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 « La jeunesse est une fraction de folie. » [PV Hayden, Castello et Théo]

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Amaury Scherr

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MessageSujet: « La jeunesse est une fraction de folie. » [PV Hayden, Castello et Théo]   Mar 6 Déc - 13:02

Tout le monde était arrivé chez le couturier. En fait, ça ne le gênait pas d'accueillir tant de personnes. Il aimait recevoir du monde, et cet appartement avait subi bien pire que l'intrusion d'un frangin capricieux, d'une modèle pas assez prudente et d'un voyageur étrange. Amaury organisait régulièrement des soirées plus ou moins calmes avec ses collègues et amis. Et parfois, une vingtaine de personne s'entassait par terre, dans la baignoire, dans les lits... Il se donnait parfois l'impression d'avoir encore 20 ans et regrettait d'avoir déjà dépassé la trentaine. Il se demandait régulièrement si à 40ans aussi, il pourrait continuer ce mode de vie : célibataire endurci, fêtard, excentrique... Pour lui, pas question d'avoir une vie de famille : de toute manière, il ne pouvait pas se marier ou avoir d'enfant, quant à trouver un compagnon qui lui convienne, c'était là une opération tout aussi délicate.

Il ôta son caban noir et sourit à la remarque d'Hayden. Qu'elle n'y compte pas, il n'allait pas la laisser s'enfuir ce soir. Tout le monde dormirait ici, et si réellement elle s'était faite agresser, alors, sans qu'elle ne se l'avoue, elle devrait encaisser le choc. Après tout, le designer la connaissait bien, son amie. Muraille de fer en apparence, elle gardait tout à l'intérieur. C'est ce qui lui permettait de faire le métier qu'elle faisait et de -il serra les dents rien qu'en y pensant- supporter ce bellâtre de Franklin. Il avait eu affaire à lui à plusieurs reprises et avait cherché à influencer Violet en son sens. Sans résultat, la gamine avait bien compris qu'il ne voyait que son propre profit, et était presque encore plus égoïste que lui, l'Américain n'avait eu aucune chance et la rallier à son camp. Cet homme-là était trop présentable pour être honnête, Scherr l'avait compris depuis bien longtemps. C'est pourquoi il faisait de son mieux pour ne pas le croiser. Et savoir qu'Hayden le fréquentait lui retournait l'estomac.

Il faudrait d'ailleurs qu'ils puissent avoir leur conversation, tous les deux, mais il faudrait pour ça attendre le retour de Théo : le pauvre Castello n'allait pas rester seul! A la proposition d'Hayden, il sourit franchement cette fois, et ouvrit son bar : ils n'avaient qu'à se servir. Amaury était un privilégié, et même s'il reversait une partie de ses gains à la Cible, il était loin d'être pauvre pour autant. il pouvait se permettre d'acheter de l'alcool, du tabacs, ou ce genre de produits de luxe. Il se posta derrière le bar et demanda, un shaker à la main :


- Qu'est-ce que je vous sers?

Pour lui, Cuba Libre, sans aucun doute. Théo voudrait certainement un Russian Empire, un de ses cocktail préférés. Pas sûr que sono frangin le lui donne, s'il avait fait un malaise, de l'alcool n'était peut-être pas indiqué. Pour les autres, qu'il demande. Son bar aurait fait pleuré de jalousie celui d'un barman branché, et lui même connaissait un grand nombre de mélanges (il savait ou se recycler si un jour la couture ne lui suffisait plus).
Le pauvre Castello leur conta en gros son histoire et l'aîné des Scherr s'assombrit : cet Empire, qui tuait à tour de bras, il fallait qu'il disparaisse.

Ce qu'Hayden faisait dans les quartiers pauvres? Oula, qu'elle invente. Quand au fil et à l'aiguille :


- Voilà qui serait surprenant si dans l'appartement d'un couturier ce genre de matériel n'existait pas. Je vais te chercher ça. Tu as l'air doué de tes mains, je suppose que tu n'auras pas besoin que je reprises ça?

Peut-être que c'était vrai, en fait, peut-être que les artistes et les créateurs de mode tutoyaient tout le monde. Chez Amaury, ça venait naturellement. C'est à peine s'il le remarqua. Il monta sur sa mezzanine -rares étaient les privilégiés qui avaient le droit de toucher à son matériel sans lui- et partit chercher le matériel de couture. Sur ces entrefaites arriva Théo, sortit de sa douche et vêtus de vêtements propres. Il se dirigea directement vers le bar, et se servit une vodka orange.

- Hé, l'handicapé, picole pas, j'ai pas que ça à faire de t'emmener à l'hopital!

Théo lui répondit gentiment, mais franchement par un doigt d'honneur et l'aîné soupira. Enfin, tant que Castello cousait et que Théo, mû par son besoin de bavarder, viendrait lui faire la conversation, Hayden et lui auraient quelques minutes de libre. Il redescendit et donna le fil et l'aiguille au jeune homme, une tape sur le haut du crâne de son petit frère et demanda à Hayden si elle voulait bien venir essayer la robe qu'il préparait pour son prochain défilé. Prétexte, évidemment, pour être seul avec la jeune femme. Même s'il préparait bel et bien une tenue qu'elle porterait la saison prochaine.

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Castello C. Dornes
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MessageSujet: Re: « La jeunesse est une fraction de folie. » [PV Hayden, Castello et Théo]   Mar 20 Déc - 1:46

[Ce scénario semble avoir été oublié lorsqu'il a été déplacé, du coup je poste un petit quelque chose pour le relancer, même si ce n'est pas mon tour. J'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur...]

"Merci beaucoup, Monsieur Scherr. Si cela ne vous gêne pas, je préfèrerais éviter une boisson alcoolisée : cela risquerait d'être contre-indiqué pour tout ce qui touche de près ou de loin à ma prothèse... Auriez-vous juste un peu de jus d'orange, s'il vous plait ? Cela m'aide généralement à me concentrer.

Dit le jeune homme alors que le propriétaire lui tendait une aiguille et du fil. Il avait raison sur un point : le voyageur savait se servir de ses mains, du temps où il en avait encore deux. Mais aujourd'hui, malgré l'ersatz de bras gauche qu'il possédait et dont il arrivait à se servir sans problème dans la vie quotidienne, certaines tâches restaient difficiles. La couture, affaire de précision, en faisait partie dans le sens où tout ce que le bout des doigts se devait de sentir lorsqu'il maniait l'aiguille ou le fil, il ne le ressentait plus du tout. Son bras était devenu dur et froid, et émettait encore de temps en temps un petit cliquetis lorsqu'il bougeait trop certaines articulations mécaniques. Autant dire que pour ce qui allait suivre, c'était sa main droite qui ferait tout le travail et la gauche qui ne ferait qu'assister. Il ne se considérait pas personnellement comme une personne handicapée, personne ne le pouvait vraiment aujourd'hui, alors que la technologie médicale avait fait des bonds en avant dont on n'imaginait même pas la possibilité un demi-siècle plus tôt, mais il lui arrivait parfois de se dire qu'il comprenait ce que ressentaient autrefois les estropiés. Il savait, au fond, qu'une partie de lui avait été perdue cette nuit-là lorsque cette balle avait traversé son omoplate en déchirant muscles, nerfs, ligaments et veines, entre autres. C'était une partie de lui qu'il ne retrouverait plus et, surtout, qui devait aujourd'hui être complètement pourrie, décomposée dans le coin d'une ruelle sombre.

Quoi qu'il en soit, et pour revenir à l'action qui nous préoccupe, le jeune homme retroussa les manches de sa chemise, révélant son bras droit d'albâtre et son bras gauche de métal luisant. Il ne savait pas si c'était une bonne idée ou non, mais savait au moins que ce serait plus confortable pour travailler. Il s'assit calmement à une table et, serrant entre ses doigts métalliques gantés de cuir la fine aiguille, il entreprit de passer le fil noir dans le chas. Il tremblait légèrement au départ puis, après quelques secondes, son regard changea du tout au tout et il semblait, comme lorsqu'il s'était occupé de la plaie d'Hayden, absorbé dans un autre monde. Ses pupilles semblaient comme dissimulées derrière une fin voile de brume tandis que, d'un geste précis, il fit entrer le bout du fil dans le chas sans aucun problème et se prépara à recoudre sa veste. Et alors que la pointe métallique s'approchait dangereusement de la manche de laine, une larme perla dans son œil bleu. Elle coula doucement le long de sa joue et vint atterrir sur la table, suivie d'une autre. Et pourtant, son visage restait impassible. D'une voix faible mais néanmoins grave, il prononça quelques mots simples et qui ne devaient pas avoir le moindre sens pour quiconque pouvait l'écouter à ce moment-là.


"I'm sorry, Dad..."

Et sur ces mots, il commença à recoudre l'entaille. Il était complètement absorbé et effectuait le geste avec précision, comme s'il était expert en la matière. L'aiguille passait et repassait à une vitesse folle de chaque côté de l'ouverture faite par le couteau du violeur. Au bout de quelques secondes, il n'y avait plus aucune trace du méfait et il put terminer l'opération. Il testa un peu la résistance nouvelle du tissu et fut plutôt satisfait : le fil qui lui avait été prêté était loin d'être d'une qualité médiocre, comme à peu près tout ce qui devait se trouver dans ce loft, pour être plus précis. Ceci étant fait, il plia soigneusement son manteau et le déposa près de ses deux sabres dont il caressa doucement le tissu qui les recouvrait, épousant leurs formes, leurs courbes parfaites. Il le savait : un jour ou l'autre, elles auraient de nouveau soif de sang et il devrait les en abreuver. Encore fallait-il qu'il choisisse consciencieusement sa victime. Serait-ce un milicien, ou un simple voyou ? Ou quelqu'un d'un peu plus important, peut-être ? Il laisserait le temps décider pour lui mais, en attendant, il devait se calmer et essayer de cohabiter tranquillement, comme le voyageur paisible et philanthrope qu'il était, avec ces gens qui l'entouraient...

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Dernière édition par Castello C. Dornes le Mar 17 Jan - 3:02, édité 1 fois
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Hayden Moriarty
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MessageSujet: Re: « La jeunesse est une fraction de folie. » [PV Hayden, Castello et Théo]   Ven 6 Jan - 0:13

[Meugneumeugneu *bougonne* c'était mon tour-euuuh... lol je plaisante, non il pas de problème (pour ma part en tout cas ^^), je n'avais pas oublié de répondre, j'étais juste très très très occupée ces derniers temps]


Un sourire poli toujours dessiné sur les lèvres, Hayden observait l'étrange voyageur face à elle avec une curiosité contenue qui la laissait à la fois perplexe mais aussi un rien amusée. Il ne répondit d'ailleurs pas tout de suite à sa question, laissant ainsi s'installer un silence des plus singuliers. La jeune femme le dévisagea intensément avant de jeter un léger coup d'oeil à son ami pour faire le constat de sa propre réaction. Elle se demanda soudainement si elle n'avait pas fait mention d'un sujet déplacé, mais se disait que l'homme aurait toujours la possibilité de détourner le sujet s'il ne voulait pas répondre. Heureusement, le silence fut rompu grâce à Amaury qui s'enquérait des choix de ses invités et sans le regarder, ses yeux toujours fixés sur l'inconnu, elle répondit dans un murmure qui trahissait une sorte de fascination pour son vis-à-vis. Dans son regard profondément bleu, elle semblait vouloir trouver les réponses qui ne semblait vouloir passer la barrière des lèvres de l'homme.


-Un gin tonic, s'il te plait.

Le dénommé Castello tira alors vers elle un tabouret et dans un signe l'invita à prendre place. Elle regarda le petit siège un instant avant de s’exécuter dans un mouvement lent mais gracieux qui laissait légèrement transparaitre son incompréhension. Il vint alors lui prendre la main et un frisson parcouru alors son bras jusqu'à son épaule pour se propager le long de son dos et de sa colonne vertébrale, cela de dura a peine que quelques millisecondes mais laissa Hayden mal à l'aise, elle n'était pas du genre à réagir à ce genre de gestes aussi banals. Les doigts de l'homme était venu prendre le petit papier encore humidifié qu'elle tenait toujours dans sa main puis sorti de sa sacoche deux étranges petites pochettes. La modèle n'en avait jamais vu de semblable auparavant mais ne fit aucune remarque. Elle restait silencieusement assise, observant simplement chacun des gestes de l'étranger. Lorsque la main ganté de celui-ci vint doucement maintenir son menton, ce contact la surpris immédiatement. Elle ne pouvait mettre de mot sur ce qui la surprenait dans cette étreinte étrange, mais il y avait quelque chose de parfaitement anormale. Elle se défit pourtant rapidement de cette impression, comme s'envolant, lorsqu'un coton imbibé d'alcool vint se poser doucement sur la plaie qui saillait sur sa pommette.

Bientôt, son sauveur et maintenant médecin avait tout remis son matériel en ordre et s'était relevé, avant de lui sourire. D'un petit hochement de tête, Hayden le remercia et lui sourit en retour. Il prit alors la parole, brisant un silence qui s'était étiré presque anormalement, pour enfin répondre à sa question. Elle l'écoutait avec attention et bienveillance, mais ses dernières paroles ne la laissèrent pas de marbre et elle frissonna une nouvelle fois. Décidément, ce personnage était des plus curieux, voire perturbant, son histoire était terrible et son attitude à l'instant laissait entrapercevoir des brides de sentiments douloureux.

Plongée de nouveau dans ses pensées, elle sirotait maintenant le breuvage qu'Amaury lui avait préparé puis apportait, mais jetant toujours un coup d’œil de temps en temps à Castello. Il semblait prendre d'avantage ses aises et la jeune femme se rassurait de voir qu'il n'était pas trop perturbé de tout ceci.
Pourtant, sa surprise était plus qu’indescriptible lorsqu'elle le vit sortir de son manteau deux armes qui ressemblaient, pour ce qu'elle y connaissait, à des sabres. Encore sous l'effet de l'étonnement et des multiples questions qui envahissaient son esprit, elle mit un certain temps à réaliser que l'homme lui avait en quelque sorte retourné la question. Elle resta muette l'espace de quelques secondes, cherchant même le regard de son protecteur plus loin dans la pièce, le temps qu'elle comprenne la question mais surtout qu'elle ne décide de la réponse qu'elle allait lui fournir. Une fois la stupeur passée et la contenance revenue, elle répondit dans un petit sourire amusé par la constatation des plus juste du voyageur.


-Je crois que le principal reste le fait que vous ayez été là au bon endroit au bon moment pour me sortir de la délicate situation dans laquelle je me suis fourrée.


Répondit-elle simplement, elle avait plus que conscience qu'elle ne répondait pas le moins du monde à la question de son interlocuteur, mais il serait probablement suffisamment intelligent pour comprendre, s'il avait un peu de tact, qu'elle ne désirait pas lui faire de réponse plus précise. Certes, cela pouvait passer pour un manque de confiance ou même de respect, alors que lui s'était livré à eux.
Mais comme pour venir en quelque sorte à sa rescousse et lui épargner plus ample détails, Amaury l'avait alors prié de le suivre dans son atelier afin qu'ils en profite pour revoir quelques détails pour l'une des créations qu'elle porterait sans doute l'un d'un prochain défiler. Le message était en outre suffisamment clair et Hayden s'excusa auprès de Castello et de Théo qui était revenu de la salle de bain, avant de quitter la pièce, son verre toujours à la main et suivant Amaury de près. Quelques paroles s'étaient encore échangées dans son dos alors qu'elle n'arrivait plus à y prêter réellement attention, laissant simplement dans son esprit l'étrange impression que quelque chose lui échappait.

Il arrivèrent plus au calme, là où ils pourraient discuter sans craindre d'être entendu. Là, elle laissa s'échapper un petit soupire entre la fatigue et le soulagement. Elle passa une main sur son front, comme pour se déconnecter de la réalité et du stresse de la soirée avant de tremper ses lèvres dans le cocktail que lui avait préparé son hôte. Pour briser le silence sans réellement aborder les questions auxquelles Amaury voudrait probablement des réponses. Hayden demanda d'une voix presque désinvolte :


-Combien de temps encore aurait-je le droit à tes magnifiques robes sur-mesures avant que tu ne trouves une nouvelle poupée plus jeune et plus fraiche que moi, et avant que tu ne me relègues à porter un minuscule 34 où je devrais me forcer à rentrer plutôt que l'inverse.

Elle rit doucement avant d'ajouter presque dans un murmure :

-Il y a certain jour où je me sens tellement vieille...


Sa voix laissait trahir une certaine angoisse, non pas celle de sa carrière à venir, l'angoisse de cette soirée, qui avait mal tournée. Que c'était-il passé pour qu'elle se fasse avoir aussi simplement...

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Théo Scherr
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MessageSujet: Re: « La jeunesse est une fraction de folie. » [PV Hayden, Castello et Théo]   Mar 17 Jan - 1:24

J'avais écouté ce que disait Castello avec attention. Plus qu'il ne pourrait sans doute le soupçonner. Cette histoire de logement incendié et de femme assassinée, ça m'intéressant, en tant que Théo d'un point de vue humain, en tant qu'Argus d'un point de vue évenement. Être le chef d'un commando change la façon de voir les choses, et s'il y a quelques années, j'aurais pu prendre ça pour un acte gratuit de la part de la millice, je me posais maintenant la question : pourquoi ce squat, pourquoi avoir tué la jeune femme? Je demandrais à Victor de se renseigner, s'il le pouvait. Ici, j'étais presque pieds et poings liés, sans leur base de données, sans pouvoir contacter aussi souvent que je l'aurais voulu avec mes amis, pour faire part de les décisions et des opérations à commander. J'avais eu mon bras droit dans l'après-midi. Il m'avait appris que la cargaison de nourriture détournée avait été reçue. Ils commenceraient la distribution ce soir, ils étaient peut-être déjà en train de s'organiser pour écluser la marchandise avant l'aube. Je rappellerais demain, ce soir, je vais juste réussir à les faire chier.

Je regardais mon cocktail. Plusieurs choses se bousculaient dans ma tête. D'abord, cette certitude que le monde est vachement petit. J'avais réussi à croiser - et à sauver- une amie de mon frangin. Ensuite, le fait que pour moi, les coïncidences sont trop rares pour que le fait d'avoir rencontré Castello en soit une. Je devrais essayer de voir ce qu'il pense de tout ça, discrètement, peu à peu. En tous cas, il n'est pas farouche, à exposer ses plans de la sorte. Il devait pas être pro Empire. Quoique, méfions-nous. Hayden était plus sobre, quant à elle. Elle éluda fort bien la question, et partit avec mon frère essayer une robe. Alors comme ça, elle était un de ses modèles? Faut dire que rien qu'en la voyant, on remarquait que ce n'était pas une travailleuse à la chaîne. Une question se posait encore : qu'est-ce que foutait un modèle avec un flingue dans son sac à main?

Je passai ma main devant mes yeux, regardant Castello coudre. Il était vachement respectueux, ce petit. Enfin petit, il avait mon âge, quoi. J'ai tendance à me vieillir, avec mon coeur en vrac. D'ailleurs, prendre une douche chaude lui avait fait du bien, à mon palpitant. On ne change pas les bons remèdes. Je m'approchait un peu, attendant patiemment qu'il ait finit, et ne voulant surtout pas le déranger (ces gens qui savent coudre me fascinent.), admirant son arme de loin.


- C'est vraiment un sabre magnifique. Il a l'air assez ancien. Est-ce que je peux te demander d'ou il vient? Oh, excuse-moi, le tutoiement ne te gènes pas? Personnellement, je préfère, j'ai du mal à vouvoyer. Et oublie le Mr Scherr, Mr Scherr, c'est mon père. Appelle-moi Théo, si tu veux bien.

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Amaury avait précédé son égérie dans l'atelier. La robe était rangée soigneusement au dressing, avec toutes ses créations. La plupart sagement accrochées sur des cintres, quelques unes, les plus fragiles, comme celle qu'il devait faire essayer à Hayden, portée par des mannequins de couture. Il laissa quelques minutes à Hayden, soucieux du visage qu'il voyait transparaître sous la mine qu'elle s'était composée. Sa remarque l'inquiéta. Que s'était-il réellement passé? Il posa une main rassurante sur son bras:

- Plus qu'une mannequin qui porte mes créations, tu es une amie, Hayden. Et tu sais bien que je ne suis pas de ces créateurs barjos qui ne vivent que pour la taille 32. Tant que mes robes te plairont, je me ferais une joie de t'en créer.

Il ouvrit la porte du dressing et regarda un moment ses robes, demandant d'une voix étouffée par la paroi :

- Hayden, tout va bien? Je veux dire, les garçons... ils... qu'est-ce qui s'est passé?

Il ressortit de là, ressortant un mannequin, puis un autre. Deux robes prévues pour deux défilés différent, le premier pour un évènement sur la danse classique auquel il était invité, le second pour présenter sa nouvelle collection. Chaque robe qu'il faisait était une pièce unique : Amaury créait seul, et cousait seul. Il présentait en conséquence de quoi beaucoup moins d'oeuvres que d'autres couturiers, mais se fichait de tout ça. Il cousait parce qu'il aimait ça, et les mannequins qu'il choisissait n'étaient pas que des employé(e)s ou il ne savait quoi. Il connaissaient chacun d'entre eux, et certains le suivaient depuis ses débuts. Ou les leurs. Hayden devrait sans doute revenir pour d'autres essayages, il avait l'intention de lui faire porter non seulement cette robe, mais une autre encore et le clou de sa collection, encore en gestation dans son esprit.

Mais l'essayage était peut-être moins important au moment présent, que les questions qu'il se posait. Castello avait parlé de violeur, de cadavres. Quelle était la part de responsabilité de chacun? Hayden avait-elle été touchée? Et surtout, qu'avait fait Théo dans cette histoire? Il était très protecteur avec son petit frère, en partie à cause de son fichu coeur, mais aussi parce qu'il était l'aîné. Il avait accueilli son frangin de bon coeur chez lui, le temps qu'il puisse être greffé. Et il se tenait pour responsable si jamais Théo se retrouvait mêlé à une quelconque histoire impliquant des miliciens, ou des membres de la Cible. Il n'avait pas besoin de savoir la double vie que menait son aîné. Il fit signe à Hayden d'écarter les bras et sortit un mètre ruban d'un tiroir. Le passant autour de la taille de la jeune fille, il dit d'un ton un peu désapprobateur :


- Tu as maigri. J'espère que c'est pas à cause de Franklin.

Il ne pensait pas qu'un quelconque régime (forcé ou non) soit la cause de ce tour de taille un peu diminué. Ce n'était pas le genre de l'Américain de maltraiter ses poules. Voilà qui ressemblait un peu plus à du souci. Le designer soupira un long moment, se pinçant l'arrête du nez. Cet homme le dégoutait de ton son être. Depuis ses bottines Jil Sander jusque sa coiffure au plaqué décoiffé savamment étudié. Il se méfiait de lui, même si l'Impératrice semblait le négliger pour tout autre choses que ses capacités sexuelles. Il avait tenté d'approcher Violet pour s'en faire une alliée. Il avait accouru dès qu'il s'en était rendu compte, mais l'adolescente avait déjà remis l'importun à sa place. Elle était au moins aussi intelligente que ce beau gosse d'outre mer, et beaucoup moins respectueuse. Tout ça pour dire que ce mec était un faux jeton sur toute la ligne, et que savoir Hayden entre ses mains le rendait furieux. Il ne nourrissait pas le même amour pour l'idéologie que Mnémé ou même Julianne.

Il s'assit sur un des fauteuils, et attendit. Si elle voulait lui parler, il l'écouterait.

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Castello C. Dornes
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MessageSujet: Re: « La jeunesse est une fraction de folie. » [PV Hayden, Castello et Théo]   Jeu 19 Jan - 2:01

Le jeune voyageur resta silencieux un moment après les diverses questions et remarques, passant toujours délicatement le bout de ses doigts sur la courbe de l'un de ses sabres. Il semblait que c'était une habitude, pour lui, d'attendre longuement dans le silence avant de donner la moindre réponse à ses interlocuteurs, et ce n'était pas tout à fait faux, à bien y repenser : les enfants suivent généralement le modèle parental, et lui n'avait pas échappé à la règle. Avec la mort de son épouse en mettant Castello au monde, son géniteur s'était beaucoup renfermé et réfléchissait toujours énormément avant de répondre à ses questions, comme s'il avait peur de donner de mauvaises informations, des informations que sa défunte épouse ne pourrait alors pas corriger, laissant son fils grandir dans l'erreur ou en admettant qu'il était un modèle défaillant. Il ne se disait pas un seul instant que malgré sa façon d'être un peu froide, son enfant le considérait comme un héros, l'unique image à reproduire, l'homme qu'il voudrait devenir. Cette pensée était d'ailleurs devenue la seule chose dans son esprit, cette nuit où son père et sauveur avait donné sa vie pour épargner la sienne. Quoi qu'il en soit, le jeune homme resta silencieux un long moment, comme s'il n'avait pas entendu la question, continuant de passer doucement ses doigts sur le tissu recouvrant ses armes, les yeux dans le vague comme recouvert d'un voile brumeux. Puis, tout doucement, il défit le nœud qui nouait les sabres ensemble dans le morceau de toile et les découvrit à la douce lumière du loft.

"Ce sabre antique est un présent, transmis de générations en générations dans une famille Japonaise descendante d'une longue lignée de Samouraïs. Depuis le XVIème Siècle, cette arme est léguée à tous les aînés mâles. L'homme qui me l'a offert était âgé, veuf et sans héritier. Après que mes amis et moi-même lui ayons rendu un service particulier, il me l'a donnée pour que cette pièce unique ne soit ni dérobée, ni perdue, une fois que son heure viendrait. Quant à l'autre sabre, c'est une arme sur mesure que m'ont fait fabriquer les amis que je dois retrouver, suite à une altercation musclée avec la Milice, il y a quelques années, et qui m'a coûté mon bras gauche."

Pendant qu'il disait cela, il prenait un à un les fins câbles soudés à la poignée du sabre moderne et soufflait dans les embouts pour en retirer l'éventuelle poussière et ainsi éviter toute baisse de régime lorsque viendrait le moment de l'utiliser, s'il devait l'utiliser. Sur les derniers mots de sa dernière phrase, il fit un peu bouger sa main gantée d'où un léger cliquetis mécanique se fit entendre, alors que les manches retroussées de sa chemise laissaient voir un avant-bras en métal brillant parsemé de trous destinés à accueillir les câbles de sa nouvelle lame. Il préférait user de cette dernière, ne voulant pas se servir inutilement d'une œuvre d'art d'une époque lointaine alors qu'il avait quelque chose de plus ergonomique et plus personnel, ainsi que plus facilement réparable, en stock également. Je l'ai déjà dit, mais sa prothèse avait tendance à rebuter ceux qui la voyaient, car étant un prototype obtenu dans un laboratoire clandestin Chinois, ce bras biomécanique qui remplaçait son membre arraché n'était recouvert d'aucune espèce de peau de synthèse. Il était tout de même content d'avoir pu supporter sans mal la greffe, au vu du pourcentage d'échec couplé à l'environnement pour le moins insalubre dans lequel avait eu lieu l'opération. Cela ne le gênait pas vraiment, au moins il lui était impossible d'oublier la Milice une seule journée de sa vie : un jour où l'autre, ils paieraient. Il avait appris que la vengeance n'engendre que la vengeance, et il avait accepté la mort de son père par respect pour ses enseignements, mais le meurtre sauvage de sa jeune compagne, c'était autre chose. Elle n'avait rien fait de mal, ne faisait que loger dans un lieu abandonné de tous... Miliciens ou voyous, il découvrirait la vérité et abattrait sa sentence tel le couperet d'une justice toute relative.

"Quant au tutoiement... Théo... Cela ne me gêne pas tant que cela, bien que je n'y sois pas tellement habitué, je dois bien l'avouer. Aussi, cela serait-il déplacer de v... De te demander ce que tu faisais dans ces ruelles sombres à une telle heure de la nuit ? Oh, par ailleurs... Je sais que ce ne sont pas mes affaires mais... A propos de ton cœur, penses-tu qu'une greffe d'un donneur compatible serait une solution envisageable et viable ? Parce que je sais de source sûre qu'il y a toujours moyen de trouver ce genre de choses en frappant aux bonnes portes..."

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Théo Scherr
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MessageSujet: Re: « La jeunesse est une fraction de folie. » [PV Hayden, Castello et Théo]   Jeu 2 Fév - 4:44

Castello avait mis un long temps avant de répondre à ma question. Peu m'importait, je suis un mec patient. Et ça me laissait le temps de l'étudier en profondeur. Ses gestes, ses intonations, la douceur avec laquelle il caressait le fil d son arme... Il devait énormément y tenir, tout comme à son manteau qu'il avait mis un soin tout particulier à repriser. Ce devait être le cadeau de quelqu'un qui lui était cher. Ses yeux ne regardaient rien, et je voyais qu'il était plongé dans ses souvenirs. Moment heureux ou non, je ne saurais le dire... Et je ne voulais pas pousser l'examen trop loin, après tout, je ne le connaissait pas encore, et certains n'apprécient pas de se voir exposé de cette manière.

Il finit tout de même par me raconter l'histoire de ce sabre fascinant. Une authentique arme de samouraï, alors! Je fis un petit hochement de tête appréciateur : je savais reconnaître la qualité et la beauté d'une oeuvre de maître. Même si pour ma part, je n'utilisais rien d'aussi... sophistiqué. Il est vrai que je suis assez bourrin, paradoxalement avec mon coeur qui me fait souvent faux bond. Je suppose que c'est grâce au rugby. Je me bats le plus souvent à mains nues, comme un peu plus tôt dans la ruelle. Bien sûr un pistolet est utile, mais je ne suis pas tireur d'élite. Nous n'avons pas du très bon matériel, et pas de silencieux. Alors que rompre une nuque, une fois que l'on s'est habitué à l'odieux craquement que ça produit, c'est silencieux, rapide et efficace. Même si tout compte fait, je n'avait pas brisé tant de nuques que ça. The Eye était une branche plus pacifiste de la Cible, et si bien sûr nous avions parfois du tabasser une patrouille de miliciens, voir les supprimer pour les plus dangereux, notre crime principal restait tout de même d'apporter un peu de confort au bas-peuple.

Je le vis avec un interet tout particulier manipuler un cable fin, et entendit le bruit métallique. POrtant mon regard un peu plus loin c'est avec une surprise teintée d'appréciation que je vis sa prothèse. Ceci expliquait le coup de la lame cassée. Je souris et lui dis, sans moqueries ni condescendances dans la voix :


- Alors, toi aussi t'es un cyborg?

Si je l'avais un peu mieux connu, je lui aurait sans doute mis un coup de poing amical dans l'épaule. Mais c'était pas le cas, et j'espérais simplement qu'il ne prenne pas mal ma remarque -sait-on jamais. J'avais envie de regarder de plus près : une prothèse aussi performante, ça devait être fascinant (j'avais toujours déploré de ne pas pouvoir m'ouvrir la poitrine pour examiner mon stimulateur). Mon fatras métallique personnel était bien à l'abri sous mon épiderme, enserré par mes poumons et ma cage thoracique. On voyait simplement une vilaine cicatrice sur mon torse en forme de "L", là ou les chirurgiens m'avaient charcuté au fil des ans.

Je notais les efforts du jeune homme pour me tutoyer : on notait qu'il n'avait réellement pas l'habitude : sans doute lui était-il coutumier de voyager seul... Je lui répondit en riant :


- Moi? ce que je faisais? Je tournais en rond! Je me suis perdu comme un abruti. Je ne suis pas en ville depuis longtemps.

J'hochais la tête à sa remarque. J'avais quelque fois pensé à aller dans un laboratoire clandestin pour m'offrir un nouveau coeur. Mais mon médecin familial aurait trouvé ça suspect, si d'un jour à l'autre ma cardiomyopathie se faisait la malle. Et comme je l'avait toujours soupçonné d'être un collabo, je ne voulais pas m'attirer d'ennui, ni à ma famille ou au brave type qui m'aurait greffé un stimulateur peu aux normes de la médecines impériales ou un coeur tout neuf. Coeur dont, somme toute, je préférais connaître la provenance. Franchement, devoir la vie à l'organe fraîchement arraché d'un milicien me foutrait la rage.

- Oui, ça serait une solution. Mais assez dangereux pour la sécurité de tout un tas de gens... Je ne fais que modérément confiance à mon chirurgien -cela dit très bon praticien- et je préfère ne pas me pointer avec un palpitant tout neuf sans qu'il ne sache ou et quand il m'a été greffé. En fait, c'est pour ça que je suis à Hegemony. Je viens de Paris, au départ. Je suis sur les listes d'attente de l’Hôpital Central de la ville pour une greffe du coeur.

J'haussais les épaules, désinvolte, bien plus que je ne l'étais en réalité.

- Y'a plus qu'à attendre. Je fis une courte pause. Et toi, pourquoi un bras mécanique? Enfin si c'est pas indiscret.

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Hayden Moriarty
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MessageSujet: Re: « La jeunesse est une fraction de folie. » [PV Hayden, Castello et Théo]   Jeu 2 Fév - 5:42

Ma mains du designer, pourtant rassurante, venant se poser sur son bras la fit frissonner. Elle lui sourit faiblement pour donner le change. Il y avait bien longtemps qu'elle ne s'était pas sentit aussi mal et même les paroles réconfortantes de son collègue et ami ne réussissaient pas à dissiper le nuage noir qui s'était installé sur ses pensées. Elle avait murmuré un petit « merci » pour le remercier des quelques mots avenants à son égard, mais en réalité elle était bien loin. Perdue quelque part dans ses souvenirs et réflexions un peu macabres, elle semblait vivre la scène de l'extérieur, comme à travers un voile flou. Elle portait à nouveau son verre à ses lèvres pour laisser l'alcool faire son effet. Amaury s'était éloigné dans le dressing et le regard de la modèle se posait sur les différents éléments de la pièce. Dans un autre temps, elle aurait adoré se trouver là, au milieu du matériel de couture, des tissus sorties et laissé en plan, des mannequins sur lequel le créateur modelait quelques nouvelles œuvres, mais là, elle n'arrivait à se fixer sur rien, elle ne voyait même pas ce qui défilait sous ses yeux. La tête venait à lui tourner et la nausée la prenait à la gorge. Mais depuis le dressing Amaury lui avait demandé quelque chose et la jeune femme du prendre sur elle pour se concentrer, comprendre le sens de tous ces mots mis à la suite les uns des autres, et répondre.

Elle avait trouvé non loin une chaise sur le dossier de laquelle elle pouvait se soutenir et posant son verre dans un coin, elle passa de nouveau une main sur son visage avant de répondre d'une voix mal assurée :


-Oui, oui ça va. C'est juste, tu sais, le choc...

D'une petite pochette qu'elle gardait toujours sur elle, elle sortit un petit tube d'acier dont elle dévissa le bouchon, à l'aide une minuscule spatule qu'elle plongea à l'intérieur elle en sortie une poudre blanche avant de la porter à son nez pour en inhaler le contenu. Elle renouvela l'opération une seconde fois avant de ranger le tout au moment où Scherr ressortait du dressing avec deux mannequins sur lesquels reposait deux robes splendides. D'un geste rapide, presque un reflexe la jeune femme renifla et passa un doigt sous ses narines avant de sourire, un peu béatement à son ami et de reprendre la parole pour lui raconter plus en détail ce qui c'était passé plus tôt dans la soirée.

-Je revenais du Royal, on devait se voir et je savais que j'allais être en retard, je suis partie comme ça, j'avais mon arme dans mon sac et j'étais plutôt sûre de moi, elle étouffa un petit rire qui en disait long sur la surestimation qu'elle avait eu d'elle même. Seulement... je sais pas... je me rappelle plus bien. Ils étaient trois, ils voulaient... des vauriens voilà tout. Elle fit un pause l'espace d'un instant. Les effets de ce qu'elle venait de prendre commençait à faire sérieusement effet et elle se sentait déjà beaucoup mieux. Peu à peu les images récalcitrantes de ces trois hommes répugnants la menaçant disparaissaient. Je ne sais pas pourquoi, je n'ai pas réussi à réagir. Et puis, ces deux hommes, enfin, ton frangin et... Castello, ils sont sortis de nul part et ont réglé leur compte à mes agresseurs...

Une fois cela dit, Hayden entra dans un mutisme étrange. Elle avait chaud partout à l'intérieur d'elle, mais pas d'une chaleur étouffante et désagréable, non, elle avait l'impression d'être comme dans un cocon moelleux et ses pensées se transformait peu à peu en coton douillet. Elle soupira d'aise en s’asseyant sur la chaise qui plus tôt lui avait servit d’appui, mais bientôt se relevait alors qu'Amaury voulait prendre des mesures. Elle écarta les bras alors qu'il passait le ruban au tour de sa taille pour constater qu'elle avait maigri, ce qu'il lui fit remarquer avec désapprobation. Il en profita pour lui glisser un mot sur Franklin tout en soupirant et se pinçant le nez comme il en avait tant l'habitude.

Hayden savait parfaitement ce que le designer pensait de tout ceci. De sa mission et ce qu'elle faisait auprès du fils de l'ambassadeur américain pour la Cible. Et elle savait aussi qu'il désapprouvait partiellement ce qu'elle était obliger de faire pour parvenir à ses fins. La jeune femme ne lui en tenait pas rigueur, après tout, il s'inquiétait pour elle, seulement, elle avait renoncé à lui faire comprendre son point de vue.
Maintenant qu'elle retrouvait de l'énergie, il ne fallait pas trop qu'il la lance sur ce terrain glissant. Car qu'il soit pour ou contre, elle avait vu William dans la journée et cette relation des plus étranges allaient durer tant que cela serait nécessaire. Alors certes, sa taille ne pouvait mentir à un couturier, elle avait perdu du poids et elle le savait, mais elle gérait la situation. Elle avait les choses en mains, et ça, Amaury devait le comprendre. Peu importait combien de kilo elle perdait, il n'aurait qu'à reprendre ses robes, ce n'était pas le plus compliqué, du moment que tout se déroulait selon ses plans.

Le regard qu'elle avait alors lancé à son ami était entre la détermination inébranlable et le regret qu'il ne put comprendre ce qu'elle ressentait.


-Non, ce n'est pas à cause de Franklin, mais tu veux vraiment qu'on parle de ma taille ? Elle avait tendu la main vers son verre et avait bu une nouvelle gorgée.Ou de choses plus importantes ? Comme le fait que William à fait virer son propre frère, Walter Franklin 27ans, du poste de PDG de la Rossum Cybernétique qu'il occupait...

Hayden laissa planer un silence pendant quelques secondes, dévisageant Amaury sans méchanceté aucune, mais avec cet éclat impitoyable dans l’œil qu'elle pouvait avoir lorsqu'elle parlait de choses sérieuses. Reprenant :

- Il y a fait nommé un de ses amis proches à la place, probablement quelqu'un qui écoute le moindre de ses conseils et qui dirige la firme plus ou moins dans le sens du jeune Franklin. Il est évident que celui-ci se détourne de plus en plus de sa famille en laquelle il ne voit plus aucun intérêt. Walter est loin d'être un homme de trempe, surtout pas pour diriger une entreprise d'envergure... il trop faible et surtout trop dépendant de Franklin sénior qu'il ne fait que suivre, tout au plus.

La modèle sembla réfléchir quelques instants, on ne pouvait dire à quoi, avant de reprendre la parole d'un ton plus doux et concerné :

-Et ton frère... quelle étrange circonstance pour le rencontrer ! Elle rit doucement. Son coeur, il va bientôt se fait opérer ? C'est pour ça qu'il est sur Hegemony n'est-ce pas ? ... Il sait pour... tes activités ?

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Dernière édition par Hayden Moriarty le Sam 3 Mar - 12:40, édité 1 fois
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Castello C. Dornes
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MessageSujet: Re: « La jeunesse est une fraction de folie. » [PV Hayden, Castello et Théo]   Lun 6 Fév - 0:57

Un cliquetis se fit entendre alors que le jeune voyageur faisait bouger les doigts de sa prothèse biomécanique. Sans une seule parole, il continuait de souffler dans les câbles fins dont son sabre était muni, puis dans les ports fichés dans son bras de métal. Malgré tout ce qui s'était passé, malgré tout ce qu'il avait pu dire, malgré tout ce que l'on pouvait deviner de son passé où régnait une certaine violence, il semblait tout à coup plongé dans une sorte de profonde sérénité. Lentement, il prit le verre de jus d'orange demandé au Scherr aîné quelques minutes plus tôt et en but une gorgée. Finalement, il n'en avait pas eu besoin pour travailler sur sa veste. Ses paupières à demi closes par-dessus ses pupilles d'un bleu profond, il avait l'air de trouver une plénitude sans nom dans le simple fait de dépoussiérer son attirail, si bien qu'une espèce de demi-sourire de contentement se dessinait sur ses fines lèvres. Castello avait bien compris qu'il n'avait pas besoin de se presser pour répondre au jeune homme face à lui, il avait bien vu que ses absences entre deux réponses n'étaient pas mal vues. Du moins, il espérait avoir bien compris, car il prit le temps de bien peser ses mots avant de les prononcer avec une intonation particulière, qui rendait les choses beaucoup moins graves que ce qu'elles paraissaient être. Par sa voix douce et grave, presque suave, il arrivait à faire passer la perte de son bras pour quelque chose se rapprochant d'une bénédiction.

"Un cyborg... Je pense qu'il s'agit là d'un bien grand mot, encore qu'il est plus proche de la réalité que ne le serait le terme robot, je pense. Si l'on considère qu'un cyborg est un être humain modifié par quelques appareils, alors je dois l'être en partie, en effet, bien que j'ai toujours cru que les cyborgs étaient plus affiliés aux machines qu'aux êtres humains, du moins au niveau de la pensée, ou plutôt des différents calculs qui leur serviraient de raisonnement et leur permettrait de faire des choix... Mais j'ai l'impression que je m'aventure sur un terrain glissant et, surtout, sur un débat éthique qui demanderait un peu trop de réflexions sur la valeur de l'espèce humaine. En tant qu'humaniste-philanthrope, je dois avouer que cela ne me gênerait pas, mais je ne voudrais surtout pas vous inclure de force dans quelque chose d'aussi vaste et de si... Controversé."

Le jeune homme se surprit à pouffer légèrement, accentuant son demi-sourire et plissant légèrement les yeux dans une expression ressemblant à du contentement. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas tenu un tel discours, et bien que cela lui semblait quelque peu étrange, ce n'était pas pour lui déplaire. Et alors que le jeune Scherr répondait à son tour aux questions, le regard du voyageur se fit plus triste, légèrement mélancolique, tandis que sa main droite touchait à travers ses vêtements la base de la prothèse, sur l'extrémité du muscle pectoral gauche. Il se souvenait de cette nuit comme si c'était la veille, et il se souvenait de la douleur qu'il avait ressentie à ce moment-là. Son visage se figea dans une expression entre la peine et la douleur. Il écoutait, bien sûr, les propos que tenaient Théo et comprenait parfaitement son point de vue. Si le cadet Scherr était bien ce qu'il semblait être, il était en effet préférable de ne pas avoir recours à un donneur clandestin et à des méthodes irrégulières, pour ne pas utiliser d'autres adjectifs plus diffamatoires. Dans le cas de Castello, il n'y avait personne pour avoir des soupçons sur lui, il n'avait aucune véritable attache, aucun contact régulier et sédentaire. Il pouvait se permettre certaines choses que les citoyens lambda ne pouvaient pas. Quand tous les voyageurs sont suspects, plus aucun ne l'est réellement. De toute façon, il n'avait rien à se reprocher : il ne faisait que vivre comme il l'entendait, sans jamais prendre parti. Finalement, le jeune homme lui reposa une question à laquelle il mit un long moment à répondre, revivant cette nuit, revivant la douleur avant de pouvoir prononcer le moindre mot.

"Mon bras... C'est une balle de calibre 12,7 mm qui m'a traversé l'omoplate et qui est ressortie en me brisant la clavicule. Vu le calibre, c'est sans surprise que mon bras est resté derrière pendant que mes amis et moi essayions de fuir les Miliciens... Dans le cas où tu te demanderais les raisons de cette poursuite, nous dirons que traîner tard la nuit n'est vraiment pas un bon plan. Un peu comme ce soir. Quand j'y repense, je me dis que j'aurais peut-être dû me battre, cette nuit-là... Mon bras serait peut-être encore à sa place..."

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Amaury Scherr

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MessageSujet: Re: « La jeunesse est une fraction de folie. » [PV Hayden, Castello et Théo]   Mer 22 Fév - 12:47

Le designer avait retrouvé Hayden appuyée sur le dossier de la chaise, lui racontant ce qui s’était passé un peu plus en détail. La version d’Hayden correspondait avec celle de Castello, ce qui montrait d’une part la sincérité de son jeune invité, ainsi que le fait qu’Hayden avait... plutôt « bien » accusé le choc, pour être capable de lui parler de ça. Il soupira une fois encore : cette ville était pourrie jusqu’au fin fond de ses ruelles. Mais Hayden le savait, et jamais elle n’aurait dû s’aventurer dans les bas quartiers habillée comme elle l’était. Ces fringues, c’était bon pour Franklin, c’était bon pour les galas de charité, pour les soirées post défilés... Le retard n’était pas important, le QG était un endroit sûr. Elle aurait dû faire attention... Il faudrait qu’il remercie plus particulièrement le jeune voyageur et son frère de l’avoir tirée de là.

Ce qu’il ne s’expliquait pourtant pas, c’était comment son frère avait pu aider la jeune femme. Bien sûr, Théo était doté d’un esprit un peu chevaleresque qui le poussait à sauver les jeunes gens en détresse, mais comment diable avait-il pu s’attaquer à un vaurien des rues ? Malgré leur statut de ramasse miette, ces gens-là savaient un minimum se battre... Et le cœur du petit frère lui interdisait toute poussée d’adrénaline trop importante. UN coup de chance, sans doute, mais il en discuterait avec lui, et l’amènerait chez le médecin le lendemain, histoire de vérifier que son stimulateur se portait bien.

Ecoutant désormais la modèle lui raconter les derniers agissements de William Franklin Junior, il lui fit signe d’ôter sa robe, pour essayer les pièces qu’il venait de sortir du dressing. Lui passant plus qu’elle ne s’habillait elle-même –sans doute un effet du « trauma » qu’elle venait de vivre- il serra le corset de la première robe et se posta face à elle pour admirer le résultat. Le corset n’était plus assez ajusté, il faudrait le reprendre... Mais ça, il ne le ferait qu’à la fin, avant le défilé... Amaury ne désespérait pas qu’Hayden reprenne un peu de poids, quitte à organiser de monstrueuses soirées pizzas-film histoire de la faire engraisser. Après tout, l’homme cuisinait plutôt bien, ce serait un comble si son amie persistait à maigrir.


- Franklin à fait virer son frère ? Bon à savoir, bravo Hayden. On se demandait quand ça viendrait... Vu le caractère du personnage, il paraissait évident qu’il finirait par le faire. Walter n’est pas un PDG, c’est certain, mais le fait que l’Américain a agit prouve qu’il commence à étendre son Empire. Continue, et tiens-nous au courant. Il faudra qu’Olivier (pdg d’une entreprise française pour qui est « secrétaire » Ambre, ndlr) prenne contact avec la Rossum, histoire de sonder le nouveau PDG. Je relaie l’info.

Il demanda à son égérie d’enlever la robe, qu’il remit sur son mannequin, et reprit son mètre, pour reprendre ses mesures, qu’il nota sur un petit calepin. Il était bien décidé à suivre de très près l’évolution de la santé d’Hayden. Si cela devenait critique, il lui ferait prendre des vacances, quitte à la kidnapper. Dos à elle, ôtant délicatement la pièce de son défilé du mannequin, il perçut le changement de ton de son amie, lorsqu’elle lui parla de son petit frère. Théo était arrivé il y a quelques jours, et Amaury se faisait du souci pour lui. Son cœur était dans un sale état, et il était un peu plus secret que pendant leur jeunesse. Bien sûr, l’un et l’autre avaient vieilli, et cinq ans les séparaient... Mais l’intuition de grand frère lui soufflait que quelque chose n’allait pas. Quoi, telle était la question :

- Comme tu dis... pour une fois, je suis content qu’il se soit perdu, cet idiot...

Il lui fit mettre la robe.

- Il est arrivé il y a quoi, cinq jours, et je n’ai pas vraiment le temps de m’occuper de lui, avec les défilés... Enfin demain, rendez-vous chez le médecin, il n’a pas le choix. Il est sur liste d’attente, pour le moment. Au moins, il sera sur place dès qu’un cœur sera disponible. Au pire, il aura un nouveau stimulateur, ça serait déjà ça. Et non, tu penses, je lui aie rien dit, je ne vais pas lui rajouter du souci.

Sans gêne, il s’approcha de la jeune femme et ajusta le corset interne, passant les mains sur ses hanches pour voir si le tissu ne baillait pas trop. Il s’agenouilla devant elle et piqua quelques aiguilles pour remonter le tissu... il faudrait mettre une doublure de tulle. Il faudrait aussi contacter la Cible. Deux préoccupations si différentes au même moment... L'homme tendit l'oreille pour voir ce qui se passait au salon. Des bruits de conversation lui venait : ils étaient seuls avec leur problèmes, tant mieux.

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Hayden Moriarty
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MessageSujet: Re: « La jeunesse est une fraction de folie. » [PV Hayden, Castello et Théo]   Sam 3 Mar - 12:38

Tandis qu'elle se déshabillait sans réelle pudeur devant le designer et que celui-ci l'aidait à passer la première création, Hayden se sentait maintenant au mieux. La fatigue aussi bien physique que morale s'était envolée de même que le froid ou la faim et elle avait reprit confiance, oubliant pour le moment ce à quoi elle avait échappé de justesse. Un petit sourire s'était dessiné sur ses lèvres pâles alors que l'euphorie de la substance s'emparait gentiment de son cerveau et de ses sens. Elle avait parfaitement conscience que ce bien être si soudain n'était que chimique et illusoire, mais punaise, pour le moment elle s'en moquait totalement, appréciant les sensations réconfortantes qui envahissait son corps.

Elle se regardait dans une glace un peu plus loin dans la pièce alors qu'Amaury, lui, observait probablement le résultat de son œil précis de grand couturier tout en répondant aux quelques informations qu'elle venait de lui transmettre. Mais elle n'écoutait plus, ou tout au moins d'une seule oreille, son esprit était bien loin de Franklin, de ses manigances et de la quelconque importance que cela pouvait avoir pour la rébellion. Elle se laissait simplement porter par les flashs de bonheur comme elle les nommait, le regard à la fois pétillant et vide, poser sur tout et rien à la fois, elle se laissait faire entre les mains de son ami, se dénudant une nouvelle fois à la demande d'Amaury. Docile, elle le laissa reprendre ses mesures, faire ce qu'il avait à faire sans se poser d'autre question.

Lorsque la conversation dévia sur Théo, la concentration d'Hayden se ressaisi un peu, elle était comme intriguée par le personnage et beaucoup plus intéressée par cette drôle de coïncidence qu'avait été leur rencontre. Elle était aussi curieuse d'en savoir plus sur le frangin et l'air blasée d'Amaury alors qu'il appelait son frère « idiot » amusa particulièrement Hayden qui, dans son état, ne pu retenir un rire sonore qu'elle récupéra bien vite en se pinçant les lèvres, toujours arborant un grand sourire gentiment moqueur. La mannequin n'avait aucun mal à imaginer le soucis que devait lui apporter son frère, surtout si celui-ci, avec un cœur en mauvais état, s'amusait à se perdre dans la ville probablement la plus dangereuse de l'Empire. Amaury, l'éternel sur-protecteur, mais aussi l'éternel anxieux... et tout ce qui allait avec.

Maintenant dans une nouvelle robe, le couturier lui expliquait que son cadet était sur liste d'attente pour un nouveau cœur, ou tout au moins un nouveau stimulateur et c'est sans trop de surprise qu'il lui apprit que le journaliste n'était absolument pas au courant du rôle de son frère dans la Cible. C'était aussi compréhensible que cela pouvait être dangereux et propice aux quiproquos mais après tout, Hayden savait que les seuls motivations d'Amaury était de protéger son frérot. La mannequin n'avait pas la moindre idée de la propre position qu'elle prendrait vis-à-vis de ses proches... si elle en avait. Parfois, se taire et mentir restait le meilleur moyen de préserver les gens qu'on aime. Mais les dernières personnes en vie qu'Hayden pouvait aimer et désirer protéger faisaient partie du réseau... alors la question ne se posait pas. Plus pour elle. Elle eue une penser pour ses parents, mais aussi étrange que cela pouvait paraître, elle était heureuse de penser à elle. Certes, en des circonstances plus lucides, toutes pensées de ce genre étaient interdites, mais là, elle voyait leur visage souriant et elle était joyeuse. Son sourire s'élargit un peu plus encore et se yeux tombèrent sur Amaury s'affairant à elle ne savait trop quoi sur cette robe, lui-même perdu dans ses pensées.


-J'espère que ça marchera pour Théo, mais pour ce que j'en est vu, il se débrouille très bien, dit-elle avec un rire contenu au souvenir de plus jeune des Scherr se jetant l'un de ses agresseurs. Je crois qu'il faut que tu lui fasses confiance.

Elle ne précisait pas pour quoi, mais c'était son point de vue, Amaury en ferait ce qu'il voulait.

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MessageSujet: Re: « La jeunesse est une fraction de folie. » [PV Hayden, Castello et Théo]   Dim 4 Mar - 15:27

J’aurais pu continuer à le regarder manier sa prothèse pendant une heure entière. La technologie me fascinait. Mais j’étais trop poli, et bien trop occuper a rire à sa petite digression sur les cyborgs. Je le regardais avec un sourire franc, et reprit :

- Je ne me suis jamais posé la question, je t’avouerais. Mais peut-être que nous deux, toi avec ton bras, moi avec mon cœur, à cause des prothèses qui nous font fonctionner... « normalement » on va dire, nous sommes devenues des machines... Et si, comme dans les anciens films de science-fiction, une machine finit par prendre l’ascendant sur les humains, peut-être que les mecs comme nous rejoindront leurs rangs, parce que nos prothèses décideront à notre place !

J’éclatais de rire une fois de plus. J’étais parti un peu loin, là. Mais ce gars me paraissait franchement être le type à discourir sur ce genre de débat. J’haussais les épaules avec un sourire d’excuse :

- Désolé, je suis passionné de vieux films. Ils faisaient des trucs supers, avant.

Genre leurs films d’horreur ou de science fiction. C’est fou, la façon dont les gens du siècle dernier voyaient l’avenir. Et bien non, les voitures ne volent pas encore. Je réfrène ma bonne humeur en constatant le changement de la sienne.

Sa propre tragédie... Un bras arraché par une balle de mitrailleuse lourde. C’est bizarre, parce que pour autant que je le sache, ce ne sont pas les armes utilisées habituellement par la milice... Peut-être était-ce dans une autre partie de l’Empire, après tout, je ne connais pas tout. Je suppose qu’il a récupéré son bras dans un de ces labos clandestins qu’il me conseillait tout à l’heure. En tout cas, le mec était soit fou, soit génial, pour avoir conçu une prothèse biomécanique dans ce genre. Castello exprime le regret de ne pas s’être battu. Je compatis : bien des fois j’ai regretté d’avoir fui, plutôt que d’avoir affronté mon ennemi. Lui il voulait sauver un bras, moi c’est vengé un frère d’armes tombé en mission. Mais lorsque que la mission concerne une femme et ses deux enfants, qui doivent passer en lieu sûr avant que la milice ne les retrouve, il faut fuir, et ne pas résister sous peine de se faire exécuter à son tour. La sûreté des cibles avant tout. Et si un membre de l’Œil tombe en mission, il l’a fait pour protéger ses frères. Je réponds doucement :


- Face à une mitrailleuse lourde qui te bombardait à coup de .50BMG, c’était la meilleure solution, sinon y’aurait pas que ton bras qui serait en ferraille à cette heure-ci, Tony Stark.

Iron Man... Mon enfance, les vieux comics de Marvel. Je me suis toujours imaginé à la place d’Iron Man, on avait tous les deux un cœur en tôle... C’est peut-être à cause de lui que je joue au Super Héros aujourd’hui. Je ne sais pas s’il comprendra la référence.

(hrp : xD)

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Castello C. Dornes
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MessageSujet: Re: « La jeunesse est une fraction de folie. » [PV Hayden, Castello et Théo]   Jeu 8 Mar - 1:44

Alors qu’il écoutait Théo exposer ses théories sur le soulèvement des machines, le jeune voyageur se remémorait cette nuit fatale. Inconsciemment, il porta la main droite à son épaule de métal et ferma ses yeux à demi. Avec sa mémoire eidétique, il revivait chaque seconde de cette scène dont il était à la fois l’acteur et la victime. Le bruit saccadé des semelles contre les pavés d’une ruelle étroite et sinueuse, couplé à la respiration haletante de quatre fuyards dont il faisait parti. Derrière eux, des bottes de cuir et des fusils en bandoulière dont le métal sombre luisait à la faible lumière des lampadaires bourdonnant légèrement. Ils couraient à s’en faire exploser les poumons, aussi vite qu’ils le pouvaient dans cette longue allée sans intersection. Se battre, cela n’aurait pas été un problème en soi, en temps normal. Mais la présence à leurs côtés d’une gamine frêle en pleine adolescence, voilà qui changeait toute la donne : il était hors de question de la mettre en danger, quoi qu’en disaient les deux aînés dissimulés sous la capuche de leur drapé sombre. Et pendant ce temps, sur le toit d’un immeuble au loin, le tireur attendait, respirant profondément. Il ne l’avait pas vu, bien sûr, mais il pouvait l’imaginer sans la moindre difficulté. Il ne voyait pas son visage, mais voyait l’uniforme, et voyait l’arme, et voyait la cartouche. Une grande inspiration bloquée avant de presser la détente. Il n’avait pas encore entendu la détonation qu’il sentait déjà les nerfs se déchirer et son bras quitter le reste de son corps, les muscles sectionnés et le sang tâchant la rue. Il était tombé au sol et, allongé sur le dos en se tenant la plaie béante, il voyait approcher les miliciens armés tandis qu’une main puissante le saisissait au col et le traînait sur les pavés abîmés. Il voyait des flammes apparaissant et disparaissant devant son regard qui se troublait, tandis que ses oreilles ne captaient que des sons étouffés. Il comprenait bien ce qui se passait : la gamine était avec la femme et l’aîné le traînait en tirant sur leurs poursuivants avec une précision mortelle. Avant de s’évanouir, il se demandait pourquoi le tireur n’avait tiré qu’une seule balle, alors qu’il aurait pu l’achever.

« Ce n’était pas une mitrailleuse lourde. Une seule cartouche tirée d’un fusil de précision de type Barrett M82A1, à une distance de 1367 mètres. J’aurais dû mourir, cette nuit-là. A cette distance, avec une telle maîtrise de son arme, si le tireur avait voulu ma mort, je ne serais pas là pour en parler. J’ignore pour quelle raison il ou elle m’a épargné, j’ignore le message qu’on a voulu me laisser, mais il me reste toute ma vie pour le découvrir. »

A voir son impassibilité, alors qu’il évoquait des événements affreux et douloureux, il semblait qu’il racontait un simple fait divers lu un soir dans le journal. Il était complètement détaché émotionnellement de ce dont il parlait, comme s’il n’était que spectateur. Et il tenait pourtant dans sa main droite la preuve qu’il en était la victime. Il releva la tête vers Théo et lui lança un demi-sourire las, comme pour lui dire qu’au final, ce n’était pas grand-chose. Il pouffa même légèrement, détendant d’un seul coup l’atmosphère, avant de fouiller avec précaution dans sa sacoche de voyage. Sous la doublure intérieure du contenant, il y avait une fine fermeture éclair qu’il ouvrit sur un compartiment secret dont il sortit une demi-douzaine de fins magazines dont les couvertures étaient, excepté les quelques brûlures par-ci par-là, parfaitement conservées. Il les posa humblement sur la table, à la vue de Théo qui put alors voir l’un des trésors que possédait le voyageur : de vieux comics ayant appartenu à son père, les seuls restant suite à l’attaque de sa demeure par les miliciens, alors qu’il n’était qu’un enfant. Il les voyait encore, expulsés par le souffle de l’explosion, morceaux de papier conservés avec soin et embrasés en l’espace d’un instant, atterrissant sur le sol enneigé éteignant les flammes à leur contact. Il ne les avait récupérés que plus tard, après avoir enterré son géniteur et être retourné sur les lieux de ce qui avait été sa maison. De l’immense collection assemblée pendant des années par les Dornes, bien avant la création de l’Empire, il ne restait qu’une demi-douzaine de parutions qu’il prenait soin de conserver à l’abri de tout danger. Avec son manteau noir, c’était tout ce qui lui restait de son père. Et sur cette table, il y avait un numéro d’Iron Man datant de Mars 2003 dont la couverture arborait la toute nouvelle armure Thorbuster de l’époque, ainsi qu’un autre numéro de Mars 2006 où apparaissait l’armure Extremis, la tenue symbiotique de Tony Stark suite à l’infection par le nano-virus Extremis. Puis, il y avait également deux numéros des X-Men, dont un centré sur Wolverine, un numéro spécial des Avengers et, enfin, l’unique album des éditions DC Comics, une parution de The Legend of the Dark Knight datant de 1998.

« Entre nous, celui qui correspondrait mieux à la description de Tony Stark, c’est bien toi. »

Rétorqua avec amusement le voyageur. Et alors qu’il pensait avoir enfin trouvé un moment de repos après tous ces mois passés en vagabondages, alors qu’il se sentait enfin revivre dans un lieu qui semblait l’accueillir pour ne serait-ce qu’une nuit d’un véritable sommeil réparateur, une sonnerie se fit entendre. Avec une rapidité déconcertante, comme s’il s’agissait plus d’un réflexe que d’un acte tout à fait réfléchir, Castello plongea sa main dans la poche intérieure gauche de son manteau, posé sur le dossier de la chaise, et en sortit un téléphone cellulaire qu’il décrocha sans même regarder qui en était l’auteur. Il ne répondit cependant rien, mais écoutait tout en conservant une expression très sérieuse. De là où se trouvait Théo, on pouvait entendre très légèrement ce qui se passait à l’autre bout du fil : des détonations répétées d’armes à feu qui couvraient une voix masculine qui semblait hurler des phrases incompréhensibles. Mais le voyageur écoutait, hochant la tête régulièrement et acquiesçant doucement, très calmement, alors qu’on pouvait lire de la panique dans ses pupilles se déplaçant rapidement sur toute la surface de son œil. Enfin, il s’approcha de la fenêtre et regarda comme distraitement ce qui se passait dans la rue, neuf étages plus bas. Ses iris semblaient soudainement se remplir de vie, tant le bleu sombre qui cerclait ses pupilles paraissait luire dans la pénombre. Ses lèvres se pincèrent et, étrangement, il eut soudain l’air en colère. Cela ne dura que l’espace d’un instant, une seule fraction de seconde, mais cette image évanescente faisait froid dans le dos. Il émit une nouvelle approbation au téléphone avant de raccrocher son téléphone et de le poser calmement sur la table.

Il attrapa alors rapidement sa sacoche et en sortit une boite de bois vernis qu’il déposa près du téléphone. Il prit une grande inspiration, comme s’il s’apprêtait à ouvrir la Boîte de Pandore. D’une certaine façon, c’était le cas. Car s’il ouvrait ce large contenant de bois, l’Enfer se déchaînerait sûrement ce soir. Mais était-il obligé d’en faire usage ? Il pouvait y avoir une alternative, quelque part. Sans un mot de plus, il souleva le couvercle, révélant deux magnifiques pistolets de modèle Colt M1911, datant de 2001, que ses compagnons de voyage lui avaient un jour offert, à l’occasion de son vint-et-unième anniversaire. Les deux armes étaient placées tête-bêche, avec un chargeur supplémentaire pour chaque exemplaire. C’était là des objets uniques récupérés dans un état de conservation tel qu’ils semblaient neufs. Et ce qui les rendait réellement exceptionnels, en plus des diverses modifications internes réalisées par l’ancien propriétaire de ces bijoux, c’était les finitions. Les deux faces des deux culasses argentées présentaient des gravures fines, sans la moindre aspérité, représentant des arabesques entremêlées, de même que d’étranges symboles mystiques, donnant un rendu étrangement harmonieux dans tout cet ensemble. Le bois des crosses était verni et également gravé sur chaque face d’une croix celtique stylisée. Le jeune homme reprit une grande inspiration avant de sortir humblement ses armes de leur carcan recouvert de velours rouge. Il les posa alors sur la table et les fit glisser vers son interlocuteur.


« Pour ton frère et toi, si les choses devaient mal tourner. Avec les chargeurs supplémentaires, vous aurez quatorze balles de calibre .45 chacun. Mademoiselle Moriarty à son propre pistolet, si je ne m’abuse. »

Sans laisser le temps à Théo de répondre, Castello commença à retirer son pull sans manche et à déboutonner sa chemise qui s’ouvrit sur un débardeur noir. Il fallait bien avouer que le haut n’allait plus du tout avec le bas, pantalon bien repassé et chaussures de ville parfaitement cirées, mais il fallait parfois sacrifier l’agréable pour se concentrer sur l’utile. Alors qu’il se retournait pour prendre son sabre bourré d’électronique, le jeune Scherr put voir une partie de la croix stylisée qui lui servait de tatouage dorsal, et qu’il avait depuis ses onze ans. Il ceignit avec soin sa lame à sa hanche gauche, avant de retourner vers son manteau sur lequel il posa doucement sa main, comme s’il le caressait pour la dernière fois. Puis il plongea sa main sous la veste et retira de la doublure un autre pistolet, modèle Beretta 92, qu’il glissa à l’arrière de son pantalon avant de se diriger vers la porte d’entrée du Loft. Il s’arrêta un instant et s’adressa de nouveau au jeune Théo.

« Je te remercie, Théo : ça a été un plaisir de pouvoir à nouveau interagir avec quelqu’un. Je te demanderai de bien vouloir remercier ton frère pour son hospitalité, et de m’excuser auprès de lui si jamais sa voiture devait devenir un dommage collatéral. Si, enfin, je ne suis pas de retour dans l’heure qui va suivre, considère que ce qui est à moi sera désormais à vous : prenez soin de mon manteau, de mes comics et de mes Colt. C’est tout ce que je demande, même si c’est déjà beaucoup. Potentiellement adieu, Théo Scherr… »

Et sur ces mots, il quitta l’appartement, se dirigeant invariablement vers le parking souterrain de l’immeuble, là où il serait bientôt confronté à un dilemme : survivre à une escouade de miliciens à trois, ou connaitre une fin tragique dont jamais personne n’entendrait parler. Et aussi étrange que cela puisse paraitre, il souriait en se disant que s’il s’agissait de sa dernière heure, il serait honoré et fier de tomber aux côtés des Stewart…

[Je m’arrête là, sinon ça va faire long... C'est déjà très long, il me semble. L’Impératrice n’aura pas à chercher comment me piéger, je fonce déjà dans la gueule du loup. Quant aux personnages présents, à vous de voir si vous prendrez part au combat ou si vous préférerez parler complots rebelles en sirotant des cocktails. Bien à vous, mes Chers <3]

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Amaury Scherr

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MessageSujet: Re: « La jeunesse est une fraction de folie. » [PV Hayden, Castello et Théo]   Mer 28 Mar - 2:22

(hrp : Je poste ici mes deux persos en un seul)

Je n'aurais jamais imaginé que Castello sortirait quelques vieux comics, pas après que je l'ai surnommé Tony Stark. Fin connaisseur, je regardais ces trésors presque antique... Certains avaient plus d'un siècle! La classe. Tout occupé a admirer les bandes dessinées et à retomber en enfance, je ne se formalisai d'abord pas du coup de fil. Puis mon oreille exercée entendit les déflagration, et je me tournai vers Castello, les sourcils légèrement froncés. Le voyageur avait un air très calme, le plus détendu du monde, assis sur le canapé avec le téléphone vissé à l'oreille. Comme si le coup de fil venait de sa mère ou je ne sais quoi. Mais ses yeux oscillaient à toute vitesse, et les bruits de détonation de flingues me faisaient penser que quelque chose n'allait pas.

Soudain, il choppa son sac et en sortit une grosse boîte. Putain, c'était quoi, ça, encore. Castello l'ouvrit et en sortit de pistolet, plutôt artistique pour des armes mortelles. Il me les fit glisser sur la table. "Si les choses devaient mal tourner"? Ohla, qu'est-ce qu'il nous faisait? Il ôta sa chemise et prit son sabre et un autre pistolet, avant de me remercier, dans un tirade un peu verbeuse -mais c'était apparemment le style de l'homme, et ça n'avait pas l'air de le rendre inefficace au combat. Puis il sortit, me laissant sur le cul, assis sur un canapé avec deux Colts devant moi.

Il avait parlé de la voiture d'Amaury... C'était au parking que ça se passait. Alors qu'est-ce que je devais faire, moi, putain?


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- Lui faire confiance?

Amaury haussa les épaules. Comment faire confiance à ce petit frère je m'en foutiste, qui n'avait aucunement l'intention d'écouter les conseils barbants, mais avisés du reste de sa famille? Comment faire confiance à Théo, qui cherchait à tout prix à se fourrer dans des situations merdiques, au risque de faire une crise cardiaque? Le designer n'avait qu'une peur, c'était que quelqu'un l'appelle un jour en lui annonçant que son frère était mort. Il y tenait, à ce frérot parfois insupportable, si différent de lui. Et en l'accueillant à Hegemony, il s'était promis de le protéger contre la ville. Alors s'il n'en faisait qu'à sa tête, comment tenir ces engagements?

- Lui faire confiance? Pour beaucoup de choses, oui, mais prendre soin de lui, il sait pas faire. Il pense trop aux autres. Alors si je veille pas sur lui, qui sait si je vais pas le retrouver mourant en bas de chez moi? Il écoute rien, même pas les médecins... Je sais pas comment faire, moi. Faudrait que je l'enferme ici?

Le créateur soupira et se releva, reculant de quelques pas pour voir ce que l'ensemble donnait. Il y avait encore du boulot. Ses yeux remontèrent jusqu'à Hayden, qui regardait autour d'elle les yeux dans le vague. Cette soirée avait vraiment dû... Amaury fronça les sourcils et se rapprocha un peu, la regardant à la dérobée. Il se rappela son rire bien trop joyeux par rapport à son état lorsqu'elle était arrivée. Le designer l'observa attentivement. Il connaissait ces symptômes. Il les connaissait trop bien, et ça ne lui rappelaient pas des bons souvenirs. Il dit doucement, se promettant de ne pas s'énerver si jamais il s'agissait de ce qu'il pensait.

- Hayden... Est-ce que...

La porte d'entrée claqua, évitant la question et sauvant Hayden de justesse. Amaury sortit de la chambre et se rendit au salon. Il trouva son frère, debout devant la table basse sur laquelle reposait une pile de vieilles bandes dessinées et deux flingues qu'il ne connaissait pas. Il vit son cadet le regarder sans mot dire et s'emparer d'un flingue. Castello n'était visible nulle part. Théo hésita un moment, puis se dirigea vers la porte. Amaury l'interpella :

- Théophile Scherr, je peux savoir ou tu vas avec ce flingue?
- Y'a un souci dans ton parking. Je vais aider Castello.
- Tu vas arrêter de jouer les héros? Et puis, depuis quand est-ce que tu...

Le cadet des Scherr sortit de la pièce, sous le regard interdit de son grand frère qui n'avait pas eu le temps de finir sa phrase.. Bon sang, voilà un parfait exemple de ce qu'il disait tout à l'heure à Hayden. Un souci qui se réglait pas les armes, ça voulait dire miliciens. Pourquoi ils étaient là, par contre, aucune idée. Si ça se trouve, c'était Castello qui était recherché. Ces jeunes, ils avaient le don de te foutre dans la merde! Putain, il leur fallait de l'aide. Lui ne pouvait absolument pas descendre, parce que si jamais quelqu'un le voyait se battre contre des miliciens, adieu la couverture : son visage était bien trop public... Sauf que c'était son petit frère, en bas.

Réagissant au quart de tour, il s'empara du téléphone et composa un numéro qu'il connaissait presque par coeur. Il fallait qu'il appelle la résistance au secours, et tant pis si son frère découvrait tout.


- Ici Blackbird. J'ai besoin de toi.

Connor était peut-être le seul à pouvoir l'aider. Amalie Bakenhoven n'aurait pas dit non, c'était certain, mais il ne voulait pas l'embarquer la dedans. Connor était homme de terrain, bien plus que lui qui relevait plus de l'espion. Après une courte discussion, le Fossoyeur assura qu'il arriverait très bientôt. Mais lui, que pouvait-il faire? Détruire les enregistrements des caméras aux différents entrées? Combien de temps cela lui prendrait-il?

Il poussa un juron sonore en français.


[hrp : note à l'intention de Castello : la milice est assez réglementée (désormais xD) ils ont des armes réglementaires (HK USP standard) et sont 4 par patrouille, pas plus. On va éviter de trop en tuer d'un coup xD (MJ, reprends moi si tu n'es pas d'accord!)]

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Hayden Moriarty
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MessageSujet: Re: « La jeunesse est une fraction de folie. » [PV Hayden, Castello et Théo]   Sam 12 Mai - 22:16

[Euh bah le MJ sait pas trop quoi dire pour le coup, vu que je sais pas trop ce que Castello a en tête, surtout vis à vis de ces étranges miliciens qui les poursuivent, donc en fait, je vais le laisser faire, si je trouve que ça déborde un peu trop, je ferais signe ^^ faisons nous plaisir un peu (mais restons cohérents) !]

Jeune femme écoutait Amaury parler de son frangin avec une attention diluée par les molécules de cocaïne. Elle aurait voulu répondre quelque chose à tout ça, aux appréhensions du grand frère, lui assurer qu'elle comprenait mais que l'amour c'était aussi laisser de l'espace à Théo, que la peur n'éloignait de toute façon pas le danger et qu'ils trouveraient bien en moyens de soigner son cœur. Mais Amaury la dévisageait maintenant avec un air étrange et elle sentait la réplique de désapprobation venir. Le « Hayden » et cet air de calme qui cachait quelque chose le trahissait largement, ce qui fit sourire la mannequin. Étrangement, ou pas d'ailleurs, elle s'en moquait un peu de ce qu'il pourrait bien lui dire, de la morale qu'il allait lui faire, elle l'attendait les bras croisée contre la poitrine et se ferait un malin plaisir de lui rappeler qu'il n'était pas la personne la plus innocente sur ce sujet dans la pièce.

Cependant une porte claqua avant que le designer ne puisse dire quoi que ce soit, le coupant au milieu de sa phrase. Hayden avait sursauté et avait instinctivement tournée les yeux vers la porte. Sans un mot de plus Amaury sorti de la pièce, la laissant soudainement seule. Elle fronça les sourcils mais se décida à venir, poussée par la curiosité. Elle renfila en vitesse ses vêtements avant de redescendre au salon. Là, elle y trouva Théo portant un flingue et Amaury qui lui demandait sur un air typiquement désapprobateur ce qu'il comptait bien faire avec cette arme. A en déduire par l'absence de Castello, c'était lui qui était sorti de l'appartement précipitamment quelques secondes auparavant.


-What the … ?

La jeune femme ne comprenait absolument rien et ses yeux allaient et venait d'un Scherr à l'autre. Elle s'était d'ailleurs rapprochée du créateur mais tout allait un peu vite pour le moment. Amaury commença une nouvelle phrase qu'il n'eut de nouveau pas le temps de finir et son cadet peu réceptif aux paroles de son aîné sorti à son tour de l'appartement sans l'écouter, arme toujours au poing. Hayden cligna plusieurs fois des yeux. Tout ça sentait étonnement très mauvais. Le « souci dans le parking » ne promettait rien de bon et la jeune femme ne pu s'empêcher de jeter un coup d’œil vers son sac qui était resté négligemment dans l'entrée. Déjà, Amaury avait décroché son téléphone et la modèle n'avait que peu de doute sur le destinataire du coup de fil. Elle ne pu s'empêcher un soupire et de murmure un :

-Shit.

Qu'est-ce que c'était encore que toute cette histoire, sur la table du salon trônait tout un tas de choses qui n'y étaient pas avait que ne s’éclipse avec son ami, dont une boite contenant un colt et l'emplacement vide pour un second qu'elle assumait être en ce moment même dans les mains du plus jeune des Scherr. Elle avait deux possibilités et aucune des deux ne lui plaisait vraiment, seulement l'idée de redescendre maintenant ne lui disait pas du tout et c'est l'excès de confiance fourni par le narcotique qu'elle avait inhalé plus tôt qui la guidait. Elle ne voulait même pas imaginer par quelle pirouette ils s'en tireraient si les autorités en venait à faire un lien entre les deux zigotos déjà dans le parking et les deux autres encore dans l'appartement et sur lesquels ont pouvait étiqueter « La Cible », si le « souci » était le synonyme « d'homme en rouge », il y avait bien intérêt à ce qu'aucun d'entre eux n'en ressorte vivant, sinon c'était les emmerdes assurées.

Hayden se rua sur son sac et en sorti son arme semi-automatique avant de se tourner vers son ami dans une expression qui voulait quelque chose comme « désolée, pas le choix » :

-Je reviens, promis.

Elle se tourna à son tour vers la porte qu'elle ouvrit et claqua une nouvelle fois derrière elle. Son cœur battait à 200 à l'heure aussi bien sous l'effet de la drogue mais aussi de l'adrénaline. Dévalant les escaliers quatre à quatre, incapable d'attendre l'ascenseur, elle descendit les étages qui la séparait du sous-sol en moins de temps qu'elle n'aurait jamais pu le faire en d'autre circonstance.
De l'autre côté de la porte qui la séparait de là où étaient garés plus plus belles voitures de luxe de la ville, elle pouvait déjà entendre un vacarme affolant et elle reprit quelques secondes son souffle avant d'être sûre qu'elle était prête à se jeter dans la mêlée, si mêlée il y avait, en pensant aux renforts qu'Amaury avaient appelé. Ce dernier allait d'ailleurs probablement fulminer contre tout le monde dès qu'ils oseraient se repointer comme des fleurs dans son appart'.... enfin... elle espérait. Quoi qu'il en soit, peu importe l'issue que les évènements prendraient, ça serait probablement très compliqué à étouffer tout ça, alors autant essayer de limiter les dégâts non ?


[Bon comme je sais pas trop ce qui nous attend, j'en dis pas plus]

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Castello C. Dornes
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MessageSujet: Re: « La jeunesse est une fraction de folie. » [PV Hayden, Castello et Théo]   Mer 16 Mai - 15:00

[En avant propos, je m’excuse de la taille peut-être légèrement abusive de ma réponse : 6 pages Word. J’espère en tout cas que vous prendrez autant de plaisir à sa lecture que j’en ai pris à l’écrire. Je me suis permis quelques références dont je vous laisse seules juges. Bonne lecture, mes chères ! <3]

Le son régulier de ses pas dans le couloir emplissait ses oreilles alors qu’il avançait lentement en direction de l’ascenseur dont disposait l’imposant immeuble où se trouvait le loft du styliste apparemment renommé, dans la capitale. Les paupières à demi-closes par-dessus ses pupilles sombres cerclées d’iris Bleus de Minuit, le jeune voyageur tâchait de se préparer pour les événements qui allaient suivre. Il notait dans un coin de son cerveau les différents paramètres qui lui avaient été donnés par son interlocuteur au téléphone et, les couplant à la configuration de l’espace de combat dont il avait pu s’offrir un aperçu en arrivant sur les lieux (plus ou moins) une heure plus tôt, projetait dans son esprit des situations éventuelles d’affrontement et s’attardait particulièrement sur la façon d’éliminer la menace en économisant à la fois temps, énergie et munitions. C’était là un exercice difficile, puisqu’il prenait en compte l’analyse-même des comportements humains en réponse à un stimulus donné, et il est évident que chaque être humain étant unique, il est ardu de se baser sur des réactions théoriques, et plus encore de se focaliser sur l’éventualité de réactions théoriques enchaînées. Cela mis à part, et malgré l’impossibilité de prévoir de façon définitive l’issue du combat qui prenait déjà place dans les sous-sols du bâtiment, Dornes fils entreprit cette activité qui avait tendance à lui faire retrouver son calme lorsqu’il lui arrivait (rarement, je le concède) de le perdre, tandis qu’il pénétrait dans la cellule froide et terne qui servait de cage d’ascenseur. Il prit une grande inspiration et appuya sur le bouton -1 qui s’alluma, observant alors les portes se refermer dans un glissement inaudible et percevant les douces vibrations de l’appareil qui amorçait sa descente tranquille.

Sur le cadran électronique indiquant les étages, les chiffres se succédaient lentement. A chaque intervalle entre deux niveaux, une nouvelle prévision conjecturale sur la confrontation qui ne tarderait pas à avoir lieu ou, plutôt, à laquelle il ne tarderait pas à prendre part.

8…

Les portes s’ouvrent. La réaction envisagée serait que les Miliciens se tournent dans la direction du tintement caractéristique, offrant ainsi une ouverture pour le couple d’assassins retranchés. Pariant sur une cible abattue chacun, il resterait alors une demi-douzaine d’uniformes rouges encore debout, se focalisant de nouveau sur les Stewart. Une sortie par surprise de la cabine d’ascenseur, Beretta en main, et deux hommes pourraient être éliminés avant d’avoir à se mettre à couvert derrière l’un des larges piliers. Suivant ces calculs, quatre ennemis restants. Rejoindre ses amis derrière leur barricade de fortune grâce à un feu de couverture soutenu de la part de ces derniers, et faire le plein d’armes et de munitions. Equiper un fusil d’assaut muni d’une lunette ACOG, attendre une salve ennemie pour lancer une grenade aveuglante et profiter de l’opportunité ainsi créée pour neutraliser un ou deux opposants, même score pour les alliés qui ne sont pas en reste à ce niveau-là. Tactique efficace demandant au préalable une configuration en tranchée pour fonctionner efficacement. Coût faible en munitions, tout au plus deux chargeurs, quelle que soit l’arme utilisée. Trop de données inconnues pour tenter la chose sans observations préalable.

Les images défilaient dans sa tête à une vitesse ahurissante, et il semblait qu’il devenait spectateur d’une scène de film d’action tournée au ralenti avec angles multiples. La caméra faisait le tour du plateau et son esprit traçait des flèches et des annotations, telles des didascalies sur le jeu des acteurs.

5…

Les portes s’ouvrent. Un Milicien passe devant la cabine pour tenter une approche du couple et les pousser dans leurs retranchements. Le saisir à l’arrière du col avec la main gauche, le ramener vers soi et le recevoir avec un coup de prothèse à la base de la colonne vertébrale. Fracture immédiate, immobilisation instantanée. Saisir le vêtement rouge et se retourner : se servir du corps comme bouclier dans le cas où le premier serait suivi par l’un de ses camarades. Projeter le corps criblé de balles sur poursuivant éventuel et profiter de la chute pour tuer ce dernier d’une balle dans la tête. Ranger le pistolet et sortir le sabre de son fourreau avant de se diriger vers le camp ennemi grâce à une salve de couverture à l’arme automatique. Arrivé au pilier d’angle, prendre appui sur le coin et tourner autour pour surprendre l’adversaire. Coup de pied à l’estomac du premier assaillant pour le dégager de la voie et armer le sabre. Deuxième opposant à découvert : une estafilade en diagonale sur la poitrine, puis se servir de la force du mouvement pour se retourner et asséner un puissant coup de poing métallique au crâne. Troisième Milicien en vue, mais trop loin pour le trancher. Bras droit déjà levé, l’abaisser et lancer la lame pour l’atteindre au torse. Parier sur la réactivité du couple qui s’occupera des trois autres depuis leur côté. Trop risqué et trop peu probable d’avoir une telle configuration de combat, et trop peu prudent de s’engager directement dans le camp adverse sans couverture préalablement demandée. Or, en demander une annulerait l’effet de surprise et rendrait donc cette tactique inefficace.

2…

Les portes s’ouvrent. Sortir de la cabine et courir vers le couple en tirant sur tout ce qui est rouge et qui bouge, se créer ainsi sa propre salve de couverture. Rejoindre ses amis et récupérer des armes. Deux révolvers de six coups chacun, forte puissance de tir et gros calibre, ainsi qu’un bocal d’huile de vidange. Demander un appui feu et passer par-dessus la barricade. Se diriger droit vers les ennemis et lancer le réceptacle de verre juste derrière la cible et répandre le liquide. Au moment de recharger, les Miliciens se montreront. Sortir les revolvers et sauter sur le premier opposant. Coup de pied sauté au visage et réception sur la poitrine. Atterrissage dans la flaque d’huile : glisse possible sur un ou deux mètres. Pivoter et neutraliser le plus d’uniformes possibles en comptant sur le soutien du couple qui s’occupera du reste. Stratégie encore possible quelques années auparavant, beaucoup plus aléatoire aujourd’hui. Il avait d’abord perdu le peu d’expertise qu’il avait en sport de glisse, et il était clair que contre sept Miliciens, les risques d’être blessés étaient quasiment de la certitude s’il n’arrivait pas à en éliminer au moins un ou deux durant sa salve de couverture personnelle. Mais une chose était sûre : si quelqu’un devait partir en première ligne et servir d’appât pour percer les lignes Miliciennes, ce serait forcément lui. Il avait toujours été l’agneau sacrificiel, dans le groupe, parce qu’il était objectivement moins fort que les membres du couple, et ne servait aucun objectif réel : il était donc le plus inutile (sans compter Arch, bien entendu, qui n’avait pas les compétences minimales requises pour passer de l’autre côté des barricades). D’une certaine façon, cela lui manquait un peu, toutes ces journées d’une époque qui lui semblait révolue, tant elle paraissait loin.

-1…

Les portes s’ouvrirent. Le voyageur avança d’un pas vers l’ouverture sur le champ de bataille lorsqu’il entendit des bruits de pas au travers des détonations. Une foulée légère accompagnée d’un crissement à peine perceptible d’une membrane de cuir. Une semelle souple et des bottes tactiques pour le déplacement tout terrain et en toute situation : un élément incontournable de l’uniforme rouge des Miliciens. Alors que les pas devenaient de plus en plus proches, le jeune homme brun porta son sabre à sa ceinture et sa main droite à quelques centimètres de la poignée recouverte de câbles. Il prit une grande inspiration et ferma les yeux, et tout l’espace autour de sa personne lui sembla ralentir. Lorsque ses paupières se rouvrirent, ses iris brillaient d’une lueur pénétrante malgré une expression de visage complètement neutre et sans la moindre émotion. Au moment précis où un pan de tissu rouge apparut dans l’embrasure de l’appareil, la lame fut dégainée et fendit l’air horizontalement, tranchant, couche après couche, le vêtement, la peau, la chair, les organes et les os dans une harmonie musicale à en faire pâlir les plus grands compositeurs contemporains. Le doux sifflement du métal suivi de la déchirure du tissu et le son de la chair cédant le passage à ce morceau de métal à la fois dur et souple, la succession des viscères n’opposant aucune résistance avant les vertèbres, succulent dessert croustillant qu’on ne peut que dévorer sans le savourer, tant cette sensation transcendante est addictive. Sur le sol, il ne restait plus du Milicien que deux moitiés de corps répandant chacune une mare de sang qui finissaient par se rejoindre. Des bouts de tripes flottaient lamentablement tandis que, dans un geste expert, le jeune homme donnait un coup en diagonal vers le bas pour dégager le sang de sa lame.

Il était toujours dans sa cabine, dos contre l’une des parois métalliques. Le temps avait reprit son rythme normal et les coups de feu étaient tout à fait distincts, et non plus couverts par son esprit dans une espèce de Bullet Time personnel. Il respirait comme s’il avait retenu son souffle de longues minutes durant. La teinte de ses iris était devenue soudainement plus claire, moins violente, moins gorgée d’adrénaline. Son sabre était devant lui, tenu à la verticale entre ses deux mains placées à chaque extrémité de la poignée. Il lâcha sa main droite et la remplaça par la gauche, juste sous la garde. D’un mouvement souple du poignet, il déroula les câbles qu’il entreprit de brancher sur les ports prévus à cet effet. En un instant, l’arme se chargea d’électricité, un courant électrifié invisible à l’œil nu mais que ses adversaires risquaient de fort peu apprécier. De sa main droite, il atteignit la crosse de son pistolet semi-automatique dont il retira le cran de sûreté d’un mouvement rapide du pouce. Dans une position de tir experte, main droite par-dessus l’avant-bras gauche par soucis de stabilité et de précision, avec la lame armée à moitié sur le côté du corps dans l’éventualité d’un corps à corps imprévu. Il pivota alors d’un geste ample en sortant de la cabine et prit une grande inspiration qu’il bloqua. Il sentit son cœur battre lentement et bruyamment dans sa poitrine, cogner brutalement dans ses oreilles et, de nouveau, affaiblir tous les sons environnants. Son regard pénétrant se porta sur la cible qu’il avait dans son viseur et qu’il appréhenda au ralenti. Il voyait tout, chaque mouvement, chaque modification faciale, le moindre geste dans sa tentative désespérée de lever son pistolet pour lui tirer dessus. La détonation fut presqu’inaudible, alors que son épaule ressentait un recul diffusé lorsque le percuteur amorça la sortie de la balle hors de la chambre dans le canon, puis à la bouche où elle atteignit sa vitesse maximale. La cartouche atteignit la rotule gauche de la victime qu’il vit tomber au sol en même temps que la culasse ramenait un second projectile dans la chambre. Un second tir dans la deuxième rotule amena le Milicien sur le béton, une expression de douleur commençant à peine à naître sur sa face. Et devant lui, silhouette sombre qui ne le quittait pas de ses yeux bleus lumineux. La seconde qui suivit alla à la fois très rapidement et extrêmement lentement selon les points de vue. Pour le voyageur nomade, il semblait qu’il avait prit tout son temps pour mozambiquer sa cible : trois balles tirées en une seule rafale, deux dans le cœur à trois centimètres d’intervalle et une dans le front. Il relâcha la prise de sa main droite sur le dernier tir et se servit du recul pour pivoter une nouvelle fois et se retrouver derrière un large pilier.

Là, sa respiration reprit un rythme normal. Des coups de feu fusaient près de lui, partant dans un sens et dans l’autre, beaucoup plus soutenus d’un côté que de l’autre, évidemment. Il prenait de grandes respirations, pour être sûr d’alimenter son corps en oxygène et ne pas risquer un essoufflement intempestif à un mauvais moment : si c’était quelque chose de négligeable dans la vie de tous les jours, une seconde perdue dans un échange armé signifiait généralement la mort, si l’adversaire n’était pas trop médiocre. Il rouvrit les yeux pour les porter sur une sorte de barricade de fortune faite à partir d’un véhicule de luxe retourné sur le côté, avec derrière un couple de tireurs encapuchonnés. Se dissimulant autant que possible derrière son propre abri de béton armé, le voyageur tenait la culasse de son Beretta contre l’arête de son nez et son sabre à la verticale, tâchant de n’avoir aucun contact que ce soit avec la lame chargée de courant. Et il se mit doucement à sourire tandis que des projectiles de plomb passaient à quelques centimètres de lui et creusaient légèrement le mortier peint des fondations. Heureusement qu’ils n’avaient que des pistolets HK USP Standards, ces Miliciens. Et heureusement que grâce à son effet de surprise, il en restait théoriquement une demi-douzaine seulement. Seulement… Oui. La chose qu’il avait du mal à saisir était que son couple d’amis avait largement les compétences nécessaires pour en éradiquer deux fois plus sans suer une goutte, il en était persuadé pour les avoir déjà vus à l’œuvre par le passé. Alors il était légitime de se demander pour quelle raison ils restaient retranchés sans même faire mine de véritablement riposter. Par-dessus le boucan des détonations, il interpella l’aîné de la fratrie.


« Nety !! »

Le susmentionné leva légèrement la tête en direction du nomade et la baissa immédiatement alors qu’une balle venait ricocher sur la carrosserie rouge sombre d’une voiture cabossée, sans aucun doute le véhicule emprunté par le couple d’Assassins pour se rendre sur les lieux. Ainsi donc, l’aîné se dirigea vers l’extrémité de sa barricade pour avoir un visuel sur son ami sans risquer de se prendre du plomb dans la cervelle. Le voyageur fit quelques signes qui semblaient relativement incompréhensible, autant pour des néophytes que pour des professionnels des champs de bataille comme l’étaient les Stewart, derrière leur tranchée métallique, faisant face à des ennemis maintenant trois fois plus nombreux. L’expression de doute accompagnée d’un haussement d’épaule lui fit bien comprendre qu’il devrait trouver autre chose pour se faire comprendre. Un peu ennuyé par la situation et toujours sous le feu ennemi, Castello remit sa lame dans son fourreau après avoir débranché les câbles et prit une grande inspiration. Ses yeux virèrent au bleu nuit.

« Donne-moi un p*tain de tapis de couverture assez large pour que je puisse marcher dessus, enfoiré !! »

C’était rare, d’entendre le jeune homme employer un tel langage, même en privé, aussi cela révélait-il l’urgence de la situation. Suite à cette demande quelque peu hurlée et peu courtoise, l’homme en capuche sourit légèrement et empoigna l’un des sacs qu’il avait près de lui, un gros sac vert de transport militaire. Au vu de la taille, c’était assez simple de deviner ce qui pouvait se trouver dedans et, apparemment, le couple avait fait de nouvelles acquisitions depuis leur dernière rencontre, peut-être même s’étaient-ils éloignés de lui pour aller chercher tout ce matériel dévastateur. Quoi qu’il en soit, en voyant le lourd canon de métal noir que la fratrie sortait du sac, il n’eut plus aucun doute : ces gens, aussi sympathiques (ou du moins, peu antipathiques) qu’ils pouvaient être, étaient de véritables malades ! La sœur posa un bipied sur le haut de la barricade tandis que le frère mettait la longue bande de munitions de 7,62mm dans sa chambre. Et c’est avec une voix grave et presque enjoué qu’il cria à son tour, en réponse à son compagnon d’arme.

« Hey, Cas’ ! T’es prêt ? COURS !! »

Au même instant, alors que le nomade brun se décollait de son pilier, la jeune sœur sortit de derrière la barricade de métal et, hurlant comme une dégénérée, pressa la détente de la mitrailleuse de soutien légère de type M240, arrosant la position ennemie de manière soutenue, laissant le champ libre à Castello qui se précipita vers l’abri de fortune, gardant ses yeux rivés sur sa camarade de combat, sur l’expression guerrière dépeinte sur son visage illuminé à chaque flamme naissant à la bouche de son arme et qu’il semblait, de nouveau, revoir comme si le temps s’arrêtait momentanément. Chaque douille éjectée qui tombait au sol et qui tintait faiblement dans le vacarme assourdissant des détonations qui couvraient jusqu’au cri bestial de cette femme née pour régner sur le champ de bataille. Il n’osait pas se l’avouer, ou du moins ressentait une gêne à l’admettre, mais il trouvait dans le côté sauvage d’Hélicia quelque chose de réellement splendide et d’admirable, une véritable œuvre d’art vivante. Tantôt douce et silencieuse, tantôt farouche et violente, une harmonie des deux extrêmes contenue dans une seule enveloppe. Il se surprit à esquisser un léger sourire à cette pensée, alors qu’il se rapprochait de plus en plus de la voiture retournée. Il arriva enfin alors que la bande de presque deux-cents munitions atteignait son extrémité, glissant sur le sol et posant son dos entre deux pneus tandis que la cadette Stewart se baissant avec son arme vide. Le garçon aux cheveux ébouriffés reprit lentement son souffle, sans se soucier des projectiles qui cognaient contre la paroi de métal derrière son dos. Une fois son cœur remis à un rythme normal, il tourna un regard exaspéré vers ses compagnons.

« Je peux savoir pour quelle p*tain de raison de m*rde vous vous êtes pas servi de ça avant pour tous les dégommer, au lieu de venir me faire ch*er jusqu’ici ?! Bordel, pour une fois que je trouve des gens sympas et un vrai toit en dur pour passer la nuit ! Pour une fois que je peux avoir une véritable nuit !! Vous êtes vraiment… »

Il n’eut pas le temps de finir sa phrase qu’une détonation différente des armes des Miliciens se fit entendre. Et c’était une détonation qu’il connaissait particulièrement bien, puisqu’en plus d’être celle d’une cartouche explosive, c’était avant tout une balle tirée de l’une de ses propres armes. Il leva la tête alors qu’une autre balle au mercure était tirée et vit alors une cible ennemie touchée à la poitrine par un projectile qui fit naitre une puissante déflagration sur tout le torse de la victime. Connaissant ces armes, ces Colts M1911 Customs, il savait que l’homme à terre qui hurlait devait avoir quelques morceaux internes à l’air. Mais il s’en souciait peu, à dire vrai : immédiatement, il se tourna vers la source des tirs et vit Théo Scherr, l’arme au poing, à découvert.

« Héli !! Captain, maintenant !! »

Terminée, la pseudo-dispute de la seconde d’avant : il fallait faire très vite avant que les uniformes rouges ne comprennent tout ce qui se passait et que passe l’instant de choc lié aux cartouches au mercure. La jeune femme aux boucles brunes, encapuchonnée également, tendit un petit dispositif qui tenait dans sa paume, avec un embout électrique que le voyageur brancha immédiatement sur sa prothèse biomécanique. Alors qu’il sautait par-dessus la carcasse de la voiture rouge, l’appareil amovible s’alluma et un disque de métal en sortit, de diamètre faible d’abord, suivi d’un second plus large, et d’un troisième et d’un quatrième encore plus grands. Tandis qu’il courait vers Théo, il s’était vu affubler d’un large bouclier de métal qui protégeait intégralement tout son torse et sa tête. Il tira vers les forces adverses pour faire diversion et saisit Théo depuis l’arrière, lui encerclant les épaules de son bras droit et le tirant vers l’arrière en le protégeant de son impénétrable rondache, tout en lui hurlant de continuer à faire feu. Il le menait, un peu brutalement, certes, derrière le pilier le plus proche où ils seraient tous deux à l’abri des tirs dirigés contre eux. A cet instant, ils avaient véritablement l’air de Captain America protégeant Tony Stark/Iron Man sur un affrontement digne des Avengers. Il aida le jeune cardiaque à se relever et attendit une salve de couverture à la mitrailleuse d’appui pour courir derrière la voiture où quatre combattants étaient maintenant réunis contre cinq du côté des Miliciens : l’affrontement commençait à devenir équitable, enfin. L’aîné de la fratrie d’Assassins posa les yeux sur le jeune Scherr, l’analysant rapidement. Il avait cette façon d’observer ceux qui lui faisaient face d’une manière si intense qu’on se sentait mis à nu, sondé de l’intérieur, véritablement mal à l’aise. Le plus calmement du monde, faisant entièrement abstraction de tout ce qui l’entourait, il prit d’ailleurs la parole, sa voix grave parfaitement audible malgré le boucan des détonations.

« Dis, Cas’… Ce serait pas… »

« Si, c’est l’un de mes pistolets, on en parlera plus tard. Pour l’instant, y a plus… Urgent… »

Le temps de finir cette phrase et un son de porte qui s’ouvre se fit entendre. Tous, que ce soit du côté Miliciens que de l’autre, eurent le même réflexe de savoir qui venait d’arriver. Tous levèrent la tête pour voir une silhouette frêle aux longs cheveux blonds. Que faisait-elle ici ? La présence de Théo pouvait être explicable par son côté un peu aventurier et impulsif, mais qu’en était-il de Hayden Moriarty ? Elle n’avait aucunement sa place sur un champ de bataille, elle n’avait même pas une tenue adéquate. Elle n’avait que son pistolet, et c’était suffisant pour être la cible des uniformes rouges. Le sang du voyageur ne fit qu’un tour. Il inspira profondément et ouvrit grand ses yeux brillants de détermination. Il sauta par-dessus la voiture renversée et criblée de balles, sabre dégainé, juste à temps pour voir un Milicien lever son arme vers la jeune femme. Pour Castello, la situation était simple : lorsque l’on sauve une vie, ce n’est pas pour aller la jeter aux chiens l’instant d’après. Malgré la perception ralentie du temps, il était conscient qu’il ne réussirait pas le même exploit qu’avec Théo. Aussi tenta-t-il le tout pour le tout en jetant son sabre qui fendit l’air et se planta dans la gorge de sa cible, lui laissant le champ libre juste assez longtemps pour faire glisser ses semelles contre le sol du parking et de se placer devant la jeune femme, bras écartés, attendant les détonations qui ne tardèrent pas à se faire entendre derrière son dos. Il sentit plusieurs projectiles de plomb se loger dans son bouclier et dans son dos, pénétrer sa chair alors que du sang remontait à sa bouche et dégoulinait sur son menton, que ses yeux deviennent progressivement ternes. Les chargeurs tombaient au sol et étaient remplacés dans les crosses des armes, mais tout cela, il l’entendait en sons diffus, de même que le hurlement provenant de son frère d’arme, plus loin. Une salve tirée et un corps qui touche le sol, sans doute un Milicien abattu. Et Castello, toujours debout, criblé de balles, considéré comme neutralisé et ne retenant plus aucune attention. Les échanges de coups de feus avaient repris entre les deux camps.

« Pardonnez-moi, Miss Moriarty… Vous êtes toutes tâchée de sang… »

Un sourire peiné sur son visage d’albâtre. Un baiser ensanglanté sur le front de la jeune femme. Des paupières qui se ferment. Il ressemblait presque à une statue du Christ avec sa tête tombante et ses bras toujours écartés, d’autant plus avec cette croix tatouée qui devait être bien abîmée maintenant. Derrière la voiture, les Stewart ne disaient rien, ne faisaient rien, ne pleuraient pas une seule larme. L’aîné se contentait de regarder distraitement sa vieille montre à gousset. Il prononça alors une phrase qui dut sans doute surprendre le jeune Théo.

« Ils auraient mieux fait de l’achever… Maintenant, ça va être la fête. Regardez bien, jeune homme : on ne voit pas ça tous les jours. La dernière fois, c’était une situation semblable, une femme aux prises avec des voyous. Il s’est fait planter mais ils ne l’ont pas tué… Je vous raconte pas le bordel avec les restes de cadavre : y en avait jusqu’aux fenêtres du deuxième étage… »

S.S.D.D. : Same Shit Different Day. La situation n’avait pas changé d’un poil, finalement. Le Philanthrope Humaniste était toujours plein de bonnes intentions, mais il avait avant tout cette partie sombre en lui qui émergeait d’un profond sommeil lorsque tout semblait aller mal autour de lui. Alors qu’on le croyait mort, il recommença à respirer. Faiblement, bien entendu, mais il respirait bel et bien. Il releva son visage plein de fluide vital, et ses yeux embrumés reprirent une teinte perçante. Il semblait le même mais Hayden pouvait le voir, puisqu’elle se tenait face à lui : il était complètement différent de celui qui l’avait sauvée, complètement différent de l’homme qui l’avait soignée. La lueur dans ses yeux était celle d’un monstre. Et c’est à un monstre qu’appartenait ce hurlement qu’il se mit à pousser. La jeune sœur derrière la voiture sourit.

« That’s my boy… »

[Voilà, c’est… Vraiment long. Si ça ne vous convient pas, dites-moi ce qu’il faudrait modifier. J’ai pris la liberté de faire agir (ou pas) vos personnages, et je m’en excuse, aussi je vous laisse le soin de faire ce que vous voulez du mien, pour peu que cela reste dans les tons trash et violents.

Blessures légères et graves autorisées, c’est de toute façon déjà fait.
Handicap, pas plus qu’il n’en a déjà.
Mort non-autorisée, j’aimerais le faire vivre un peu plus longtemps.

Bon R.P. à vous, mes chères ! <3]

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Théo Scherr
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MessageSujet: Re: « La jeunesse est une fraction de folie. » [PV Hayden, Castello et Théo]   Ven 6 Juil - 17:30

[HRP : la suite arrive, c'est pour vous donner un avant gout!]

J'avais pris les escaliers, d'une part parce que Castello était parti moins de deux minutes avant moi -l'engueulade d'Amaury m'avait fait perdre quelques precieuses secondes- et qu'ayant entendu l'ascenceur, je me doutais que le temps que la machine remonte, les choses avaient le temps de mal se passer, et d'autre part, parce que j'ai horreur des ascenseurs, je sais pas à quoi ça tient... Le Colt à la main, je me farcissais trois à trois les 240 et quelques marches qui menaient du neuvième étage où logeait mon frangin, au 1er sous-sol, à savoir le théâtre des évènements. De la cage d'escalier, porte fermée, j'entendais les détonations, et je bénissais le gardien d'être accro aux sitcoms, qu'il regardait enfermé dans sa loge et avec des écouteurs. Des trucs à l’eau de rose, et c’était drôle à voir, parce que le mec était blond, genre suédois, devait faire à peu près 1,90m et devait passer au moins une après midi sur trois à soulever de la fonte.

Je ne savais pas ce qu’Amaury avait fait, ni lui, ni Miss Hayden, là haut, quand j’étais parti. A vrai dire, la question n’était plus là. Là, le souci qui devait me préoccuper, c’était qu’il y avait des détonations qui fusaient à toute berzingue, que j’avais un flingue à la main et qu’il fallait que j’aide Castello. J’ouvris la porte doucement, essayant d’apercevoir ce qu’il se passait. Je ne voyais pas grand-chose : une voiture retourné, une folle avec une mitraillette en train de dézinguer tout le parking et Castello en train de courir. Je crus voir une discussion animée. Personne ne faisait attention à moi. Quand je dis que je peux me rendre invisible, c’est pas des blagues. Par contre, ce que je vis très bien, c’est le milicien qui c’était mis à découvert pour viser le moteur de la guimbarde derrière laquelle les « gentils » étaient en planque. Ça allait faire un gros boum, et j’étais pas certain que du coup, ça passe inaperçu. En un éclair, je regardais le Colt, puis l’homme en rouge, puis le Colt de nouveau. Une main sur la crosse, l’autre en dessus pour assurer la prise... J’aime pas tirer avec une arme à feu. Je suis pas spécialement doué pour ça, mais surtout, je trouve que ça attire beaucoup trop l’attention.

Etant à la tête du groupuscule qui se spécialisait dans les expéditions nocturnes silencieuses d’escortes de résistants ou bien d’approvisionnement, je préférais que personne ne nous entendent. Victor et moi, on savait passer deux mètres derrière un milicien sans qu’il nous repère. On ne tuait que lorsque c’était vraiment obligatoire : je répugnais à verser le sang, et trop de disparitions entraîneraient un durcissement de la sécurité dans les rues de la ville. Que les autorités pensent que la Cible se basaient surtout sur la capitale nous facilitait drôlement la vie. Bref, tout ça pour dire que j’utilise rarement les flingues. En général, je me défends (ou j’attaque, éventuellement), avec un couteau, ou alors à mains nues.


J’ai tiré, deux fois. Une balle dans le vent, l’autre en pleine poitrine. Et quand le projectile a percuté l’homme, je me suis rendu compte que c’était pas des munitions habituelles. On avait l’impression qu’un mini tsunami venait de se déclencher sous le torse du gars. Oh, des balles explosives. Je vois. Ingénieux, en un sens, ce genre de trucs étant fait pour provoquer des hémorragies massives. Même si on touchait le mec à la jambe, y’avait une grande chance qu’il se vide de son sang avant de pouvoir être soigné. Ce qui, dans notre situation, nous arrangeait, en fait. Ce que j’avais oublié de prendre en compte dans l’équation plutôt simple qui me préoccupait à savoir : (Théo+flingue)x effet de surprise = milicien mort, c’était le fait qu’il ne restait pas qu’un seul milicien. En l’occurrence, il y en avait encore 5autres, et visiblement assez mécontent qu’une tierce personne se rajoute dans le tas. J’allais me faire mitrailler. Je cherchais frénétiquement une issue quand j’entendis un cri et vis du coin de l’œil un truc me foncer dessus. Castello, armé d’un bouclier façon médiéval, se postant devant moi pour me (nous) protéger des balles. Il nous mit à l’abri derrière un poteau, le temps que la folle à la mitraillette reprenne son joujou pour nous couvrir.

Mon cœur faisait du yoyo, et j’entendais presque la sirène d’alarme du simulateur. Je me tournais vers Castello avec un « Thanks partner » qui n’aurait choqué personne sortant de la bouche d’Iron Man saluant Captain America. Décidément, ce mec, il avait beau être un peu bizarre, je l’aimais bien. Je regardais l’homme qui me sondait du regard, et m’apprêtait à dire à Castello quelque chose comme « Sont pas un peu timbrés, tes potes ? » quand le son de la porte qui s’ouvrait nous fit tous nous retourner vers la sortie du parking. Miss Hayden avait finalement choisi de nous suivre. Et paraissait un peu décalé dans la situation, debout en petite robe. Je m’attendais presque à voir mon frangin débarquer avec un fléau fait d’aiguilles à coudre, tant la situation paraissait incongrue. Elle le devint encore plus quand le jeune voyageur se jeta devant la mannequin pour la protéger des salves de tir. J’ouvris de grands yeux devant la scène, avant de me retourner lentement vers l’ami de Dornes, qui paraissait prendre la situation avec flegme et humour. J’allais le traiter de tous les noms, ce fou furieux qui foutait le dawa dans un parking, appelant et mettant en danger toutes les personne présentes, alors qu’avec l’artillerie qu’ils se trimballaient, ils auraient très bien les supprimer, les 8 miliciens, et pas venir nous emmerder. Mon cœur m’en empécha, me faisant ressentir dans un gros pincement qu’il appréciait pas le choc de la mort ( ?) de Castello. Et bam, un mois de moins à vivre, d’un coup.
Le hurlement me fit sursauter.


- Avouez, en fait, c’est un loup garou, c’est ça ?

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Lilly Sørensen
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MessageSujet: Re: « La jeunesse est une fraction de folie. » [PV Hayden, Castello et Théo]   Ven 6 Juil - 21:20

[HRP : Reste Amaury, et ça sera à toi, Hayden ^^]

Lilly Sørensen, alias Anthem, pirate informatique de profession, s’emmerdait sec. C’était de ces soirées ou il n’y avait rien à faire. Pas de boulot, même minime, pas de joueurs à son niveau sur Counter Strike, donc pas de défi, même ridicule. Des fois, c’était chiant d’être une des meilleures joueuses d’un jeu. On finit par s’emmerder. Elle avait déjà connecté son compte bas level sur Devil Inside 4.2, avait mit leur patée à des petits nouveaux rien que pour s’amuser, riant comme une folle qu’elle était, sous amphétamines. Et là, elle n’avait plus rien à faire. Elle hésitait à mettre Aqua à fond pour emmerder les voisins, mais elle l’avait déjà fait y’a une semaine, et mine de rien, elle y tenait à cet appart. Ce serait con qu’on l’oblige à déménager, elle, ses trois pc, ses dix huit consoles et ses 924 jeux vidéo. Il y avait bien son programme Paralysie, actuellement en cours de création, mais elle avait bossé dessus une bonne partie de la journée, et puis, le projet Paralysie était encore loin, elle avait de la marge.

Alors, comme souvent, elle brancha son Mac dernier cris, démarra un programme appelé MataHari 1.1, et sourit. Ce programme était de son cru, et permettait à la demoiselle de voir l’image de n’importe quelle caméra de la ville, toute répertoriées dans son programme. Elle n’avait qu’à cliquer dessus, et l’image s’affichait après un petit temps de chargement. La jeune femme aimait se balader de caméra en caméra et voir ce qui se passait dans la ville. Elle avait notamment assisté, une fois, l’explosion qui avait ravagé un terrain vague et dont la presse avait parlé, mettant ça sur le dos de la Cible. Elle, elle était sceptique. Enfin, bon, tout ça, c’étaient leurs oignons, pas les siens. Elle fit d’abord un tour vers le palais, pour constater que, comme d’habitude, tout était calme. Et puis elle cliqua sur un ou deux caméras à la périphérie des trois zones où elle présumait être le QG de la Cible. Ils ne le nommaient jamais, et faisaient bien, ça les mettait à l’abri de gens comme elle. Ces trois zones étaient totalement exemptes de caméras en état de fonctionnements. Soit c’était un hasard, soit ils avaient très bien fait les choses. Pas un angle mort, ces trois endroits étaient tout simplement non sécurisés. Sauf par quelques patrouilles de temps en temps et encore, les miliciens ne se baladaient pas trop dans les quartiers désaffectés, ils craignaient pour leur vie. Les rues étaient calmes, bien que la nuit soit déjà présente : il fallait dire aussi que le couvre feu n’était pas tombé.

Et puis, par hasard, elle tomba sur une agression. Une nana à l’air bien habillé, son visage masqué par un ombre qui empêchait Anthem d’éventuellement la reconnaître. Elle se faisait agressée par trois mecs à l’air de brigands des zones désaffectées. Pas des miliciens, en tous cas, ça, c’était clair. Ce qui était suspect, c’était la tenue de la nana, par rapport à l’endroit ou elle se trouvait. Les trois mecs avaient dû arriver à la même conclusion qu’elle : proie facile. La blondinette repoussa une mèche de cheveux, se demandant vaguement ce qu’elle devait faire, lorsqu’apparurent deux sauveurs improvisés, qui tirèrent la nana du pétrin ou elle était. Avec un petit rire, Lilly regarda les trois cadavres sur le sol alors qu’ils s’éloignaient. Elle s’amusa à les suivre, ça lui ferait sa distraction de la soirée. La nana était-elle tirée d’affaires ? Ses deux chevaliers servants finiraient-ils par se battre pour conquérir son cœur ? Pour un peu, ça ressemblait à un soap opéra à la con. Avec un peu de chance, ça serait intéressant. Ils montèrent, peu de temps après, dans une voiture. La jeune femme dut accélérer le rythme de cliquage frénétique sur les différente caméras, en ouvrant plusieurs à la fois, pour ne pas perdre de vue la cylindrée sombre qui filait, apparemment, vers le centre ville.

Un sourire se dessina sur le visage de la hackeuse lorsqu’elle s’aperçut qu’ils étaient entrés dans un immeuble qu’elle connaissait. La deuxième version de MataHari 1.1 incluait les caméras de surveillances de plusieurs immeubles qu’elle avait jugé, pour une raison ou pour une autre, importants. Notamment l’hôtel Royal, ou résidait par intermittence le fils de l’ambassadeur des States, le Pershing Hall, ou s’arrêtaient pas mal de gros bonnets, la résidence de différents ministre, et puis cet immeuble, lieu d’habitation du designer Amaury Scherr. Après l’avoir vu à plusieurs reprises traîner dans des endroits où il n’avait pas à être, elle avait décidé d’en savoir plus sur lui. L’enquête qu’elle avait menée sur Internet ne lui avait pas appris grand-chose d’intéressant. Il avait 31 ans, venait de chez les Frogs, était apparemment lié à Violet Livingstone (il créait pour elle) présentait une collection bientôt... Que des trucs que tous les journalistes devaient savoir. Par contre, en mettant ses dons informatiques à contributions, elle avait constaté qu’il n’y avait sur son compte pas autant d’argent qu’elle s’y serait attendu. Elle avait vu le prix de ses robes, et constatait, qu’à part son duplex en centre ville et sa cylindrée, qui valaient des petites fortunes, il ne faisait aucuns écart et vivait plutôt simplement... Au dire de son compte courant, en tous cas. L’argent rentrait, puis disparaissait. Blanchissement d’argent ou autre truc louche ? La pirate investit son ordinateur, procédant avec prudence : les protections de la machine étaient importe, ce qui renforçaient les soupçons de la jeune femme. Elle n’avait pas encore de preuves formelles, mais le soupçonnait d’appartenir à la Cible.

Elle vérifia les caméras du parking et eut un grand sourire en reconnaissant le crâne rasé du couturier. La danoise partit se faire un café glacé et du popcorn, pour assister à la séance de ciné qui allait suivre. 10minutes plus tard, elle revenait dans son bureau, la caméra du parking tournant toujours. Elle n’avait évidemment aucun moyen de savoir ce qui se passait dans l’appartement, sauf si... l’ordinateur du chauve était branché, auquel cas elle pourrait passer par sa webcam, s’il en avait une. Elle bidouilla un moment avant d’abandonner, déçue. Tant pis, il n’y aurait qu’à attendre qu’il sorte.

Les yeux fixés sur les diverses caméra, Anthem haussa un sourcil en voyant arriver les intrus. Avant de sourire franchement. UN combat avait lieu dans le parking. Deux personnes contre 8 miliciens. Plus les deux chevaliers qu’elle avait aperçus tout à l’heure, qui étaient venus se rajouter... Et puis la blonde... Lilly se mit à rire en regardant l’affrontement, comme si elle était au spectacle. Trois miliciens à terre. 4 vs 5. Et puis la blonde était arrivée, et un des chevaliers c’était sacrifié. Mince, 3 vs 5. Elle vit soudain le mec qui après s’être pris autant de balle dans le buffet devrait s’effondrer, se redresser , au contraire et partir au combat. Ok. Lui, il avait une putain de résistance. Ou alors c’était un robot. Il courut vers un des miliciens tandis que la nana se mettait à l’abri derrière un pillier. C’était impressionnant à voir. Il attrapa sa victime à la gorge, avant de, la hackeuse ne sut trop comment, le jeter à terre d’une clé de jambe et de lui défoncer le crâne avec... son bras ? OK. 5 vs 4. L’autre homme, celui qui avait tiré deux minutes avant et qui avait l’air d’avoir mal au cœur (ou envie de vomir), profita au même moment de la stupeur des miliciens pour tirer deux fois. Pas très doué avec une arme, une se perdit quelque part tandis que l’autre ne faisait qu’effleurer la joue de l’homme en rouge visé. Il parut comprendre que le flingue le desservait plus qu’autre chose, parce qu’il sauta hors de l’abri donné par la barricade pour s’expo et forcer un des miliciens à se mettre à découvert. Un salve de couverture à la mitrailleuse sur pied empêchait deux hommes de l’Impératrice de sortir de leurs abris. Le mec fit un roulé boulé pour éviter deux tirs de flingues, se releva pendant que le milicien chargeait et le plaqua au sol, se relevant dix secondes plus tard, un cadavre aux pieds et une main crispée sur sa poitrine. Il restait un milicien désoeuvré, qui le mit en joue dès qu’il s’affaissa contre le poteau.

Anthem arrêta de regarder, et décrocha son téléphone, fouilla quelques secondes dans ses papiers pour trouver le numéro qu’elle cherchait. Ce fut avec un grand sourire qu’elle attendit que son interlocuteur décroche.


- Scherr.
- Mr Scherr, Un carnage se déroule actuellement dans votre sous sol, impliquant trois de vos connaissances et encore 3 miliciens. Combien pour que j’efface les enregistrements des caméras et sauve votre réputation, empêchant votre employeuse de vous identifier comme traître à la nation et terroriste ?
- Qu’est-ce qui vous...
- Combien ?

Elle entendit un soupir à l’autre bout du fil. Et puis, après une pause qui montrait sa réfléxion, l’homme reprit :

- Combien voulez-vous pour désactiver et détruire les enregistrements, et pour garder le silence ?

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Hayden Moriarty
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MessageSujet: Re: « La jeunesse est une fraction de folie. » [PV Hayden, Castello et Théo]   Sam 14 Juil - 18:31

Son arme cramponnée à une main d'une poigne ferme et déterminée, l'index sur la détente chatouilleuse mais le bras toujours le long de son corps, Hayden avait - comme nous l'avons déjà mentionné – ouvert la porte d'un geste preste rompant ainsi la mince protection qui la séparait du carnage en sous-sol. Au moment même où elle se détachait de l'embrasure de la porte et en quittait son seuil pour se retrouver plongée dans la mêlée, tout lui paru se dérouler dans une distorsion temporelle anormale. Sous ses yeux chaque mouvement, la moindre tournure des évènements, semblait progresser dans un ralentissement qui aurait presque permit à son cerveau d'analyser précisément les plus petits détails de la scène, tout en étant à la fois d'une rapidité effrayante. De là à savoir si l'adrénaline ou la cocaïne était la plus responsable de cette version déformée de la réalité, la situation suffisamment préoccupante épargnait à la jeune femme de se poser la question. Mais le temps s'était alors figé lorsque tous les regards s'étaient tournés vers elle. Théo, Castello, les quelques hommes en rouge qu'elle pouvait dénombrer, en poste derrière les voitures, deux inconnus...

Dans un réflexe adroit dicté par l'instinct de survit, une seconde main était venue soutenir son arme qu'elle avait levé vers leurs assaillants, prête à laisser son doigt s'enfoncer sur la détente. Mais ses bras n'étaient pas encore tout à fait à bonne hauteur pour viser correctement, ses genoux pas encore assez légèrement fléchis pour se donner l'impulsion nécessaire à se laisser plonger sur le côté pour rejoindre un pilier massif de béton derrière lequel elle aurait pu se protéger, que Castello, dans un élan qui l'avait laissé coi, avait, avec une force peu commune, lancé son sabre à la gorge de l'un des assaillants avant de venir se planter devant elle. Elle avait légèrement levé les yeux vers lui, rencontrant ainsi son regard d'azur. Le souffle coupé par cette intervention, elle ne pouvait se détacher du lac de ses yeux qui brillait d'une détermination infaillible. Elle n'eut le temps de commencer une inspiration qu'une détonation terrible, celle des tirs qu'on avait reprit, coupa net sa respiration. Chaque nouveau coup lui décrochèrent un sursaut, coup que son sauveur avait prit, les bras en croix, comme un bouclier pour la protéger. Un cri émana un peu plus loin, dans le silence éphémère des chargeurs vides... le reste ne parvenait plus jusqu'à Hayden. Elle ne voyait plus que le filet de sang qui coulait aux coins des lèvres de l'homme, ce liquide écarlate qui ne semblait que trop peu troubler l'inconnu voyageur. Et ces quelques mots, qui ne paraissaient que trop incongrus à la situation qu'elle ne put répondre que par un :


-Ce n'est rien, très concerné, alors que ces yeux s'égarèrent tout de même sur son vêtement maculé.

Elle ne comprenait que trop mal la raison qui avait poussé le jeune homme à ce sacrifier ainsi pour elle. Elle reconnaissait, certes, ne pas lui avoir donné la meilleure image d'elle-même en ce début de soirée, alors qu'il avait dû la tirer des griffes d'un trio de voyous. C'était donc ainsi qu'il la voyait ? Comme une petite chose fragile qu'il se devait de protéger au prix même de sa vie ? La mannequin se mordit l'intérieur des joues pour ne rien dire, pour ne pas le traiter d'imbécile, de ne pas lui hurler à la face qu'elle aurait pu s'en sortir seule... du moins c'est ce qu'elle voulait croire, et puis qu'importe, elle ne voulait pas de sa mort sur la conscience. Déjà Castello perdait de ses couleurs, celles si typique de la vie. Ses lèvres rouges virent doucement se poser sur son front dans un contact anormalement froid et deux larmes virent perler aux coins des yeux de la rebelle dans l’incompréhension qui lui nouait la gorge et qui faisait trembler son sourire triste. Alors sa tête tomba, les yeux clos et dénués de vie à présent, et Hayden leva une main frêle qu'elle hésitait à poser sur l'épaule inhumaine du nomade. Complètement fermée au monde alentour, son cœur s'était comme arrêté de battre dans cet instant suspendu. Il s'était arrêté de battre jusqu'à l'instant où une nouvelle décharge d'épinéphrine s'était charger de le faire repartir. Il ne lui avait fallu que ce nouveau regard, que l'on pourrait qualifier de dément, de la part de Castello alors qu'il relevait le menton, et du cri qu'il poussa alors pour réactiver les hormones stimulantes des substances qu'elle avait consommé. Glacée jusqu'à la moelle, son sang n'avait fait qu'un tour et d'un bon leste, elle s'était projetée derrière l'un des piliers le plus proche. Maintenant adossée à celui-ci, elle reprenait sa respiration qu'elle semblait avoir arrêté depuis que Castello était venu se poser en bouclier.

Une sorte de témérité s'était de nouveau emparé d'elle alors qu'elle cherchait à faire le point de la situation. Elle récapitulait dans son esprit tout ce qu'il lui avait été donné de voir depuis qu'elle avait poussé cette maudite porte mais à intervalles presque réguliers elle pouvait voir devant sa rétine les grands yeux bleus de son sauveur. Sa poitrine se soulevant au rythme d'une respiration irrégulière, elle avait reprit son arme à deux mains et bien que maintenant à l'écart du jeune homme, elle lui jetait toujours des coups d’œil. Il s'était rué sur l'un des homme en rouge et déjà, l'attrapant au collet le fit tomber à terre pour l'asséner de coups au visage avec ce bras si étrange qu'il lui avait été donné de sentir sur sa peau. Et bien que toujours main nu il semblait maintenant torde le pauvre milicien telle une poupée de chiffon, comme s'il avait pu le démembrer, le... disloquer...

Elle n'avait aucune idée de ce que tout cela pouvait bien signifier mais ça ne pouvait présager rien de bon et elle voulait s'attendre au pire alors que l'instant d'avant l'avait laissé pour mort et que maintenant il était littéralement possédé par le démon. Ne pouvant regarder la scène sans un haut le coeur, elle avait cherché des yeux Théo qui se trouvait non loin des deux inconnus - et sur lesquels la mannequin avait juré de jeter son dévolu plus tard. Avec un coup d’œil à la ronde, Hayden avait pu remarquer qu'elle n'était pas la seule que le spectacle semblait écœurer et le cadet Scherr profita des secondes d'atermoiement général pour user de son arme, cependant pas assez efficacement. Il avait alors jailli hors de son abri et si la technique était complètement folle et risquée, elle était néanmoins efficiente et bientôt les deux hommes en était aux mains. Lorsque Théo se releva une xième fois mais que le milicien de l'imita pas en restant étendu au sol, mort, la rebelle ne pu que trop remarquer la main serrée sur son cœur défaillant. Mais un éclair au coin de son œil attira l'attention de la belle qui remarqua prestement l'un des hommes de l'Impératrice viser Théo en difficulté, ne laissant pas le temps à la mannequin de s'apitoyer davantage sur les problèmes cardiaques du journaliste,.

Dans trois détonations le milicien s'était effondré avant même de pouvoir espérer tirer sur Scherr. Hayden, sortie de sa cachette bien confortable, son automatique encore fumant* au poing et campée sur ses appuis tandis que son cœur déchirait sa poitrine, regardait l'homme gésir dans la mare de son propre sang qui s'agrandissait doucement sous lui.
Voilà qui donnait au moins à la jeune femme de quoi se refaire une réputation -si l'on peut dire. Bien que l'image de « dolly » douce et fragile qu'on lui attribuait le plus souvent -et que son apparence d'ailleurs ne faisait que renforcer- était un atout dont Hayden aimait se servir pour mener sa croisade, il se fallait de mentionner que la jeune femme cachait bien des choses sous ses air de poupée de porcelaine, entre autre le fait qu'elle savait plutôt bien se servir d'une arme à feu.
Franklin lui revint alors à l'esprit. Ce n'était ni le lieu ni le moment pour penser à ce fils de pute, d'autant plus qu'elle cherchait à se convaincre que sa mission auprès du fils de l'ambassadeur américain n'était en rien lié à son comportement ces derniers temps et encore moins à la faiblesse qui aurait pu lui couter très cher un peu plus tôt, pourtant... De retour derrière le poteau de béton armé elle avait chassé ces images de sa tête et ne pensait plus qu'à mettre fin à tout ce bordel sans nom.

Dans cette retraite, elle avait à peine eu le temps d'entr’apercevoir les deux miliciens restant, tapis derrière les véhicules de luxes qui leur servaient de boucliers, attendant patiemment le moment propice pour soit agir, soit sauver leur peau. Car à cinq contre deux, leur chance de rester vivant était des plus minces, surtout lorsque l'on avait intérêt à les faire taire.



*j'aime bien ce clicher, je sais même pas si ça fume en vrai.

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Castello C. Dornes
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MessageSujet: Re: « La jeunesse est une fraction de folie. » [PV Hayden, Castello et Théo]   Mar 7 Aoû - 15:39

**Flashback**

De légers flocons de neige tombaient paresseusement au sol tandis que, pieds nus sur le tapis de poudreuse glacée, le garçon se tenait debout, inexpressif. Ses pieds rougis par le givre ne semblaient pas le gêner le moins du monde, alors qu'il faisait face à cette grande et large silhouette, vêtue de noir de pied en cap. Ses petits poings se serrèrent fermement en une garde bancale devant son visage, et ses pas légers firent crisser la neige tandis qu'il contournait son adversaire en cherchant la moindre ouverture à exploiter. Plus les secondes passaient et plus le froid mordant parvenait à transpercer la fine couche de vêtements en lambeaux afin d'atteindre sa chair et ses os, le rendant alors vulnérable et à la merci du combattant antagonique qui ne cessait de le fixer du haut de sa stature imposante, posant sur le gamin des yeux clairs et froids, aussi clairs et froids que le ciel d'hiver qui les surplombait. L'enfant avança tout doucement, appréhendant malgré tout le moment où il serait à distance de frappe car, à n'en pas douter, il était clairement désavantagé par l'allonge que possédait un adulte par rapport à la sienne. Mais cela était égal, il devait se battre maintenant et sans attendre : d'ici quelques minutes, la température négative aurait engourdi ses membres en le plongeant dans une sorte de stase hypothermique, et il serait alors condamné. Le temps n'était plus à la réflexion, il fallait y aller, ouverture ou non, opportunité ou pas, coûte que coûte et tenter le tout pour le tout en un seul assaut meurtrier.

Les pas du garçon s'accélérèrent, s'enfonçant à peine dans l'épaisse couche de neige, tandis qu'il s'approchait indéniablement de son adversaire dans un mouvement de courbe. Et lorsqu'il exécuta un bond sauvage pour attaquer son sombre opposant au visage, prévoyant déjà la rouée de coups qu'il comptait lui mettre sur la figure jusqu'à en briser les os du crâne, il sentit une douleur aiguë lanciner tout son être depuis son estomac où s'était logée l'épaisse semelle d'une botte militaire que le gamin s'était prise de plein fouet. Le petit être fragile resta un instant accroché à la chaussure, figé dans une posture de souffrance, son visage crispé sur lequel coulait un peu du sang qu'il venait juste de cracher en grosse quantité. Et enfin, comme une vieille pierre le long d'une falaise, il se détacha de son support pour tomber lourdement dans une mer de poudreuse immaculée. Ses yeux étaient ouverts, mais il n'y avait là plus la moindre trace de conscience. L'enfant avait perdu connaissance sous le choc et se retrouvait à terre, à la merci de son père qui se disait pour lui-même que l'entraînement était beaucoup trop dur, et bien trop précoce, mais qu'il était nécessaire si son fils devait aider la Rébellion contre Livingstone, lorsque viendrai l'heure pour lui d'atteindre l'âge adulte. L'homme s'approcha de son enfant pour lui fermer les paupières et le ramener au chaud, chez eux, le portant entre ses bras musclés. C'est à cet instant que les prunelles sans vie du gamin prirent une teinte lumineuse et que, sans prévenir, il reprenait soudainement connaissance, il revenait à l'existence.

Le soulagement du père se changea très vite en une inquiétude profonde et une terreur sans nom, tandis qu'il voyait son garçon se lever lentement, haletant tel un animal sauvage et acculé, et posant sur son géniteur un regard dément. Il était complètement changé, se mouvant avec une fluidité inhumaine dans cet environnement extrême, faisant fi du froid et des coups qu'il se prenait au visage et qui lui faisaient cracher un peu plus de sang. Bientôt, il cessa de se laisser malmener, fatigué de jauger son adversaire, et il passa à l'offensive. A l'approche d'un énième coup de poing de la part de son paternel, il sauta et posa le bout de ses doigts sur les phalanges de l'homme en noir avant de pivoter en se servant de l'énergie cinétique du mouvement ample et puissance, se retrouvant en l'air, saisissant maintenant le large poignet du combattant aguerri entre ses petits doigts et envoyant son pied droit dans la mâchoire de ce dernier, le déstabilisant grandement avant de lui mettre un coup du pied gauche dans les côtes, tirant ainsi le bras vers lui et déboîtant l'épaule au passage avant de retomber avec agilité sur le sol. Ce n'était plus l'enfant fragile, mais un véritable monstre né pour le combat, et que toutes ces années d'entraînement intensif avaient forgé pour qu'il devienne absolument indestructible. Tout ce qu'il restait dans sa tête, c'était le combat, toutes les techniques apprises et accumulées au fil des ans, toutes les stratégies, toutes les théories, refaisant surface en un seul coup. Aussi fort qu'il était, l'homme dans la force de l'âge n'était pas certain de triompher car, si la bête sauvage n'avait que faire de le laisser en vie, lui refusait d'avoir à tuer son fils.

Les coups se succédèrent, et le combat pris vite une tournure sordide, alors que l'adulte était roué de coups, harcelé de toutes parts et se défendant tant bien que mal face à cette chose qui n'était plus son fils, bien qu'elle en avait l'apparence. Les cris bestiaux retentissaient en échos lointains, sans jamais s'arrêter ou presque, déstabilisant ainsi l'homme qui devint à son tour vulnérable et en proie aux assauts répétés d'un gamin haut comme trois pommes, mais comme possédé par le Démon. Lèvre entaillée, pommette éraflée, nez en sang et œil boursoufflé, côtes fêlées et épaule déboîtée, Maverick M. Dornes n'était plus qu'une loque face à son fils. Il poussa un long soupir et relâcha sa garde, posant sur le garçon un regard plein de douceur et de tendresse, un sourire las sur ses lèvres. Il en avait assez, ne se sentait plus la force de continuer cela plus longtemps. Il avait déjà perdu son épouse, il ne voulait pas perdre son fils dans un combat qui n'avait pas de sens. L'enfant, lui, amorça une course rapide jusqu'à son adversaire, dans l'optique d'un coup fatal. Le choc fut rude, la neige s'enfonça sous le poids su corps et, les yeux pleins d'incompréhension, l'homme observa incrédule le corps de son fils qui venait de tomber au sol, comme si ses piles venaient de se décharger soudainement. Cela avait duré douze minutes, douze longues minutes de violence gratuite et sordide, alors que le jeune Castello n'avait que 9 ans. Ce fut la première fois, en ce jour d'hiver, que sa deuxième personnalité faisait surface, et ce fut là l'une des rares fois où il y eut un survivant pour témoigner de ce qui s'était passé.

**Fin du Flashback**

Un bruit de métal sourd se faisait entendre sans discontinuer depuis plusieurs secondes, maintenant, alors que le voyageur frappait frénétiquement ce qui restait du visage d'un Milicien mort, sa toute première victime depuis son transfert de personnalité. On sentait là quelque chose d'infâme, comme si cette facette du jeune homme se repaissait de sa propre férocité latente qui avait enfin, après tant de mois, refait surface pour son plus grand bonheur sadique. Les phalanges métalliques de sa prothèse cognaient un petit tas de chair et d'os humides qui avaient grand peine à garder une consistance solide sous les assauts répétés qui avaient fini par fracasser les os du crâne. De sa main droite, le garçon tenait toujours fermement le col rouge de sa proie, tout en restant penché sur elle avec un genou à terre. Il haletait légèrement, et une sorte de sourire carnassier se dessina sur ses lèvres tandis que ses yeux devenus comme illuminés gardaient cette expression absolument inexpressive, sans la moindre once de pitié. A n'en pas douter, le carnage ne faisait que commencer et, bientôt, le parking ne serait plus qu'un immense bain de sang, bien plus inhumain qu'il ne l'était déjà. Ses doigts se refermèrent avec force sur la gorge du combattant mutilé, pénétrant la chair molle jusqu'à se saisir des vertèbres cervicales qu'il arracha d'un puissant mouvement de bras, faisant voler la tête dans un coin du souterrain et laissant le corps sans vie se vider de son sang à gros bouillons, laissant le nomade patauger dans une mare d'hémoglobine. Il poussa alors de nouveau son cri bestial, aigu à en crever les tympans, et leva son bras prêt à mutiler plus encore le cadavre du milicien, comme voulant à tout prix rattraper le temps perdu.

Une détonation le fit revenir à la réalité alors qu'il sentait qu'une balle venait tout juste de lui transpercer l'épaule, en plein dans son trapèze droit. Du sang commença à couler abondamment, autant de cette plaie que des dizaines d'autres que les balles des Miliciens avaient percé dans son corps d'albâtre. L'énergie monstrueuse mobilisée accélérait son rythme cardiaque et, de ce fait, l'écoulement de son fluide vital hors de son corps. Déjà que les projectiles de plomb avaient endommagé un certain nombre d'organes, il ne tarderait pas à mourir, s'il continuait sur sa lancée. Le problème, malheureusement, était que dans cet état de rage sauvage, il ne ressentait plus rien, ni émotion, ni douleur : toutes ces informations n'étaient plus relayées jusque dans son cerveau, aussi continuerait-il à se battre jusqu'à la mort s'il le fallait. Quoi qu'il en soit, le voyageur leva la tête vers les deux derniers Miliciens. Il ne releva aucunement les galons sur la veste rouge du second opposant, montrant son grade de Caporal en charge de l'une des deux patrouilles, ni même celui de Sergent sur les épaulettes du cadavre à côté duquel était agenouillé le jeune Théo Scherr. Non, tout ceci ne lui importait aucunement. Ce qui avait de l'importance, cependant, c'était d'un côté le fait qu'ils l'avaient dérangé en plein acte de destruction physique mutilatrice et, de l'autre, le fait qu'ils étaient encore deux pour lui permettre encore plus d'amusement pour la suite. Le choix fut très vite fait et pas une seule seconde ne fut perdue. Le corps décapité et à deux doigts d'être démembré sauvagement fut relâché au sol où il tomba lourdement en répandant encore plus de sang aux pieds du garçon. Son regard froid, glacial, se posa sur le couple de Miliciens qui, malgré leur entraînement et tout le bourrage de crâne dont ils avaient été sujets, ne pouvaient s'empêcher d'éprouver une terreur primale, une frayeur telle qu'elle en faisait trembler leurs membres et que sur la demi-douzaine de cartouches que le premier tira avant que son chargeur ne soit vide, deux seulement dirent mouche alors même que l'homme se tenait à quelques pas seulement. Ce dernier ne broncha aucunement, laissant le plomb pénétrer sa chair comme du beurre sans y porter la moindre attention.

Une ombre se dessina sur le sol alors que le nomade bondissait par-dessus le jeune cardiaque qui reprenait lentement son souffle et essayait de calmer le rythme de son palpitant. Mais à l'heure actuelle, ce n'était clairement pas ce cœur défaillant-là dont il fallait se faire du soucis, bien au contraire. Car si celui de Théo le faisait souffrir, au moins battait-il dans sa poitrine et représentait la preuve qu'il vivait, ce qui ne serait pas le cas des deux uniformes rouges encore debout. Castello finit par atterrir et se réceptionner juste devant le premier opposant qui, son arme déchargée et hors d'usage, tentait de sortir sa matraque télescopique afin de se défendre au corps-à-corps. Il eut à peine le temps de porter sa main à sa ceinture qu'un puissant coup sous le menton, porté avec la tranche du large bouclier de métal que le jeune voyageur venait de réactiver, le fit décoller du sol et retomber avec force contre le béton. Ce n'était pas drôle, finalement : trop rapide, pas assez de souffrance, peu jouissif en somme. Le jeune homme, toujours possédé par cette force meurtrière incontrôlable, débrancha la protection de son avant-bras et la fit tomber par terre, où elle reprit instantanément sa forme initiale de petit dispositif à l'apparence de gadget électronique. Il était prêt pour un massacre en bonne et due forme, à mains nues et sans artifice, simplement entre lui et ses proies avec qui il prendrait un plaisir sadique à s'amuser comme un petit fou. Après tant de mois, il fallait qu'il se fasse les dents sur quelque chose de consistant et, à défaut de trouver quoi que ce soit d'intéressant à grignoter, il fallait profiter autant que possible des biscuits d'apéritif. Et alors qu'il avançait doucement, tranquillement, vers le Caporal Milicien, toujours avec cet horrible sourire vicieux sur sa face tâchée de sang et ces yeux lumineux qui semblaient sonder jusqu'à l'âme de ceux qui posaient leur regard dessus, il commença à retirer son débardeur noir criblé d'impacts de balles, une idée mauvaise venant de germer dans son esprit malsain.

Le gradé en rouge, dans un espoir complètement infondé, fondit sur le voyageur matraque en main pour lui asséner un coup au visage. La frappe fut esquivée sans difficulté dans un mouvement fluide et harmonieux, rappelant presque un mouvement de danse classique parfaitement exécuté, tant il semblait naturel. Puis, brusquement, l'avant-bras du Milicien fut capturé dans le vêtement sombre du combattant nomade qui, plaçant à la fois son corps et ses poings serrés à des endroits stratégiques du squelette ennemi, brisa d'un mouvement de hanche le bras de sa victime. L'impulsion, aidée par la solidité de sa prothèse biomécanique, fit jaillir les os hors du carcan de chair qui fut transpercé en envoyant une large giclée de sang sur le pilier le plus proche, alors que l'homme mutilé hurlait maintenant de douleur. Toujours en proie au choc qu'il venait de subir, et emporté dans son élan vers le sol de béton, il ne vit pas venir le coup de pied en travers de sa rotule qui déboîta sa jambe et le fit chuter violemment au sol après qu'un sinistre craquement ait résonné dans l'enceinte du souterrain, répercutant à la fois l'écho du heurt et celui du cri incessant du Milicien. Castello, ou du moins la facette qui avait le contrôle de son corps, commençait tout juste à sentir l'excitation monter en lui, alors qu'il voyait cette chose sans défense étendue au sol et tentant malgré tout de se mouvoir de toutes les forces qui lui restaient, rampant à l'aide de son seul bras valide et traînant l'autre derrière lui, laissant voir une large saillie dépasser de la manche droite de son uniforme dont la couleur se mariait à merveille avec celle de son fluide vital s'échappant inlassablement de sa plaie. Il fallait en finir avec lui pendant que le premier était encore sonné, sinon quoi il risquait de devenir dérangeant. Et il ne voulait pas être dérangé, ne le voulait plus, maintenant qu'il était libre et que les préliminaires étaient accomplis, prêt à laisser libre cours à son désir destructeur.

Se penchant brutalement sur le Caporal, il l'attrapa au col et le souleva de terre, le fixant de ses yeux inhumains et fantasmagoriques, voyant dans le regard de sa proie une terreur primale d'une telle intensité que son sourire carnassier s'élargit encore, donnant à son visage quelque chose d'encore plus monstrueux. Il n'était décidément plus le simple voyageur qui avait secouru Hayden Moriarty et avait eu une plaisante conversation en compagnie du cadet Scherr. Non, il n'était maintenant rien de plus qu'une créature tout droit sortie des Enfers pour déverser le chaos et l'horreur sur le Monde Humain. Ou du moins, c'était ce que l'on pouvait se dire, ne serait-ce que pour relativiser, pour éviter de penser au fait que quelques minutes auparavant, cette enveloppe charnelle était habitée par un jeune homme plutôt charmant et bien éduqué, modèle type du gendre idéal. Les premières impressions sont toujours les plus trompeuses, malheureusement, et cette réalité était d'autant plus vraie chez lui. Les deux Assassins, qui s'étaient relevés derrière leur barricade de fortune, observaient d'un œil absolument neutre la scène qui se passait devant eux, n'éprouvant ni joie ni peine, ni douleur ni haine, se contentant tout simplement d'être témoins des actes de leur frère d'arme lorsqu'il se déchainait. Regards inexpressifs mais perçants, ils savaient pertinemment que tout cela ne prendrait fin qu'à certaines conditions, et Dieu savait qu'ils étaient en mesure de les forcer, mais ils n'en faisaient rien, jaugeant de loin les capacités de leur camarade qui, s'en crier gare, plongea sa main de métal dans le ventre de sa proie, le traversant de part en part et attrapant le col de l'uniforme écarlate qu'il tira violemment vers lui, faisant passer des pans de tissu à travers la plaie béante, tirant sur les muscles de ce corps qui perdait connaissance à quelques minute de sa fin d'existence. Enfin, un coup de pied dans les muscles abdominaux, tout en maintenant le col froissé dans sa prise de titane, et un double craquement fit comprendre que les deux épaules du combattant de l'Empire venaient d'être disloquées avant qu'il ne soit lâché sur le béton comme une vieille poupée abîmée, comme un jouet cassé avec lequel l'enfant capricieux refusait maintenant de jouer.

Le dernier, encore sonné, commençait à retrouver petit à petit ses esprits lorsque les doigts puissants du nomade Britannique ne l'attrapa à la gorge pour le soulever de terre et l'écraser de nouveau contre le béton, lui faisant cracher encore plus de sang. Poussant un cri interminable, le garçon agrippa fermement la boîte crânienne du Milicien, enfonçant son pouce dans le globe oculaire du combattant qui ne devait pas avoir plus de 19 ou 20 ans, et qui hurlait de douleur face à cet acte plein de cruauté gratuite. Les coups ne s'arrêtaient pas, et la prothèse, véritable arme de destruction massive, n'aidait pas à rendre la tâche de massacre plus ardue, bien au contraire. Brisant les articulations et jointures les unes après les autres, il continuait de hurler à l'instar d'un animal sauvage qu'il était devenu, profitant à chaque instant de cette douce, très douce, sensation de craquement sous ses doigts, comme une maquette d'allumettes qu'un gamin s'amuserait à écraser de sa paume sans se soucier des semaines de travail que cela avait demandé. Le pire, dans tout cela, c'est qu'il ne semblait pas vouloir laisser le Milicien perdre connaissance, voulant profiter jusqu'au bout de son expression de terreur absolument jouissive et sans équivalent dans le monde normal des humains. Quelle horrible façon, que de mourir de la sorte. Pour finir en beauté, le voyageur fit pénétrer ses doigts dans la chair de sa victime, au niveau du ventre, juste sous le sternum qu'il attrapa fermement. Maintenant bien son genou contre la ceinture abdominale meurtrie du jeune patrouilleur, il arracha avec force la cage thoracique qu'il jeta au loin, laissant bien apparents la paire de poumons et le muscle cardiaque qui battait encore, très faiblement. Sans perdre une seule seconde, il prit le cœur et le détacha du reste du corps avant de le presser jusqu'à le réduire en bouillie. Enfin, et contre toute attente, il se saisit des vertèbres dorsales d'une main et maintint le visage tuméfié contre le sol de béton, juste avant de retirer d'un mouvement ample et puissant la colonne et le crâne, poussant un cri de guerrier tribal alors qu'il s'adonnait à cet acte infâme, ne laissant plus qu'une sorte de peau visqueuse et pratiquement inconsistante traîner dans le parc de stationnement souterrain. Toute la succession de disques vertébraux avait été parfaitement retirée, depuis la première cervicale reliée à la boîte crânienne jusqu'à la dernière coccygienne, en passant par les dorsales, lombaires et sacrées. On aurait dit qu'il avait fait cela toute sa vie, calculer l'angle et la force nécessaire. Le pire, dans tout cela, était sans doute qu'il se fichait complètement d'avoir fait cela, lâchant son ersatz de fouet osseux et le réduisant en miettes d'une pression de sa semelle.

Alors que tout semblait fini, le nomade leva la tête et son regard rencontra celui de Théo. Toujours inexpressif et inhumain, le sourire avait disparu : terminée, la séance d'amusement, les choses devenaient plus sérieuses et la destruction chaotique, la vraie, pouvait commencer. Un tour d'horizon lui fit remarquer également la mannequin, dans le fond, toujours avec son pistolet en main, ainsi que les deux silhouettes encapuchonnées qui, avec circonspection, s'approchaient à pas lents. Même si ses capacités de réflexions semblaient être scellées, c'est son instinct guerrier qui remarqua leur démarche presque féline qui montrait une préparation à toute épreuve et une expérience sans faille pour les soutenir. Peu importait. Ses yeux se posèrent de nouveau sur Théo, encore affaibli par son coup au cœur : en finir vite, s'attaquer au plus fragile de la meute et diminuer les chances de rétablissement et de contre-attaque par la suite. En un mot, être efficace. Le voyageur, en un instant, fondit sur Théo Scherr pour lui asséner un coup qui aurait assez d'impact pour lui fracasser le crâne lorsque, sortie de nulle part, une paire de semelles renforcée au métal lui arriva en pleine figure, le faisant valdinguer plusieurs mètres plus loin où il s'écrasa au sol, faisant gicler un peu de sang de ses dizaines de blessures. La jeune sœur en capuche avait en un instant sauté par-dessus la barricade des Miliciens, posé ses mains sur les épaules de Théo et s'en était servie comme tremplin pour effectuer le coup de pied sauté qui avait sauvé la vie du cardiaque. Se rétablissant au sol avec l'agilité d'un félin, elle se tourna vers la mannequin sous cocaïne.


« Hé, Poulette ! Viens donc chercher ton pote avant qu’il ne lui arrive quelque chose de regrettable. »

Sans se soucier le moins du monde de savoir si elle avait été entendue ou comprise, elle se focalisa sur son adversaire et ne le quitta pas du regard alors qu’il se levait comme si de rien n’était, le nez en sang. Se préparant à un affrontement difficile, elle retira la broche d’argent qui retenait sa longue cape sombre et révéla sa véritable tenue de combat. Arborant une combinaison militaire tactique entièrement noire, avec toutes les protections disponibles au niveau du dos, des épaules, des coudes, des genoux et des avant-bras. Ses bottes militaires renforcées étaient parfaitement ajustées à ses chevilles et à ses pieds, lui permettant une liberté de mouvement accrue sans le moindre risque. Ses gants matelassés munis de protections de phalange étaient parfaites pour donner des coups sans recevoir le contrecoup de la force déployée et son gilet tactique des forces spéciales était à la fois léger et résistant, réduisant jusqu’à trois ou quatre fois plus les impacts que le kevlar classique du début du XXIème siècle. Enfin, pour compléter le tableau, un pistolet HK Mark 23 Mod. 0, équipé d’une LAM amovible, à la cuisse et un couteau à la poitrine, en plus du Taurus Raging Bull, chambré en .454 Casull, en arme de soutien dans un holster sous son bras droit. Mais alors que rien ne le laissait présager, elle retira un à un tous ses accessoires, débouclant les sangles retenant son arme principale, ouvrant la fermeture éclair de son gilet et faisant sauter chaque pièce d’armure au sol. Au final, tout son matériel se retrouva au sol à l’exception de ses protections d’avant-bras et ses gants, et elle déboutonna avec nonchalance le haut de sa tenue, laissant voir un débardeur blanc assez décolleté et mettant en valeur sa poitrine.

« Trouve-le vite, Frangin… Je sais pas combien de temps je vais pouvoir le retenir avant qu’il ne finisse par m’avoir, ou qu’il se vide lui-même de son sang. »

La couleur était donnée. Le combat pouvait commencer entre la jeune femme et cette chose ignoble qui avait pris possession du corps de son frère d’arme. La jeune Assassin se mit rapidement dans une garde assez peu conventionnelle, si l’on suivait les coutumes occidentales : de profil, les jambes fléchies avec la droite en avant et la gauche en arrière, pieds perpendiculaires, son bras droit légèrement plié, maintenant sa main crispée devant son visage, et bras gauche en angle droit levé derrière sa tête, main pareillement tendue et figée dans une position permettant d’attraper et d’arracher ce qui lui passait sous la main. Du moins, cela y ressemblait. Le voyageur l’observa et se mit en position, bras de chaque côté du corps, contractant ses muscles et serrant ses poings. Il se cambra en avant et hurla en direction de la jeune femme dans une sorte d’intimidation animale. Sans bouger de sa posture, la jeune femme répliqua par un cri plus perçant encore, montant dans les aigus et se répercutant sur les murs de béton alentours. La démonstration de détermination et de force prit fin au bout de quelques secondes et le nomade fonça à toute vitesse sur sa camarade pour lui envoyer un rapide crocher du droit en visant sa figure de porcelaine. Le coup fut paré par les protections d’avant-bras alors qu’un impact de la main de métal était imminent. Changeant immédiatement de direction en pivotant sur ses hanches, les deux bras de la femme rencontrèrent dans un bruit sourd une partie de la prothèse et absorbèrent le coup assez longtemps pour lui permettre, dans un mouvement fluide et presque aquatique, d’esquiver en passant sous les muscles de titane pour contre-attaquer d’un coup de pied dans les côtes. Réagissant instantanément, le garçon amena sa main droite sur son flanc et attrapa au vol la botte renforcée de la combattante aguerrie. Parfaitement ce qu’il fallait à cette dernière : l’énergie cinétique du blocage lui permit de prendre assez d’élan pour se servir de la prise de son adversaire comme d’un tremplin et, d’un coup de hanches, pivoter pour se retrouver à l’horizontale dans les airs et donner un coup dans la nuque du voyageur Britannique qui repartit au sol en lâchant la cadette Stewart. Pour un adversaire puissant, il fallait user de souplesse et d’agilité pour compenser la faiblesse. Pour un adversaire agile, la puissance permettait d’encaisser les coups assez longtemps pour attendre le moment opportun et asséner un coup dévastateur et déterminer l’issue du combat. Les deux Assassins étaient respectivement spécialistes de ces deux types, tout en étant en mesure de se servir de chacun des avantages de l’autre pour former un combattant hors pair. Lorsqu’ils combattaient à deux, ils étaient imbattables. Une chance qu’ils choisissaient leurs propres contrats.

L’affrontement reprit dès que Castello fut sur pieds, autrement dit immédiatement après qu’il ait touché le sol. Plus rapide et agile, il commençait doucement à prendre l’change de coups un peu plus au sérieux, il semblait. Les coups pleuvaient, de même que les esquives et les contre-attaques magnifiquement placées, du genre qui auraient été largement suffisantes pour venir à bout de Miliciens de base en trois coups de cuillère à pot. mais là, c’était une rencontre pratiquement titanesque, et les deux combattants ne lâchaient rien, refusaient catégoriquement de se laisser mener par l’autre. Le jeu semblait presque équilibré : d’un côté Castello ne ressentait aucunement la fatigue mais se vidait de plus en plus de son sang et en perdait plus à chaque fois qu’un coup atteignait l’une de ses plaies, de l’autre Hélicia était indemne pour le moment mais haletait légèrement repoussée dans ses retranchements car refusant malgré tout de trop malmener le corps de son ami, se contentant de gagner du temps le temps que son aîné ait trouvé ce qu’il cherchait dans leurs énormes sacs remplis à ras-bord d’armes et accessoires de combat. En temps normal, sans aucune doute que le Britannique serait déjà mort et enterré, et ce dès les premières minutes d’affrontement. Se retenir la fatiguait deux fois ou trois fois plus vite que de se donner à fond, étrangement, car crisper ses muscles au moment de l’impact pour ne laisser que le minimum d’énergie cinétique était une tâche tout à fait fastidieuse et trop peu naturelle pour une tueuse-née.


« Tu te bouges, oui ? Il commence sérieusement à devenir dangereux, notre Cas’ ! »

« J’ai ! Baisse-toi !! »

L’homme à capuche sombre lança vers le voyageur un objet arrondi qui partit en une courbe digne du meilleur lanceur de Baseball de l’Histoire. Sa jeune sœur esquiva un crochet du gauche et effectua un salto arrière pour se mettre hors de portée, de l’autre côté des barricades, alors que le projectile arrivait sur Castello. Sans ciller, et avec une pointe d’énervement dans son regard malgré tout inexpressif et inhumain, il se saisit à pleine main de la chose qui se trouva, au toucher, être du plastique. Lentement, le garçon tourna son poignet et découvrit, entre ses doigts, un canard de bain jaune dont l’expression faciale était figée en un clin d’œil et un sourire. Comme dans un état second d’incompréhension, il pressa le jouet qui couina doucement, le son caractéristique se répercutant légèrement sur les parois en dur. Il le pressa une fois de plus, et encore une autre, de façon ralentie. Et ses yeux changèrent de couleur. Le bleu lumineux, monstrueux, s’estompa pour devenir très sombre, tandis que la peau du nomade palissait. Il revenait à lui, enfin, mais ce n’était malheureusement pas une bonne nouvelle dans l’absolu, compte tenu des dizaines d’impacts qui recouvraient son corps meurtri. Soudain, il cracha du sang et bascula en avant, relâchant sa prise sur le canard qui s’écrasa au sol en couinant. Le temps semblait comme manipulé, étiré, et il apercevait au loin les deux silhouettes de ses amis et frères d’armes qui couraient vers lui. Il sentit un contact agréable contre sa peau, son corps était balloté et bougé dans tous les sens, mais il ne voyait plus que du noir, rien de plus qu’un désert de noirceur, tout autour de lui. Son cœur battait très lentement, trop lentement et beaucoup trop faiblement. Il le sentait résonner dans sa tête, se débattre pour le maintenir en vie.

« On est en train de le perdre !!! »

[Réponse terminée, je vous laisse gérer la suite. Si vous n’avez rien de concret sous la main, je m’occuperai des soins intensifs dans ma prochaine réponse, très chères. Je vous embrasse <3]

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Dernière édition par Castello C. Dornes le Lun 17 Sep - 18:39, édité 1 fois
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Théo Scherr
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MessageSujet: Re: « La jeunesse est une fraction de folie. » [PV Hayden, Castello et Théo]   Ven 31 Aoû - 12:01

(HRP: Etant donné qu'il restera inconscient pendant les prochains posts, j'ai pris la liberté de poster Théo avant Amaury, histoire de rajouter un peu d'actions!)

J'avais senti la douleur bien avant de comprendre ce qui se passait. Une douleur lancinante, dont les tentacules partaient de mon sternum pour ramper sur tout mon torse. Cette sensation d'étau, qui compresse la poitrine dans le but de la compresser, jusqu'à la réduire en poussière. Tout à l'adrénaline de mon combat avec ce Sergent, je me disais qu'une fois de plus, c'était le stimulateur qui se mettait en grève pour surmenage. Une fois le milicien à terre sans espoir de se relever, l'adrénaline retomba, et je me rendis compte de ce qu'il se passait. Infarctus. J'avais trop poussé le bouchon, au moins maintenant c'était clair. Malgré tout, je ne pouvais me résoudre à m'effondrer, conscient que des assaillants étaient encore en vie, diagnostic pour le moins dangereux pour les couvertures de chacun d'entre nous. Vacillant, tentant à grand peine de rester debout, ma main toucha le béton d'un poteau, encore vierge de sang malgré le carnage. Il fallait tenir, il le fallait.

Je savais déjà que j'allais mourir, ici, sur le champ de bataille près de mes frères et soeurs d'armes. Ainsi meurt Tony Stark, chers Avengers. C'est la fin d'Iron Man. Moi, ma seule protection contre les crises cardiaques, c'étaient le stimulateur, pas une armure capable de rentrer seule d'ou elle vient. Et elle venait d'abandonner le combat. Je n'ai plus de Captain America pour me sauver la vie, désormais, c'est Hulk, qui défonce tout sur son passage. Et Hulk ne se soucie pas des blessés, contrairement au Dr Banner.

Je savais que dans mon cas, on ne parlait pas d'infarctus, mais d'infarctus étendu avec circonstantes aggravantes. D'ordinaire, un infarctus peut être soigné dans les 12h, sans laisser trop de séquelles. Moi, j'avais moins de temps que ça. On parlerait bientôt d'infarctus su-aigu étendu avec circonstantes aggravantes. Ce qui me donnerait une dizaine d'heure à vivre. Et en ce laps de temps, ils allaient devoir soigner Castello, nettoyer tout ce bordel, et, s'ils le pouvaient, m'emmener à l'hopital. Dans un sursaut d'auto dérision, je m'imaginais emmené chez les miliciens, en plein infarctus, pour avoir braver le couvre feu sans laissez passez. J'eus une pensée pour Amaury, me désolant de lui poser des problèmes. Pour Victor, mon complice de toujours, et pour The Eye que je laisserais en plan.

Et puis, doucement, la main crispée sur ma poitrine, je me laissais sombrer dans les ombres qui envahissaient mon cerveau, happé par la noirceur de l'inconscience. Tout, sauf cette douleur.

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Amaury Scherr

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MessageSujet: Re: « La jeunesse est une fraction de folie. » [PV Hayden, Castello et Théo]   Ven 31 Aoû - 14:30

D'abord Théo, maintenant Hayden, mais bordel, pourquoi est-ce qu'il ne fréquentais que des foutus chevaliers? Pourquoi avait-il choisi de s'enrôler dans la Cible, au lieu de vivre une vie de créateur de mode bien pépère? Les principes. Voilà ce qui régissait cette putain de ville, et c'était à cause de principe qu'il ne restait pas le cul sur une chaise, les bras croisées en attendant la suite. C'était à cause des principes que son frère, puis Hayden étaient partis au combat.

Ruminant, Amaury se leva pour faire les cent pas, attendant que le Fossoyeur se pointe avec ou sans renforts. Ils auraient tous besoin de lui. Combien de temps s'écoula ainsi? Une minute? Deux? Zyeutant le pistolet restant dans son étui, sur la table basse, le Français hésitait. Il se savait homme de l'ombre (malgré son évidente renommée) pas homme de terrain. De fait, les seules armes qu'il sache manier était les aiguilles et les paires de ciseaux, ce qui, en cas d'attaque surprise pouvait toujours servir, mais qui était proprement inutile en cas de conflit prémédité. Il n'allait tout de même pas se pointer au parking armé de ces outils de coutures. Les flingues, jamais de sa vie il n'y avait touché, pas plus qu'aux armes blanches (sauf pour trancher des morceaux de viandes ou de légumes, à la limite). Mais l'inaction le rongeait : il se sentait minable de rester là à rien faire, alors que ses amis se battaient.

Soudain, son téléphone sonna. Le numéro ne lui sautant pas aux yeux, il répondit, mécaniquement, par son nom de famille. La suite le laissa sans voix. Une femme tentait de le faire chanter. Pire, une femme qui avait compris sa double identité. Sa proposition était de détruire les enregistrements des différentes caméras, contre de l'argent. Amaury en avait les moyens : le prix à payer n'était pas si élevé, en comparaison au prix à payer si les caméras enregistraient tout. D'ailleurs, le prix n'était pas si élevé que ça. L'équivalent d'une paie mensuelle pour un employé en milieu de carrière. Ce qui donna au couturier l'impression que son interlocutrice ne lui faisait pas ce chantage pour l'argent. Pourquoi, alors?

Et comment comptait-elle faire? La solution s'imposa à lui : pirate informatique. Sous ses instructions, il fit un premier virement sur un compte anonyme, attendant la confirmation que les caméras étaient bien hors service. Celle-ci ne tarda pas :


- Les caméras du sous sols sont KO. J'ai remplacé pour celles de votre étage l'enregistrement ou on voit vos potes ressortir avec des armes par un montage de ce qui s'est passé avant. Un couloir vide, quoi. Idem pour l'ascenseur. Pour la Sécurité de votre immeuble, vous et vos amis êtes restés chez vous. Vous pouvez effectuer le 2nd versement. J'peux aussi surveiller la suite et détruire les trucs compromettant au passage, mais va falloir une rallonge.

Il donna son accord. Il ne savait pourquoi, il avait plus ou moins confiance en cette voix anonyme. Il savait qu'elle avait fait ce qu'elle avait dit, et que, moyennant salaire, elle ferait le reste. C'était déjà un souci de réglé. Maintenant, restait plus qu'à attendre. Assis sur le canapé, son pied frappant le sol de manière régulière et totalement nerveuse, il se leva à plusieurs reprises pour regarder par la fenêtre, surveillant une arrivée massive de miliciens qui, à son grand soulagement, ne venait pas.

Et tout à coup, la porte s'ouvrit sur cinq personnes. Un inconnu portait un Castello dans un sale état, et Hayden, ainsi qu'une jeune femme habillée en noir, soutenaient Théo, apparemment inconscient. L'effarement se lut sur les trait du créateur, et la sonnette d'alarme retentit : son frère faisait une crise cardiaque. Il lança aux deux inconnus:


- Je vous laisse vous occuper de Mr Dornes, vous serez sans doute plus doués que moi!

Leur sortant un drap d'une armoire dans le couloir, il l'étala sur la spacieuse table du salon, la transformant en table d'opération de fortune. Il omis de dire que le Fossoyeur, qui arrivait, s'y connaissait en soin d'urgence. Il omis de demander s'ils avaient le matériel (mais l'intuition lui souffait que oui). Il omis tout, en réalité, alors qu'il s'approchait à grand pas d'Hayden et de son frère. Le soulevant avec une force surprenante, il le coucha sur le sol, puis sortit le défibrillateur semi-automatique dont il avait fait l'acquisition dès qu'il avait sut que Théo viendrait loger chez lui. Au cas où. Il avait basé son brevet de secourisme,avait révisé les gestes une trentaine de fois, toujours au cas où. Le moment était venu où tout ce qu'il avait fait se montrait utile. Il découpa le tee-shirt de son frangin, posa les électrodes et envoya le choc. S'il était au fait des gestes de base, rien n'aurait pu le préparer à la vision de son frère, inconscient, le torse secoué par le choc électrique.

Un oeil extérieur aurait pu s'imaginer regarder une mauvaise série médicale. Mais la vie d'un garçon de 25 ans était en jeu, ce n'était pas du cinéma. Le défibrillateur préconisa une deuxième impulsion électrique, et Amaury s'exécuta, serrant les dents.


- Bon Dieu de merde, Théo, me fait pas ce coup-là!

(HRP : je vous laisse revenir l'un et l'autre de la manière que vous voulez!)

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Hayden Moriarty
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MessageSujet: Re: « La jeunesse est une fraction de folie. » [PV Hayden, Castello et Théo]   Dim 16 Sep - 0:08

Qualifier ce qui avait suivit de tuerie était un bien faible mot. Massacre, carnage, boucherie, hécatombe, aucun de synonyme aux yeux d'Hayden ne pouvaient être suffisant à décrire la scène à laquelle elle assistait un peu malgré elle, toujours barricadée dernière l'un des piliers du souterrain en guise de maigre protection. Cramponnée à deux mains sur son arme qu'elle concevait à présent comme totalement inutile face au monstre d'atrocité et d'infamie qui s'était emparé du jeune homme, la mannequin sentait aux plus profond de ses tripes la révulsion la prendre au ventre et l'horreur la faire pâlir. Mais ses doigts fins autours de la crosse du semi-automatique, malgré de légers tremblements, lui transmettait la détermination toute relative au désir de s'en sortir, tout simplement celle de l'instinct de survit. Pour ce qui était du « spectacle », adossée au pilier, elle ne pouvait qu'y jeter des coups d’œil répétés pour en voir l'évolution, coups d’œil qui lui en coutaient de violents hauts-le-cœur ainsi que des chapelets de jurons qui articulaient silencieusement ses lèvres. Les giclées de sang recouvraient les murs dans un son d'éclaboussures écœurantes en rythme avec les cris des agonisants et des craquements des os brisés pour former une symphonie morbide orchestrée avec une sauvagerie incomparable par la bête démente qui avait pris le contrôle du corps de Castello. Les traits de ce dernier ne reflétaient plus qu'une cruauté froide et gratuite alors que ses mains destructrices réduisaient à chaire et sang les corps des hommes en rouge.

Une nouvelle fois détournant son regard de la scène sanguinolente, la jeune femme s'était ré-adossé à poteau de béton, fermant les yeux l'espace d'un instant pour laisser passer le dégout qui la vidait de ses forces et accélérait le processus de consommation des substance par son organisme. Tiraillée entre une fatigue toute chimique et la stimulation liée à l'adrénaline, la peur et l’excitation, la descente se promettait hard. Mais elle n'était, de loin, pas dans la plus mauvaise posture. Outre les sbires du régime qui gisaient maintenant tous sans exception dans leur sang ou avait perdu leur humanité en se retrouvant réduit à l'état de magna visqueux, le cadet Scherr, une main crispée sur sa poitrine, vacillant et le visage déformé par une douleur venant de l'intérieur, était tout bonnement en train de leur claquer dans les doigts après son intervention un peu trop musclée et probablement trop intense. Et la demoiselle n'était pas le seule à l'avoir remarquée. Castello, ou plutôt son double maléfique, d'un regard terrible, semblait avoir jeté son dévolu sur le cardiaque déjà à l'agonie. Hayden, peu torturée à l'idée de devoir tirer sur cet inconnu (malgré son sauvetage) pour sauver leur peau, s’apprêtait à jouer de la gâchette une nouvelle fois s'il le fallait. Les scrupules, peu pour elle, surtout lorsque la vie du frère de son meilleur ami était en jeu.

Mais comme sortie de nul part, l'encapuchonnée, qui n'avait jusque là pas bronché ou que pour des réflexions qui ne faisaient pas avancer la situation, semblait s'être enfin décidée à prendre la choses en main pour faire face au voyageur fou, lui décrochant un passage un coup qui le terrassa que trop peu de temps. S'adressant ensuite à la mannequin en des termes qui lui valu d'être tuée du regard par cette dernière, elle lui recommanda d'aller s'occuper de Théo. La mâchoire serrée, bouillonnant de rage contre l'étrange couple qui avaient avec eux amenés toute ces emmerdes, elle s'exécuta sans rien répondre. La belle avait alors fait glissé au sol son arme dans un coin, avant de quitter sa planque pour rejoindre Théo déjà sombré dans l'inconscience. Prenant alors le journaliste par les aisselles pour le trainer à l'écart, là où elle avait laissé son arme, elle courbait l'échine pour déplacer le poids mort qu'il était devenu. Elle connaissait les gestes, la théorie. Mais de la à mettre en pratique, c'était une autre histoire... Elle regardait avec effroi la poitrine immobile de l'homme avant de relever la tête pour voir l'affrontement entre wonder-useless-woman-je-viens-foutre-le-bordel et l'autre taré en mode bête du Gévaudan. Et comme la nana en noir était toujours debout, Hayden en déduisait qu'elle savait s'y prendre. Pourvu que ça dure, voilà tout ce qu'espérait la miss.

Il était maintenant temps de s'occuper du journaliste, qui risquait bien de finir légume, ou de finir tout court si on ne faisait pas battre son cœur et irriguer son cerveau. Plaçant ses deux mains l'une sur l'autre, sur le milieu du sternum de Scherr, Hayden prit une inspiration avant de commencer le massage.


-Et un, et deux, et trois, et quatre, et cinq, et six, et sept, et huit, et neuf...

Le compte se perdant dans son souffle alors que tout son buste bougeait dans un mouvement qui permettait à ses bras de compresser la cage thoracique du jeune homme et de mimer ainsi la contraction des ventricules cardiaux. Au bout d'une première quinzaine, elle pris le visage de l'homme pour lui dégager le menton vers le haut avant de lui entrouvrir les lèvres et de prendre elle même une respiration. Se penchant ensuite sur lui pour lui appliquer cet étrange baiser qui lui donnerait l'oxygène nécessaire à faire vivre ses cellules. Recommençant le processus avec la régularité qu'on lui avait apprise, c'était le seul moyen qui permettrait de garder artificiellement en vie Théo. Pendant combien de temps devrait-elle exécuter le massage, elle n'en avait pas la moindre idée, jusqu'à temps que du renfort arrive ? La seule chose dont elle était certaine c'était que son massage ne serait pas suffisant à faire repartir son cœur...
Déjà les crampes envahissaient ses membres engourdis. Ses genoux, à nu sur le béton la meurtrissaient, ses épaules et son buste contractés, et ses bras tendus dans une position non-naturelle l'élançaient dans des spasmes liés à l'accumulation des toxines dans ces muscles et accentués par l'évacuation des substances qu'elle avait prises.


Est-ce qu'elle s'attendait à voir venir sa « libération » par un couinement caractéristique qui représentait le plus grand What the Fuck de toute l'histoire ? Certainement pas. Quoi qu'il en soit, elle avait relevé les yeux pour voir Castello s’effondrer au sol lourdement comme surpassé par la nature (celle qui voulait qu'un individu plie sous les balles). Alors, comme après la tempête le calme et le silence retomba définitivement dans le souterrain. Seule Hayden ne pouvait arrêter la répétitions frénétiques des gestes de survie. Sans s'en rendre compte, ses yeux s'étaient noyés dans les larmes qui coulaient le long de ses joues pour venir atterrir sur la poitrine du corps inanimé de ce sauveur et finalement, ami. A la fois emplie de colère et de tristesse, elle ne put conserver pour elle-même les jurons qu'elle réservait à Théo.

-Putain de merde Théo ! Allez, bas-toi...


Les dents serrées, la mâchoire douloureuse, les insultes exutoires entre les dents, elle releva brusquement la tête lorsqu'une porte au font du sous-sol claqua. La main déjà sur son arme, elle se détendit au moment même où elle pu reconnaître le Fossoyeur, dans un sentiment de soulagement intense.

Alors que le nettoyeur l'avait pour un temps relevé pour le massage cardiaque, Hayden se releva, se dressant de toute sa hauteur, regonflé par un agacement profond, probablement extrêmement lié au fait qu'elle était au plus bas dans sa phase de défonce. Le regard noir, les lèvres pincées et se retenant les insulter de tous les noms, elle leur cracha un :


-Vous deux, on s'expliquera plus tard, je vous oublie pas, mais pour l'instant vous prenez votre pote et vous le remonter avec nous.


Elle leur épargna des menaces qu'ils auraient ries, mais qu'ils esquissent le moindre geste de travers et elle se jurait de les étriper. Retournant au près du journaliste qu'il fallait déplacer rapidement pour reprendre la réanimation, ses pieds nus et frêles glissèrent soudainement sur une flaque sanguinolente la faisant hésiter entre la stabilité et la chute, finalement elle se rattrapa dans un sursaut d'équilibre :

-Fuck ! ...fuck ! Cria-elle sans vouloir imaginer d'où provenaient la substance visqueuse qui avait souillé ses pieds.

Sans trop avoir de souvenirs de la remonté jusqu'à l'appartement d'Amaury, ayant pour seule certitude le poids de Théo sur son épaule, elle se laissa guidée par le designer qui avait pris les choses en main au moment même où il comprit l'étendue de la situation. Ordonnant aux deux *** de s'occuper de Castello qui fut placé sur la table du salon, il était déjà en train de préparer le défibrillateur pour ramener Théo. Hayden, à ses côtés, regardait intensément le corps se cambrant sous le choc électrique, comme hypnotisée. Pas de réaction. Le corps se crispant de nouveau avant de retomber au sol, le journaliste ne semblait pas être réactif à la stimulation électrique. Enserrant sa poitrine de ses bras, Hayden tremblait de tout son corps sans même sans rendre compte. L'attente était interminable. La voix électronique du défibrillateur conseillant de choquer à nouveau, les impulsions se firent plus rapprochées jusqu'à ce que les yeux du jeune homme ne s'ouvrent et que dans une inspiration qui le tira de son état le firent revenir à la conscience.
Retrouvant immédiatement le sourire, Hayden se tira de la torpeur dans laquelle elle avait été plongée pour poser une main rassurante sur le bras du plus jeune des Scherr. Sorti d'affaire, la mannequin pouvait de nouveau réfléchir correctement. Étrangement (ou pas) les deux zigotos furent le « problème n°1 » qui lui revint à l'esprit. Certes, elle voulait aller se poser dans un coin, oublier les images d'hémoglobine qui hantaient son cerveau, finir tranquillement sa descente, mais elle ne pouvait pas, elle avait trop choses à régler pour se laisser aller. Elle devait prendre sur elle, causer de ses inquiétudes à Connor qui pourrait comprendre. Amaury devait s'occuper de son frère qui aurait besoin de récupérer. Elle devait gérer...

Elle revint alors auprès de Castello, toujours aussi livide allonger sur cette table, le corps littéralement troué par les balles. La question était « comment pouvait-il être encore en vie », question sans réponse qui défiait toutes les lois de la nature. Elle regardait d'un oeil mauvais les deux inconnus débarqués de nul part, aidés du Fossoyeur pour à la fois extirper le plomb de son corps et l'empêcher de se vider du peu de sang qui devait lui rester. S'il s'en sortait, elle avait des interrogations à satisfaire, des interrogations vitales pour leur sécurité lié à leur implication dans la Cible. S'il s'en sortait...

Voyant que les trois savaient ce qu'ils faisaient, elle décida d'aller au moins se changer et effacer toutes les traces de sang qui pouvait la maculer. Une douche plus tard, s'interdisant de reprendre quoi que ce soit, elle en sorti en jean/t-shirt. De nouveau « lucide », elle alla prendre des nouvelles de Théo, qu'Amaury avait allongé dans le lit de la chambre d'ami. Se reposant, le journaliste ouvrit doucement les yeux alors qu'elle entrait dans le pièce avant de lui décrocher un petit sourire qui se voulait rassurant. Elle lui sourit en retour avant d'aller aux côtés de son ainé pour lui glisser à l'oreille :


-Faudra qu'on parle...sérieusement... mais pas maintenant. Pour l'instant, prend soin de Théo.

Lui posant doucement un main sur son épaule, elle lui déposa un petit bisou sur la joue pour l'encourager et lui signifier qu'il pouvait compter sur elle et qu'elle le soutenait. Immobile au près de lui avant de quitter silencieusement la pièce et pour retourner au le salon. Les pieds -toujours nus- dans la douceur de la moquette, la modèle se perdit le temps d'un couloir dans ses pensées.
Au salon, l'étrange voyageur était toujours dans un état qui lui semblait bien proche du coma et les bandages et pansements parsemaient son corps bien trop pâle. A son bras, une perfusion de sang dont la jeune femme n'avait pas la moindre idée de la provenance. Elle avait bien envie d'en déduire que le tandem de choc n'était plus vitalement nécessaire, pas qu'elle voulait les voir dégager mais presque. C'était viscérale, elle ne pouvait pas les blairer et ils n'avaient pas intérêt à s'éterniser. Ils les avaient tous mis en danger pour des raisons qui lui était inconnues et leur témérité comme leur comportement la foutait en rogne. Une nouvelle fois elle se posa devant le couple avec une moue des plus méprisantes. Elle parlait d'une voix basse pour n'être entendu que d'eux deux :


-Vous...je sais pas qui vous êtes, ni pourquoi vous êtes ici, encore moins ce que vous voulez... et j'en ais strictement rien à foutre... elle devait garder son calme et parlait le plus doucement possible pour se contenir. Mais maintenant vous allez vous casser, je veux plus jamais vous voir ou avoir affaire à vous, et par « je » je parle de moi, et mes amis ou vous risqueriez d'avoir des problèmes. On s'occupe de votre... pote si c'est comme ça que vous l'appelez, apparemment vous savez comme le joindre. J'espère que c'est assez clair ?

Elle s'arrêta un instant avant d'ajouter, septique sur le fait qu'ils allaient l'écouter gentiment et principalement à cause de son « gabarie » et son physique :

-Je sais que je ne vous impressionne pas et avez raison de le penser, je ne pourrais très certainement pas vous tuer, mais ne me sous-estimez pas... surtout ne me donnez pas l'occasion de mettre mes menaces à exécution.


Sur ces mots, elle leur tourna le dos sans attendre une quelconque réponse de leur part pour rejoindre Connor qui allait devoir aller s'occuper de carnage en bas. Un sacré boulot allait les attendre et Hayden n'était absolument pas certaine d'avoir les tripes pour l'aider... du moins, pas en étant clean...


-Merci d'être venue. Elle imaginait aisément que le Fossoyeur de la Cible n'était pas là par hasard et le designer avait dû le contacter, se figurant ce qui allait se passer dans le parking de son immeuble. Il faudrait qu'on parle de quelque chose avant de descendre faire le ménage...

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Connor Peek
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MessageSujet: Re: « La jeunesse est une fraction de folie. » [PV Hayden, Castello et Théo]   Dim 16 Sep - 0:10

(HRP : Bon, vu qu'Amaury et Hayden ont placé l'arrivée de Connor à différents moments... XD dites-moi si ça vous semble cohérent ou pas, sinon j'éditerai Wink )

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Connor était de garde cette nuit-là au QG de la Cible. Il avait délaissé Suzy avec regret pour venir s'installer avec une pizza et une bière sur l'un des canapés défoncés de la pièce principale, saluant de temps à autres ces collègues qui passaient par là au cours de leur ronde. La soirée avait été calme et après son repas, une cigarette au bec, il avait attrapé un crayon et commencé à dessiner sans grande conviction. En gros, il s'ennuyait ferme et il n'aurait pas été contre le fait d'avoir un peu d'action. Il ne s'attendait pourtant pas à devoir intervenir sur la demande d'Amaury Scherr qui, étant sous couverture, n'était pas le genre de résistant à s'attirer des ennuis. La situation devait donc être grave et pouvait très certainement lui coûter son statut d'agent-double, d'autant plus que des Miliciens semblaient impliqués dans l'histoire. Il raccrocha rapidement et, ne sachant pas s'il allait devoir faire le ménage, se battre ou encore soigner, il décida de prendre son attirail au complet. Scie, sac plastiques, détergent, mais aussi bandages, compresses, pochettes de sang O négatif, divers ustensiles chirurgicaux, sans oublier son fidèle couteau ainsi que son arme et un chargeur supplémentaire. Il fourra le tout dans un grand sac à dos noir à compartiments qui empêcheraient le tout de se balader et de provoquer un bruit de casserole sur son passage et enfila une cagoule. Sans plus attendre, il descendit silencieusement les marches du vieil immeuble, s'arrêta pour mettre au courant ses collègues afin qu'ils se tiennent prêt au cas où sa mission se corsait et s'engouffra dans l'obscurité de la rue.

Il dût prendre toutes les précautions possibles afin d'arriver à bon port, l'appartement du styliste étant situé en plein centre-ville. Autant les interventions dans les bas quartiers restaient généralement discrètes, autant se promener aux heures du couvre-feu en plein cœur de la capitale et armé jusqu'aux dents en passant inaperçu n'était pas chose aisée ! Tout ceci le retardait mais il était primordial, s'il souhaitait rester en vie, qu'il soit attentif au moindre détail. Il fit donc des détours assez conséquents, mais chaque fois qu'il le pouvait, il pressait le pas afin de rattraper son retard. Mine de rien, il était plutôt anxieux et il se demandait sur quoi il allait tomber en arrivant. Il avait beau avoir imaginé tous les scénarios possibles, rien n'aurait pu le préparer à ce qu'il vit lorsqu'il arriva enfin dans le parking du bâtiment. Lorsque la porte s'ouvrit, il eut un temps d'arrêt et resta quelques secondes à contempler la scène qui s'étendait devant lui. Le mannequin était en train de faire un massage cardiaque à un homme que le Fossoyeur n'avait jamais vu auparavant, tandis que deux personnes s'occupait d'un autre inconnu qui semblait mort, ou en tous les cas pas loin de l'être. Et puis il y avait les corps, près d'une dizaine, tous portant un habit rouge imbibé d'un liquide de la même couleur. C'était une véritable boucherie et il se demandait qu'est-ce qui avait bien pu se passer !

L'heure n'était pourtant pas aux questions, mais aux actions et Peek se reprit et fonça directement sur Hayden qui semblait fatiguer. Il prit sa relève et commença à masser énergiquement la poitrine du jeune homme, lui cassant quelques côtes au passage, mais il ne semblait pas revenir à lui malgré ses efforts. C'est à ce moment-là que la résistante proposa de remonter tout ce petit monde chez le styliste, ce qu'ils firent avec hâte, Connor tentant tant bien que mal de soutenir Théo au maximum malgré le poids du sac qui lui pesait déjà sur les épaules. Il apparu très vite que l'homme qu'il venait de déposer sur le sol était un proche de Scherr, mais jamais le tatoueur n'aurait pu imaginer qu'il s'agissait là de son jeune frère ! A vrai dire, il avait d'autres chats à fouetter car apparemment, il devait sauver l'illustre inconnu qui se vidait littéralement de son sang sur la table du salon. Ni une, ni deux, il se dépêcha de sortir tout ce dont il avait besoin avant de découper les vêtements du blessé qui s'était pris un nombre impressionnant de balles et qui, pourtant, respirait toujours. Par quel miracle, il ne le savait pas trop, mais s'il pouvait faire en sorte que cela reste comme ça, ce serait une bonne chose. Il commença donc à extirper soigneusement les projectiles un à un, demandant au passage un petit coup de main à l'étrange couple qui se tenait à ses côtés. A eux trois, ils réussirent à extraire toutes les balles et Peek était maintenant en train de finir de le recoudre lorsque Hayden sortit de sa douche. A présent ils ne pouvaient qu'attendre et espérer que la transfusion de sang n'arrivait pas trop tard.

L'homme regardait le blessé avec une certaine appréhension lorsque des messe basses attirèrent son attention. Les mots que le mannequin prononça provoquèrent en lui un effarement total. Non, mais elle plaisantait ? Elle les foutait dehors ?! Et puis quoi encore ? Les raisons de cette réaction emplie de colère, il ne les connaissait pas, mais une chose était sûre : il était hors de question de laisser s'en aller deux témoins d'une tuerie à l'aspect particulièrement louche, surtout maintenant qu'ils avaient vu le visage de deux rebelles ! Lorsqu'elle s'approcha de lui, il lui prit violemment le bras et lui parla dans un grondement sourd qui ne présageait rien de bon.


- Tu as sniffé trop de coke ou quoi ? Ils ne vont nulle part, c'est clair ? Pas tant qu'on en sait pas plus sur eux ! Alors maintenant, tu redescends de ton petit nuage de poudre et tu appelles pour qu'on fasse une petite enquête sur eux pendant que je vais nettoyer le merdier qui se trouve au parking.

Sur ce, il la lâcha et se retourna sur les deux inconnus qui semblaient se demander s'ils allaient oui ou non prendre le large. Il leur parla d'une voix cassante et sur un ton si autoritaire qu'il leur ferait comprendre qu'il ne servait à rien de discuter.

- Vous deux, vous restez, c'est compris ? Peut-être que la demoiselle ne vous fait pas peur, mais vous seriez bien mal avisé de me mettre en colère, ce n'est pas le moment ! Alors vous posez votre cul sur ces chaises et s'il manque un seul des cheveux de l'un d'entre vous quand je serai remonté, je bute l'autre, compris ?

Après un regard noir lancé à la ronde à travers le tissu épais qui lui cachait le reste du visage, il tourna les talons et s'arrêta dans le hall pour passer un coup de fil. Ils avaient besoin de renfort, au moins deux hommes en plus pour tenir en joug le mystérieux couple tant que l'on n'avait pas plus d'infos sur eux. Il faisait confiance à Hayden mais il ne fallait pas se leurrer, s'ils décidaient de faire quoique ce soit pour s'échapper, elle ne tiendrait pas longtemps seule face à eux et Amaury... et bien il y avait une bonne raison pour qu'il ait appelé Connor pour venir l'aider, ce n'était pas réellement son champ d'action le corps à corps. Et en parlant de corps, il y en avait huit qui l'attendaient au sous-sol et qu'il devait évacuer le plus rapidement possible. Il se dépêcha de sortir discrètement de l'appartement et de rejoindre le lieu du massacre. Il avait du pain sur la planche et il espérait ne pas être dérangé durant sa besogne. La nuit allait être longue...
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Castello C. Dornes
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MessageSujet: Re: « La jeunesse est une fraction de folie. » [PV Hayden, Castello et Théo]   Jeu 20 Sep - 23:02

**Détour**

Un battement faible et lointain, à peine perceptible, précéda un long silence pesant. Dans la noirceur inquiétante de cet espace à la fois infiniment vaste et terriblement confiné, le garçon patientait sagement, assis en tailleur, les mains posées sur les genoux. Il ignorait encore de quoi il s’agissait, mais ne doutait pas qu’il aurait bientôt la réponse à toutes ses interrogations. Il ne savait clairement pas d’où lui venait cette soudaine certitude, mais il avait senti une espèce de chaleur rassurante lorsque cette onde faible l’avait transpercé avec la douceur d’une caresse maternelle. Aussi restait-il là, dans le noir complet, sans ressentir le moindre sentiment de gêne ou d’ennui quelconque, se contentant simplement d’appréhender ce qui allait suivre. Une nouvelle vague faible se propagea d’un point inconnu jusqu’à l’atteindre directement, sans qu’il ne bronche, continuant de fixer de ses grands yeux vides le domaine immense et vide dans lequel il semblait avoir pénétré contre son gré. Soudain, le son caractéristique d’un interrupteur se fit entendre et un cercle de lumière blanche apparut quelques mètres devant le jeune homme, comme dans une comédie musicale de Broadway lors de l’ouverture du rideau, lorsque le projecteur s’allume, pointant son faisceau éblouissant sur la scène. Lentement, il se leva et s’approcha pas à pas, sans se presser, regardant autour de lui d’un œil suspicieux. Arrivé à quelques centimètres de l’endroit marqué, se couvrant légèrement les yeux qu’il gardait plissé, il le vit fièrement posé sur le sol.

L’échiquier en bois massif se tenait dans la lumière, au centre du petit cercle de lumière, étalant ses pièces sculptées avec la précision et la finesse d’un orfèvre. Le garçon ne saisissait pas le sens de ce message, se contentant de tourner autour de l’espace éclairé sans oser y poser un pied. Son front plissé, son regard devenait soucieux et interrogateur, mais il gardait le silence et son calme, là où d’autre se seraient emportés et auraient poussé des jurons outranciers. Il finit par reprendre sa place de départ, derrière les deux rangées de pièces en ébène. Il fut tout à coup ébloui par deux nouvelles explosions de lumière, deux nouveaux cercles de chaque côté du plateau de jeu, et il se retrouva sans comprendre en plein dans un faisceau flamboyant dont il ne parvenait pas à distinguer la source. Lorsqu’il rouvrit doucement les yeux, il remarqua la présence d’un enfant qui lui faisait face, un jeune garçon aux cheveux noirs et aux yeux d’un bleu profond, assis en tailleur derrière les rangées de pièces en bouleau. Sans montrer sa surprise, le jeune homme posa son regard sur le gamin et lui lança un salut silencieux, levant son index et son majeur droit. Le petit lui rendit son salut de façon naturelle avant de lui indiquer d’un geste de la main de prendre place derrière le plateau à côté duquel étaient apparus deux petites boîtes en bois laqué, contenant chacune seize emplacements. Le garçon avança son premier pion.

Durant les longues minutes qui suivirent, les deux joueurs ne se quittèrent pas un instant du regard, déplaçant leurs pièces sur le plateau en fin connaisseurs et stratèges expérimentés. Seul le son des pièces de bois contre la table de jeu contribuait à briser le silence presque religieux de l’espace dans lequel s’affrontaient un Castello comateux et son alter ego âgé de neuf ans. Malgré le caractère absolument irréel de la situation, le voyageur ne se montrait pas surpris outre mesure, se contentant de considérer celui qui lui faisait face comme un adversaire lambda, bougeant ses pions sur le quadrillage en réponse aux actions, tantôt offensives, tantôt défensives du gamin. Plus la partie durait, plus le temps de réflexion de chacun des participants diminuait, les possibilités d’un jeu pertinent se faisant de plus en plus rares au fur et à mesure que le tableau se vidait et que les boîtes de chaque côté se remplissaient. Toutes les situations avaient été prises en compte plusieurs tours à l’avance, analysées selon leurs chances de succès, et retenues pour terminer la partie dans les plus brefs délais une fois la ligne d’arrivée visible à l’horizon. Finalement, le garçon, sans ciller, saisit son cavalier restant et le déposa lentement sur la plateau.


« Échec. »

Castello baissa alors les yeux sur le terrain. La situation ne faisait absolument aucun doute. Son adversaire avait fini par prendre le dessus sur la partie et il ne restait plus au voyageur qu’une seule solution immédiate : la fuite. Un sourire à la fois triste et déçu se dessina sur son visage d’albâtre alors qu’il relevait les yeux sur le garçon qui avait disparu. A la place, il s’agissait maintenant d’un jeune adulte aux cheveux ébouriffés avec un sourire malsain étirant ses lèvres rubicondes, tandis que ses pupilles d’un bleu surnaturel brillaient intensément à la lumière du projecteur. Le visage du comateux se ferma instantanément, posant sur sa double personnalité un regard assassin que l’autre, en retour, soutenait avec amusement. Sans détacher ses yeux, le sadique montra le plateau d’un signe de la main, une main entourée de bandages à moitié déchirés et tâchés de sang brunâtre, invitant le nomade à se remettre au jeu. Un long soupir et des paupières à demi-closes sur des pupilles brumeuses. Les doigts fins du fils Dornes saisirent une pièce de bois et il la déplaça silencieusement jusqu’à un point donné. Son alter ego joua à son tour. Les deux adversaires avaient maintenant tous deux les yeux rivés sur l’échiquier, capturant chaque mouvement, analysant chaque nouvelle possibilité en prenant différentes variables en compte, jusqu’à ce que finalement, une dernière pièce se pose sur le plateau.

« Échec et Mat. »

Cette fois-ci, ce fut la voix douce du voyageur qui prononça ces quelques mots. Visage neutre, regard froid, et pas la moindre trace de sourire. C’est non sans cynisme que son autre personnalité le congratula d’un applaudissement faussement sincère qu’il exécuta avec une souplesse digne d’un pantin entre les mains d’un marionnettiste amateur. Après un léger soupir, un nouveau sourire, las, apparut sur la figure du sadique, tandis qu’il posait son index sur son roi et que, d’un mouvement rapide du poignet, il le fit basculer. La pièce tomba raide sur le plateau, et le choc des deux morceaux de bois résonna un instant avant que le projecteur central ne s’éteigne brusquement, laissant les deux hommes face à face. Aucun n’esquissa le moindre geste, se contentant de regarder l’autre dans le blanc des yeux, l’un avec un sourire malsain, l’autre avec un visage fermé.

« Tu veux jouer à autre chose ? »

Aucune réaction de la part du voyageur. Il garda le silence et fixa intensément son double qui leva les yeux au ciel et haussa les épaules. Le jeune homme, d’un calme exemplaire, resta assis en tailleur et ferma les yeux, posant ses mains sur ses genoux et patientant. Un son électronique se fit entendre, un bourdonnement caractéristique que le nomade reconnut immédiatement et qui lui fit ouvrir un œil quelque peu indifférent qu’il dirigea en direction de sa personnalité sadique. Quelle ne fut sa surprise de le voir debout, déguisé en chirurgien avec son bandana noir et son masque sur le visage, de même que sa blouse tâchée de sang. Le pire, dans tout cela, devait être la présence d’une table d’opération sur laquelle se trouvait un corps dénudé dont la partie intime était dissimulée sous une serviette blanche. Intrigué et inquiet, le philanthrope se força à se redresser sur ses jambes et se dirigea vers son alter ego qui lui lança un regard enjoué en même temps qu’il lui faisait un signe joyeux de sa main armée d’une pince en métal. Le jeune homme eut beaucoup de mal à garder son calme, cette fois, en voyant que le corps n’était autre que le sien, criblé de balles. Il ne comprenait pas ce qui se passait, mais sentait qu’un élément lui manquait, un élément important de sa mémoire. Soudain, il ressentit une terrible douleur à la poitrine, alors que son double venait d’enfoncer sa pince dans l’une des plaies du corps sans vie. Le nez, remplacé par une ampoule rouge, clignota un instant alors que se faisait entendre un nouveau bourdonnement électronique. Le voyageur cracha du sang et son autre personnalité riait aux éclats.

« Oups ! J’ai dû toucher le poumon. J’adore ma version du Docteur Maboul, pas toi ? Personnellement, ce qui m’amuse particulièrement, c’est le fait que même en ayant gagné la partie, en attendant que tu regagnes ton corps… Tu es tout à moi !! »

Il avait malheureusement raison. Dans son état comateux,, le jeune homme n’était plus que spectateur et victime, n’ayant plus le moindre contrôle sur son propre esprit. Et quand bien même tout ce dont il était témoin faisait naitre en lui un sentiment désagréable de mauvaise surprise, il sentait que tout ce qu’il voyait lui était quelque peu familier, comme si tout ceci avait déjà eu lieu auparavant. Certains appelaient cela un sentiment de Déjà Vu, lui considérait qu’il s’agissait plus de mémoire refoulée. La preuve était qu’il ignorait trop d’éléments, à propos de trop d’événements. Il ne savait pas pour quelle raison il se retrouvait prisonnier de cet endroit qu’il devinait être son esprit, ou du moins un cauchemar, il ne se souvenait pas de ce qui s’était passé avant son arrivée dans cet espace immense et noir, et il avait l’impression que plus il essayait de trouver, plus il creusait loin, et plus il risquait de ne pas aimer ce qu’il allait découvrir. Ce corps sans vie criblé de balles était le sien, mais la question était de savoir s’il s’agissait de la réalité ou d’un autre tour de son cerveau. Et le fait qu’il souffrait lorsque son alter ego s’amusait sur le corps, peut-être était-ce dû au fait que le corps n’était pas tout à fait mort. Il ne comprenait pas, et l’autre ne l’aidait pas en piochant allègrement dans les plaies, faisant bourdonner son jeu de société macabre. Le nomade était au sol, haletant, crachant et toussant des quantités phénoménales de fluide vital. Il se sentit soudainement mieux lorsque le sadique, jouant un instant le jeu, prit avec précision et sérieux l’une des munitions fichée dans l’un de ses organes, aidé par une pince clamp dont il avait armé sa main gauche de métal. Il regarda un instant le pauvre Castello à quatre pattes sur le sol et sourit sous son masque chirurgical.

« Je plaisante, hein ! »

Lança-t-il aussi enjoué qu’un enfant, alors qu’il enfonçait profondément la cartouche dans l’orifice dont il l’avait sortie au préalable. Sous la douleur, le garçon se recroquevilla au sol non sans avoir craché une autre giclée de sang, et tourna de l’œil après quelques secondes. Lorsqu’il rouvrit les paupières, il lévitait au-dessus du sol. Pour être plus exact, il lévitait au-dessus de son propre corps allongé sur une table, autour duquel s’affairaient ses deux amis et frères d’armes et un homme encagoulé. Le silence n’était troublé que par le son des ustensiles pénétrant sa chair sans qu’il n’éprouvât la moindre douleur, tandis que ses sauveteurs sortaient petit à petit les morceaux de plomb qui semblaient tapisser tout l’intérieur de son corps, tant les coupelles de métal près de sa tête étaient remplies. Il était étonné de voir le nombre de projectiles qui avaient percé son enveloppe charnelle, et surtout de voir qu’apparemment, il était encore en vie puisqu’ils prenaient la peine de le transfuser. Aussi étrange que cela puisse paraitre, il sentait au fond de lui que tout ce qu’il voyait était réel, contrairement aux derniers épisodes qui s’étaient joués dans son esprit. Par conséquent, il était entre la vie et la mort, quelque part dans un entredeux qui lui permettait d’assister à ce qui se passait dans le monde tangible. Il se sentait en sécurité entre les mains expertes des deux Assassins, observant leurs gestes précis et rapides, sans le moindre mouvement superflus, voyant comme ils suturaient avec soin les plaies éparses qui recouvraient son torse après l’avoir vraisemblablement fait basculé, au vu du grand nombre de compresses de gaze qu’il voyait dépasser de son dos, par-dessus son épaule immobile. Mais malgré ce sentiment chaleureux, quelque chose n’allait pas. Il ignorait encore les raisons inhérentes à cette situation chaotique. Il n’arrivait pas à mettre le doigt sur les éléments qui lui manquaient. Et pourtant, il les savait à portée de main. Sans vraiment s’en rendre compte, il s’était recroquevillé dans son état d’apesanteur, se tenant la tête dans les mains, ne faisant même plus attention aux protagonistes élevant la voix et se menaçant mutuellement. Soudain, il fut nimbé d’une puissante lumière blanche qui l’enveloppa avec tendresse.

Sur la table du salon d’Amaury Scherr, Castello ouvrit les paupières.

**Fin du Détour**

**Transposition Temporelle**

« On est en train de le perdre !!! »

L’aîné de la fratrie d’Assassins était agenouillé près du corps de son ami, tandis que sa cadette maintenant la tête dégoulinant de sang du voyageur. Son souffle était pratiquement inexistant, de même que les battements de son muscle cardiaque. Comme si toute la situation avait été prévue et répétée à de nombreuses reprises, le jeune homme aux cheveux d’albâtre se releva d’un bond et courut vers la cape de sa jeune sœur pour s’en servir comme d’un coussin pour surélever la nuque du fils Dornes. Un signe de tête en direction de la brune à boucles et celle-ci quitta le chevet du mourant pour se charger de la logistique, laissant son frère analyser d’un œil plus pragmatique et professionnel les diverses blessures parsemant le corps à moitié nu, observant la trajectoire des cartouches et leur puissance pour déterminer les dégâts internes sans avoir à attendre une pseudo-autopsie. Cette étude minutieuse lui prit quelques secondes, simplement le temps de récupérer dans l’une de ses poches un petit carnet à reliure de cuir marron gravé. Il chercha brièvement dans les vieilles pages les informations qu’il désirait, autrement dit la fiche technique des pistolets HK USP Standard possédés par les Miliciens. Par quelques calculs plus ou moins simples, il comprit que bon nombres d’organes avaient été touchés de façon très sévère, peut-être même irréversible, même pour le monstre d’endurance qu’était le nomade. Il poussa un juron discret avant de ranger ce qui lui servait de Bible, un condensé de toutes les informations nécessaires au combat et à la stratégie, allant des principes de base d’affrontements au corps à corps aux notions de barométrie primordiales à un Observateur dans un duo de tireurs embusqués, le tout écrit à la plume et agrémenté de schémas ou de photographies collées à même le papier. Le livre de chevet idéal à tout Assassin qui se respectait, en somme.

De son côté, la jeune femme récupéra sans perdre une seconde son équipement laissé à terre. Bien qu’ils entravaient ses capacités et empêchaient la combattante d’avoir un contrôle total de son corps en raison des différents poids dispersés ici et là, toutes ces protections et cet armement valait une petite fortune, pour peu qu’il soit possible de se les procurer en premier lieu. La tenue tactique en était l’exemple type. Encore au stade expérimental et prototypique, le gilet en Néo-Kevlar (à défaut d’une appellation officielle connue à ce jour), dont les plaques de protection dorsale se composaient d’une enveloppe en polymère et d’un cœur en titane, ne se trouvaient actuellement que dans des laboratoires de recherche militaire Top Secrets où les produits étaient soumis à des batteries de tests afin de déterminer et d’allonger au maximum la durée de vie de ces équipements onéreux. Inutile de préciser qu’avec l'aide de certains contacts (ni espions, ni agents-doubles, seulement intéressés par un arrondissement de leurs fins de mois) au sein de ces infrastructures, il devenait aisé d'obtenir de précieuses informations et pièces détachées, mettant ainsi la main sur le Nec Plus Ultra de la technologie d’armement militaire disponible sur les marchés de l’Empire. Autant dire que faire les magasins, chez les Stewart, se résumait souvent à s'approprier des prototypes dans des complexes militaires, s’armant ainsi plus efficacement pour ce qui constituait leur travail. Et c’était également pour cette raison qu’en plus des quatre énormes sacs militaires (deux par personne) qui contenaient le nécessaire à leurs différents voyages aux quatre coins de l’Empire et au-delà, ils louaient quelque part un entrepôt où ils entreposaient et modifiaient à leur sauce, parfois de façon plus efficace que des ingénieurs spécialisés, toutes les pièces qu’ils avaient la chance de posséder. Ils n’avaient pas fait d’études poussées, mais ils avaient été élevés pour le combat et pour la guerre, et leurs talents, qui n’étaient clairement plus à faire, leur servaient aujourd’hui, en temps de Paix, à suivre l’idéologie qui avait bercé leur enfance : l'Équilibre. Une tête haut-placée qui tombait avait souvent plus de répercussions sur le système qu’un million d’anonymes, et c’était là leur spécialité, bien qu’ils ne refusaient jamais un conflit ouvert à petite échelle, comme celui de ce soir, dans ce parking souterrain. Par ailleurs, ils profitaient toujours du répit qui suivait pour récupérer du matériel. C’est ainsi que la cadette Stewart, après s’être rapidement équipée, fouilla le corps de chacun des Miliciens et obtint ainsi un nombre non-négligeable de chargeurs et de munitions qu’ils n’auraient pas à se procurer par eux-mêmes au marché noir, avant de retourner auprès de Castello, sans oublier de récupérer les armes et effets personnels de ce dernier au passage : son Beretta M9 tombé au sol, le Colt M1911 Custom prêté au jeune Scherr, le bouclier pare-balles amovible et, surtout, son sabre électronique logé dans la gorge d’un patrouilleur en uniforme rouge.

Un homme encagoulé fit alors irruption dans le parking, et la jeune sœur sortit instinctivement son revolver chambré en cartouches d’assez gros calibre pour ne laisser qu’un énorme trou au milieu de la dite cagoule. Ce fut la main de son aîné qui l’arrêta, se posant sur son bras mince. A l’opposé de sa sœur impulsive, il analysait les situations avec une froideur surnaturelle, regroupant les éléments à une vitesse phénoménale et tirant des conclusions tout aussi rapidement. Le fait qu’un homme dans un tel accoutrement, de plus équipé d’un sac contenant apparemment beaucoup de matériel, se présente à eux à un tel moment ne pouvait clairement pas être le fruit du hasard. Sûrement restait-il quelqu’un là-haut, celui chez qui le voyageur pensait avoir trouvé un toit, qui avait dû passer un coup de fil dans un moment de panique. L’intervention de l’inconnu auprès de la jeune femme en robe le conforta dans cette idée, alors qu’il récupérait au sol le canard de bain qu’il rangea dans l’une de ses poches, avant d’aller chercher ses propres sacs, sa cadette s’étant aidée des siens pour conserver les munitions pillées sur les cadavres. A peine la proposition de monter plus haut dans les étages, afin de s’occuper des blessés, fut-elle énoncée que l’Assassin à la chevelure de neige avait la prothèse biomécanique du nomade autour des épaules, laissant sa partenaire récupérer son ample vêtement qu’elle remit en place, dissimulant de nouveau son visage sous sa large capuche sombre. Le voyage en ascenseur fut des plus silencieux, chacun perdu dans ses propres pensées et ses propres appréhensions concernant les minutes qui allaient suivre. Le couple, bien qu’ils n’en montraient rien, s’inquiétait du bien-être de leur compagnon d’armes et espérait qu’il leur montrerait un nouveau miracle de la Nature. Des miracles. Il fallait dire que le voyageur leur en avait fait voir des vertes et des pas mûres, au cours de leurs différentes aventures de part le vaste Monde. Il fallait dire que le garçon avait une force vitale hors du commun, et un instinct de survie à toute épreuve. Ce n’était pas la première fois qu’il bravait la Mort, mais ils avaient aujourd’hui peur que ce serait la dernière. Il y avait tout de même une différence entre se prendre un coup de couteau dans le ventre et se faire cribler de balles par une demi-douzaine de Miliciens défoncés à leur propre testostérone. Il y avait cependant un dénominateur commun : la fille. Sans sa présence, il était clair que le jeune homme n’aurait jamais pris ce risque insensé, et sans doute serait-il encore debout et indemne parmi eux. Mais il fallait avouer que cocaïne ou non, la femme avait pris son rôle au sérieux et avait fait preuve d’un certain Courage, qui pouvait être qualifié de Folie ou d’Inconscience, mais qui lui valait tout de même une certaine considération, quand bien même elle avait mis la vie de leur frère d’armes en danger par son manque cruel d’expérience et la hâte qu’elle avait mise à entrer dans le feu de l’action sans la moindre préparation préalable.

Toujours dans un silence pratiquement religieux, ils déposèrent le corps de Castello sur la table recouverte d’un grand drap immaculé. Alors que la logique voulait qu’on le plaça sur le dos, l’aîné fit comprendre d’un regard que cette façon de procéder risquait d’endommager plus encore les tissus touchés, en particulier si l’on prenait en compte le nombre incomparablement plus élevé d’impacts sur la partie dorsale du nomade, alors que le torse ne devait pas souffrir de plus de trois ou quatre plaies. Une fois prêt à opérer, l’Assassin ouvrit l’un de ses sacs et en sortit une caisse blanche possédant plusieurs compartiments annexes. Voyant que l’homme encagoulé disposait de poches de sang universel, le couple atypique se concentra sur des mesures qui relevaient plus de l’hygiène. Dans un geste synchronisé, ils dégrafèrent la broche d’argent retenant leur cape de voyage qui tomba au sol et couvrirent leur visage d’un masque de chirurgie, de même qu’ils recouvrirent leur front d’un bandana noir absorbant la sueur qui risquerait de perler durant l’opération. Ils retirèrent leurs gants matelassés, révélant chacun une paire de mains recouvertes de bandages serrés et immaculés. Ils finirent par enfiler des gants de latex et des blouses jetables qu’ils trouvèrent dans l’énorme coffret de soins intensifs. Ils ouvrirent d’ailleurs un second compartiment où ils récupérèrent des pinces stériles de toutes sortes. Enfin, le jeune homme fut transfusé et commença alors une opération lente et précise, qui demanda des efforts de la part de chacun des médecins. Ils ignoraient si l’inconnu était ou non véritablement qualifié à cette tâche, mais son attirail et la sûreté de ses gestes suffisaient à les laisser s’occuper du corps meurtri de leur ami. Il se débrouillait d’ailleurs plutôt bien, sans trop de gestes superflus dans ses différents déplacements. Ils remarquèrent cependant qu’aussi efficace était-il, il n’était définitivement pas chirurgien à temps plein : la scie et le pistolet sur lequel ils jetèrent un œil rapide le confirmait, aussi se méfiaient-ils malgré tout, se préparant à dégainer et à tirer si le moindre indice laissait présager que la situation risquait de mal tourner. Les balles finirent par toutes être retirées, les plaies toutes suturées avec soin. Le couple poussa un très léger soupir de soulagement en voyant que, même dans une espèce de coma, leur ami était toujours en vie et respirait, même faiblement.

A peine avaient-ils retiré leur tenue de chirurgie et rangé leur matériel que se montra, dans une toute nouvelle tenue, la mannequine droguée qui, sans leur laisser une seule minute de répit, commença à leur faire une remontrance des plus acerbes. Ils n’étaient, certes, pas des plus irréprochables, et il était clair que la raison de leur présence en ces lieux restait inconnue, d’autant plus que d’après ce qu’ils avaient pu voir et analyser depuis qu’ils étaient arrivés, il s’agissait sans nul doute d’un repaire de Rebelles. Cependant, ils avaient su montrer un minimum de courtoisie envers leurs hôtes, courtoisie qui leur était apparemment rendue par une expulsion. Cynisme mis à part et situation parfaitement recadrée dans son contexte, le comportement agressif de la jeune femme ne leur plaisait pas, mais ils préférèrent garder le silence et gardèrent leurs yeux fixés sur la jeune femme blonde, mais restant à l’affût du moindre geste de l’homme encagoulé, en attendant la suite des événements. Cette dernière ne se fit d’ailleurs pas attendre lorsque le semi-chirurgien intervint auprès de sa collègue pour lui faire, à son tour, un sermon qui confirma la présence de cocaïne dans le corps pâle et frêle. Avant de s’en aller en claquant la porte, il se permit la fantaisie de les menacer ouvertement, de la même façon que Hayden Moriarty avant lui : décidément, il fallait croire que la manque de tact était monnaie courante, dans la Cible. En silence, le frère et la sœur prirent place sur les chaises, se lançant un regard et un haussement d’épaules qui en disaient long sur les propos échangés de façon sarcastique. Retranscrits de façon ironique, il ne manquait plus qu’une brève série de rires enregistrés pour obtenir une scène type de Sitcom Américaine de la fin du XXème Siècle.


*Il est sérieux, là ?*

*Il faut croire. Faudrait pas commencer à faire les malins : il a l’air féroce !*

La jeune femme eut bien du mal à se retenir de pouffer à la remarque moqueuse de son aîné qui, malgré la situation, ne perdait aucunement son sang-froid. Après quelques secondes, cependant, l’aîné se leva de sa chaise sous le regard de la mannequine dont il n’avait cure, en réalité, se préoccupant principalement de l’état de santé du voyageur allongé sur la table d’opération artisanale. Il épongea rapidement le front de ce dernier avant de jeter un œil aux sutures et vérifia pour terminer qu’il n’y avait pas de symptômes postopératoires visibles. Voyant que son frère d’armes était dans un état stabilisé, il ouvrit l’un des compartiments de sa caisse frigorifique et en sortit un piston de métal brillant qu’il prit en main, le soupesant un instant. Un signe de la main et sa sœur le rejoignit sans se préoccuper non plus de Hayden. Elle aurait pu les braquer avec son pistolet qu’ils auraient agi de la même façon, pour la simple et bonne raison qu’ils possédaient toutes les pièces du puzzle. Après tout, ils étaient en plein territoire Rebelle, à n’en pas douter. Or, à moins qu’ils ne se montrent particulièrement dangereux, d’une façon qui pouvait compromettre leurs divers plans, il ne leur serait fait aucun mal car ils entendaient sans doute les interroger par la suite. De plus, leurs actions, bien que dangereuses et audacieuses, avaient tout de même permis la mise à mort de deux patrouilles de Miliciens. Prenant tout cela en compte, et observant le fait qu’ils étaient maintenant en train de préparer une substance liquide de couleur écarlate dans une fiole qu’ils insérèrent sur le piston, ils n’avaient clairement aucun souci à se faire. De toute façon, ce n’était pas comme si la jeune femme qui avait été désignée pour les surveiller était réellement apte à les arrêter. Quoi qu’il en soit, ils vissèrent une aiguille stérilisée sur la seconde extrémité de la fiole et, apposant du désinfectant dans le creux du coude du nomade, entreprirent d’injecter leur catalyseur maison dans l’organisme de leur ami. C’était une sorte de coagulant miracle, qu’ils avaient créé à l’aide de quelques chimistes clandestins de leurs connaissances, disséminées aux quatre coins du Globe : une injection bien dosée aidait à la réparation des tissus, aussi bien internes et externes, permettant ainsi en quelques jours de cicatriser des blessures autrement fatales ou presque. L’une des raisons pour lesquelles Castello était encore en vie aujourd’hui résidait dans ce flacon dont le contenu parcourait ses veines à cet instant. Mais il y avait un contrecoup à une utilisation abusive du produit, malheureusement. Des doses trop peu espacées risquaient de créer une dépendance et une baisse d'efficacité, ralentissant le processus de guérison de l’organisme (une sorte d’hémophilie), entraînant invariablement la mort. De plus, une dose trop forte pouvait générer une coagulation phénoménale qui, à l’instar du venin de certaines espèces de serpents, changeaient la pauvre victime en ersatz de boudin noir géant en l’espace de quelques minutes.

Après cet interlude silencieux, ils reprirent leur place sur les sièges qui leur avaient été assignés. Fermant les paupières, ils n’échangèrent pas le moindre mot, entrant dans un état semblable à une transe rituelle, gardant les mains posées sur leurs cuisses. De longues minutes passèrent, de très longues minutes qui passèrent comme des secondes, jusqu’à ce que s’ouvre la porte sur deux silhouettes encagoulées et armées de pistolets. Le couple d’Assassins ouvrit distraitement les yeux, soulevant leurs paupières avec lenteur. Leurs pupilles se posèrent sur les visages masqués et une neutralité totale, sans la moindre émotion, apparut sur leur figure. Le canon des semi-automatiques étaient pointés sur eux, tremblant très légèrement. Chose à noter, le premier inconnu n’était pas revenu. Sans doute était-il encore dans le parking souterrain, tentant tant bien que mal de nettoyer la boucherie qui y avait eu lieu. Cela facilitait grandement la tâche, il fallait bien l’avouer, car si ce dernier montrait clairement qu’il savait ce qu’il faisait, les deux nouvelles figures apparaissaient comme des nourrissons. S’il s’agissait là des plus qualifiés qu’ils avaient trouvé, il était clair que la Cible n’avait pas la moindre chance de remporter une confrontation contre les forces de l’Empire. Ils essayaient de se rassurer, cependant, en se disant qu’ils devaient être de ceux qui étaient de garde, deux types sans importance et sans talents particuliers pour le combat, cela se voyait au premier coup d’œil. Ils restèrent de marbre devant leurs surveillants, si l’on pouvait les qualifier ainsi, ne voyant pas de raison de devenir agressif ou de refuser d’obtempérer. Après tout, ils avaient déjà ruiné un terrain de stationnement, ils n’allaient pas non plus détruire un loft qui leur offrait un toit des plus chaleureux. Sans bouger d’un pouce, ils analysèrent la situation, schématisant dans leur tête les différents paramètres à leur disposition. Un exercice cérébral que peu de gens prenaient le temps d’aborder, parmi le peu de gens qui le connaissaient. Mais un élément changea toute la donne…

Sur la table du salon d’Amaury Scherr, Castello ouvrit les paupières.

**Fin de la Transposition Temporelle**

**Retour à la Réalité**

Le voyageur se réveilla en sursaut, prenant une grande inspiration.

Instinctivement, les deux Rebelles se retournèrent vers le corps allongé et enveloppé de bandages et de compresses de gaze. L’instant qui suivit se déroula à une vitesse impressionnante, presque surnaturelle. La seconde où leurs yeux quittèrent le couple d’Assassins fut décisive. Dans un mouvement parfaitement synchrone, ils attrapèrent de leur main gauche le poignet armé de leur assaillant respectif et assénèrent un coup de pied précis dans le nerf axillaire, entre le biceps et le triceps, causant une paralysie instantanée chez les victimes qui lâchèrent leur arme. Toujours assis sur leur siège, ils attrapèrent les pistolets semi-automatiques et donnèrent chacun un coup de tibia dans la jambe gauche des hommes encagoulés qui tombèrent au sol avant de se prendre un dernier coup de botte renforcée dans le menton. Le frère et la sœur se levèrent, pistolet chargé en main, doigt contre le pontet de détente et canon dirigé vers les jeunes recrues qui se souviendraient sans doute longtemps de cette humiliation. Ce qui était impressionnant, c’était sans aucun doute la vitesse d’exécution et la synchronisation parfaite des deux corps, comme si une seule pensée animait le couple. La véritable raison était bien entendu une expérience similaire et un entraînement absolument identique depuis leur plus tendre enfance, leur permettant de réagir de façon quasiment instinctive dans une situation type. L’aîné pris d’un geste rapide son propre Colt M1911 Custom dans son holster de cuisse et le pointa vers le visage de Hayden avant qu’elle ne puisse réagir d’une façon qui risquerait de lui attirer plus d’ennuis. Il n’avait pas esquissé le moindre regard dans sa direction mais savait parfaitement où elle se trouvait, ayant déjà calculé les paramètres de la situation précédente. Il n’avait pas fallu plus de cinq secondes aux deux combattants pour maîtriser leurs adversaires, un temps beaucoup trop court à une personne normale pour réagir de façon adéquate. De son côté, la jeune sœur sortit son pistolet tactique et le pointa en direction de Castello qui reprenait doucement ses esprits après son réveil brutal.


« Vous feriez mieux de reculer d’un pas ou deux, Mademoiselle Moriarty. Notez que je ne vous menace nullement par mes paroles, préférant considérer me dernière phrase comme un avertissement. Au cas où il faudrait vous le rappeler, le garçon allongé sur cette table abrite en son sein un véritable monstre dont vous avez pu voir l’étendue de la cruauté. Il suffirait que Castello ait perdu sa petite Partie d’Echecs et ledit monstre pourrait se retrouver en plein milieu de ce salon. Sachez que, bien que vous m’indifférez, il se trouve que vous plaisez à notre ami. J’aimerais si possible éviter qu’il se réveille sur la vue de votre corps démembré de ses propres mains, vous ne pensez pas ? »

Une voix particulièrement froide et indifférente était sortie d’entre les lèvres de l’aîné de la fratrie. Il attendit que la mannequine ait obtempéré pour pointer son deuxième pistolet en direction du voyageur qui se tournait avec peine sur le côté, sans doute accablé par la douleur qui parcourait son corps. Ce pouvait être un bon signe. Mais d’un autre côté, il s’agissait peut-être tout simplement d’un réveil difficile pour l’entité sadique habitant l’esprit du nomade. L’un après l’autre, les deux combattants en tenue de combat armèrent le chien des quatre pistolets qu’ils avaient en main, prêts à ouvrir le feu s’il le fallait. Ils avaient beau apprécier leur frère d’armes, ils n’éprouveraient aucune pitié à le cribler de balles s’il n’était pas lui-même. Après tout, c’était une façon d’abréger les souffrances de leur ami.

« Cas’ ? C’est bien toi ? »

Un léger gémissement se fit entendre, tandis que l’homme aux cheveux bruns ébouriffés tentait en vain de se redresser sur son séant. Alors qu’il aurait dû être mort, il ne ressemblait là qu’à un simple être humain courbaturé par une longue journée d’exercices. Le frère et la sœur gardaient le canon de leurs armes pointés sur le corps enrubanné de leur ami, doigts parés à appuyer sur les détentes. Le voyageur tourna légèrement la tête et ses paupières se relevèrent sur des yeux d’un magnifique bleu turquoise. Un sourire se dessina sur ses lèvres.

« Échec et Mat en vingt-sept coups. Vous pouvez baisser vos flingues ? »

Ils s’exécutèrent avec un soupir de soulagement. Tout semblait tellement surnaturel, tout à coup. Pour la mannequin, et probablement le styliste et son frère journaliste, ce serait sans doute quelque chose d’inexplicable, sans compter le premier inconnu encagoulé qui remonterait pour voir ses deux hommes à terre et le comateux en forme, une heure après l’opération chirurgicale. Il ne faut pas penser que pour le trio de combattants itinérants, ce genre de situations était considéré comme ordinaire, non, mais il fallait bien avouer que cela n’avait rien de particulièrement incroyable : depuis toujours, leur rapport à la Mort avait été assez relatif. Quoi qu’il en soit, grimaçant quelque peu de douleur, le jeune homme inspecta le peu qu'il voyait de son environnement et son regard se posa sur la jeune femme blonde. Il sourit de nouveau, bien qu’il fasse plus peur qu’autre chose, au vu de la pâleur inquiétante de sa peau. D’une voix douce, il s’adressa à elle de façon tout à fait charmante.

« Je suis heureux de voir que vous vous portez bien, Miss Moriarty. Je crains que je ne puisse me retourner, dans l’état actuel des choses, mais je crois entendre que Messieurs Théo et Amaury Scherr se portent bien également. Je ferai le nécessaire lorsque j’en aurai les moyens, mais je tiens par avance à m’excuser pour tout ce que vous avez eu à vivre par ma faute. J’espère que vous trouverez en vous le moyen de me pardonner. Dans le cas contraire, sachez que je suis néanmoins ravi que le sacrifice -relatif- de ma vie aura été en mesure de sauvegarder la vôtre. »

Sur ses dernières phrases, il avait fermé à demi ses paupières et avait posé sa main de métal, bougeant par à-coups, sur sa poitrine quelque peu meurtrie, à défaut de pouvoir s'incliner. Il n’avait pas le souvenir de ce qui s’était passé, après que son corps ait servi de bouclier à Hayden Moriarty, mais il se doutait qu’il ne tenait pas particulièrement à le savoir. Tout le monde allait bien, ou presque, c’était suffisant pour le Philanthrope qu’il était. Dans un soupir, ses yeux se fermèrent et il retomba dans un sommeil sans rêves, sans personne pour l'ennuyer. Plongé dans son univers d'une noirceur infinie, éclairé par un projecteur solitaire, il s'amusait à retirer les pièces de son plateau de jeu, maniant sa pince avec dextérité, en attendant de retrouver son corps...

[Message édité.]

[Réponse terminée il y a 48 heures. La privation d'Internet fut d'autant plus difficile à supporter que mon fichier Word attendait patiemment d'être posté...
De nouveau, un long message. Je tiens à m’excuser si les quelques fantaisies que je me suis permis par rapport à la fratrie Stewart vous trouvent dérangés, là n’était pas le but recherché. Vous aurez sans doute compris que, dans le cadre de Strength and Faith, ces personnages me servent dans un but d’exutoire avoué. Ils n’apparaitront qu’à certaines -très- rares occasions, disparaissant aussi vite après leur besogne accomplie, je puis vous l’assurer. Sur ces quelques mots, je vous souhaite à toutes une excellente soirée, très Chères <3]

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MessageSujet: Re: « La jeunesse est une fraction de folie. » [PV Hayden, Castello et Théo]   Mar 9 Oct - 3:26

Je flotte. C'est ça, en fait. Flotter, c'est le mot. Bercé par la noirceur ambiante, je sais que je ne suis ni mort, ni vivant. Je suis entre deux mondes. J'ai les yeux fermés, et pourtant, je vois. Parce que tout ça se passe dans ma tête, en moi, plutôt. Je ne peux pas parler de conneries d'âme ayant vu leurs corps à leurs pieds, d'expérience extra corporelle comme ils disent dans le jargon. Pour moi c'est... différent. Je n'ai plus mal. Je n'ai plus rien, d'ailleurs, plus rien du tout. Je palpe ma poitrine. Moi? Ou l'image de moi que je vois? Je sais que je suis allongé quelque part, je ne peux pas flotter non plus... Il y a un trou béant à la place de ce coeur si encombrant, si incommodant. Je peux passer mes doigts à travers mon torse, je pourrais presque passer mon bras a travers moi. Presque. Le stimulateur à disparu. Il n'y a plus que mon corps, plus que moi, moi et cette noirceur qui m'entoure, qui vit à travers moi. Je ne peux ni avancer, ni reculer. Je suis passif, flottant comme un ballon abandonné... sauf qu'il n'y a pas de vent pour me pousser. Il n'y a plus rien.

Et puis, des ondes électriques ont parcourus mon torse, me faisant sursauter. Des ondes, des éclairs, je ne sais pas. Des volutes bleutées et crépitantes. Un sifflement aigu retentissait maintenant à mes oreilles, et je m’efforçais en vain de lever mes mains pour protéger mes tympans. Mais mon corps n’était pas là, ce n’était pas ce que je voyais, mon corps était ailleurs et j’étais incapable de bouger. Le sifflement me perçait le crâne, allait me le faire éclater. Les éclairs courraient sur ma peau, alors que je me débattais pour pouvoir enfin boucher mes oreilles de ce bruit horrible qui me blessait physiquement. Mon cœur… La douleur me déchire la poitrine, et j’hurle. Je crois que j’hurle.

Mes yeux s’ouvrent subitement et je prends une grande respiration. Presque affolé, je regarde avec frénésie autour de moi… L’appart’ d’Amaury. Le grand frère penché sur moi, l’air soulagé, des mots sur les lèvres que je n’entends pas. La vue fonctionne, mais le reste… Serait-ce une larme que je vois ? Hayden. Son visage rassuré, sa main sur mon bras… Je sens des électrodes sur mon torse. Un défibrillateur ? Je souris, reconnaissant, à mon frère, mon protecteur. Je souris et voudrait me redresser, mais une main sur mon épaule m’en empêche…


- Castello ?

Ou est-il ? Va-t-il bien ? Je sais qu’il est devenu comme une bête sauvage, en dessous… Qu’il était grièvement blessé. Il est sauvé ? Mon ouïe se remet à fonctionner et j’entends des tintements. Du métal contre du métal. Je sens l’odeur du sang. Ils l’opèrent… Bon sang, j’espère qu’il va s’en sortir.
Mon frère me conduit dans la chambre que j’occupe, me porte, plutôt. M’allonge et s’assieds à mes côtés. Il ne me touche pas, il n’a pas les gestes de tendresse qu’on pourrait attendre. Mais je lis en lui. Et je ferme les yeux. Je les rouvre, ce qui me semble une seconde plus tard, mais un moment est passé, un bon moment. Hayden ouvrant la porte m’a réveillé. Elle vient aux nouvelles. Je voudrais parler, la remercier, parce qu’elle est forcément pour quelque chose, si je peux encore ouvrir les yeux… Je ne peux que lui sourire, trop épuisé pour autre chose. Mourir, ça vide de son énergie… Mais ce n’était pas mon heure. Ce n’était pas le moment. Ce n’était pas à mon tour. Tant mieux. JE sais qu’il ne me reste pas longtemps, mais ça m’aurait fait chier de crever comme ça.

Mes yeux se referment. Les bruits d'affrontements sont loin, très loin de mes oreilles, de mon cerveau. Je dors, et je savoure l'effet que ça fait.


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