sorte d’instinct de survie désespéré. Or cette fois-ci, cet instinct avait un visage : celui de Meyer. Elle n’en avait pas fini avec lui. Elle voulait encore être à ses côtés pour voir si elle éprouverait du bonheur à nouveau. Maintenant qu’elle y avait goûté, elle ne voulait pas partir avant d’être sûr qu’il lui était réellement interdit.
Sur cette idée, Navis enfila comme elle pu son uniforme de milicienne. Elle réussit tant bien que mal à faire passer ses hanches dans le pantalon qu’elle serra à la taille avec une ceinture improvisée. Autrement dit avec le ruban qu’elle avait au col de sa chemise. Puis elle compressa sa poitrine à l’intérieur de la veste prête à craquer. Elle se forçait à respirer à peine, de peur que les boutons ne sautent… Elle se consola en se disant que les femmes qui portaient des corsets il y a quelques centaines d’années devaient en pâtir bien plus et sans se plaindre.
Fin prête, elle soupira longuement puis se redressa net ; affronta son reflet une dernière fois et sortie des toilettes.
Au loin, elle vit sa sœur discuter avec M.Meyer. Elle lui tournait le dos tandis que le suisse lui faisait face. L’ambiance avait l’air électrique entre eux. Même de dos, Navis savait très bien quand sa sœur était irritée et quant à Meyer, il avait troqué son beau sourire et la douceur de son regard contre un visage fermé et plus austère. La cadette Von Klein se prit à espérer qu’il avait prit sa défense mais elle eut peur de ses espérances et se ravisa.
Navis arriva près de sa sœur la tête baissée. Elle avait honte qu’on la voit comme ça, trop serrée dans son uniforme. Elle ressemblait à une grosse vache saucissonnée. D’ailleurs cela faisait la deuxième fois de la journée que Victoria lui faisait subir ça.
La voix douce et bienveillante de sa sœur mit fin à ses pensées rancunières.


- Meine Schatz, là tu as déjà plus d’allure. Même s’il va falloir que tu reprennes cet uniforme… Fais moi voir ta blessure.

Meine Schatz… Des paroles attentionnées… Décidément tout basculait à nouveau dans la tête de Navis. Elle n’arrivait une fois de plus pas à tenir ses positions bien longtemps… D’autant plus que Victoria lui offrait son plus beau sourire et s’appliquait à soigner sa blessure à l’arcade. Bien que sa raison lui criait que cette aide était intéressée (elle l’était toujours lorsqu’il s’agissait d’une blessure à l’œil…), elle restait ensorcelée par ce semblant d’affection… Puis Victoria lui annonça qu’elle savait pour son nouveau « job ». Navis, craignant le pire elle récoltât le mieux. Sa sœur l’encourageait ? Bien qu’elle reçu ses conseils comme des piques visant ses points faibles, Navis était heureuse de partager ce moment de pseudo-complicité avec sa sœur… Elle n’arrivait pas à lui en vouloir bien longtemps et elle marcha dans son sens lorsqu’elle promit :

- Ein je… je t’appellerai souvent…
- J’y compte bien.

Tout était rentré dans l’ordre… Encore une fois Navis avait jeté l’éponge et Victoria avait prit le dessus sur elle. Pouvait-il en être autrement ?
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MessageSujet: Re: Code 44 (PV Navis)   Lun 19 Aoû - 0:33

Ses menaces et autres invectives à peine déguisées me faisaient ni chaud ni froid. Tout ce qui comptait pour moi en ce moment, c'était de tenter de la comprendre. C'était dans ce but que j'avais opposé une résistance, que j'avais joué le rôle du type arrogant. Pour la pousser à en dire plus. A aller plus loin. Je notais le réflexe de m'infantiliser. Souvent, c'était les personnes qui n'avaient pas eu d'enfance qui réagissaient de la sorte. Je me promis de mener mes recherches. La psychologie, le mentalisme, je connaissait. Et j'étais même plutôt doué à ce jeu-là. J'abattais certaine de mes cartes sans importance, pour mieux préparer mon terrain. Je ne savais pas pour elle, et je ne voulais surtout pas la sous estimer, mais j'étais un excellent joueur d'échec.

- Qu'elle soit le sang de votre sang n'y change rien. Navis m'appartiens désormais, et je ne tolérerais pas qu'on la rende moins efficace. Je connais ma place, et la votre par la même occasion.

J'avais rétorqué cette phrase d'un ton sec, me mettant à son niveau. En faisant somme si Navis n'avait pour moi qu'un intérêt limité, je tentais d'obtenir non pas une victoire, mais au moins un repli momentané de l'ennemi. Je ne pouvait pas combattre un ennemi que je ne connaissais pas. Il me fallait du temps, plus de temps. L'air sournois qu'elle a adopté un temps me rends méfiant, même si mon air neutre n'a pas changé. Qui est cette femme, au fond? Qu'est-ce qui l'anime? Je vois Navis qui revient en portant cet horrible uniforme. La phrase de sa soeur me fait sourire à son insu. Votre erreur, Victoria Von Klein, est de me sous estimer. En me montrant votre bipolarité et votre sociopathie, vous me donnez des armes, que j'utiliserais le cas échéant. Le visage de Navis reflétait l'incompréhension, mais elle accepta ses marques "d'affection" sans rechigner. Preuve qu'elle était habituée à ces changements d'humeur, et pire, qu'elle recherchait malgré tout l'affection de la Gorgone déchaînée. Elle semblait au plus mal dans cet uniforme. Autant, j'aurais été capable de supporter, autant voir qu'elle non plus ne s'y sentait pas à l'aise me forçait à agir. Le visage neutre, dénué de toute forme d'antipathie, je me tourne vers Navis :

- Mademoiselle votre soeur a outrepassé ses droits en vous ordonnant de passer cet uniforme. J'aimerais que vous l'enleviez, s'il vous plaît. Vous êtes mon garde du corps, désormais.

Sous-entendu : plus une milicienne. Je culpabilisais un peu de faire retourner Navis se changer. Je m'en excuserais plus tard. De nouveau face à Victoria, je lui adressait un sourire froid :

- Vous ne devriez pas être à votre poste, Mademoiselle Von Klein? Votre supérieur risque de ne pas apprécier...

Il fallait que je me débarasse d'elle, et vite.
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MessageSujet: Re: Code 44 (PV Navis)   Lun 19 Aoû - 16:17

L’air impassible de Meyer commençait sérieusement à lui taper sur le système. D’autant plus qu’elle avait bien compris qu’il en jouait et qu’il y mêlait, un peu trop souvent à son goût, un ton presque méprisant et supérieur. Autant dire que pour Victoria, les choses ne tournaient pas ronds. Non pas qu’elle était spécialement décontenancée par la manière sont il lui parlait (même si bien évidemment, elle préfèrerait le voir s’écraser comme une pêche môle), mais plutôt, elle ne supportait pas que cet avorton, sortie d’on ne sait où et bien caché derrière son immunité diplomatique lui fasse des leçons sur comment elle devait agir avec Navis. Cette relation qu’elle avait avec sa sœur faisait partie de ses intouchables. Personne ne devait la remettre en cause. Ses parents n’avaient eux même pas osés le faire de leur temps, ça n’allait pas commencer aujourd’hui.
Cependant, Victoria avait bien compris qu’elle n’avait actuellement pas le temps de mener une bataille de front et qu’il valait mieux en rester là pour cette fois… Ce type, elle s’occuperait de le réduire en miette plus tard…. Chaque chose en son temps, et au moment présent, c’était justement ce temps qui lui manquait. Elle avait réussit à demander une dizaine de minutes à son actif, peut être ne valait il mieux pas en abuser. Elle tenta donc de réunir un maximum de self-contrôle mais Raphaël proféra « la » petite remarque qui allait changer la donne. Comment ça Navis lui appartenait ?! Chasse gardée, il y a des limites à ne pas franchir…


- Je resterai à ma place, mais vous, ne vous avisez plus jamais de vous écarter de la votre. Navis ne vous appartient pas… ! Est-ce que c’est clair ? Elle travail pour vous, rien de plus, rien de moins. C’est votre garde du corps ? Très bien. Mais ne vous aventurez pas à être trop familier. Elle constitue un objet professionnel. Vous la voulez efficace ? Parfait ! Dans ce cas évitez de lui adresser la parole pour des futilités, ça la distrait et donc nuie aux peu d’aptitudes qu’elle a pour l’emploie.

L’agacement de Victoria se développa de plus belle à la deuxième remarque du Suisse. Il lui assenait le pire des affronts : la remise en question de son autorité par un contrordre. Ca, on ne le lui avait jamais fait. Elle sentit la colère gronder dans ses veines mais elle eu un éclair de lucidité et compris immédiatement que c’était précisément le moment où elle ne devait pas craquer. Ce serait trop attendu et plus que tout pénalisant pour elle, par rapport à Meyer, mais encore plus par rapport à Navis. D’ailleurs, la figure hébétée de cette dernière ne manqua pas d’asseoir cette colère latente. Alors comme ça, elle hésitait à lui désobéir ? Si elle avait été moins sotte, elle se serait opposée à cet avorton et se serait montrée plus responsable et plus fière de ses responsabilités de milicienne, quand bien même, son titre avait un peu varié… Mais bien sûr, bête comme elle demeurait, rien ne sortie de sa bouche en « o » et son cerveau devait court-circuiter de partout. Pour sauver l’instant, Victoria lui dit avec un calme presque compatissant et désolé :

- Tu entends ? Ton nouveau patron a décidé de te renvoyer te changer…

Elle lui lança un regard d’équipe, comme pour lui dire : « tu vois… Je t’avais dit que les supérieurs abusaient de leur pouvoir et qu’il fallait exécuter le moindre de leurs caprices… »
Navis tourna une nouvelle fois les talons, désabusée par ce qu’il se passait. Quant à Victoria, restée seule avec le suisse, elle tourna à nouveau son regard de harpie vers lui à sa troisième remarque.


- Cette escapade m’a été accordée par mon supérieur. Mais vous avez raison, il ne faut pas en abuser. Bon courage avec Mlle Von Klein.

Elle lui lança un regard menaçant qui voulait tout et rien dire : « si il lui arrive quelque chose, je te le rends au centuple » ou « si tu pose la main sur elle, je t’assassine », ou encore « essaye de lui mettre quelques chose contre moi dans la tête et tu le paieras »…
Sans plus attendre, elle prit congé et sortie du café. Les gens se remirent doucement à parler, encore hébétés par ce qu’ils venaient de voir et qu’ils avaient suivit depuis le début. Dans la rue, un peu avant de passer l’entrée du commissariat central, elle envoya un SMS par un réseau protégé. Ce misérable enmerdeur ne pourrait rien lui cacher… Par un moyen ou par un autre, elle saurait… Elle saurait tout.
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MessageSujet: Re: Code 44 (PV Navis)   Lun 19 Aoû - 16:23

Alors que Navis croyait avoir gagné l’affection de sa sœur, elle senti à nouveau qu’un mur de glace tombait entre elles alors que M.Meyer lui ordonnait de retourner se changer. A quoi jouaient-ils tout les deux ? Qui écouter ? Elle restait éberluée, regardant tantôt l’un, tantôt l’autre. D’un côté, elle avait le réflexe d’obéir à tout ce que lui demandait Victoria, mais que faire quand deux de ses demandes se contredisaient ? Elle venait de lui ordonner de revêtir son uniforme, mais quelques jours plus tôt, elle lui avait aussi fait jurer d’obéir au doigt et à l’œil à son supérieur et d’être un élément convainquant. Alors que faire maintenant ? Navis voyait que son indécision décevait Victoria. A cette pensée, elle se referma jusqu’à entendre dans la seconde un nouvel ordre de Victoria. Ou plutôt… Non ce n’était pas un ordre.

- Tu entends ? Ton nouveau patron a décidé de te renvoyer te changer…


  Navis regarda un court instant sa sœur sans la comprendre. Son ton était compatissant. Avait-elle flairée quelque chose ? En effet, Navis se rappelait les leçons que lui avait donné Victoria concernant les supérieurs qu’elle pourrait avoir. Le genre de personnage qui pouvaient demander tout et son contraire car « tel était son bon plaisir ». Peut-être que c’était ce qui était en train de se passer là. Pourtant… Ce jeune homme avait eu l’air d’être quelqu’un de tellement différent. Troublée, Navis prit néanmoins la décision de ne pas porter de jugement hâtif sur la personne de Meyer. Elle ne voulait pas nier qu’il lui inspirait confiance mais en même temps, elle devait se méfier…
Sans plus cogiter, elle retourna dans les toilettes du café pour se changer. Une nouvelle fois, elle se retrouvait face à face avec son reflet. Mais cette fois-ci, elle en détourna les yeux, trop fatiguée d’affronter sa misérable figure. Elle se débarrassa de son uniforme et c’était comme si elle s’ôtait un carcan d’épines. La chemise qu’elle remit sur ses épaules avait prit quelques plis mais son pantalon n’avait que peu souffert. Elle resserra les bandages qui oppressaient sa poitrine, cherchant à la faire diminuer autant que possible et remit son nœud en place, afin d’être sûr que les nombreuses marques indélébiles qui lui criblaient le corps jusqu’au cou ne se voient pas. Enfin, elle prit à nouveau une profonde respiration et ressorti.
Les discussions avaient repris dans le café. Le lieu semblait avoir ressuscité. Navis se demanda d’où lui venait cette impression de changement et s’aperçu que Victoria avait disparu. Elle ne voulu pas faire de lien directe mais se dit que l’attraction dont elle avait été la bête de foire venait de finir. Les gens revenaient donc à leurs conversations et Navis entendit quelques murmures à son sujet alors qu’elle se rapprochait de Meyer.
Elle fit ces quelques pas les yeux rivés au sol. Elle avait honte de ce qu’elle présentait d’elle et se disait qu’il devait la mépriser à son tour. Elle imaginait déjà le regard réprobateur qu’il devait abattre sur elle et restait muette, attendant qu’il parle. Pourtant, elle aurait voulu ajouter quelque chose, mais rien ne lui vint…
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MessageSujet: Re: Code 44 (PV Navis)   Mer 18 Sep - 2:33

Je regardais Victoria Von Klein sans rien dire, parant mon visage d'un léger sourire qui pouvait très bien être pris comme un affront, ou bien comme une reddition. Je n'étais pas moqueur, pourtant. Mon sourire voulait simplement cacher tout un tas de choses. Ma surprise face à son repli momentané, ma gêne par rapport au personnage que j'avais jouer pour Navis, mon soulagement de la voir partir tout compte fait. Dans le café, c'était comme si on avait ramené le château de la Ronce à la vie. Comme si le Prince, d'un coup d'épée vengeur, avait tué le méchant dragon, et réveillé les habitants... Et maintenant, quoi? Embrasser la princesse? Mon idiotie me fait sourire. Péché d'orgueil, Raphaël, que de te croire prince l'espace d'un instant. Tu ne seras prince que lorsque tu arriveras à sauver tous ceux qui le méritent. Je me rassieds et jette un regard absent par la vitre. Le regard de Victoria est gravé dans ma mémoire. Je crois qu'en l'espace d'un instant, je suis devenu son ennemi. Peu importe. Après tout, je suis déjà détesté par les "forces de l'ordre" de cette ville. Une de plus, une de moins...

Du coin de l'oeil, je vois ma garde du corps arriver. Je me tourne vers elle, pour la découvrir presque mortifiée, les yeux rivés au sol. C'est elle qui est honteuse? Pourquoi donc? Elle n'a rien fait de mal. Bien au contraire. Dans l'histoire, si l'on excepte sa soeur, c'est moi qui suis à blâmer... Une fois de plus. Voyant qu'elle n'ose rien dire ni rien faire, je l'appelle doucement.


- Navis. Venez vous asseoir.

Je n'avais pas envie qu'elle me prenne pour un immonde salopard. Je me tus un instant, ignorant les regards qui glissaient sur nous. Un instant, j'hésitai à changer d'endroit, puis oubliai cette idée. Je n'avais rien à cacher. Je n'avais rien à fuir. J'étais adulte. Je me devais d'assumer mes actes, comme n'importe qui.

- Navis, accepterez-vous mes excuses? Mon comportement n'est pas digne d'éloge. J'espère que vous comprendrez que vu notre situation encore sans précédent si j'ai bonne mémoire, je me devais de vous affranchir un maximum de la Milice. Je n'avais pas l'intention de vous faire tourner en rond, ni d'asseoir ma supériorité sur vous. Vous ne m'êtes en rien inférieure, sachez-le, et quoiqu'on vous dise, je ne souhaite pas vous considérer comme telle. J'ose espérer que vous ne me tiendrez pas rigueur de cet incident. De plus, j'ai cru comprendre que vous n'appréciiez pas de porter l'uniforme. Je ne voyais pas l'utilité de vous y contraindre. Pardonnez-moi, une fois de plus.

Si elle relevait les yeux vers moi, elle pourrait lire la sincérité dans mon regard, dans mes gestes, dans mon attitude. Je ne cessais de la regarder, attentif à la moindre de ses réactions, espérant sincèrement qu'elle ne m'en veuille pas.
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MessageSujet: Re: Code 44 (PV Navis)   Ven 20 Sep - 2:30

Navis restait plantée, les yeux fixés sur le sol, attendant que Meyer parle le premier. Etant donné sa position, briser le silence devait être de son ressort et de toute façon, la petite Von Klein était encore trop secouée pour formuler une phrase correcte. Mais ce qui ne mit que quelques secondes à venir lui parut une éternité. Pendant ce minuscule laps de temps entre lequel Navis s’était postée aux côtés de son supérieur et le moment où il avait décoché une phrase, Navis avait déjà passer en revue dans son esprit ce qui venait de se passer. Elle était, comme tant de fois, complètement étourdie par l’incompréhension. Mais cette fois-ci, sa perplexité était double car elle n’arrivait pas bien à comprendre ce qui la surprenait. Peut être se demandait-elle pourquoi la réaction de Victoria avait été aussi violente ?
Non... Là n’était pas la question. Victoria avait toujours réagit ainsi et pour moins que ça. Alors, bien que Navis refoulait ce questionnement, pourquoi se sentait elle aussi vide ? Sa sœur lui en avait déjà fait voir de plus terrible sans que Navis ait pour autant ressenti ce trou béant qui perçait ses entrailles. Elle ne savait même plus ce qu’elle ressentait. Plus que de la honte, plus que de la peine ; peut être les deux, peut être aucun des deux. Que lui arrivait-il bon dieu ? Pourquoi cette altercation semblait la marquer d’avantage que tout ce qu’elle avait vécu auparavant ? Sans le savoir, la petite Von Klein éprouvait sa présence dans le monde et surtout, sa présence aux yeux de quelqu’un « d’autre ». Ce Meyer, elle s’en préoccupait trop. L’idée qu’il pouvait poser sur elle le même regard que celui de sa sœur l’anéantissait. Mais pourquoi ? Ils avaient beau se côtoyer depuis plus d’une heure maintenant, il n’était toujours qu’un inconnu. L’avis d’un inconnu comptait-il plus que celui de son propre sang ? Peut être que cela venait de la confrontation entre l’idée que Navis s’était fait de Meyer à le première rencontre et le doute qu’il lui suscitait maintenant.
En effet, dans les couloirs du commissariat central, c’était un ange qu’elle avait heurté et qui l’avait guidé avec autant de bienveillance et de considération. Mais maintenant, Victoria lui avait mit le doute. Le diable est partout et peut-être que celui qu’elle avait prit pour un ange n’était en réalité qu’un démon attendant le moment propice pour frapper. En temps normal, Navis ce serait fait à cette idée. Mais aujourd’hui, elle n’arrivait pas à admettre que cet homme était une mauvaise personne, et de ce fait elle ne supportait pas l’image qu’elle lui donnait, répugnante petite sotte qu’elle était.


- Navis, venez vous asseoir.

Ainsi fut briser le lourd silence. Une phrase neutre. L’avait-il dit doucement ou avec froideur ? Navis n’avait aucune certitude et, sans réfléchir, elle obéit machinalement à ce qu’elle considérait comme un ordre en se rasseyant à la place qui avait été la sienne quelques temps auparavant. Alors qu’elle avait l’impression d’être assise en face d’un juge, c’est un ami qu’elle trouva. Quel baratin proférait-il là ? Navis avait cette drôle d’impression d’avoir loupé un épisode. Pardieu mais pourquoi s’excusait-il ? Comment était-ce tout bonnement possible ? Alors que quelques instants auparavant lui et Victoria avaient parlé d’elle comme d’un objet professionnel, voilà qu’il s’adressait à présent à l’essence de son être. Une fois de plus il lui parlait comme à une personne digne de respect. Il la considérait dignement en se préoccupant de ce qu’elle pouvait ressentir et plus encore, il semblait s’inquiéter de l’opinion qu’elle pouvait avoir de lui. Mais pourquoi était-il aussi énigmatique ? Quel était son vrai visage ? Essayait-il de se faire passer pour un ange auquel cas il se moquait d’elle, où avait-il voulu faire croire à Victoria qu’il était un stéréotype du supérieur exigeant, pour mieux la leurrer ? C'aurait été tellement plus simple s'il avait été aussi exécrable que voulait bien le décrire Victoria... Navis savait traiter avec les ordures, mais elle restait sans armes devant un bonne âme...
Les phrases qu’il articulait faisaient frissonner Navis d’un extrême à l’autre de son corps. Elle n’avait imaginé entendre ce genre de considérations que dans ses rêves les plus intimes, mais voilà qu’elle rêvait éveillée. Cette sensation laissa son cœur en suspend tandis qu’elle relevait lentement les yeux vers ceux de Meyer, comme portée par ses mots. Elle fixa bientôt son regard dans le sien et se laissa imprégner par toute la sincérité qui émanait du jeune homme. C’était compris… Meyer n’était pas une mauvais personne, tout au contraire… Les yeux de Navis s’emplirent de larmes. Pourtant, aucune d’entre elles ne coula. Elles formaient simplement un voile liquide devant ses pupilles bicolores. Il l’avait bouleversée. Pour la première fois, elle observait ce besoin pressant de faire confiance à quelqu’un. De lui faire confiance à lui, de se réfugier dans ses paroles si tendres, si bienfaisantes. Navis n’avait plus la force de douter, seulement de croire. Que dire à ce qu’elle venait d’entendre ? Que lui répondre… Vite il fallait qu’elle parle ! Il fallait qu’elle trouve quelque chose à dire avant qu’une larme malheureuse ne s’échappe de ses yeux. Il fallait qu’elle se donne de la contenance, qu’elle se montre digne de la gentillesse de cet homme qui venait de se graver une place tout au fond de son cœur.
Navis ouvrit doucement la bouche et sortie maladroitement quelques mots. Sa voix tremblait, trahissant son émotion, autant que ses mains qui jouaient à Parkinson.


- M.Meyer… Vous ne devriez pas vous occuper autant de moi… Je suis votre pion, ce n’est pas convenable… Pourtant vous… vous vous obstinez… Elle laissa un silence comme pour y réfléchir. Merci… Merci infiniment…

Une larmes rebelle réussi à s’extirper des autres et dégringola le long de sa joue. Mais l’épaisse mèche de cheveux qui couvrait une partie du visage de Navis dissimula la trace de son passage. On ne put qu’apercevoir la marque humide sur la table, seul vestige de cette poussée d’émotion. Mais Navis ne pouvait pas en rester là, elle avait d’autres choses à dire… Tant de choses. Mais comment le dire ? Ses petites mains s’agitaient et la gauche grattait frénétiquement la droite depuis qu’elle était assise, tant et si bien qu’elle s’était arrachée la peau du pouce.

- J’avoue que je ne comprend pas ce que vous vous reprochez continuellement… Vous semblez sans cesse oublier ce que vous avez fait de bon pour vous excuser d’on ne sait quoi de mal. Cela doit faire cinq fois que vous vous excusez depuis notre rencontre dans le couloir du commissariat. Pourtant vous n’avez eu envers moi que des comportements des plus nobles… Tout d’abord, vous m’avez relevé quand j’étais tombée, sourit alors que j’avais égaré tous vos papiers… Puis vous m’avez guidez quand je ne savais pas où aller pour ensuite me sauver de cette place qui n’était pas la mienne en me ramenant à un poste de choix et d’honneur… Et enfin, vous vous êtes dressé contre la milice (il va sans dire qu’elle entendait par la sa sœur seule) parce qu’il vous paraissait plus juste de défendre mes petites préférences… Je ne vous comprends pas M.Meyer. Pas du tout…

Si elle avait baissé les yeux pendant son discours (elle n’avait d’ailleurs jamais parlé autant), elle les relevait à présent vers Meyer. Ses grands yeux vairons brillant de larmes contenues et habités de sensibilité. Elle était aussi nue qu’un verre, livrée au bon vouloir de son interlocuteur mais libre. Libre d’avoir pu s’exprimer, de lui avoir dit ce qu’elle lui devait…
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