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 Boire pour oublier (PV Gab) - 3 mars 2100

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Siobhán Mac Mahon
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MessageSujet: Boire pour oublier (PV Gab) - 3 mars 2100   Sam 3 Mar - 23:28

Depuis la GPI, Siobhán n'était pas beaucoup sortie du studio qu'elle louait. Pour quelques courses tout au plus... Et pour la réunion, bien entendu. Son appartenance à la Cible ne supprimait pas pour autant ses activités de tueuse à gage : il fallait bien approvisionner le compte en banque pour payer le loyer. Mais en cinq jour, aucun contrats, de nulle sorte. Pas de rival a tuer, de petite frappe à corriger, pas de drogue à faire passer. De toute façon, Red n'aurait pris aucuns contrats. La Cible aurait sans doute besoin d'elle, à cause de la répression qu'Aaron avait mise en place... Et puis, cette période était toujours difficile pour elle. Ce jour, en particulier. C'était le 3 mars de l'année précédente qu'en rendant une visite à son ami d'enfance, elle avait retrouvé l'appartement dévasté, quelques traces de sang sur le sol... et le cadavre de son ami dans la salle de bains. Deux explications possible : la milice avait retrouvé la trace du hackeur et faussaire qui sévissait, ou bien avait voulu le recruter pour qu'il travaille pour eux. En tout les cas, Nero avait été exécuté d'une balle dans la tête, et le corps laissé sur place. Elle n'avait pas pleuré : les larmes ne coulaient plus depuis la mort de ses parents, jour ou elle s'était jurée de ne plus faiblir. Mais avait juré de retrouver les coupables. La jeune femme avait pu faire enterrer son ami, et lui rendait visite de temps à autre. Finissant systématiquement dans un bar devant un double scotch pour oublier ce qui s'était passer.

Elle sortait du cimetière, ou elle avait déposé quelques fleurs. Et avait bien besoin d'un remontant. Elle mis un pied devant l'autre, dans un état presque second, frisonnante dans sa robe trop légère pour la saison les images de Nero hantant son esprit. Des souvenirs, surtout. De leurs quatre ans, leurs dix ans... Il n'avait que 25 ans, quand les miliciens l'avaient exécuté. Elle n'en avait tué que deux, sur les quatre que contenaient la patrouille. Mais elle ne quitterait pas la ville avant d'avoir vengé son ami. Ses pas la conduisirent vers un bar, au hasard, au comptoir de métal et siège haut au coussin coloré. Un bar hype du centre ville, dont elle n'avait même pas regardé le nom. S'installant au bar, elle commanda un whisky lors que le barman vint prendre sa commande. Le regard plongé sur son large verre, elle hésitait à le boire d'une traite et en commander un aussi sec. Elle se força à être raisonnable et but une gorgée, lentement. Être tueuse à gage nécessitait quelques sacrifices de soi. Le sang-froid, la maîtrise... En conséquence, la rouquine touchait rarement à l'alcool. Mais certaines occasions méritaient bien un écart. De toute façon, elle s'arrangerait pour ne pas à avoir à toucher au flingue caché par sa veste de cuir. Il n'était pas encore 6h : le couvre-feu était encore loin.

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Gabriel Emerson
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MessageSujet: Re: Boire pour oublier (PV Gab) - 3 mars 2100   Dim 13 Mai - 19:50

Une veste en cuir noir sur les épaules, un jean de la même couleur, une chemise sombre, des baskets élimées, Gabriel était un autre homme sans l'uniforme rouge sang qui caractérisait son appartenance aux factions impériales de l'ordre. Une fois en civil, il aimait le délice de passer totalement inaperçu, une carrure dans la norme, un visage passe partout, une coupe de cheveux banale, il devenait une âme dont l’existence importait peu, une fourmis comme les autres qui grouillaient dans les rues de la capitale. Un statut insignifiant qui lui permettait d'agir dans l'ombre sans craindre le moindre problème. Si dans d'autres circonstances, la dualité qui le déterminait était un atout majeur, aujourd'hui cette position le plaçait dans une situation délicate qui le forcerait à s'effacer pour quelque temps, à redevenir un homme parfaitement normal sans autres problèmes que ceux de la vie quotidienne.

Mais avant ça il devait contacter Mnémé, lui expliquer rapidement l'état de sa situation afin qu'ils décident ensemble de la conduite à suivre. Ensuite, il deviendrait le citoyen modèle qui, dans les rapport de surveillance qu'on conduirait à son sujet, convaincrait la cheffe de la Milice qu'il était un soldat plus que nécessaire au sein de le rang. Il reprendrait alors sa place et continuerait sa mission. En attendant, il avait, d'un geste rapide, sorti son cellulaire de la poche de son jean et sélectionné un numéro qui ne portait pas de nom. Ce téléphone était différent de celui qu'il pouvait utiliser d'habitude. Au premier coup d'oeil, on aurait dit une antiquité du siècle passé, un écran minuscule, pas d'accès à internet, pas d'appareil photo, une simple puce modifiée à l'intérieur et quelque chose comme un brouilleur (on lui avait expliqué tout en détail lorsqu'on lui avait remit en main le portable, mais l'homme n'avait retenu que l'essentiel : c'était depuis ce portable qu'il pouvait appeler en tout sécurité ses contacts dans la Cible sans crainte d'être mis sur écoute, ni d'être tracé).

Il échangea une conversation rapide, tout en marchant d'un pas lent dans les rues qui bordaient le palais impérial. L'homme n'avait pas vraiment d'idée d'où aller, il n'avait aucune envie de rentrer chez lui pour le moment et il s'imaginait bien aller ressasser tout ce qu'il avait en tête avec la meilleure des compagnies en ces moments, celle d'un bon verre d'alcool, n'importe lequel tant qu'il lui permettait de faire passer la pilule. Une fois la conversation téléphonique terminée et le cellulaire de nouveau dans sa poche, il entra dans le premier bar qui s'offrait à lui. Un lieu « branchouille », encore peu peuplé à cette heure, c'était parfait. A peine entrée, il avait instinctivement voulu se diriger vers une table à l'écart, mais son regard était venu se poser sur le bar et une chevelure flamboyante qui avait attiré son œil. Gab décrocha un sourire presque imperceptible et changea d'avis en s'approchant finalement de la jeune femme perchée sur son siège, visiblement perdue dans ses pensées à siroter le contenu de son verre.

Le pseudo-milicien n'avait pas souvent croisée la jeune femme en question mais il ne pouvait l'oublier et l'aurait reconnu entre mille. Il tira la chaise haute à côté de la rouquine en s'adressant à elle sur un ton parfaitement neutre :


-Je peux ? Avant de regarder le barman en désignant le verre de sa voisine et d'ajouter : La même chose s'il vous plait.

Une fois assit, il passa une main sur son visage comme pour y faire disparaître les traces de fatigue, soupira doucement et remercia d'un signe de tête l'homme de l'autre côté du comptoir qui venait de lui servir un whisky. Il ne voulait pas s'imposer à la jeune femme à ses côtés, un mot de sa part et il la laisserait tranquille mais elle semblait au moins aussi à la ramasse qu'il ne l'était, un peu de compagnie lui ferait peut être du bien.
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Siobhán Mac Mahon
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MessageSujet: Re: Boire pour oublier (PV Gab) - 3 mars 2100   Lun 23 Juil - 21:36

Un des atouts majeurs de Red, c'était sa mémoire. Mémoire des noms, des visages... et des voix. Celle qui venait de retentir à sa gauche, elle ne l'avait pas entendu souvent. Mais une chose était certaine, la tueuse ne pouvait pas l'oublier : c'était cette voix qui lui avait donné son laisser-passer pour la Cible, cette voix qui lui avait aussi -accessoirement- sauvé la vie. Siobhán ne connaissait pas le nom de l'homme à qui elle appartenait. De lui, elle se rappelait ses cheveux et ses yeux sombres, sa carrure, son bouc et sa moustache. Son uniforme rouge, aussi. Sans tourner la tête, elle sourit et but une gorgée de plus, le regard fixé sur un point incertain, quelque part entre le bar et les étagères où étaient posés les verres. Peut-être bien sur le barman, qui sait?

Un chuchotement sorti de ses lèvres, destiné au brun seul:


- Quel dommage, le rouge vous va si bien.

Une référence certaine à leur première rencontre. Au total, si l'on comptait aujourd'hui, c'était la 4ème fois que les deux jeunes gens se croisaient. Elle avait pour consigne de ne pas le connaître. Elle l'avait appliqué. Il était pour elle un précieux allié, mais aussi un parfait inconnu. Et en cette fin d'après-midi, c'était le parfait inconnu qu'elle croisait dans ce bar, et la référence à l'uniforme rouge n'était qu'une plaisanterie de mauvais gout destiné à lui seul. Replaçant une mèche de cheveux flamboyant derrière son oreille, un sourire, et elle se tourna enfin vers son interlocuteur :

- Je vous en prie. Elle fit une courte pause. Whisky. Vous avez eu une dure journée?

Elle partait du principe que l'alcool fort était réservés aux coups durs. Et que le Silver Bullet, son cocktail préféré, était réservé pour les grandes occasions. L'entrée dans la Cible ou le succès de la GPI, par exemple. Elle buvait toujours un Silver Bullet quand elle avait avancé d'un pas vers son objectif - la mort de Livingstone. Mais le whisky, c'était la boisson des coups durs. La rouquine avait beau jouer les insensibles, elle se sentait mal aujourd'hui, avec le remords qui revenait, l'affreux sentiment que tout ça, c'était de sa faute. PLus doucement, elle ajouta, pour elle même :

- Nous sommes deux, dans ce cas.

En fait, elle ne savait pas même pas tenir une conversation avec un parfait inconnu. Une conversation sans but véritable, s'entends. En fait, elle aurait été plus à l'aise s'ils avaient pu parler d'armes, d'actions terroristes, de trucs normaux, quoi.

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MessageSujet: Re: Boire pour oublier (PV Gab) - 3 mars 2100   Mar 11 Juin - 19:29

Le regard des deux individus accoudés au bar ne s'était pas encore croisé. Si les yeux de Siobhan semblaient fixer un point dans le vague, ceux de l'homme tout juste arrivé, pour ne pas paraître insistant, étaient venus inconsciemment se placer sur le liquide ambré que le barman avait versé à son attention. Seul un murmure, qui aurait pu n'être qu'à la destination seule de celle qui l'avait proféré, vint soutenir le fragile contact qu'Emerson avait ébauché en venant prendre place au côté de la rouquine. Un souffle qui lui était pourtant bien destiné et qui, s'il ne lui avait pas fait esquissé le moindre mouvement, lui avait néanmoins décroché un sourire ténu. Dans ses yeux amusés par cette petite pique moqueuse, une petite lueur était venue chasser l'espace d'une fraction de seconde le voile de trouble lié aux derniers événements qui venaient creuser une petite ride de contrariété sur son front. L’imperceptible sourire mais pourtant tellement caractéristique du personnage avait laissé place à un visage plus neutre mais affable alors qu'il attachait enfin son regard sur sa voisine qui, dans un geste gracile, avait replacé une mèche rebelle tout en faisant autant.

L'acceptant à ses côtés, la jeune femme aux cheveux de feu s'informa de sa journée, qui, en jugeant le breuvage qui trônait fièrement dans ses reflets dorés devant le pseudo-milicien, en déduit assez justement ce qu'elle avait dû être, "dure". Pourtant, peu de mérite lui revenait dans le sens où devant elle paradait la même liqueur. Certes, la quantité était moindre mais ne faisait que prouver que ses lèvres avaient déjà chercher à faire oublier à son cerveau une journée probablement aussi exécrable que celle de l'homme dont la mise-à-pied pliée en quatre avait été d'un geste contrarié fourrée dans la poche de sa veste de cuir.
La rebelle ne tarda d'ailleurs pas à confirmer ses soupçons alors qu'elle assurait, bien pour elle cette fois-ci, qu'il n'était pas le seul. Il s'abstint pour le moment de relever sa dernière phrase qui ne lui était pas réservé en se contentant de répondre poliment et sans s'étaler sur la question :


-On peut en effet dire ça comme ça...

Sans réellement sans rendre compte lui même, il lui décrocha de nouveau un petit sourire en coin, plus que compatissant, une sorte de soutient compréhensif, avant de prendre son verre pour faire passer le goût de sa propre rancœur avec celui plus puissant du whisky. Laissant quelques secondes le nectar se promener sur ses papilles avant de l'ingérer, Gabriel se laissa surprendre part l'étrangeté de la situation. Il en vint presque soudainement à se demander pourquoi il était venu s’asseoir aux côtés de la rebelle qui lui était presque inconnue, puisqu'au final, la conversation allait rapidement devenir ambiguë à en juger par la façon dont elle avait débuté et quant à leur panel de réponses possibles.Reposant doucement son verre sur le comptoir dans un son mat, Emerson posa une nouvelle fois son regard sur la rouquine :

-Vous prenez souvent des verres comme ça pour fêtez vos journées médiocres ?
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MessageSujet: Re: Boire pour oublier (PV Gab) - 3 mars 2100   Mar 11 Juin - 22:27

Siobhán s'appliquait à mettre de côtés ses sentiments personnels à tout instant. Elle partait du principe que les sentiments sont génants, et les remords encore plus. Mais en cette soirée morose, elle ne pouvait s'empêcher de s'en vouloir. Dire que les choses auraient pu être si différentes! Si ses parents ne s'étaient pas engagés dans l'armée, la rouquine serait actuellement professeur d'Histoire Celte à l'université d'Edimbourg. Et jamais elle n'aurait un jour songé à quitter l'Ecosse pour aller se battre avec la Cible. Elle aurait sans doute participé à des opérations nationales de résistances, des manifestations, des papiers dans des journaux clandestins, ce genre de chose... Mais intégrer vraiment la rébellion, elle n'y aurait pas pensé. C'était la mort de ses parents qui l'avait fait venir à Hegemony... Et qui avait fait venir Nero avec elle. Non, elle ne devait pas penser à ça. Elle ne devait pas se dire que c'était à cause d'elle que son ami était venu à Hegemony, et donc que c'était à cause d'elle que tout était arrivé, qu'il s'était fait descendre de cette manière. Elle serra les dents et avala le reste de son whisky d'un trait, avant de faire signe au barman et d'en recommander un autre, que celui-ci s'empressa de lui apporter. Elle devait se contenir. Tout allait bien, et tout irait bien. Il n'y avait aucune raison pour que les choses se passent mal!

Regardant le brun à ses côtés, elle eut envie de sourire en le voyant. Non pas pour se moquer de lui, mais parce que, sans un mot, il lui exprimait du soutien. Elle l'avait lu dans ses yeux, dans sa posture, peut-être? Et elle lui était reconnaissante de pas la forcer à parler, de pas même lui en demander plus, rien que demander. Le silence était ce qu'elle préférait dans ses cas-là. Ne rien avoir à dire, et ne pas avoir à montrer sa faiblesse. Surtout avec un homme qu'elle connaissait à peine. Elle le regarda dans les yeux pour lui exprimer sa reconnaissance.


- Non, je dois dire que c'est assez rare. Je touche peu à l'alcool.

Surtout par dépit et pas chagrin. Red espérait juste que présentement, personne n'allait l'appeler pour lui demander quoi que ce soit. Elle ne voulait pas fricoter avec le monde du crime ce soir, surtout pas après avoir bu deux whiskys. Ou plus, la soirée n'était pas terminée.

- Je vous retourne la question! Un homme comme vous, voyons, c'est honteux.

Le sourire dans ses yeux démentait l'accusation faite à voix basse. Là, elle se moquait un peu de lui. Enfin de l'homme qu'il se devait d'être aux yeux de la société : un milicien. Et c'est bien connu, les miliciens ne sont jamais ivre mort et ne font pas d'actions débiles à cause de leur taux d'alcool dans le sang. Sans le quitter des yeux, elle lui offrit un demi-sourire, réléguant ses problèmes personnels loin derrière.

- Je peux vous demander votre prénom?

Elle s'était parfois demandé, sans plus s'attarder sur la question, comment cet homme pouvait s'appeler. Cette rencontre fortuite entre deux prétendument inconnus serait l'occasion d'y répondre.

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MessageSujet: Re: Boire pour oublier (PV Gab) - 3 mars 2100   Mer 12 Juin - 2:29

Deux doigts sur les parois de son verre, Gabriel faisait distraitement bouger le contenant sur le comptoir lisse en béton poli. Une légère trace de condensation s'était formée sur la base inférieure et inconsciemment, l'un de ses doigts venait y dessiner des arabesques tordues. D'un œil, il ne cessait d'observer l'écossaise sans vraiment pour autant la fixer. Alors que dans un cours silence elle lui exprimait tacitement sa reconnaissance, il tentait de figer dans son esprit ce qu'il savait de cette jeune femme qui avouait ne boire que très rarement. Ces informations, il les tenait de Mnémé principalement, son prénom, son âge, sa nationalité, les raisons qui l'avait poussées à rejoindre la capitale. Certes, en dehors de son état civil et de ses convictions bien trempées, il ne savait rien de plus qu'elle sur sa personne, pourtant cette idée laissait le pseudo-milicien avec la désagréable impression que cet "avantage" qu'il avait sur elle n'était pas très juste, comme un déséquilibre. Mais surtout, ce qu'il voyait le plus dans les traits fins et réguliers de la jeune femme, dans ses cheveux de flammes, dans son allure, c'était cette dangereuses tueuses du premier soir, une femme d'elle, déterminé, au physique aussi franc que sa personnalité. Pourtant. Pourtant, face à son verre de scotch, dans son regard d'azur se perdait cette étoile de glaciale résolution -probablement en partie noyé pour la soirée dans l'alcool. Pour la soirée seulement.

Mais déjà bientôt elle lui retournait la question, glissant sur ses lèvres voluptueuse un sourire malicieux, empreint de l'ironie de ses paroles. Elle se jouait gentiment de lui, ou plutôt de son double, de cet homme qu'il devenait une fois revêtu l'uniforme sanglant des hommes de l'Empire. Cette remarque ne lui tira qu'un éternel sourire bientôt transformé en petite grimasse qui en disait longtemps sur ce qu'il pensait de l'organisation vérolé qui représentait l'ordre et la sécurité du régime Livingstone. Portant ensuite son verre à sa bouche pour une nouvelle gorgée qui viendrait masquer la marque de dégoût qu'il portait pour la milice alors qu'il était au sein même du nid d’araignée. Et tandis que le liquide à la fois frais et brûlant descendait le long de son œsophage, Il tentait de faire abstraction de sa propre condition, la balayant d'un trait d'alcool fort. Serait-il assez fort pour désinfecter la noirceur des actions qu'il avait été forcé de perpétré pour ses idéaux ? Tout dépendrait probablement du taux de cheveux douloureux au réveil le lendemain... Alors qu'il avala une dernière lampé, un gout amer lui restait au font de la gorge, un écœurement désabusé, celui de voir, par un simple lettre, son travail, ses efforts, ses luttes, la propre corruption de son âme, balayés d'une revers de main...

Un battement de cils plus tard, Siobhan, elle, ne semblait pas l'avoir quitté des yeux. Et c'est presque logiquement qu'elle lui demanda son prénom, ou plutôt la permission de le lui demander. D'une main franche tendue vers la rebelle, cette expression typique aux coins de ses lèvres, il se présenta pour la première fois depuis leurs précédentes rencontres :


- Vous pouvez m'appeler Gabriel. Par politesse, mais aussi parce que peut être qu'elle allait par d'autres noms dans le monde civil, le résistant aux allures d'homme en rouge s'enquit :

-  Et je dois vous appeler... ?

Un coup d’œil il ne vit qu'une larme au fond du verre. Au barman il demandait déjà la même chose, alors que le verre précédant commençait doucement à lui réchauffer la poitrine comme il réchauffait la pièce qui les entourait, la couleur des murs, la tiédeur des voix. Cherchant les yeux de Red :

- - Je vous offre quelque chose ?

La compagnie ou l'alcool aidant, bientôt il laisserait pour l'espace de quelques heures, probablement, les considérations dernières lui. Plus rien ne comptait vraiment que le tabouret sur lequel il était assit, le verre devant lequel il était attablé et l'écossaise à qui il tenait compagnie. La conversation se réduirait aux banalités d'usages qui s’enchaîneraient de façon de plus en plus fluide au fur et à mesure des verres.
Gabriel avait cette étrange impression de suivre deux conversations à la fois. Celle que leur langue leur donnait de tenir sur les stéréotypes déconcertants de conversation, tout en leur permettant de s'appréhender de façon totalement différentes. Et une seconde conversation, silencieuse, comme un ballet de regards, de mouvements, de gestes à l'autre ou à leur verre. Une discussion muette mais... sincère ?
Les heures s'égrainèrent comme de rien et le soleil paresseux avant laissé place à une nuit découverte. Le bar ne serait pas près de fermer. Pas ici, dans un des quartiers les plus branchés du moment. D'ailleurs, si l'endroit était encore passablement vide à l'heure où sonnait le couvre feu, l'activité commencerait tout juste à battre son pleins d'ici trois ou quatre heures. Mais il s'agissait là d'un autre monde, accessible grâce à un sésame que ni Emerson ni Mac Mahon ne posséderaient probablement jamais. Un précieux laissé passé qui ne les pousserait pas à ce moment précis à se lever de leur tabouret pour rejoindre bien docilement leur domicile et respecter une loi que notre protagoniste s'évertuait à faire respecter.


Dernière édition par Gabriel Emerson le Mer 12 Juin - 19:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Boire pour oublier (PV Gab) - 3 mars 2100   Mer 12 Juin - 4:29

Gabriel. Ainsi, cet homme à qui elle devait la vie portait le nom d'un archange. Le Messager de Dieu, qui plus est. Coincidence? Oui, certainement. Siobhán n'était pas du genre à croire au destin, ou du moins, gardait en tête qu'un destin n'est jamais tracé et que n'importe qui ou n'importe quoi peut modifier le cours d'une petite vie tranquille. Mais au moins pouvait-elle mettre un nom sur le visage et la voix du double-camp, et curieusement, elle appréciait ça. Elle avait l'impression d'être un peu plus proche du pseudo-milicien qui lui avait permis d'entrer en contact avec la Cible. Red n'était qu'un soldat : on lui demandait de faire comme si elle ne connaissait pas cet homme, et elle l'avait fait, même si au fond d'elle, connaître son identité et pouvoir le remercier de vive voix aurait été beaucoup. Elle n'avait jamais pu vraiment le faire.

Lorsqu'il lui demanda son nom, elle répondit d'une voix douce.

- Emily.

La mercenaire décocha un ravissant sourire à son interlocuteur. Sans doute connaissait-il son véritable prénom, à elle. Mnémé le lui avait sans doute communiqué, et ce, depuis qu'elle était parvenue à rentrer dans la Cible. En revanche, Emily, personne ne la connaissait. A part sa logeuse, s'entends. Enfin, d'une manière générale, elle ne donnait pas souvent son nom aux gens. Concernant les hommes qu'elle avait pu rencontrer et qui s'étaient mis en tête de la draguer, tous avaient eu affaire à Emily Stone. la rouquine ne s'en était jamais voulu de les tromper de la sorte. La plupart du temps, ça n'allait pas plus loin qu'un verre, et si d'aventure la soirée se terminait au lit, c'était toujours que son partenaire, et elle ne restait pas pour le café du lendemain matin. A la seconde question de Gabriel, la jeune femme eut un demi-sourire : voilà, il était entré dans le camp de ceux qui lui avaient offert un verre.

- La même chose... Je vous remercie, Gabriel.

Elle avait prononcés ces derniers mots en plongeant dans le regard de son vis-à-vis. Habitué qu'il semblait être du langage caché du regard, nul doute qu'il allait comprendre que ses remerciements n'étaient pas juste pour le verre d'alcool que le barman lui servait à présent. Le regardant à la dérobée alors qu'il finissait son verre, l'Ecossaise se demandait s'il y avait une chance qu'elle passe la nuit chez lui et se tire au petit jour. Passant une main sur son visage, elle évacua de même cette idée ridicule que l'alcool avait fait naître dans son esprit. C'était son troisième verre. Ils avaient beau ne pas être très pleins, ils n'en restaient pas moins purs, et Siobhán avait depuis quelques années perdu l'endurance nécessaire à la tenue de l'alcool. De même que la course, il fallait pratiquer régulièrement pour gagner en endurance, et il était loin, le temps ou la rouquine se retrouvait dans des pubs avec ses amis pour fêter à grands bocs de bière tel ou tel événement sans grand importance. Elle commençait à apprécier ce type que la banale conversation lui faisait découvrir sous un autre jour. Elle l'appréciait, parce que, contrairement à tant d'autres, il était conscient du langage de son corps, et mieux, savait l'utiliser. Là ou dans une conversation avec un homme en pleine drague, celui-ci émettrait des signaux navrants d'évidence quand à ses attentions, la conversation muette qu'elle tenait, au final, avec Gabriel, était pleine de finesse et de retenue. Sans pour autant dire qu'elle maîtrisait tous ses mouvements, loin de là, l'alcool peut faire oublier beaucoup de la retenue d'une tueuse à gages.

Le temps était passé à toute vitesse. Combien de verres, elle ne savait plus. Assez pour la rendre ivre. Car l'ivresse l'habitait, c'était certain. Oh, elle n'était pas de ces personnes qui se battent au moindre regard, ou qui rigolent pour tout et n'importe quoi. Seulement, la paranoïa l'avait quittée. Elle ne se souciait plus des sorties de secours, du danger, du Glock qui patientait sagement sous son bras. Elle était ce soir une jeune femme normale. Enfin, presque. Ses sombres pensaient hantaient toujours son âme, en retrait, comme de noirs vautours attendant leur heure. La tête lui lançait, et sa robe ne lui paraissait plus aussi légère. les doigts sur ses deux tempes qu'elle massait lentement, elle sortit de l'argent de son sac pour payer ses consommations. Gabriel, non loin, terminait son verre.


- Je crois qu'il vaut mieux que je rentre.

Un air de tristesse passa fugacement sur son visage, et elle chancela légèrement en se redressant.

- Merci pour cette soirée. Votre compagnie m'a fait du bien, ce soir.

Avec un dernier sourire, elle le salua, rassembla ses affaires et sortit du bar, marchant d'un pas moins assuré que d'habitude, luttant contre une vague nausée. L'air frais sur son visage lui éclaircit un peu les idées. La lune brillait déjà dans le ciel. Le visage tourné vers cette source de lumière qui lui était bien plus coutumière que le soleil, elle inspira profondément, une fois, deux fois. Mais sans bruit de fond ni conversation avec un pseudo milicien pour la distraire, les pensées-vautours passèrent à l'attaque. Une larme coula le long de sa joue, l'alcool ne lui permettant pas d'honorer sa promesse de ne plus jamais pleurer. Adossée contre le mur, elle murmura à l'intention de la lune :

- Je te jure que je ne l'ai pas fait exprès, que je ne voulais pas sa mort...

Lentement, elle s'assit par terre, les jambes pliées sous elle, regardant toujours l'astre de la nuit. Il n'y a qu'à elle qu'elle pouvait vraiment se confier, parce que la lune ne peut trahir personne.

Rester juste un peu, encore un tout petit peu ici.
Elle rentrerait plus tard.

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MessageSujet: Re: Boire pour oublier (PV Gab) - 3 mars 2100   Mer 12 Juin - 22:44

Emily, puisque c'est ainsi que la rouquine lui avait demander de l'appeler, se massait doucement les tempes. Le pseudo-milicien n'aurait su dire s'il s'était attendu à ce prénom ou non. Après tout il la "connaissait" sous une autre identité mais le fait qu'elle utilise ici un pseudonyme d'usage le faisait intérieurement sourire, lui rappelant inlassablement qu'aux yeux du monde, ils n'étaient pas les mêmes personnes. Ou peut être voulait elle simplement lui faire comprendre par ce biais qu'il ne resterait, au final, que de ceux qui avait à faire à ce personnage inventé par ses soins, cette couverture fantomatique et mystérieuse ? Il ne lui en aurait pas voulu d'ailleurs, qui pouvait se targuer, dans un monde comme le leur, de faire preuve d'une confiance aveugle ou même de penser connaitre une personne... après tout, masquer la réalité et se cacher derrière ce qu'on voulait que vous soyez était devenue l'une des seules façon de se protéger et de survivre. Devenues l'apanage d'une contre-pensée, l'hypocrisie et la tromperie n'était plus que les outils des fourbes... Il était des premiers a jouer un rôle plus qu'il ne jouait sa vie. Il se força pourtant à laisser ses pensées de côté, s'il était accouder à un bar ce soir, ce n'était probablement pas pour faire le point sur les problématiques qui régissait sa vie et ses idéaux. 


Les doigts fins de l'écossaise pressant doucement sur les zones qui venaient toujours à ressentir en premier les effets de l'alcool, rappelait à Gabriel qu'il était probablement temps de rentrer pour digérer les verres qui étaient déjà bien monté au cerveau. Pour preuve, Siobhan sortit quelques billets de son sac avant de lui annoncer qu'il lui fallait le quitter. Elle semblait désolée, de ce constat ou d'autre chose, mais il était assurément préférable qu'elle aille retrouver un endroit familier et confortable pour s'oublier dans un sommeil réparateur qui, avec un jour nouveau, lui ferait voir les choses autrement. Et ce qui était valable pour Red, était aussi valable pour le double camp. Déjà la jeune femme se relevait, incertaine, le remerciant pour les quelques heures passées en sa compagnie. D'un geste rapide, Gabriel était venu poser une main sur le bras de Red au cas où elle chancellerait un peu trop, un sourire amusé sur les lèvres. A vrai dire, à l'heure qu'il était, l'homme était euphorique, il fallait le dire. Certes, il n'était pas près à se rouler sur la table, ni même à éclater d'une rire bruyant, mais l'euphorie chez le pseudo-milicien fixait sur son visage détendu un large sourire rieur, et le poussait presque à une désinvolte, ici marqué par son geste envers la rebelle. Il avait d'ailleurs déjà retirée sa main, alors que la jeune femme tenait belle et bien en place, et d'un hochement de tête semblait vouloir lui assurer qu'il avait lui aussi passer une soirée des plus agréable. Sobrement, il lui répondit : 

-Tous le plaisir fut pour moi.

Ils s'échangèrent leur sourire une dernière fois avant que Siobhan ne l'abandonne à son comptoir pour rejoindre la sortie. Il la regarda le temps qu'elle ne traverse le bar avant de sortir à son tour quelques billets en lançant un "gardez le tous" au barman et de quitter son siège pour rejoindre les toilettes du lieu. La lumière y était blafarde et lui donnait un air encore plus misérable qu'il ne l'était déjà. Un coup d'eau sur le visage plus tard, il quittait l'établissement avec les idées que légèrement plus claires. Les mains dans les poches de son jean, le nez en l'air vers l'astre nocturne, il s'était arrêté un instant sur le seuil comme pour y prendre la température et la fraîcheur de la brise nocturne, si elle le fit frissonner, était loin d'être mal venue.
Il allait définitivement quitter les lieux pour battre le paver jusque chez lui lorsque son regard vint capter la forme adossée contre le mur. 


Fronçant les sourcils, il s'approcha de la jeune femme qu'il pensait loin. S'accroupissant avec une souplesse presque irréelle aux vues de son taux d'alcoolémie, il tenta de capter le regard de celle qui se faisait passer pour Emily. Sur sa joue, une trace salée, témoin d'une larme passée par là. Dans un élan téméraire et plutôt irréfléchi accompagné d'un sourire triste, son pouce vint tout doucement essuyer la preuve gênante. Il s'abstint de lui demander ce qui se passait, il n'avait pas besoin de toutes ses facultés mentales pour savoir qu'il s'agissait plus qu'une journée de merde ni même pour comprendre que si elle avait eu le désir de lui en parler, elle aurait eu toute la soirée pour le faire. 


D'une voix posée mais qu'il espérait convaincante il se proposa de la raccompagner  :

-Venez, je vous ramène chez vous...

Lui tendant une main drôlement sûre qui l'aiderait à se relever, Gabriel se demanda si elle allait accepter. Il n'avait aucune envie de la forcer mais par cas de conscience, il n'avait aucune envie de la laisser rentrer seule car elle semblait plus éméchée et fragile à cette instant qu'elle n'aurait bien voulu le montrer et c'était parce qu'il connaissait trop bien le couvre-feu qu'il préférait qu'elle accepter sa proposition sans rechigner. 
Elle n'était soudainement plus tout ce qu'il avait vu d'elle... Il ne la jugeait pas. Au contraire. Il était inconsciemment peiné. 

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Boire pour oublier (PV Gab) - 3 mars 2100
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