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 Madame Butterfly [Mi Février 2100 - CLOS]

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MessageSujet: Madame Butterfly [Mi Février 2100 - CLOS]   Mar 15 Mar - 14:19

Madame Butterfly
=>Démonstration

    L’insomnie, voilà un compagnon bien triste pour une nuit sans fin. Mais je redoutais le matin, je redoutais l’heure du réveil, je redoutais ce jour en entier où j’ai pris une journée de libre. Combien de temps cela fait-il désormais ? J’ai cessé de compter les jours et les années, en vérité, je ne veux plus mettre un chiffre sur ce qui s’est passé. Un an, deux ans, trois ou dix, je ne veux pas, je ne veux plus m’en souvenir. Et pourtant…
    Cela fait trois ans, trois ans qu’Antoine a révélé son véritable visage, trois ans que l’enfant est mort, que je me suis laissé mourir d’une certain façon et que je suis devenue celle que les plus médisants Madame Butterfly. Stupidité que d’y penser, stupidité que me laisser gagner par cette douleur détestable qui me ronge et me dévore comme chaque anniversaire de cette nuit tragique. J’ai envie de vomir, j’ai envie de tomber au sol et de rester, face contre terre toute la journée pour ne plus jamais penser à rien. Mais je m’y refuse. Alors du lit je me lève, je me traine, je m’oblige à aller sous la douche, à m’habiller, à sortir, sans réel but, enfourchant la moto pour aller n’importe où…

    Et me voilà figée, depuis presque deux heures dans ce musée, à observer ce vase derrière sa vitre, l’esprit plus vraiment présent, totalement ailleurs, les traits sans expression. Je me tiens, seule, au milieu de cet endroit, le casque de moto tenue d’une main, la main le long de mon corps, j’observe sans vraiment le voir cet objet ancien.
    Un fantôme pourrait être plus vivant que moi en cet instant. Je ne sais plus pleurer, je ne sais plus hurler ma peine, je n’en ai pas la force, ni le courage. Je pense à cette nuit terrible, j’en frissonne encore, je ne peux plus affronter ce souvenir, alors voilà. Je reste là, vidée de toutes pensées. J’essaye pourtant d’apporter à mon esprit le souvenir d’hier, face à cette impératrice sans intérêt, sans véritable charme que ce soit intellectuel ou physique. Le genre de femme qui me gonfle dès le premier instant où elle ouvre la bouche. Moi, moi et moi. Cela résume bien ce que je juge d’elle.

    Un soupir souffle hors de mes lèvres, c’est de la simple méchanceté pour éviter de penser à cette anniversaire sordide. C’est stupide. Je ne fais pas cela d’habitude, non, je m’en fous de cette impératrice et de cette ville. Je m’en balance, je pourrais dire que je me plais ici mais ce n’est pas vraiment le cas. Une bombe devrait tout raser, en cet instant, un bon gros boum et moi-même je ne serais plus. Ce serait pas mal…vraiment pas mal.

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MessageSujet: Re: Madame Butterfly [Mi Février 2100 - CLOS]   Mer 23 Mar - 13:09

Je ne sais même pas comment je suis arrivé ici. Je ne suis même pas sûr de me souvenir d'être sorti de mon trou à rat au QG pour aller prendre l'air. Mais je crois que ma mémoire n'est pas faible pour des choses comme ça. Si je suis ici, c'est bien pour une raison. Je crois. Enfin bon, je ne me suis pas téléporté, et a moins que je sois un somnambule vachement consciencieux, qui ne se soit pas satisfait avant qu'il ait parcouru au moins 2km, ce dont je doute. Je me rappelle juste avoir travaillé pendant des jours sur un nouveau prototype de sérum de vérité à effet paralysant. Avec une pointe de curare et de venin de serpent. Pour le côté persuasif de la chose. Expérimental. Expérimental, parce que j'en suis encore aux balbutiements. Je ne suis pas sûr de vouloir le terminer et le donner à la Cible. C'est vrai, ils vont se mettre à kidnapper n'importe qui pour savoir n'importe quoi. C'est dangereux, ces trucs-là, c'est un véritable poison! J'peux vous le dire, c'est moi qui l'ait testé. Et il est loin d'être stable. Je me suis retrouvé a raconter ma vie depuis mes 3 ans, j'avais mis un microphone pour m'enregistrer. C'était franchement lamentable, j'ai fini par m'endormir. Non, je crois que je vais foutre ça à la poubelle. Histoire de pas m'en vouloir comme Einstein quand il a trouvé la formule qui a finalement donné la bombe nucléaire.

Enfin, tout ça ne me dit pas pourquoi je suis venu au musée. Inconsciemment, cela va sans dire, puisque je viens juste de réaliser que je suis planté devant une toile de Manet. Qui d'après ce que je sais de l'art et de ce musée, se trouve dans la salle impressionniste, la numéro 9, première du second étage. Quand je me dis que j'ai marché jusque là, que j'ai payé un ticket, que j'ai visité un quart du musée sans m'en rendre compte... Peut-être qu'il faudrait que je fasse un effort pour être un peu plus connecté à la réalité. Si ça se trouve, je suis rentré par la fenêtre des toilettes pour fille et je ne m'en suis même pas rendu compte. J'irais bien demandé au gardien depuis combien de temps je suis là. Mais je crois que ça serait une mauvaise chose, il me prendrait pour un taré -et n'aurait pas franchement tort d'ailleurs- et serait foutu de me foutre dehors. Ajde, maintenant que je suis là, autant rentabiliser le prix d'entrée.

J'ai donc continué à errer de salle en salle, regardant toutes sortes d'art de toutes sortes d'époque, m'attardant un peu plus sur les surréalistes. Puis, au troisième étage, je suis tombé sur la salle étrusque, antiquité romaine ou grecque, j'en sais rien. Et c'est là que j'ai croisé le premier être humain depuis bien longtemps. A part les gardiens, évidemment, mais ils sont tellement immobiles dans les uniformes noirs qu'on se demande s'ils ne sont pas des pièces du musée à part entière. L'être humain était planté devant un vase, sans bouger. Cudno! Un mélomane peut-être. Ou alors ce vase avait vraiment quelque chose de spécial. Je m'approchais histoire d'assouvir ma curiosité. Et bien même pas, un vase normal, plutôt bien conservé, il est vrai. Mais à part ça... Je me suis posté moi aussi devant ce vase, histoire de voir ce qui pouvait passionner autant cette personne. Peine perdue, mon niveau de concentration est nul. En regardant ce vase, je me suis demandé à quelle époque il avait bien pu être créé, combien de temps il avait été enfoui, pourquoi il avait aussi bien résisté. Je me suis remis a faire des équations mentales, et peu à peu, l'idée d'une nouvelle invention m'est venue à l'esprit. Juste des bribes pour le moment... Il fallait que je note. Le quotient de résistance du bronze, le pourcentage d'humidité de Vienne, les ondes qui passaient par la ville. tout ça pour créer... un objet qui pourrait rester enfoui pendant des semaines avant d'exploser, ou de faire je ne sais quoi, je verrais ça plus tard. Je sortis soudain mon calepin et commençais à griffonner à toute vitesse. Puis je levais le regard vers la muse de mon inspiration. Avant de m'apercevoir que la personne derrière le bloc de verre me regardais. Je crois. Une femme. Merde. Je l'avais dérangé, c'est ça? Essayant de toutes mes forces de m'empêcher de rougir, j'inclinais la tête et chuchotais, pour ne pas m'attirer les foudres du cerbère de la salle:


- Veuillez m'excusez, madame, je ne vous observais pas, je vous jure, j'étais en train de regarder le vase et ... Désolé de vous avoir dérangé.


Dernière édition par Sasha Marcovic le Jeu 26 Mai - 17:06, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Madame Butterfly [Mi Février 2100 - CLOS]   Jeu 24 Mar - 20:23

    =>Démonstration

    Les yeux perdus sur ce vase, je ne pense à rien, mon esprit est entièrement vide, comme étouffé dans le néant ou le rien. Je ne sais pas si je dois penser à quoi que ce soit, pleurer ou hurler, je n’en ai même pas envie. Je devrais avouer plutôt que je n’ai plus rien au fond de moi qui s’agite.
    Aucune réaction aucune envie de fuir, ni même d’être là. Je pense sans penser, je ne ressens pas quelque chose au fond de moi. Je soupire et comme dirait l’un de mes cousins, cœur qui soupire, n’a pas ce qu’il désire. Est-ce que je désire quoi que ce soit ? Au final ? Je vis ma vie, je suis ma route, je me donne entièrement à l’entreprise, je suis tant et si bien détaché de la réalité que je n’arrive pas à regarder le monde d’une autre manière.

    L’impératrice, cette ville, cette pseudo-politique, tout ça c’est bof. Elle n’a rien de bien intéressant, pourtant, elle aurait pu, elle aurait pu fasciner l’ancienne Atori qui lui aurait donné l’exclusivité de Jokaï Corp et là, et bien, là, je me demande encore si je n’ai pas envie de jouer avec le feu. Je ne sais pas moi, donner le nucléaire à un autre pays, fournir en arme les rebelles enfin, des trucs. Ça pimenterais pas ma vie, mais disons le, ça m’occuperait de regardait cette fourmilière imploser…

    Y a quelqu’un qui me parle ? Non ? Je rêvasse ou bien la réalité me cogne au visage. Comme si je me réveillais, mon visage sursaute et battant un instant des paupières, j’observe l’homme qui me parle. Je le regarde un peu ahurie un instant, me déranger ? Oh non. Peut être que je devrais le dire. Je n’aime pas parler aux hommes, depuis le traître je déteste les hommes.

    -Euh..

    Ah voilà le premier son qui sort de ma bouche. Un son à une seule syllabe assez perdu je dois le reconnaitre. Qu’est ce que je peux dire ? Non je m’en balance de votre présence, en vérité je ne vous avais même pas vu. Et je m’en contrefous. Mais en vérité ce n’est pas cela qui sort.

    -Pardon…vous avez dit ?

    Ah oui, je suis vraiment plongée dans ma propre léthargie. Je me rappelle même pas que deux secondes avant je savais très bien ce qu’il m’avait dit. Je prend soudainement conscience du musée, je le regarde à travers la poterie, un peu perdue, je souris maladroitement, passant ma main sur mon front avant de me détourner silencieusement.




Dernière édition par Atori Hatsuna le Mer 24 Aoû - 19:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Madame Butterfly [Mi Février 2100 - CLOS]   Jeu 21 Avr - 19:28

La jeune femme n'a pas l'air d'être d'ici. Mentalement comme physiquement, d'ailleurs. Elle a le teint un peu plus mat que les autrichiens. Et puis les yeux bridées, une asiatique sans doute. En fait, je crois que je devrais pas la regarder. Si j'ai bien tout compris, je l'ai dérangé, alors bon je vais juste baisser les yeux, m'excuser une nouvelle fois et partir, en sautant une ou deux salles pour prendre de l'avance sur elle histoire d'arrêter de me montrer ridicule, hmm... Ce que je m'apprête à faire aussi sec, n'est-ce pas. J'aurais jamais du quitter mon trou à rat. Un inventeur, ça devrait pas sortir. Surtout si ça sait pas agir en public. Je sais pas si c'est parce que je suis serbe, ou parce que je suis né dans un village paysan, que j'ai autant de mal à parler en public. Je ne pense pas franchement que ça soit lié, Luka se demerde comme un chef.

Je commençais à reculer tout doucement, la tête baissée, le rouge aux joues, lorsqu'elle me réponds enfin. Enfin "répondre" c'est pas exactement le mot. Elle avait l'air aussi perchée que moi. Perdue dans son propre esprit, elle n'avait même pas entendu que je lui parlais. C'était encore pire : là, je venais bel et bien de la déranger, et en plus je me ridiculisais parce qu'en réalité, elle m'avait même pas vu (ce qui vu ma taille relève de l'exploit). Elle me fait un petit sourire étrange, l'air aussi à l'aise que moi, puis se détourne.

- Non, je disais... enfin c'est pas grave. Excusez-moi.

Je m'apprêtais à sortir de la salle. Et puis je ressentis le malaise. La tête qui tourne affreusement, les jambes toutes flageolantes, le ventre comprimé... J'avais pas du manger grand chose ces 2 derniers jours... En somme, j'avais l'habitude de faire des malaise du genre, mais vu la taille de mon boui-boui, en trois pas j'étais près du frigo et je pouvais dévorer un morceau de poulet froid ou de la confiture, peu importait au final tant que j'avais quelque chose à avaler. Là, la différence c'était que j'étais dans un putain de musée et qu'évidemment je me baladais pas avec les poches pleines de barre de céréales. Je sentais venir le moment où j'allais m'écrouler par terre et ou mon mètre 91 et demie ferait trembler le sol, tomber les poterie et décrocher les cadres. Je me tournais vers l'asiatique, et l'interpellais, presque suppliant:

- Excusez-moi, mademoiselle..; mais vous n'auriez pas quelque chose à manger, s'il vous plaît? Je me sent pas très...

Je ne put finir ma phrase, oscillant dangereusement. La plaie, ces inventeurs,qui pensaient même pas à bouffer!


Dernière édition par Sasha Marcovic le Mar 26 Avr - 21:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Madame Butterfly [Mi Février 2100 - CLOS]   Mar 26 Avr - 18:30

    L’inconnu semble vouloir s’éloigner lorsque je lui réponds. L’entrée en matière n’est pas vraiment fantastique. Je suis enfermée dans cet anniversaire sordide, me laissant gagner par mes propres ténèbres et voilà que sans le vouloir, sans le faire exprès, je ressemble à une folle déconnectée de la réalité. Je comprendrais qu’il veuille s’éloigner, qu’il s’éloigne par précaution, parce que je ne suis pas une femme intéressante. Les femmes blessées on en fait vite le tour et peut être a-t-il sentit que s’il voulait me draguer c’était perdu d’avance. Quoi que…me draguer ? Il a surtout l’air aussi gêné que moi.
    Mon regard se détourne, je me sens stupide, et puis je le regarde, essayant de rattraper tant bien que mal cet échange. Je le regarde, mal à l’aise, essayant pourtant de faire bonne figure en me reprenant. Mes yeux se posent sur lui, sa tête baissé, le rouge à ses yeux, étrange, je n’ai plus vu un homme ainsi depuis des années. Je n’ai plus prêté attention à un homme depuis des années et cet inconnu, disons le, m’intrigue. Je le regarde sans pouvoir détacher mes yeux de lui. Il me semble immense, il me semble un peu perdu et puis il devient si pâle.

    Mue par je ne sais quoi, je contourne la poterie, me rapprochant de lui doucement, le visage inquiet. La date de cet anniversaire s’efface de mon esprit, et je retrouve cette Atori soucieuse des autres qui pouvait sourire à un inconnu parce qu’elle le trouvait attirant en un regard. Je le trouve attirant ? Dois je le dire ? Parce que je ne sais pas. Je ne sais pas ce qui m’attire, peut être qu’il me rappelle quelqu’un que je connais trop bien. Mon père, il n’y a qu’un savant fou ou presque fou pour ne réaliser que trop tard qu’il n’est pas aux mieux de sa forme. Oui, c’est ça en fait.
    Il me décroche un sourire amusé à sa phrase, vraiment comme mon père cela lui. Ouvrant rapidement mon sacre, j’ouvre une petite besace d’où je sors un sucre, une habitude que j’ai pris depuis la mort de ma mère, toujours avoir un morceau de sucre afin d’éviter de voir mon père s’écrouler parce que plongé dans son boulot. Combien de fois était-il tombé lors d’une sortie ? Alors que j’avais réussi à l’emmener dehors et qu’il me finissait comme une jouvencelle émotive ? Trop souvent pour perdre l’habitude du sucre.

    Hésitant pourtant un instant à toucher quelqu’un que je ne connais pas, plus par crainte et timidité qu’autre chose, je finis par me rapprocher, prenant son bras, je me met face à lui et lui présente le sucre devant les lèvres. Le regard cherchant le sien, je l’attrape non sans sourire maladroitement et lui souffle.

    - Laissez-moi deviner, un grand inventeur oublie même de manger ? Un petit amusement glisse sur mes lèvres. J’ai l’habitude avec mon père, il me fait souvent cela. Après, je l’emmène toujours déjeuner quelque part. Vous avez de la chance, j’ai l’habitude de ce genre de chose. Mangez, cela vous aidera à tenir. Soutenez-vous à moi.

    Ma voix est douce, amusée, pas moqueuse mais attendrie. Je ne veux pas l’intimidée, je n’y arriverais pas mais en tous cas il chasse ce vide au fond de moi. Redressant mon regard, je vois un gardien arrivé, peut être a-t-il cru quelque chose. Me redressant, je lui fais signe que ce n’est rien.

    -Mon ami n’a pas déjeuné ce matin, je suis désolé de vous avoir inquiétez. Entrainant l’inconnu par le bras, je marche doucement, le soutenant d’une main. Viens nous allons déjeuner, je t’invite.

    Saluant au passage le gardien à l’œil grognon, je lui souris, pressant l’homme en plein malaise contre moi et me dirigeant vers la sortie je lui souffle.

    - Excusez-moi du tutoiement, on ne sait jamais dans ce pays…Allusion claire et évidente à la dictature qui devait rendre chaque individu suspicieux et craintif, prêt à tout pour vendre ou pour faire preuve de zèle. Sortant doucement du musée, la limousine s’avance lentement, Sato s’avance pour nous ouvrir la porte. Venez, je vous emmène déjeuner, vous êtes trop pâle pour que je vous laisse là.

    Je ne lui laisse guère le temps de réagir, mais j’ai l’habitude là aussi. Si c’est pour qu’il proteste comme mon père avant de faire un bon gros malaise, cela ne sert à rien d’attendre. L’entrainant dans la limousine, Sato referme la porte et assise près du géant inconnu, je remonte la vitre entre chauffeur et arrière, m’abaissant vers le mini bar, je prends un soda sucré pour lui faire reprendre un peu de contenant puis je le lui tends. C’est marrant, rien n’a jamais fait baisser mes défenses avec les hommes, encore plus les inconnus et pourtant en cet instant, je ne crains pas quoi que ce soit. Non, il me fait bien trop penser à mon père, dans le genre j’oublie de me nourrir. Peut être que je me trompe, ou que je me fais des idées…

    Lui tendant le soda glacé, je réalise que je suis peut être un peu trop près de lui, rougissant un bref instant, je me racle la gorge et en profite pour m’éloigner un chouillat, effleurant sa main sans le vouloir. Croisant mes jambes enserrées dans la jupe du tailleur, divinement rehaussées dans leurs talons, je me tourne vers lui et le regarde un bref instant avant de lui tendre la main.

    -Bonjour, Atori Hatsuna, pardonnez moi, tout à l’heure j’étais ailleurs. J’espère ne pas vous gêner en vous invitant à déjeuner ? Mon père me fait souvent le coup d’oublier de manger, j’ai l’habitude de le forcer à me suivre. Et vous êtes ?

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MessageSujet: Re: Madame Butterfly [Mi Février 2100 - CLOS]   Mar 26 Avr - 21:26

Elle s'approche. Oh, j'espère qu'elle ne va pas me toiser et puis partir. Je sais pas si j'y survivrais. Je me vois déjà, foudroyé par les yeux bridés de cette jolie nana, levant une main vers le vase romain dans un dernier sursaut de volonté, puis m'effondrer au milieu de la salle, agonisant dans un dernier râle que j'emmerdais Livingstone. Lorsque je sors de ma -courte- rêverie éveillée, elle est devant moi, en tailleur, sa tête m'arrivant à peine aux épaules. Elle prends mon bras et présente devant ma bouche quelque chose que j'identifie (après avoir généreusement louché ce qui a du me donner l'air passablement ridicule) comme étant un morceau de sucre. Saccharose, C12H22O11, composé de glucose et de fructose condensé, habituellement symbolisé par... Je me fous une baffe mentale et arrête mes calculs. J'entrouvre la bouche et mes lèvres capturent doucement le carré blanc qui va m'empêcher de m'écrouler à terre. Je vois ses yeux chercher les miens. Je soutiens son regard, non sans mal. Elle me fait un petit sourire gêné, auquel je répond par un autre petit sourire gêné et elle finit par me balancer le résumé de mon C.V. en une petite phrase. Wouah, je savais pas que j'étais si prévisible. Ais-je l'air si paumé ou étrange que ça, pour qu'elle ait deviné que j'étais inventeur? Ou est-ce qu'une feuille de note dépasse de ma poche, ais-je oublié d'enlever ma blouse du parfait petit chimiste? Non, après vérification, je suis juste un type normal. Enfin, normal. Serbe, génial, paumé et en train de crever sur place, mais à part ça...

- Vous êtes forte. Très forte, lui chuchotai-je à mon tour, avant qu'elle ne m'ordonne de m'appuyer sur elle.

Euh, ça par contre, on va éviter, j'ai beau pas être bien lourd, un grand truc comme moi, ça finit par peser... J'aime sa voix. Elle me rappelle celle de Julianne, je ne saurais dire pourquoi. Peut-être parce que c'est la seule qui ne panique pas ni ne se met à hurler quand je fais un malaise. Parfois, elle m'engueule. Le plus souvent, elle s'amuse de mon manque de praticisme et m'amène un truc à manger. Julianne est la seule femme à qui je peux parler normalement. en temps normal, j'ai du mal à aligner deux mots en présence d'une femme. Mais cette jeune femme asiatique, je ne sais pas pourquoi, me rassure. Elle sait ce dont j'ai besoin. D'un oeil que j'imagine vitreux, vu que tout ce que je vois parait flou, je crois apercevoir un gardien, qui vient vers nous. Elle le stoppe en quelques mots : je suis admiratif, j'aurais mis au moins dix minutes à m'expliquer en m'embrouillant... J'entends vaguement le mot déjeuner, alors que je me laisse entraîner vers la sortie. Elle s'excuse de m'avoir tutoyé. Je lève une main pour montrer que ce n'est rien. Le sucre me fait du bien, ma vision s'éclaircit un peu. Je m'aperçois que nous sommes sortis, et devant une limousine. C'est à elle? Et bien, nous ne venons pas du même monde. J'espère juste qu'elle n'est pas impérialiste, ça me foutrais les boule d'avoir été sauvé par une fana de Livingstone.

Je m'affale sur la banquette, la tête en arrière, les yeux mi clos. Je préfère être assis. Ma sauveuse me tends une canette de soda. Prévenante, et entraînée. Voilà qui sent l'habitude. Son père, d'après ce qu'elle me dit. Je bois lentement, en prenant mon temps, et je sens que le malaise passe. Ma tête tourne moins. Je l'entends se racler la gorge et lui jette un coup d'oeil. Les joues légèrement colorées, elle s'éloigne un peu. Ah bon. Et puis, elle se présente en me tendant la main, que je sers sans hésiter.


- Sasha Marcović. Enchanté, et merci pour tout...

Je me tais un moment, puis réponds à sa première question. Si, ça me gêne un peu de me faire inviter mais...

- Je crois de toute manière que je n'ai pas le choix, vous avez l'air très décidée. A charge de revanche..?

Je dis cela sans trop y croire. Je ne vois pas pourquoi elle voudrait me revoir. Cette rencontre restera sans doute unique. En général, on ne trouve rien à dire à un inventeur, surtout s'il est timide. En même temps, mon cerveau fourmille. Hatsuna... ce nom me dit quelque chose. Et je cherche, je cherche et je ne trouve...

- Hatsuna! M'écriais-je en triomphe. Gêné, je fis une pause. J’avais peut-être été triomphant, un peu trop fort... Je repris tout de même, pour m'expliquer. Vous êtes en parenté avec Mr Hastuna de JokaïCorp?
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MessageSujet: Re: Madame Butterfly [Mi Février 2100 - CLOS]   Mar 26 Avr - 23:07

    Je me rapproche, le regarde, mes yeux dans le bleu des siens. Il y a quelque chose de tendre dans ce regard, de timide, d’effacé, comme s’il se contentait d’être juste dans son propre esprit avant d’être dans le présent. Cela me donne envie de sourire alors que je tiens face à ses lèvres ce morceau de sucre. Un instant mon souffle se fige, timide, troublée, je vois ses lèvres saisir le morceau qui disparait entre ses lèvres. Un instant je ne peux m’empêcher de regarder sa bouche avant de laisser mon regard revenir sur le sien. Un sourire échangé, ma main glissant contre mon corps, l’autre soutenant le sien, je lui souris bienveillante, ne faisant pas disparaître le rouge qui a empourpré mes joues.
    Un petit rire glisse de mes lèvres lorsqu’il me dit que je suis très forte. Oh non je ne le suis pas, je suis fille d’inventeur, je sais très bien comment sont les passionnés d’invention. Toujours ailleurs, perdu dans leurs pensées, leurs esprits, leurs calculs, oubliant au final les besoins premiers d’un corps, qui si intelligent qu’il soit, ne peut pas rester sans manger ou dormir.

    -J’ai l’habitude en faite, rien de bien extraordinaireFinissant cette phrase je lui souffle de s’appuyer sur moi. Un instant, dans ce musée, il me semble que le temps autours de nous c’est ralentit, une sensation amusante et étrange. Comme si ses chuchotements entrainaient quelques choses de complice.

    Chacun de ses mouvements sont suivis des miens, pour l’empêcher de s’effondrer sur le sol, son souffle semble m’entourer et rien ne semble me déranger, moi, qui n’ai plus aimé me laisser approcher d’un homme depuis Antoine. Mon père et mes cousins, voici les seuls mâles qui puissent se tenir près de moi sans que je sois froide, les ignorant tout simplement ou les rejetant en quelques paroles acerbes. Mais cet inconnu, cet inconnu dégage quelque chose de familier. La douceur de ma famille, mes cousins qui aiment me faire rire, mon père qui pense que j’ai encore cinq ans parfois et me fait des tours de magie ridicule. Et cet inventeur dont je ne sais rien, dégage cette douceur familière, quelque chose sans violence, quelque chose qui ne me fait pas peur, ni me donne envie de fuir.
    Le gardien interrompt cependant cette prise de conscience sur la réalité présente. Il ne vaut mieux pas risquer quoi que ce soit. Dans cette ville, le climat me rappelle un vieux bouquin, 1984, vous connaissez ? Alors je n’ai pas envie qu’on s’attire des ennuis, même anodin. Les régimes impériaux sont souvent néfastes et nourrissent ce culte de la peur. Si je ne dénonce pas mon voisin il le fera à ma place.

    Assis tous deux dans la limousine, je suis heureuse d’être sortit de ce musée. Il se tient près de moi, ce géant inventeur à la longue chevelure brune. Je suis les courbes de son visage alors qu’il se tient le visage en arrière. Antoine avait souvent cette attitude et à chaque fois je ne pouvais m’empêcher de regarder son profil, laisser mes yeux suivre son front, son nez, cet espace avec la bouche et m’attarder sur ses lèvres. Mais cette fois-ci, je ne vois rien de sombre, aucun tic de retenue et me fichant une claque mentale, je reviens à la réalité.
    Le soda entre ses mains, je m’éloigne discrètement, mais je crois que ce n’est pas passé inaperçu alors autant se présenter. Son nom me dit quelque chose, Marcovic…hum…fouillant rapidement dans mon esprit, je me souviens d’un cv. Mon père qui m’avait envoyé un mail sur les dernières candidatures, lui, l’intéressait mais il ne parlait pas japonais. Indispensable aux yeux de mon inventeur de père qui se refuse à faire des efforts lorsqu’il travaille. Son cerveau réfléchit et il ne parle que japonais, j’avais été contre cette raison. Mais je n’avais pas pu m’imposer.

    -Sasha Marcovic…je me souviens de votre C.V, je vous ai moi-même contacté pour vous dire non, parce que je trouvais que mon père invoquait une raison stupide. Mais c’est un inventeur et il est parfois restreint d’esprit.

    Je lui souris, un peu déçue de devoir lui dire cela. C’était dommage, nous aurions pu nous rencontrer avant. Mais…pourquoi je pense ça. Ato, ça suffit. Tu lui souris et tu réponds.

    -A charge de revanche Monsieur Marcovic. Et pour ne pas qu’un savant oubli...attrapant mon sac, je sors une carte de l’entreprise, un stylo en main, j’annote mon numéro privé avant de le glisser dans une poche de sa veste. On lui note tout à portée de main.

    Mes yeux se posent sur lui, amusée avant de sursauter à son triomphe. Oui c’est mon prénom. Pourquoi crier comme cela ? oh..il se souvient. Détournant mon visage rougissant d’amusement à le voir ainsi, j’active le haut parleur et commande à Sato de rouler jusqu’à un restaurant non loin de là, le Tsatsunaka, un restaurant japonais que j’apprécie particulièrement. Je ne connais pas d’autres nourriture, je suis très restreinte dans ma culture, je le reconnais.
    Puis rapportant mon attention sur lui, je lui souffle.

    -Oui c’est mon père. Je suis la PDG de Jokaï, n’ayant aucun talent scientifique, je vends ses inventions . Une moue glisse sur mes lèvres, en pensant que je les vends à l’impératrice et sans y réfléchir je murmure avec une certaine déception. A une impératrice sans saveur et dont l’envergure s’arrête à un périmètre bien précis, elle-même. Me ressaisissant, je racle ma gorge et empresse d’enchainer. Enfin, je suis la jolie fille qui présente les armes et fait les démonstrations…enfin jolie fille, je ne suis pas narcissique, en fait je veux dire, je fais office de potiche. Non…je ne suis pas une potiche, puisque j’établis les contrats, je mène les négociations et je sais me vendre…enfin vendre les produits. Je m’enfonce tiens, c’est pas mal. Quand je veux aller trop vite, je perds un peu mes moyens face à un homme. Et même si Sasha me met en confiance, j’avouerais que là je suis Hors sujet. Reprenant d’une voix un peu plus retenue, je souris, tortillant mes mains, rejetant la mèche de cheveux qui vient sur mon visage. Je vends les armes, je suis le PDG quoi…

    Ah bah tiens la dernière phrase qui ponctue le tout d’une manière magistrale, du plus bel effet. Je m’impressionne ! Mais vas y souris lui timidement, gênée, fait semblant de rien, on a pas du tout vu que tu étais aussi gauche qu’un manche en balais quand tu t’y mets. Pas du tout !
    Attrapant une cigarette du paquet dépassant de mon sac, j’en allume une, une méthode comme une autre d’essayer de se ressaisir. Effleurant l’objet du bout des doigts, je la glisse entre mes lèvres, laissant sa fumée glisser en volute blanche autours de moi. Me tournant vers Sasha, je lui demande.

    -Vous en voulez une ? A moins que cela ne vous dérange ?


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MessageSujet: Re: Madame Butterfly [Mi Février 2100 - CLOS]   Jeu 28 Avr - 1:17

Je crois qu'elle m'observe. Je n'en suis pas sûr, mais il m'a semblé voir ses yeux fuir mon visage alors que les miens se rouvraient. Je crois que je divague, que je vois encore flou... Je ne vois pas franchement ce qu'elle aurait pu trouver à mon visage. Je ne suis pas très attirant, je suis plutôt anti-conformiste à me teindre les cheveux, et à me maquiller les yeux. Quoiqu'aujourd'hui, vu le brouillard dans lequel j'ai atterri dans ce foutu musée, soit je dois avoir des yeux de panda, à ne pas m'être démaquillé depuis la veille, soit toute traces de maquillage aura disparu avec le temps.

Alors que j'en suis toujours à discourir sur ce prétendu regard et les raisons que Mlle Hatsuna aurait de me regarder, je l'entends vaguement me parler d'un Cv refusé ou je ne sais pas quoi. Je ne relève pas, mais malgré moi, l'information se loge dans un recoin de mon esprit. L'avantage d'avoir une tête qui fonctionne toute seule. Elle accepte mon retour d'invitation éventuel. A charge de revanche. Est-ce que par hasard, ça veut dire qu'elle serait d'accord pour me revoir? Je ne sais pas. Je crois. Je la regarde écrire quelque chose sur une carte, et glisser celle-ci dans une poche de ma veste. Un numéro. Et ça, est-ce que ça veut dire que je peux l'appeler pour lui proposer un rendez-vous? Ajde, Sasha, concentre-toi, bon sang, c'est pas le moment de décoder. Hatsuna, Hatsuna...

Et c'est là que je percute. Que je gueule son nom comme un malpropre. Et que je m'apprête déjà à quitter la limousine en courant, histoire qu'elle achève de me prendre pour un dingue. Mais non, elle me réponds. Ah. C'est elle la PDG de JokaïCorp... J'avais envoyé un Cv, il y a quelques années, avant de rentrer dans la Cible. Refusé, c'était une femme qui avait appelé pour m'annoncer mon rejet. Attends... Et d'un coup, l'info se destocke de mon cerveau. Putain, c'était elle qui avait appelé! Alors en fait, on se connaissait à distance sans se connaitre et on se retrouve? Si j'étais pas aussi Einsteinien, je dirais que c'est le destin qui nous a fait nous retrouver devant cette poterie à la con, pour s'excuser de m'avoir foutu dans la merde pendant toutes ses années. La jolie fille qui fait les démonstrations... Oui, c'est vrai qu'elle est jolie. Je laisse mes yeux errer sur son visage, sans trop oser m'arrêter, de peur qu'elle me targue de pervers, de voyeur ou que sais-je d'autre. Avec ma chance, hein... Je l'écoute s'embrouiller.


- Je n'ai pas l'impression que vous soyiez une potiche... C'était gentil à vous de m'avoir appelé, à l'époque. Remarquez, j'ai compris qu'on ne me prenne pas. J'étais un jeune con tout juste expatrié, sans expérience... Donc bon, je ne vous en ai pas voulu. Enfin vous, à votre père, puisque que... c'est lui qui choisi. avec qui il veut travailler je veux dire. Et c'est normal, hein! Rajoutai-je précipitamment. D'ailleurs j'ai été pris nulle part à l'époque. Mais bon, je voulais pas travailler pour n'importe qui, et la seule qui m'aurait embauché c'était Livingstone alors bon, voilà...

Merde, j'en dis trop. On s'en fout de ma vie. Eh ben, tous les deux, on fait une sacré paire de manchots. Elle se perds dans son sac et en sort une cigarette. Je me perds dans ma canette de soda, et en regarde fixement l'ouverture.

- Oh non, vous pouvez y aller. Enfin personnellement, je ne fume que la pipe, avec un tabac immonde et affreusement irritant. Une sale habitude hérité de mon père. Bref, on s'en fout. Je m'arrête un instant. Oh excusez-moi, je suis grossier. Dans une limousine, ça fait tout de suite moins classe, nan?

Je m'arrête une nouvelle fois. Chapeau, Sasha, tu mènes cette conversation comme un roi! Bordel, tu peux pas trouver un sujet de conversation? Enfin, j'sais pas, quoi, quelque chose qui te ferait pas passer pour un con? Bon, te mets pas à parler des équations du troisième degré, là, c'est clair que tu maîtrises, mais tu vas la faire chier. Je la regarde une nouvelle fois, son profil, sa main qui tient la cigarette, ses jambes dans son tailleur, puis détournes le regard, gêné de ma propre audace.

- Et sinon, vous m'emmenez où? C'est... sympa de vous occuper de moi. Même si vous avez l'habitude, ça me touche.

"ça me touche." Super. Tu sais quoi, Sasha? Tais-toi, c'est mieux.
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MessageSujet: Re: Madame Butterfly [Mi Février 2100 - CLOS]   Jeu 28 Avr - 16:10

    Est-ce que je le trouve attirant ? Mignon ? Loufoque ? Bizarre ? Étrange ? Je le trouve charmant surtout. Une sensation que je n’ai pas ressentit depuis longtemps. J’ai, depuis Antoine, laissé tomber toutes ses sensations, tous ses sentiments, je ne me laisse jamais approcher, jamais séduire par aucun homme. Seul père, mes cousins et Sato savent qui est Atori Hatsuna, Madame Butterfly, celle qui finit tragiquement. Comme l’a confirmé mon histoire avec Antoine. Et depuis ce jour, je n’ai plus jamais porté le regard sur un seul homme. Plus jamais.
    Mais voilà que je me retrouve à fuir son visage, petite fille prise sur le fait qui ne se souvient plus pourquoi elle regarde cet homme et qui ne sait pas pourquoi non plus elle le fait. En tous cas, elle sait très bien qu’elle veut le revoir. Donner une explication à cela ? Impossible, j’en ai simplement envie, sans y réfléchir, sans me résonner, ni m’entendre me dire, allez vire le et passe ton chemin, tu as mieux à faire que t’emmerder avec le premier pauvre type venu qui, comme tous les autres, ne pense qu’à une chose.

    Écrivant mon numéro au dos de la carte, le personnel, celui de la maison, je lui glisse dans la poche. Il semble réfléchir, il m’intrigue. J’ai l’impression qu’il est là, tout en étant dans son esprit, présent mais en train de calculer. Ses yeux bleus me donnent envie de sourire, allez comprendre pourquoi.
    Il me fait rire, et mes joues ponctuées d’un pourpre délicieux, je détourne rapidement mon regard, pour ne pas qu’il croit que je me moque.
    Je réalise peu à peu que le monde est petit, vraiment très petit. Et je regrette un instant de ne pas avoir contredit mon père et l’avoir accepté dans l’entreprise. Non, non, c’est bête de penser ça, qu’est ce que cela aurait fait ?hein ? Rien, non rien. Bref. Et moi je m’embrouille. Mon visage essaye de reprendre de la contenance et quand il me répond, il me fait rougir d’une simple constatation, non mais Ato, ça va, c’est pas parce qu’une fois un garçon te parle sans visiblement aucune arrière pensée que tu as le droit de faire ton adolescente. Allez, Atori Hatsuna, PDG, femme froide, déçue des hommes, forte, indépendante, acerbe…

    -Autant se pendre que de travailler pour Livingson. Déjà qu’avec, c’est pas supportable, alors sous ses or…dres

    Whahou, là t’a fait fort ma vieille. Vraiment très très très fort. Non seulement tu as un ton adorable, que c’est choupinou comme tout, à m’en faire gerber, mais en plus, EN PLUS, tu balances comme ça à un type que tu ne connais ni d’Eve, ni d’Adam que tu ne peux pas piffrer l’Imperator. Bah vas-y regarde le de tes yeux de biches noisettes, ça va arranger les choses, tu t’es vendue seule. Démerde-toi, je prend des vacances.
    Raclant ma gorge, je le regarde d’une manière vide, un peu surprise parce que je viens de balancer. Fuyant son visage de mes yeux, je murmure doucement.

    -Veuillez m’excuser, je…ne devrais pas avoir de conviction politique, ce n’est pas ma patrie…et ce n’est pas mon gouvernement…et je m’enfonce.

    Oui, je m’enfonce, splendide. Et si c’était une sorte d’espion qu’elle m’aurait collé au train ? Hein ? Non…non, je ne crois pas. Et merde. Allez , je me perds dans mon sac, rouge comme une pivoine, avant de croiser les jambes à nouveau. Sans le vouloir, la jupe serré remonte jusqu’à mi cuisse, dévoilant le bas noir et le jarretelle, que je redescend avec empressement. Oh non, non, ce n’est pas pour détourner l’attention de ce que je viens de dire, de toutes façon, ce qu’il vient de me dire me fait sourire.
    Le regardant de nouveau, un sourire mutin aux lèvres, je le regarde avec un certain attendrissement. Alors j’avoue.

    -Quand je dis des gros mots dans la limousine, je le fais en japonais, ça ne fait pas plus classe mais ça passe inaperçue.

    Je ris doucement, alors que la voiture roule . Je l’écoute de nouveau alors que je vais pour lui répondre, je me sens projeté contre lui sur le côté. M’étalant littéralement contre lui alors que la limo fait une embardée, j’entends Sato hurler, freiner, et sortir de la voiture précipitamment. Mon seul réflexe, le seul, cela a été de retenir la cigarette loin de lui pour ne pas le brûler et me voilà contre son torse, une main en l’air, à le regarder immobile, les yeux écarquillés sur son visage. Je ne pensais pas que je le verrais de si près.
    Le souffle quelque peu retenue, je le fixe comme une imbécile avant d’entendre les hurlements de Sato qui parviennent à mes oreilles. Il insulte l’autre conducteur en japonais, souriant maladroitement à Sasha, je murmure une excuse, me redresse et ouvrant la portière je sors de la voiture.

    Calmant Sato dans un ordre, je l’oblige à rentrer dans la voiture. Un type a grillé une priorité et par chance mon frère adoptif a réussi à dévier en virant sur le côté droit. Me voilà froide, glaciale, tandis que la femme du chauffard s’en mêle. Je déteste ça. D’un ton froid, sec, cassant et plus qu’acerbe, je lui balance mon nom, mon prénom, la carte de ma société. Il se fige, Hastuna, armes, Impératrice, ta gueule en gros. Il s’excuse, je le dévisage puis remonte dans la voiture sans sourciller, intiment à Sato de repartir. Voilà, ça c’est fait.

    Regardant de nouveau Sasha, je lui souris avec douceur, il a eu le droit d’apercevoir Madame Butterfly. Mais bon, espérons que cela ne lui fasse pas se dire, bordel, c’est quoi cette harpie. Je ne suis pas une harpie, je suis juste moi.

    -Je vous emmène au Tsatsunaka. Je ne connais que les restaurants japonais, si vous n’aimez pas, je peux dire à Sato de s’arrêter à un autre restaurant sur la route.Déglutissant doucement. Je n’ai l’habitude de m’occuper que de mon père. Vous lui ressemblez, intellectuellement parlant, enfin niveau scientifique. Toujours la tête dans ses calculs au point de me tomber dans les bras quand je m’y attends le moins. Je le pensais être le seul spécialiste de l’évanouissement par oubli.

    Un petit sourire amusé, tandis que la voiture s’arrête doucement, je regarde Sasha un bref instant alors que Sato vient nous ouvrir la porte. Il me jette un regard étrange, comme s’il devinait que j’étais sympa avec quelqu’un. Bah oui, ça m’arrive, ne me fait pas ses yeux là.

    -Nous sommes arrivés

    Attrapant mon sac, je prend la main tendue par Sato pour sortir de la voiture, passant devant Sasha, mes talons se posent sur le sol de la rue et je me retourne pour attendre le géant en manque de nourriture.

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MessageSujet: Re: Madame Butterfly [Mi Février 2100 - CLOS]   Mar 3 Mai - 21:39

Je crois qu'elle est gênée. Je sais pas franchement pourquoi. Sans doute parce que je suis et je reste un sale opposant au régime, une foutu rebelle qui préférerait crever plutôt que filer ses inventions à une femme comme Livingstone. Non, moi, ça m'a pas choqué de l'entendre exposer ses opinions politiques. Je pense comme elle. Mais c'est vrai qu'en général, ce genre de sujet est tabou dans toute discussion avec une personne qu'on vient de rencontrer. Mais elle a de la chance, elle est tombée sur le seul résistant à plein temps qui sort en plein jour sans double identité. Oui, enfin ça, Mlle Hatsuna n'est pas obligée de le savoir. Je crois que ça a rester mon petit secret. Elle bafouille et s'excuse. M'aventurer à lui répondre serait un danger pour moi. Vu mes dons pour parler à une nana, je risque de finir par lâcher ce que je ne devrais pas dire. Et si je pouvais éviter que la PDG de JokaïCorp sache que je fais partie de la Cible, ça serait mieux pour tout le monde. Surtout pour moi. Julianne m'arracherait les yeux et les boufferais tout cru. Je me contente donc juste de faire un petit sourire et un signe de la main pour montrer que ce n'est pas grave. Elle s'enfonce?

- Ne vous inquiétez pas. Nous sommes deux.

Je la regarde franchement en souriant, alors qu’elle se perd dans son sac. Je ne peux pas m’en empêcher. C’est con, hein ?! Je l’observe, sans aucunes arrière-pensées. En tout bien, tout honneur ! Je suis juste curieux, intrigué par cette japonaise qui sait les gestes de défenses utiles pour sauver un inventeur en danger. Je ne loupe pas la remonté spectaculaire de sa jupe de tailleur. Ni la jarretelle qu’elle porte en dessous. Je m’empresse de détourner le regard. Je n’ai rien vu, promis. C’est ça.

- Je devrais jurer en serbe, alors. Quoique, ça doit être encore moins distingué. Ce genre de langue, c’est pas franchement fait pour se la jouer dans la haute société.

Elle rit, et moi, je souris. Je ne sais pas pourquoi, mais la voir rire me fait du bien. Mais alors que je lui demande ou nous allons, la voiture fait un grand écart, et Mlle Hatsuna se retrouve collée contre moi. D’après sa position, je crois qu’elle a essayé de ne pas me cramer le nez avec sa clope et que c’est pour ça qu’elle se retrouve tout contre moi. Pas que ça me déplaise réellement, mais je suis pas très à l’aise. J’ai pas vraiment l’habitude… Nous nous regardons un moment sans rien dire comme deux merlans frits. Super. J’ai vraiment l’air d’un con, moi. J’entends le chauffeur hurler en japonais, on a failli avoir un accident, et moi, je reste comme un putain de couillon à la regarder, son visage, ses yeux, sa bouche, merde Sasha reprends-toi !

Elle bredouille quelques mots accompagnés d’un sourire maladroitement charmant, et sort, laissant la porte ouverte. Quelques mots en japonais (Dieu que c’est frustrant d’entendre des voix sans comprendre un traître mot de ce qui se passe) et son chauffeur (ou garde du corps ?) retourne s’asseoir à sa place. Je sors doucement, voir s’il y a un problème. A mes yeux se présente un couple, et face à eux, ma sauveuse, froide, intransigeante. Je comprends que le chauffard à grillé une priorité. Et que Miss Hatsuna n’est pas contente. Et elle le montre bien. Une femme de caractère. Ça change, y’en a pas des masses dans ce foutu pays. J’espère juste qu’elle va pas me montrer ce visage là. Pas qu’elle me fasse peur, mais…

Le conflit se règle, et je rentre doucement dans la voiture. Elle me suit de peu, et nous repartons. Elle me donne notre destination : un restaurant japonais. Si ça me plaît ? Aucune idée.


- J’ai 34ans et j’ai jamais gouté à la cuisine japonaise de ma vie. Sauf votre respect, Rajoutai-je rapidement. Eh bien… vous avez réussi à dénicher un deuxième inventeur peu soucieux de sa santé. « Et le gros lot de notre loterie est un serbe d’1,91m, inventeur qui oublie de s’occuper de lui » Dis-je en contrefaisant ma voix. Excusez-moi, je suis ridicule.

Nous arrivons finalement, heureusement pour mes joues qui n’auraient supporté une autre démonstration de ridicules. Elle sort avant moi, et m’attends sur le trottoir. Nous sommes devant un bâtiment de type asiatique, je reconnais l’architecture. L’air timide, je me contente de la suivre à l’intérieur. Nous nous asseyons. Tête à tête, assez troublant je dois le dire. Je ne me rappelle même plus de quand date mon dernier rendez-vous. Foiré sans doute, j’ai jamais su séduire et les femmes me fuient en général. Atori Hatsuna s’en rendra bien compte, je n’ai aucune conversation, je ne sais pas comment me comporter. Je ne sers strictement à rien. Pas fait pour les rencards. Bon à proprement parler, c’est juste un service rendu, là. Mais bon. C’est une fille, un garçon, et ça, ça me stresse. Le serveur nous tend une carte ou je vois des noms inconnus me sauter aux yeux. Je dis en riant un peu :

- Je vous laisse choisir pour moi. Je n’ai absolument aucune idée de ce à quoi ces noms font référence.

Beau début.
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MessageSujet: Re: Madame Butterfly [Mi Février 2100 - CLOS]   Mer 4 Mai - 12:10

    Je n’aime pas Livingsone, elle fait partit de ce genre de femme qui me sortent par les yeux. Trop imbue d’elle-même, un trait de caractère qui me rappelle bien trop Antoine, beaucoup trop Antoine. Et même si elle est de sexe féminin, je ne peux ôter cette pensée de mon esprit en ce jour. Un bref instant il me revient le souvenir de cette nuit là, de cette nuit horrible qui m’a semblé interminable, cependant, la voix de Sasha me ramène à lui immédiatement. Mon esprit a envie d’être présent et de le regarder, de sourire maladroitement et de tourner le regard à son sourire, un rouge à mes joues. Je fouille dans le sac, n’osant pas répondre, me contentant au contraire de laisser passer mon aveu doucement.
    S’il est un espion, mon arrêt de mort est signé. Si au contraire il n’est qu’un scientifique, rien de bien important pour sa gracieuse impératrice alors ça ira. Espérons-le. Qu’un scientifique. Un instant je me demande où il travaille désormais. Si un poste au sein de ma société l’intéresse toujours. Menant la cigarette à mes lèvres je lui demande dans un sourire léger.

    -Vous travaillez pour quelle société désormais ? Si vous cherchez toujours un travail, je suis sûre qu’un poste à Jokaï serait facile à obtenir. Pas à temps plein bien sûr, je cherche juste quelqu’un pour m’aider à tester les prototypes sur moi avant de les présenter aux acheteurs. Mon chef d’équipe est bientôt papa et il va me manquer quelqu’un, je lui ai donné un congé de quelques mois pour qu’il en profite.Croisant les jambes, le jarretelle se dévoile il détourne le regard. A-t-il vu quelque chose ? se dirait-il que je suis une allumeuse ? Oh non, non, en plus juste quand je parle de boulot, il ne manquerait plus qu’il croit que je fais de la promotion canapé. Quoi ? Je suis vraiment trop angoissée ? Peut être. Enfin, vous avez dut trouver mieux entre temps que de bosser avec trois milles japonais, qui mangent des sushis.

    Je dis cela sur le ton de la plaisanterie, gentiment amusée. Mais ce n’est pas vraiment faux quand même. Lui souriant avec plaisir, comme cela ne m’est pas arrivé depuis cinq ans, je le regarde. J’aime bien ses cheveux, la tonne de bijou qu’il porte ce petit côté particulier. Allez Ato, arrêtes toi et concentre toi. Mais mon esprit s’en fiche un peu, pour une fois, il laisse tomber sa barrière, il passe outre ma retenue glacée. Madame Butterfly semble se laisser approcher et volontiers qui plus est.
    Je ne sais pas pourquoi je me sens bien et je ris à sa phrase doucement. Il n’y a que ma famille qui m’apaise autant, parce que nous avons ce lien particulier, qui se fait sans heurt, sans opposition et lui, c’est bien la seule personne que je rencontre depuis des années, qui ne dégage pas quelque chose qui me déplait. Au contraire, sa présence est douce, sans contrainte, simple. Cela fait du bien, de ne pas devoir toujours se mettre en position de force, pour s’imposer. J’avais oublié cette sensation avec quelqu’un dont je ne sais rien. Antoine m’a bien apprit à oublier cette sensation en vérité.

    L’embardé de la voiture me pousse contre lui. Ça fait cinq ans que je n’ai pas été aussi proche d’un homme, cinq ans que je ne suis littéralement pas tombée sur l’un d’entre eux. Mal à l’aise ? Oui je le suis. Mais je ne peux pas m’empêcher de le regarder, sentir l’odeur qui se dégage de lui, les yeux ahuris sur lui. Je reste captivée un instant par ce rapprochement, j’aime la courbure de ses lèvres…
    Ato, allez qu’est ce que tu nous fais là, il y a un frère adoptif qui va encore s’énerver et toi tu contemples un inconnu. Allez bouge toi je t’ai dis.

    Sortir de la voiture, prendre ce visage glacé, caractère en plein éclat, je règle cela rapidement. Lorsque je me retourne Sasha est là, immédiatement mes traits se radoucissent et si quelques instants avant une aura glaciale m’enveloppait, voilà que je suis de nouveau calme, tendre, souriante. Je ne veux pas lui faire peur, bien au contraire.
    Nous voilà repartit. Moi je ne le trouve pas ridicule, au contraire, il me fait rire. Et c’est bon de rire pour rire. Je le regarde, l’œil emplit d’une lumière rayonnante et je lui souffle.

    -Vous n’êtes pas ridicule, ça fait longtemps que je n’ai pas ris si facilement. Merci.

    Oui, je lui dis merci. C’est bête ? Croyez-le, mais quand on a plus ris depuis cinq ans, ben ça fait vraiment du bien. De laisser de côté l’armure que l’on s’est forgé et se dire un bref instant, je ne veux plus me souvenir pourquoi ce jour était terrifiant.
    Nous arrivons, il me suit, nous marchons dans le restaurant, le serveur nous guide vers une table en retrait, celle qu’il a l’habitude de m’attribuer. Tranquilles nous voilà seuls à cette table et ôtant la veste que je glisse sur la chaise, me voilà, les bras sans manches, portant un haut noir dont le ventre est couvert de dentelle. Un instant, je me dis que je devrais peut être remettre ma veste, mais je m’habille toujours ainsi, même face à mes acheteurs. Le haut vaut cher, le tailleur aussi, ce n’est qu’un principe féminin d’élégance. Bref.

    Un tête à tête, je le réalise. Cela fait longtemps, le dernier qui a essayé de finir en tête à tête avec moi s’est retrouvé à écouter le rendez vous parce que j’étais incapable de faire preuve, ne serait ce qu’un instant de courtoisie. Froide et glaciale, mon père m’a engueulé, mais je m’en suis fichée. Aujourd’hui je ne suis rien de tout cela, je le regarde, toujours un sourire aux lèvres. Je ne sais pourtant pas de quoi parler, à vrai dire, avoir une conversation autre que sur les armes, ce n’est pas dans mes habitudes. Il va falloir surmonter cela et dieu merci le serveur nous apporte les menus. Redressant mon visage vers lui, je lui demande de nous apporter deux Thé verts ainsi que des Yakitoris. Il s’éloigne et portant mon visage sur Sasha je lui réponds.

    -Qu’est ce que vous aimez ? D’habitude il est de coutume, enfin, mon père a l’habitude de dire que pour un novice les Takoyaki au poulpe, ensuite des makis avec une soupe miso et pour terminer des bananes au lait de coco, sont un bon repas pour faire découvrir notre cuisine. Avec un bon thé vert bien sûr. Cela vous va ? Je le regarde en refermant la carte, croisant les mains devant mon visage, je me repousse un instant pour laisser le serveur apporter l’appéritif. Il dépose l’assiette de brochette de boulet et attend pour prendre la commande.

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MessageSujet: Re: Madame Butterfly [Mi Février 2100 - CLOS]   Mar 24 Mai - 1:34

Je réalise soudain que je la fais rire. Voilà quelque chose de fort inhabituel. Je n'ai pas d'humour, je ne sais pas faire de blagues, je n'ai même jamais cherché à en faire, sachant pertinemment que je risquais l'échec critique, ce qui n'était pas très bon pour la température de mes joues. Je ne sais pas si j'ai subitement hérité d'une capacité à faire des plaisanteries tordantes, si elle se moque de moi ou si elle se contente de peu. Un instant, je reste scotché en esprit à cette constatation. Puis je m'aperçois que peut-être que ce repas ne sera pas si dramatique que ça finalement. Alors je souris, comme un idiot, parce que d'une part je ne vois pas quoi faire d'autre, puisque tous ces noms, c'est du chinois... Euh du japonais, pardon. Ouah, heureusement que je l'ai pas sortie à voix haute celle-là, parce que non, décidément, j'ai pas d'humour.

- Parfait, je vais donc découvrir, je compte sur vous pour m'initier, mademoiselle Hatsuna.

Je m'affale un peu sur mon fauteuil, avant de me redresser. Ouais enfin pas trop, j'vais défoncer le plafond, sinon. Un serveur dépose une assiette de brochette devant nous, et je n'ose pas me servir en premier, bien que je sente désormais la faim tirailler mon estomac. Les mains posées sur mes genoux comme un enfant sage (ou un géant mal à l'aise) je reprends cependant :

- Et pour revenir à votre question d'il y a quelques minutes... Je travaille actuellement pour une petite société d'import export.

Ouais.Les bombes sortent, Violet Livingstone rentre. Je crois que nommer la Cible ne serait pas une bonne idée, et je ne veux pas m'enfoncer dans un mensonge que je n'arriverais peut-être pas, par négligence ou par inattention, à tenir. Je préférerais passer très rapidement là-dessus, et pour ça, il me faut trouver un autre sujet de conversation. Peut-être que c'est aussi pour ça que tous mes précédents rendez-vous se passaient mal. Je cachais trop de truc. Y'avait bien une nana avec qui ça aurait peut-être pu être un peu plus sérieux un jour... Mais elle avait voulu aller chez moi dès le premier soir. D'une part j'avais pas apprécié, d'autre part, j'ai pas de chez moi, je ramène personne au QG de la Cible. Je crois qu'elle n'avait pas apprécié. Tant pis pour elle.

- Ne vous inquiétez pas pour moi, le petit con a réussi à survivre. *et est devenu un terroriste*

Je souris. Sincèrement. J'aime sa compagnie. Je suis toujours aussi peu doué, mais j'aime être en face d'elle, a bégayer comme un con. J'ai l'impression d'avoir rencontré quelqu'un qui ne me traiteras pas de fou parce que je passe ma vie dans les calculs. Et mine de rien, c'est important, avec l'enfance que j'ai eue, ou j'ai été traîné dans la boue parce que je ne tapais pas sur les mômes de mon âge.

- Vous avez toujours vécu à Vienne?
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MessageSujet: Re: Madame Butterfly [Mi Février 2100 - CLOS]   Mar 24 Mai - 11:53

    Oui, je ris, un rire simple et tendre. Depuis combien d’année je n’ai pas laissé mon rire s’échapper si facilement ? Qu’il s’est retenu inlassablement par froideur pur et simple. Peut être si ce jour n’avait pas été le souvenir d’un sombre anniversaire, j’aurais peut être était moins agréable, moins ouverte à cet inconnu, mais voilà.
    Aujourd’hui mon esprit semble chercher à ne pas être seul, à se souvenir que la vie peut être tout aussi simple que délicieuse. Simple…oui c’est cela simple. Un repas en compagnie d’un géant, scientifique peu doué en relations humaines qui s’évanouit par oubli. Rien de bien plus compliqué, je l’espère. Il suffirait que cela soit différent, qu’il soit dangereux, pour que ma vie se brise définitivement. Imaginez, pour la première fois depuis des années, je laisse un homme m’approcher, sans arrière pensée aucune, simplement bien durant l’instant, et s’il n’est qu’un espion pour me surveiller et bien, je vous laisse imaginer ce qui pourrait se passer.
    Moi, je ne veux pas envisager cette hypothèse, au contraire, je n’ai pas envie d’imaginer trop de chose et me mettre à me méfier, pour une fois, vraiment, je veux juste m’accorder un instant de calme, de paix, rien d’autre.

    Je lui souris, assise sur le fauteuil, le dos droit, les bras dénudés, j’allume une cigarette, délaissant sa fumée d’un geste suave, félin, le serveur apporte les brochettes, je le remercie, j’en prend une et glisse le poulet entre mes lèvres lentement, d’un geste féminin et calme. Je redresse mes yeux sur lui, l’observant, immobile, comme gêné.
    Je suis un instant surprise

    -Un scientifique dans une société d’import/Export ? Mais qu’y faites-vous ? Un instant c’est la femme d’affaire qui est curieuse. Mais un rouge empourpre les joues de la jeune femme. Pardon…cela ne me regarde pas.

    Je racle ma gorge, ramenant la cigarette à mes lèvres. Je ne suis pas curieuse de nature mais la femme d’affaire aime comprendre les choses. C’est impoli, j’en suis rougissante. Le serveur ramène le thé, je le remercie et sans réfléchir, porte le tout à mes lèvres en manquant de me brûler. Je pousse un petit hoquet de surprise, reposant vivement la tasse, encore rouge cette fois, j’enchaîne les conneries.
    Portant la serviette à mes lèvres, je murmure comme une gamine.

    -C’est un peu chaud…

    Évidence quand tu nous tiens. Je le regarde dans un petit sourire amusée et gênée. Appuyant sur ma lèvre, un peu d’eau imprégné sur la serviette, je la repose sur la table, évitant de le regarder parce que je me sens stupide. Mais pourtant, je me sens bien avec lui, c’est…comment dire…si facile.
    Redressant mon visage à sa question, je reste pensive un instant, une petite tristesse pointe dans mes yeux. Je réfléchis un bref instant avant de souffler.

    -Je n’ai jamais vécu à Vienne, je viens d’arriver. Il y a à peine un mois.

    Mon regard se perd sur le cendrier, j’y délaisse ma cendre, songeuse, un sourire à peine esquissée apparait à mes lèvres, je suis de nouveau ailleurs, comme au musée. Mais cette fois, je ne laisserais pas le poids du souvenir m’engloutir, redressant mes yeux sur lui, j’essaye de sourire, mais une larme s’abat sur ma joue et glisse le long de ma peau pour mourir sur la table.
    Ce jour est noir dans ma vie, anniversaire détestable de la mort d’un enfant, de la mort de mon âme. Je glisse ma main sur ma joue et lui souffle.

    -Pardonnez moi, aujourd’hui est une bien sombre date pour moi. C’est pour cela qu’au musée, je n’étais pas vraiment présente, j’y pensais.

    Posant mon coude sur la table, je soutiens mon visage de ma main, je le regarde, je souris, éteignant la cigarette. Poser mes yeux sur les siens, étrangement cela me fait chasser l’envie de pleurer. Personne ne m’a vu ainsi depuis si longtemps, cela ne me déplait pas, non bien au contraire. Je me sens…rassurée ?Je crois que le mot convient, je ne crains pas de me montrer moins forte que je ne le laisse paraître.

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MessageSujet: Re: Madame Butterfly [Mi Février 2100 - CLOS]   Jeu 26 Mai - 18:10

Elle sort une clope. Cranje, maintenant, j'ai envie de fumer. Pas sûr que ça soit super distingué, la vieille pipe du grand-père, dans un restaurant japonais. De toute manière, je l'ai pas sûr moi, elle est posée à l'atelier, sur mon bouquin de physique quantique. Je crois. J'espère. Je me contente de sourire tout en m'empêchant de trop la regarder, ce sont des choses qui ne se font pas. Pas un seul instant je n'imagine que cette rencontre est une sombre manigance, que cette femme sait que je suis un rebelle, ou qu'elle est chargée de le découvrir. Non, c'est une inconnue serviable et humaine, avec qui je me sens bien. Je n'arrête pas de répéter cette phrase dans ma tête, comme si j'avais le pouvoir de découvrir derrière ces mots l'étrange ensorcellement qui me fait me sentir à mon aise. Comment fait-elle, je l'ignore. Elle a attaqué les brochettes. Bon, je suppose que je peux en prendre une alors... J'hésite un peu, je suis persuadé que ça s'est senti. Elle doit me prendre pour un putain de couillon... c'est une certitude... Sasha Marcovic, grande andouille, la prochaine fois, fais toi enfermer dans ton labo de rat pour ne pas te retrouver dans des situations que tu ne maîtrises pas.

Oui, mais j'adore ça, ne pas maîtriser. Sans me vanter, ça change! Parce que lorsqu'il s'agit par l'obscure effet de la loi de Lavoisier, de transformer des tas de molécules simples en une grosse molécule supra compliqué, ou de fabriquer des objets, tout est sous contrôle. Sauf bien sûr si je décide de tout faire foirer en rajoutant la molécule de trop. Et là tout pète, ça me fait rire à chaque fois, de me tromper. Là, j'avoue, j'suis pas non plus plié. Mais je sens dans mon ventre la sensation que j'éprouve quand je ne suis pas sûr de la suite. Quand je sais que tout est possible, que je peux tout faire foirer d'une seconde à l'autre. Et je me sens comme un équilibriste attiré par l'échec, mais qui fait tout pour se maintenir droit. En relations sociales, je ne fais pas exprès de tout foirer. Je passe, ou je me casse la gueule. Nous verrons bien.

Merde, mon histoire d'import export l'intéresse. Moi qui pensait avoir trouvé un truc bien chiant pour ne pas y revenir...


- Eh bien, on m'a confié le service... qualité. Enfin, d'inventer la machine infaillible. Pour le service qualité. Je tâtonne encore, c'est un fait. Du coup, eux aussi, et je crois qu'ils ne sont pas très content de moi. Comme disait Albert Einstein "La science est une chose merveilleuse, tant qu'il ne faut pas en vivre !"

C'est ça, fait toi passer pour un gros nul. Ah oui, c'est sûr qu'elle ne s’intéressera plus à tes activité après. Le risque, c'est que tu ne l'intéresse plus du tout. Enfin, pourquoi tu pense à ça? Tu as VRAIMENT besoin de l'intéresser? Oui, oui je crois. J'en ai envie en tous cas. Bref Sasha, ta gueule, la demoiselle parle.

En fait, elle pousse un petit cri. Brûlée à cause du thé. C'est pour ça que j'ai développé la super technique du scientifique fou : oublier toutes mes boissons chaudes sur le plan de travail. Au moins comme ça, je me brûle pas. Elle me fait un petit sourire, et je lui réponds par un autre petit sourire. Je ne veux pas qu'elle pense que je me moque d'elle... Mais je me vois mal lui proposer mon lipstick. C'est personnel, un baume à lèvres! Oh merde, fallait peut-être pas que je parle de ça, maintenant je passe pour un gay même à mes propres yeux. Pas que j'aime pas les homosexuels, hein, je m'en fous de ça, ce sont des personnes très respectables mais... Des fois j'ai vraiment envie de me tabasser la gueule et de me laisser pour mort. Elle finit par répondre à ma question, et je vois une larme menacer de tomber, plus s'aplatir dans un minuscule splatch sur la table. Si je commence déjà à la faire pleurer...

Sans réfléchir, ma main bouge toute seule et vient effleurer la sienne, sans avoir rien demandé a mon cerveau. Je finis pas en reprendre le contrôle et la retire, rougissant. Alors que mes neurones et ma main s'invectivent en serbe, je réponds, hésitant :


- Je suis désolé, je n'aurais pas dû... Je veux dire vous n'avez sans doute pas besoin de... Mais je voulais montrer que je ... comprenais, enfin non, que je compatissais à votre tristesse... Enfin je suis un inconnu et je vous... et là je m'enfonce de plus en plus sûrement, je bafouille et je passe pour un con. Enfin bon bref, euh je suis désolé, ma main restera tranquille désormais.

Je l'agite comme un con et la repose sur la table, pendant que mon cerveau gagne la joute verbale mentale et terrasse d'une dernière insulte assassine la malheureuse rebelle.

- J'espère au moins que me rendre ridicule vous permets de penser à autre chose...

Histoire que j'ai l'impression de pas être totalement inutile.
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MessageSujet: Re: Madame Butterfly [Mi Février 2100 - CLOS]   Jeu 26 Mai - 21:01

    Que se passe-t-il ? L’instant est étrange tout de même. Madame Butterfly, ancienne femme passionnée et passionnelle, devenue plus froide, plus glacée qu’une mer de glace arrive encore à apprécier la compagnie de quelqu’un. Prendre pour excuse que c’est par la faute de ce jour si particulier, serait mentir quelque peu. Il a ce côté qui me semble familier, cela me rappel des souvenirs bien moins triste que ceux de cette anniversaire détestable. Je me surprends moi-même. Je chasse ses doutes, qui me disent que c’est peut être quelqu’un de bien moins gentil qu’il n’y parait, l’ancienne Atori aujourd’hui est là et semble ne s’être jamais perdue dans ce labyrinthe de glace que j’ai crée pour me protéger de ce monde.
    J’ai appris à anticiper, à tout maîtriser, à avoir toujours un coup d’avance sur absolument tout. Je déteste ne pas avoir la certitude que je n’aurais pas le contrôle sur les évènements. Une autre précaution à cause d’Antoine dont je me fiche éperdument à l’instant. Je le regarde hésiter à manger une brochette, je le trouve mignon. Et cette pensée glisse dans mon esprit sans que je la réalise, mes yeux le regardent comme le fuient. C’est discourtois de l’observer autant et pour qui vais-je passer ? Une de ses femmes qui dès qu’elle voit un homme se permettent de le regarder pour lui faire comprendre que…

    De sa réponse, étrangement, je ne retiens que la citation d’Einstein, qui me confirme un peu plus cette sensation de bien. Ma mère la disait souvent à mon père. Cela me fait sourire comme lorsque l’acidulé d’un bonbon fait place à la saveur chaude du sucre.
    Mais poussé dans ma timidité, réalisant que la question ne se pose pas, c’est en me brûlant la lèvre que je détourne sans le vouloir la conversation. Je dois passer pour une idiote. J’espère qu’il ne croit pas que je suis aussi maladroite que sans conversation. Pourtant j’essaye de faire des efforts, j’ai envie de passer un bon moment…avec lui. Surtout avec lui. Rien de bien méchant, juste un instant de répits dans une vie qui n’a plus guère de saveur.
    J’ai tout ce que je désire, dans cette ville, je suis une personne influente, mais qu’est ce que j’ai autours de cela. Ma famille certes, mais rien de plus. Je passe mes soirées seule à lire les rapports de la société, Ryu me serre de traversin et la vie s’arrête là. Alors, pour une fois, une toute petite fois, j’ai envie d’être là de passer un bon moment et de tout faire pour ne pas le voir se finir trop…abruptement. Aujourd’hui, en fait, je ne demande rien de plus.

    La larme glisse et meurt sur la nappe, ne laissant qu’une infime trace légèrement foncé de son passage. Je n’ose pas relever le visage immédiatement, sa main se pose sur la mienne, je retiens mon souffle, craintive. Craintive, je retiens cette habitude d’être sauvage, de me repousser. Au contraire, pour une fois, ce n’est pas moi qui retient ma main en premier, c’est lieux, l’instant m’a semblé aussi long, que furtif. Un rouge parsème mes joues d’une couleur tremblante.
    Un sourire tendre glisse sur mes lèvres à chacun de ses mots, un sourire doux, rassuré, je redresse mes yeux vers lui, le regardant avec bienveillance. Plus il parle, plus esprit se sent rassuré, cela fait du bien, aujourd’hui cela fait énormément du bien.

    Mes yeux l’observent, ma main soutient mon visage, la cigarette est éteinte. Je pense à mon fils qui n’aura jamais vu voir le jour, je ne pleure pas pour une fois. Je baisse les yeux de Sasha et souffle.

    -Je suis de piètre compagnie, je ne réalise pas votre présence au musée et maintenant je pleure devant vous. Mais je peux vous dire que vous n’êtes pas ridicule, vous me faites oublier ce triste jour Mes yeux se voilent d’une brillance humide, je me redresse vivement, rouge de honte, mes yeux se redressent vers le plafond. Décidément…je suis désolé. Je soupire, chassant l’envie de larme en posant mon regard sur lui. Un petit sourire, sa présence m’apaise, timidement je prends une brochette et la grignote avouant d’une petite voix. C’est difficile chaque année de se souvenir. Mon fils aurait cinq ans si je ne l’avais pas perdu Horriblement gênée, j’essaye de sourire, pourquoi j’arrive à lui parler de ça ? Alors que ce sujet est un tabou que même mon père n’arrive pas à lever. Reposant la brochette dans mon assiette, je reprends une cigarette. Mes yeux vont à lui, s’enfuient, inlassablement. J’essaye de ne pas paraître stupide, de pas être ce genre de femme qui a besoin de se confier, mais pourquoi est-ce si simple avec ce…type.

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MessageSujet: Re: Madame Butterfly [Mi Février 2100 - CLOS]   Ven 27 Mai - 20:04

C'est incroyable. Avec tout ce que j'ai fait pour autodétruire ma propre crédibilité, la demoiselle est encore devant moi. Je n'arrive pas à croire qu'elle ne soit pas partie. Je ne comprends pas, normalement, j'aurais dû me retrouver planté là comme un con, eh bah nan. Non, elle me sourit, doucement, elle me regarde et j'ai l'impression de plonger dans ses yeux noirs. De me noyer. Je rougis à mon tour, et prie pour que ma barbe naissante et l'éclairage du restaurant cachent ça. Puis elle baisse les yeux et chuchote quelques mots d'excuses. Mots d'excuse? En quel honneur? De mauvaise compagnie, rien que ça. J'ai envie de lui répondre que non, que je passe un très bon moment, que je la remercie de me nourrir, qu'étrangement, je me sens très bien à ses côtés. J'ai envie de lui confier qu'elle est la seule femme, la seule inconnue devrais-je dire, que je n'ai pas fait fuir, la seule que mes bégaiements ne dérangent pas. Que je n'aurais pas pensé passer un si bon moment. Mais ces mots ne vont, ne doivent pas sortir de mes lèvres, elle n'est pas un Dr Love qui écouterait patiemment les malheurs d'un géant serbe. Et puis j'ai passé l'âge de pleurer, je suis comme je suis, je vais pas épiloguer.

Je réponds cependant :


- Vous savez, mademoiselle, je n'ai aucune idée de comment je suis arrivé au musée. J'aurais pu y arriver torse nu, je ne m'en serais pas plus rendu compte... Et depuis, j'enchaîne les bourdes les plus idiotes les unes que les autres... Alors ce n'est certainement pas moi qui vous ferais de reproches là-dessus. Enfin, je dis pas que j'ai des reproches à vous faire mais que je me retiens parce que je suis pas mieux, hein!! Je veux dire que... je vous trouve bien comme ça. Enfin, je passe un bon moment, quoi. Enfin... Je suis content de pouvoir vous tenir compagnie...

J'hausse les épaules en secouant la tête, lui adressant un petit sourire d'excuse alors que je sens mes joues chauffer de plus en plus. Ses yeux sont prêts à laisser de nouveau couler des larmes, mais elle se retient par je ne sais quel miracle, et me regarde une fois de plus. Elle pioche une brochette et je l'imite, m'interrogeant sur la meilleure façon de la manger proprement. Ajde, j'suis plus à ça près. Elle parait tellement fragile que quelque part au fond de moi monte l'envie de la protéger. Je sais que c'est stupide, je la connais à peine. Je chasse cette pensée et sourit doucement quand elle évoque son fils. Je n'ose rien dire, je ne sais pas gérer ce genre de situations... Je ne vais pas lui prendre la main une fois de plus, je n'aurais pas de seconde chance. Je me contente de murmurer un petit "je suis désolé" en baissant les yeux. Peut-être que ça serait mieux que je change de sujet. Je ne sais pas trop, Mlle Atori a peut-être besoin de se confier...

- Je comprends... C'est toujours dur de repenser à ceux...

Je ne finis pas ma phrase et regarde sa main furtivement, pour résister à la pulsion qu'à la mienne de serrer ses doigts. Je me demande ce que cette femme à vécu, pourquoi elle a perdu son bébé. Mais j'ai assez de tact pour ne pas foutre les deux pieds dans le plat et lui demander. Je me tais donc, me concentrant sur la nappe. Je pense à son garde du corps. Est-ce qu'il attends plus loin? Dans la limousine? J'en sais rien, et j'ose pas me retourner. Il y a juste cette envie en moi de la serrer contre moi pour lui montrer que je comprends sa peine, et que je compatis. Mais ce sont des choses qui ne se font pas. Je reste donc immobile.
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MessageSujet: Re: Madame Butterfly [Mi Février 2100 - CLOS]   Ven 27 Mai - 22:06

    Ses yeux bleus me surprennent un instant. Les regards se croisent, s’observent et je n’oserais avouer que j’ai envie de rester à le fixer. Sa présence me rassure, m’apaise, madame Butterfly ne semble plus exister, au fond, elle se tient là, pensive, souriant presque de retrouver cette ancienne part d’elle-même qu’elle pensait oublier. Comment fait-il ? Je me le demande. Plus il est gauche et bredouilleur, plus il me…il me…plait ? Je ne sais pas quelle force donner à ce mot, mais je n’ai pas envie de partir, au contraire, rester là, dans ce restaurant, l’idée me plait alors que je grignote une brochette. Le cœur alourdis du passé semble soupirer d’apaisement. Ce grand type aux cheveux long, si différent au final, de cette femme que je suis.
    Il est…excentrique comparé à moi, rigide et femme fatale dans mon attitude. Lui cheveux long, bijoux, traces noires sous les yeux, pas vraiment semblable, mais tout aussi confus, gênés et timides l’un que l’autre. Je ne sais pas trop ce que je dois penser, mes pensées restent silencieuses même si un petit bruit de fond rappelle inlassablement que…ce n’est pas le bon jour et que j’ai besoin de rester là, près de lui pour aller bien. Je me surprends moi-même, mais il m’apaise.

    La dernière de ses paroles me font sourire, véritablement. Un murmure s’échappe doucement, sans que je ne m’en rende compte.

    -Je suis contente d’être en votre compagnie.

    S’il rougit, je crois que la chaleur sur mes joues à cet aveu est pire que le sien. Mais cette timidité qui m’empourpre n’arrive pas à chasser ses larmes qui voilent mon regard. Ce sont ses yeux qui m’empêchent de sombrer, leur bleu, ils me rassurent, sans que je comprenne pourquoi. J’étouffe presque, je me sens triste du passé, mais l’instant me rassure tant.
    Je crois l’avoir mis mal à l’aise en parlant de mon fils, idiote que je fais. Pourquoi se confier autant ? Il n’en a peut être rien à faire. Je le dérange surement, je voudrais m’enfuir de ma bêtise, mais mon corps refuse, il veut rester, face à lui. IL veut rester là, et mon cœur essouffle ma respiration un instant.
    Il ne finit pas sa phrase, je le regarde, les yeux troublés, légèrement…inquiet. Je suis stupide. Pourquoi est ce que je le dérange avec mon passé, mon histoire, Atori tais-toi, mange, et profite. Non ? Ce n’est pas le meilleur à faire. Profiter pour une fois. Pour une fois que tu n’as pas envie de t’enfuir, que quelqu’un t’approche sans que cela éveille ton désir de fuir, profite.

    -je suis désolé de vous gêner autant, vraiment. Je devrais…ne pas dire cela, parce que tu t’enfonces. Regardes ses yeux, souris et…Je crois que je suis aussi peu adroite que vous pour la conversation. C’est sur que si je parlais du travail, ça passerait tout seul. Je ne sais plus avoir de conversation, ça fait cinq ans maintenant que j’ai faillis mourir et que j’ai décidé ce n’était plus la peine d’être autre chose qu’une femme d’affaire…et pourtant, je suis là, à continuer à vous fixer, à vous parler et mes paroles sortent sans que je réfléchisse. J’essaye d’arrêter mais…je dois aimer parler pour me justifier ou pour vraiment changer la conversation sans adresse aucune. Et dieu merci le serveur va arrêter mon monologue…

    Le serveur arrive et pause devant nous les assiettes de boulette de poulpes, saupoudrés de bonite séché, de mayonnaise japonaise et de nori. Je me repousse, remercie le cerveau et le rouge sur mon visage est plus présent que tout. J’essaye de fuir son regard mais je n’y parviens pas, au contraire, deux essais infructueux et je le regarde encore, un sourire finit par élargir mes lèvres, un soupir moqueur envers moi-même. Je suis ridicule. Je parle sans arriver à m’arrêter…
    Je le regarde, la femme fatale ne l’est pas vraiment on dirait. Belle impression….

    -Je n’ai plus l’habitude c’est vrais Monsieur Marcovic de parler simplement avec les gens. Il y a cinq ans, vous auriez vu une femme bien plus enjouée, plus rayonnante et qui ne vous aurait pas embêté avec de telles paroles.

    Souriant doucement, je joue avec la petite pique de nacre au dessus de l’un des Tokiyaki. J’ai faim. Je me sens bien tout autant que gênée, je n’ose plus redresser mes yeux sur lui. Pourquoi il arrive si facilement à me faire parler ? Je me sens pas vraiment stupide, juste craintive. J’ai envie de lui parler, mais c’est stupide. Non ? Monsieur Marcovic si je vous embête, si je vous gêne. Dites le je comprendrais.

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MessageSujet: Re: Madame Butterfly [Mi Février 2100 - CLOS]   Lun 6 Juin - 19:02

Elle rougit tout autant que moi. Et pourtant, je constate que ses yeux sont toujours embués par des perles d’eau qui ne devraient pas y être… Je ne sais pas d’où vient cette envie en moi de m’approcher d’elle, d’essuyer d’un revers de pouce les larmes qui souillent son beau visage et… Sasha reprends-toi, c’est pas le moment de rêvasser, en plus tu penses des conneries ! Depuis quand t’es aussi con, mon pauvre vieux ? A ma dernière phrase, je vois qu’elle me jette un regard inquiet. Inquiet de quoi, Mademoiselle Hatsuna ? De me déranger ? Non, vous ne me dérangez pas, je suis content de ne pas vous laisser seule avec vos idées noire, et même s’il s’agit de le passer avec moi, je pense que partager ce repas avec quelqu’un ne peut pas vous faire de mal… je crois, en tout cas. Même si vous ne me connaissez pas, même si je ne suis qu’un imbécile de serbe aux cheveux longs, qui bafouille et se ridiculise dès qu’il ouvre la bouche…

Elle parle à nouveau. Non, je le répète, Atori, vous ne me gênez pas. C’est juste que je me sens idiot de ne pas savoir vous réconforter… Oui, je comprends ce que vous voulez dire. A coup sûr, ça serait pareil pour moi, si je me mets à vous parler d’équations et d’Einstein, je serais à mon aise… Mais vous n’y comprendriez peut-être rien, et ce repas serait encore plus gâché, par ma faute. Je crois qu’il vaut mieux encore que nous bafouillions chacun de notre côté. Et puis cette phrase. Elle a failli perdre la vie ? Mais c’est juste son enfant qu’elle a perdu. Voilà un événement qui ferait de n’importe qui une personne brisée pour qui nouer des relations est difficile… Si vous saviez comme je suis heureux de voir qu’avec moi vous vous livrez… Pas à titre personnel, je ne vous connais pas assez pour me vanter de vos confidences, mais… si vous me parlez, ça veut dire que tout n’est pas perdu et que vous redeviendrez celle d’il y a 5 ans !

Le serveur dépose les assiettes devant nous, et je regarde la nourriture, intrigué, avant de doucement remonter mes yeux vers les siens, qui me… fuient ? Allons, tu délires, Sasha. Ça serait bien la première fois qu’une femme fuit juste tes yeux, et pas toute ta personne. Elle me fait un sourire, ou peut-être qu’il est juste pour elle. Je le lui rends en tout cas, alors qu’elle me parle d’elle. Je ne peux m’empêcher de répondre :


- Il y a 5ans vous n’ étiez pas une femme brisée par la vie. N’importe qui pourrait perdre la conversation après ce que vous avez vécu. Vous ne m’embêtez pas, mademoiselle… Je préfère que vous me parliez plutôt que le contraire ! Cela me prouve que je ne suis pas totalement… Ininteressant.

Ma voix meurs sur ce dernier mot et je pioche un des mets dans l’assiette avant de le porte à ma bouche, pensant sans y faire attention que c’est un grand moment de ma vie : je vais enfin goûter de la bouffe japonaise. Hé beh, c’est plutôt bon ces takitrucs ! J’suis sûr que je ne suis pas capable de retrouver le nom. Mais cette découverte m’enchante, comme un scientifique est enchanté de découvrir quelque chose. Un large sourire nait au dessus de mon bouc, tandis que j’observe la pique de nacre, et derrière elle mademoiselle Hatsuna. Je sais que je vais totalement changer de sujet, mais il faut que je la remercie

- Merci de me faire découvrir ça ! C’est délicieux. Comment appelez-vous ça ?

J’espère qu’elle ne va pas prendre mal mon ignorance… Mais c’est vrai, du japonais, je ne connais que les sons formant la phrase « Ai shiteriu » et je ne pense que c’est la chose à dire.
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MessageSujet: Re: Madame Butterfly [Mi Février 2100 - CLOS]   Lun 6 Juin - 22:22

    Entre bafouilles, rouges aux joues et timidité, il me semble que ce repas deviendrait presque épique. Entre moi qui ne cesse de le regarder, qui n’arrive pas à m’empêcher de parler et lui qui fait de même, nous sommes un peu, bizarre tous les deux. Mais cela me plait, il me donne confiance, j’ai envie de chasser tout ce qui ne va pas simplement en regardant ses yeux et je me dis que peut être, je le trouble, enfin, pas dans le sens que vous croyez, disons plutôt que je l’inquiète. Mais c’est bête de penser cela, très bête.
    Le serveur dépose les assiettes devant nous, un bon moyen de chasser ma gêne, même si le rouge reste sur mes joues et que j’entends mon cœur battre plus que de raison, avec force et véhémence, il tambourine stressé. Je le regarde, mais ses remontent et comme s’ils allaient me mordre je les fuis. Mais j’aime bien ses yeux, leurs bleus, leurs tendresses, j’aime bien. C’est con de dire cela, mais j’aime bien…

    Allez Ato, sourit, sourit lui, parle encore, mais doucement. Tu as envie qu’il reste, tu as envie de lui parler, tu as envie de le regarder. Ce n’est pas la peine de te mentir à toi-même, tu sais peu à peu pourquoi il te plait n’est ce pas ? Oui, tu le sais. Il est doux, il semble tendre, il t’attire et tu te laisses faire parce que pour une fois tu en as envie. Tu ne veux pas lutter, ni le repousser bien au contraire, cet anniversaire y fait pour beaucoup mais il n’y a pas que cela, je le sais.

    -Il y a cinq ans en même temps j’ai été battue à mort par mon compagnon que je croyais sincère mais c’était bien plus compliqué. Il m’a fait perdre le fils que je devais lui donner et après cela, je n’ai plus jamais eu envie de parler. Sans raison, hors aujourd’hui pour la première fois depuis cinq ans, je parle à quelqu’un d’autre que mon père ou mes cousins, je vous trouve intéressant et charmant et j’ai envie de passer encore un long moment à rougir et discuter avec vous. Même si je bafouille, je trouve cet instant très plaisant.

    Je le regarde avec un sourire aux lèvres, mn regard s’abaisse l’imitant, je prends un tokiyaki, savourant ce gout de poulpe que j’adore, un de mes plats préférés, un sourire de plaisir glisse mes lèvres et puis je redresse vivement mes prunelles noirs vers lui, à sa question, je souris.

    -Des Tokiyaki au poulpe. Je suis heureuse que cela vous plaise, c’est l’un de mes plats préférés. Quand j’étais petite, père m’a apprit à en faire, il a fait bruler cuisine d’ailleurs, il s’était mis à penser à l’une de ses armes à élaborer et monsieur le scientifique a oublier.

    Je ris doucement, tendre, le fait de partager un souvenir aussi plaisant donne à mon visage une clarté qu’il n’avait pas jusque là. Mes yeux brillent doucement, je le regarde, buvant un peu de thé.

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MessageSujet: Re: Madame Butterfly [Mi Février 2100 - CLOS]   Lun 13 Juin - 23:56

Elle se livre peu à peu. Pourquoi peu à peu?! Non, elle se livre entièrement, intégralement, à l'inconnu que je suis. J'imagine combien la vie de cette femme à dû être difficile. Je pense à ce qu'elle a vécu. A la difficulté de ses rapports avec le genre humain. Pas étonnant qu'elle se soit renfermée à quiconque, pas étonnant qu'elle n'ait plus osé faire confiance à qui que ce soit. Je hais le mensonge plus que tout au monde. C'est une abomination qui fait tellement plus de mal que de bien... Elle détruit chaque jour, et Mlle Hatsuna en est encore une preuve. Celui qui lui a menti, pour finir par la battre, ôtant la vie à un enfant en devenir, est un immonde salopard qui ne mérite que la mort. Je comprends tout ce qu'elle m'a dit. Ce que je n'arrive pas à comprendre, en revanche, c'est pourquoi c'est moi qui parvient à la faire revivre. Revivre, rien que ça. Je choppe la grosse tête, à utiliser des mots comme ça. Je ne suis personne pour pouvoir dire ça. C'est sans doute un hasard. N'importe qui, en ce jour, aurait sans doute réussi. Je la regarde en souriant doucement, mes yeux perdus dans la contemplation de son visage. Je ne sais rien des facteurs qui la pousse à venir vers moi. Mais je suis heureux qu'elle le fasse. Heureux qu'elle parle de nouveau. Il est vrai que nous ne nous connaissons pas, mais cette femme est... attachante. Elle me ressemble, quant à ses réactions, même si nous sommes assez différents en apparence, elle femme d'affaires, moi génie dans la lune... Je ne sais que penser de mes réactions : je mettrais bien ça sur le compte de ma timidité maladive... Mais là, je pressens qu'il y a quelque chose d'autre. De plus.

Je l'écoute parler et soudain, le feu envahit mes joues. Charmant? Elle me trouve charmant. Charmant. Je ne me l'explique pas, et pourtant je ne peux m'empêcher de rougir à ce ... compliment? C'est la première fois qu'une femme ne me regarde pas avec un air d'ennui total. La première fois qu'une femme ne me reproche pas mon manque de conversation. Elle me trouve intéressant, et pourtant je ne dis rien, je bafouille, je bégaie, je m'enfonce. Je ne la comprends pas, mais je vais pas m'en plaindre, parce que moi aussi, je veux que ce repas ce prolonge, même si on a l'air de deux poules ayant trouvé des couteaux. Même si je ne suis pas franchement à mon aise, j'aime être ici, devant elle, à découvrir une nouvelle culture, et une nouvelle personne. Je suis sûr que j'associerais à jamais les yeux noirs d'Atori Hatsuna au gout des Tokiyakis au poulpe. Et que ce jour, même s'il ne devait pas se reproduire, resterait dans mes souvenirs.

Je ne suis apparemment pas le seul à associer ce met délicieux à un bon souvenir. Elle partage avec moi ces moments qui ne regardent qu'elle, que peut-être quelqu'un d'autre aurait gardé pour lui. Elle éclate de rire, et je la regarde, sans m'en empêcher, sans même le pouvoir. Elle me fascine. Le rire lui va si bien! Pour un peu j'aurais la bouche ouverte. Mais je ne suis pas aussi con. Je crois. Par acquis de conscience, je vérifie, prêt à la refermer bien vite mais tout va bien, pour une fois, mon cerveau à réussi à maîtriser toutes les parties de mon corps. Bon, sauf mes yeux. Et ma bouche qui s'y met. Je parle sans le vouloir :


- Rire vous va à merveille. Une femme comme vous devrait rire plus souvent. Vous n'êtes pas faites pour la tristesse.

A peines mes mots sortis de ma bouche que déjà je rougis. Jebote, Sasha, tu es un crétin, un parfait crétin, et maintenant elle va te prendre pour un dragueur.
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MessageSujet: Re: Madame Butterfly [Mi Février 2100 - CLOS]   Mar 14 Juin - 20:14

    Lui parler de mon passé me permet de m’en libérer aujourd’hui. Peu à peu, je n’ai plus envie de pleurer, non, cela fait du bien. Tout ce poids que j’accumule depuis près de cinq ans, duquel je ne me suis jamais libérée même après la mort d’Antoine, voilà que j’ai l’impression que mon cœur bat avec une lourdeur heureuse, libéré. Avouons le, j’avais promis de reprendre vie, mais je n’ai fais qu’être une autre, refusant d’être Ato, la jeune femme souriante et amusée de tout, toujours prête à faire une bêtise pour taquiner les autres. Mais voilà, avouer ce qui fut, à quelqu’un qui n’était pas là, surtout à ce Lui que je ne connaissais ni d’Ève, ni d’Adam il y a une heure à peine. Cela fait du bien, peut être que demain je n’aurais pas changé d’un pouce, mais aujourd’hui tout est si différent. Aujourd’hui que je me souviens de tout, de la douleur autant physique qu’intérieur, et c’est lui qui est là. Merci…Merci Monsieur Marcovic.

    C’est vous qui me libérez d’un poids que j’endure depuis cinq ans, je ne sais pas pourquoi, je n’ai pas même envie de trouver une raison. Mais Dieu que cela fait du bien, c’est votre tendresse je crois. Votre douceur et votre timidité qui m’y invite. Merci. Un autre n’y serait pas arrivé, je me serais repoussé à tout autre approche, j’aurais fusillé du regard celui qui aurait osé essayer de m’effleurer, pire qu’une chatte sauvage, mais votre évanouissement. Cela devait être aussi simple, presque aussi bête qu’une rencontre dans un musée, entre un géant savant qui s’évanouis et une japonaise déconnectée de la réalité.
    J’aime bien son sourire, il me regarde, j’essaye de ne pas rougir, j’y arrive, presque, je crois. Je le regarde, j’ai presque envie de sourire sans raison. Il est vraiment charmant, je ne peux le nier. Il est attachant, même si je ne le connais que peu, il est véritablement attachant.

    Et ce compliment semble le faire rougir. Ce n’était pas mon intention, enfin, je ne crois pas. Mais il est adorable quand il rougit, ses yeux ressortent plus encore. J’aime le bleu de ses yeux, ils sont si différent de tous ceux que je connais, je n’ai jamais vraiment connu de tels yeux, chez moi, nous avons tous les yeux sombre, Antoine lui aussi. Je trouve cela fascinant, je n’oublierais jamais ce jour.
    Un éclat de rire transperce ma gorge, je partage un bon souvenir. Buvant le thé en le regardant, je sens un sourire timide éclore sur mes lèvres, un rouge violent sur mes joues. Je voudrais dire quelque chose, je ne sais pas.
    Je me mordille la lèvre, gênée un peu, un merci à demi murmuré glisse hors de mes lèvres, je n’ose pas dire autre chose, mangeant un tokiyaki encore. Je finis par sourire encore, la saveur du repas me fait toujours sourire comme une enfant. Le rouge se chasse, je change de conversation sans m’en rendre compte.

    -Parlez moi de votre dernière invention, je suis curieuse, je ne comprends pas tout mais j’ai des notions, j’adore entendre les savants parler. Cela me berçait quand j’étais enfant, mon père me prenait dans ses bras et m’expliquer. Moi ça me faisait imaginer la manière possible pour la vendre. Vous voulez bien m’en parler ?

    Un air de gamine traverse mes traits.

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MessageSujet: Re: Madame Butterfly [Mi Février 2100 - CLOS]   Mer 15 Juin - 12:45

C'est à son tour de rougir. Doucement, c'est adorable. Elle est jolie quand elle sourit, presque autant que quand elle rit. Je baisse les yeux et reprends un tokiyaki au poulpe. Me rabattre sur la bouffe pour éviter de trop la regarder. Je ne voulais même pas la faire rougir... J'ai parlé franchement, laissant s'exprimer mes pensées. et voilà qu'elle rougit, j'espère juste que ce n'est pas de colère. Son sourire timide efface cette hypothèse, mais elle reste tout de même silencieuse... J'espère que je ne l'ai pas gênée, je m'en voudrais d'avoir -une fois de plus- tout fait foirer. Mes yeux la regardent à nouveau, se mordiller la lèvre et j'entends un petit merci, un minuscule merci. Elle a pas dû aimer le compliment. La prochaine fois j'me tairais. C'est ce que je dis à chaque fois, et comme à chaque fois, mon corps fait n'importe quoi. J'ai beau lui ordonner de rester passif, mon cerveau prends le dessus et finit par commander. C'est ça, être scientifique : c'est entraîner son cerveau à réfléchir seul, même lorsqu'on est en train de faire une action des plus quotidienne. Le revers de la médaille, c'est que ledit cerveau aime généralement son autonomie et finit par la prendre un peu n'importe quand. Elle aussi se rabat sur la bouffe pour éviter la gêne. Décidément, on se ressemble. Je souris doucement, regardant ses mains discrètement. Pourquoi ses mains? Je n'en sais rien, c'est venu comme ça, je suis tombé dessus et mes yeux ont plus voulu les lâcher...

Et là, elle me demande soudain de lui parler de ma dernière invention... Ohlala... Le piège. L'arnaque. Enfin elle à pas fait exprès, la pauvre, c'est moi qui me suis mis dans la merde tout seul. Voilà, Sasha, la prochaine fois, tu te tais, tu ne sort pas, ça t'évitera d'avoir à mentir sur ton métier. Comment lui avouer que ma dernière invention est directement liée à la Cible... Je peux pas dire ça. Je peux pas balancer que je suis un résistant à n'importe qui. Bon, Mlle Hatsuna n'est pas n'importe qui, elle est adorable, et tout ça, j'aime bien ce moment passé avec elle, mais je dois reconnaître que même si elle n'a pas l'air d'aimer Livingstone, je ne peux pas lui claquer que je fais partie de la Cible. Ce ne sont pas des choses qui se font. et puis peut-être que je la reverrait pas. Et puis...

L'avantage d'être un savant, et même si le cerveau fait un peu la fiesta tout seul de temps en temps, c'est qu'on apprends à réfléchir vite, très vite. Et naturellement, puisque le cerveau arrive a dissocier réflexion d'attitude corporelle. N'importe qui aurait une expression particulière montrant qu'il réfléchit, moi non, je suis naturel. Comme ma façon d'être naturel, c'est d'avoir l'air d'un cornichon au cheveux long, même si d'aventure je réfléchissais tellement que je faisais une tête idiote, ça se verra pas. Enfin il faut bien que je lui réponde... Et j'aime pas mentir... Enfin j'suis pas obligé de lui dire tout. Je passe une main dans mes cheveux et dit doucement :


- Eh bien, si vous êtes sûre de vous... J'attends presque qu'elle change d'avis, puis reprends. Ma dernière invention... c'est un projet personnel, une initiative assez stupide, il faut l'avouer. Vous savez, je ne sais pas si votre père est comme ça, mais moi, je réfléchis d'abord au projet avant de penser à son utilisation. C'est de la chimie... Enfin bon, j'ai horreur du mensonge, et du coup, j'ai pensé à un sérum de vérité... Enfin je me suis rendu compte des mauvaises utilisation qu'on pourrait faire de ce genre de truc, et j'ai tout foutu à l'évier... du coup c'est resté expérimental. Par contre, j'étais en train de réfléchir à une invention au musée, quand je vous ai dérangé... Celle-là est un peu plus poussée, et moins effrayante surtout... Parce que si je m'arrête sur le sérum de vérité, vous allez me prendre pour un psychopathe.

Je me mets à rire. Malgré le fait qu'on ait évité la catastrophe, elle a réussi a me détendre.
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MessageSujet: Re: Madame Butterfly [Mi Février 2100 - CLOS]   Sam 18 Juin - 18:29

    Je souris, il me détend, aucun sentiment néfaste ne court au fond de mon esprit, ni au fond de mes pensées. Je me sens bien avec lui, rassurée, calme, je voudrais presque dire que j’éprouve une certaine tendresse pour cet instant. Oui, je le reconnais, ça je l’avoue bien volontiers cet homme est plaisant dans son attitude, dans ses sourires, et ses rougissements. Je le remercie. Cela vient du fond du cœur, je n’aurais pas pu souhaiter mieux comme détournement pour ce jour. Moi qui serait restait enfermée dans mes pensées, j’en suis gentiment détournée, doucement par un inconnu qui arrive à me faire retrouver un sourire et un rire que je n’ai pas eu depuis des années. Merci. Que dire d’autre. Je me concentre sur la nourriture, un bon moyen pour ne pas me mettre à le fixer ou rougir comme une idiote.

    J’ai toujours été curieuse des inventions. Non pas que je les comprenne forcément sur tous les points les plus compliqué, mais j’ai appris à savoir et comprendre le minimum. Je déteste vendre des produits dont je ne sais rien et de ce fait, j’ai appris à m’intéresser.
    En tous les cas j’ai l’impression d’avoir sur mes traits une impatience de gamine qui veut savoir et apprendre. Je peux comprendre s’il ne veut rien dire, parfois les inventeurs n’aiment pas parler de leur projet s’ils ne sont pas entièrement terminés et totalement au point, ce que je peux comprendre. Cependant j’attends, curieuse, je souris quand il commence à parler. De grands yeux l’écoutent, un sérum de vérité ? Voilà une drôle d’idée, il déteste le mensonge, cela me fait sourire un peu plus. Je me demande si je ne l’admire pas un peu trop en fait et comme une gamine, sans me retenir je lui souffle.

    -C’est une bonne invention mais dangereuse. J’ai testé un jour un sérum de vérité qu’avait fait père. Je teste tout ce qui est inventé à Jokaï. Enfin, ce que mon père estime qui ne me sera pas dangereux. Le sérum était tellement bon que le projet a été abandonné. Je refuse de mettre cela entre les mains de l’Impératrice, cela détruirait des vies. Si vous croyez que je vais vous prendre pour un psychopathe vous vous trompez. C’est toujours fort plaisant de savoir ce qui trotte dans l’esprit d’un scientifique. Je regrette de ne pas avoir hérité cela de père. J’ai pris de ma mère, l’art de séduire pour vendre. Un petit sourire amusé souffle hors de mes lèvres. Et donc, au musée à quoi pensiez-vous ?

    Je suis tellement détendue qu’un certain entrain gagne ma voix. La gêne semble s’être envolée et faire place au plaisir de la conversation.

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MessageSujet: Re: Madame Butterfly [Mi Février 2100 - CLOS]   Mar 21 Juin - 19:02

Je pousse sans le vouloir un soupir de soulagement. Elle n'est pas partie en courant, elle ne s'es pas enfuie, pensant que j'allais soudainement me mettre à rire comme un dément, mes cheveux soudain dressés sur ma tête (et vu ma tignasse, ce serait un exploit!) avec en fond sonore et lumineux un bel orage et le grondement d'un Frankenstein nouvellement créé. Tiens, essayer de donner la vie. Voilà qui pourrait être intéressant, au stade robotique, vu l'échec cuisant des scientifiques impériaux, ça serait bien, pour la Cible, si je... Cranje, Sasha, ajde, concentre-toi! Je ne sais pas combien de fois j'ai déjà répété cette phrase. Je suis face à cette jolie femme, que je suis heureux de faire parler de nouveau, et bam, mon cerveau continue de réfléchir dans mon coin.

Bon sang, ma petite cervelle, si tu ne m'aides pas maintenant, je vais finir cloîtré dans mon trou à rat pour le restant de ma vie, je ne veux pas juste être un scientifique un peu fou, qui adore faire exploser des produits chimiques ou tester des trucs bizarres sur lui. Je veux pouvoir vivre normalement, putain! Enfin presque, je ne pourrais pas aller contre ce que je suis, mais je t'en prie, cerveau, ne m'abandonnes pas, pas maintenant, pas alors que j'ai besoin de toi. Joues pas au con, te venges pas des années ou je te tenais encore en mon pouvoir, là c'est moi qui dépends de toi, tu le vois bien! Alors soit généreux, je te demande juste un peu d'attention sur la situation présente, aide-moi à ne pas repousser Mlle Hastuna... Je te laisserais autant de liberté que possible, lorsque nous serons deux, ou avec les membres de la Cible, ils ont l'habitude... Mais pas avec elle, cerveau, elle a beau avoir un père inventeur, elle ne supportera peut-être pas des absences répétées.

Voilà que je discute avec mon cerveau, maintenant. Est-ce que je suis en train de devenir fou, est-ce vraiment ça? Je suis en train de sérieusement envisager cette possibilité. Et elle... c'est la première fois que je ressens le besoin d'être... "normal" pour quelqu'un. Enfin de ne pas laisser mes idées fourmillantes prendre le dessus, de tenter de rester les pieds sur terre. Et c'est pour elle, que je fais ça. Je ne sais pas vraiment pourquoi, pourquoi c'est pour elle que je fais tous ces efforts. D'un point de vue logique, c'est anormal. Je n'ai jamais réagi comme ça auparavant, jamais plus de dix minutes, c'est pour ça que mes -rares- "conquêtes" se sont si vite fait la malle. Mais elle, je ne sais pas, je veux la rendre heureuse, et si c'est en restant avec elle pour lui rendre ce moment difficile de sa vie plus supportable, alors je suis prêt à dompter mon indomptable cervelle. Je ne veux pas qu'elle s'en aille, elle, pas alors que je passe un... si bon moment. En soi, c'est presque une surprise de constater ça. De constater que je ne m'ennuie pas, que je ne l'ennuie pas non plus, que je suis bien en sa compagnie, malgré mes paroles difficiles et tout le reste. Je souris doucement, pour moi-même, et je lui réponds:


- Une invention qui part d'une bonne intention, je dirais plutôt. De toute manières, n'en parlons plus, elle est au fond des égouts maintenant.

Je fais une pause et la regarde tranquillement, souriant. On entre dans mon domaine, maintenant. Je maîtrise. J'espère. Je la regarde un instant, essayant de comprendre pourquoi je me sens si bien. Puis je reprends d'une voix calme.

- Une capsule temporelle. Quelque chose qui pourrais garder ses secrets indéfiniment, qui pourrait receler n'importe quoi, des papiers, des objets, n'importe quoi. Une capsule dont la matière résisterait à tous les aléas du temps et mettrait à l'abri son contenu. Cette matière n'a pas encore été inventée, j'aimerais pouvoir créer la matière infaillible. Et la mettre au service de l'histoire.

Une capsule qui pourrait receler du matériel radio à haute portée, et qui resterait indécelable par tous types de moyens de détections. Une matière capable de retenir des composants explosifs très instables pendant des mois avant de les libérer sur simple commande ou qui éviterait le déversement des matières dangereuses dans la Nature. Qui desservirait l'Impératrice, afin qu'elle regrette ce moment ou elle a tout misé sur son armée et sa milice, oubliant qu'un seul scientifique peut venir à bout de n'importe quoi, pour peut qu'il reste intègre et discret.

- L'ennui, avec la science, c'est que n'importe quelle invention peut-être utilisée a mauvais escient.

Je soupire un peu tristement : combien d'inventions ais-je préféré détruire, par peur qu'elles ne tombent en de mauvaises mains? Même celles de la Cible ne sont pas sûres. Qui sait sur quel activiste un peu trop consciencieux on pourrait tomber? Quelqu'un qui utiliserait des armes redoutables sans savoir les maîtriser serait quelqu'un de très dangereux, et je reste persuadé que certains des jeunes utopistes de la rébellion ont ce dangereux potentiel.
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MessageSujet: Re: Madame Butterfly [Mi Février 2100 - CLOS]   Mar 12 Juil - 18:07

    Il soupire. L’ennuierais-je ? Quoi que j’aie plus l’impression qu’il est soulagé. Mais de quoi ? Je ne sais pas trop. En vérité, je ne sais pas grand-chose en cet instant. Je me laisse faire, je me laisse aller, je profite. Pour la première fois depuis cinq ans, je profite d’un instant de ma vie, sans trop me poser de question, sans vouloir m’en poser et sans vouloir un seul instant me méfier ou me mettre sur la défensive. Disons que je veux simplement profiter. Oui, et ne pas voir en ce soupir autre chose qu’un soulagement dont je ne sais rien et auquel je ne veux pas réfléchir.
    J’aime énormément sa présence, ce petit côté inventif qui semble le perdre de bref instant dans ses pensées. Je me sentirais presque avec un membre de ma famille, père est toujours comme çà, cela m’a rendue silencieuse et solitaire avec le temps, j’apprécie sa compagnie du coup. Je pourrais continuer à sourire comme une idiote, comme je le fais en cet instant, durant trop de temps. Je le regarde d’ailleurs, en souriant, comme une imbécile. Franchement Ato, on se reprend. Tu vas passer pour une niaise.

    Non, je ne vais pas passer pour une niaise. Disons que je le regarde presque, je dis bien presque avec une bienveillance tendre, comme attrapée et admirative de ses traits. Il me semble si charmant, il est charmant, il arrive à me capturer l’esprit si facilement. Comme jamais personne n’a jamais vraiment pu le faire. Je ne sais plus quoi penser, je le réalise, je ne veux pas l’avouer, il me plait. Je veux simplement profiter, ne rien attendre en retour et pouvoir espérer sourire jusqu’à ce soir. Et si rien ne se passe, pouvoir encore sourire demain en pensant que j’ai pu être un peu moi-même grâce au hasard de la vie.

    -Vous avez bien fait. Le problème n’est pas l’invention, c’est le cœur des hommes et leurs bêtises en vérité. Vous pourriez créer l’invention qui offre le bonheur, qu’ils s’en serviraient si mal qu’ils créeraient le malheur.Un petit sourire glisse sur mes lèvres. J’ai un très mauvais jugement sur le genre humain, pardonnez moi. Mais je vends des armes, je vends la mort, je n’en suis pas fière, parce que les hommes sont stupides. Et je sais qu’ils préfèrent toujours lutter par la mort que d’essayer la paix. Je ne suis pas utopiste, je sais juste qu’un inventeur est parfois bien au-delà de ce conflit de bien et de mal. Si vous saviez le nombre de création que Père a détruite.

    Nous sommes même venus à inclure un système d’auto destruction des armes, puce et autres créations de Jokaï. Si jamais, les conflits venaient à dégénérés et menaceraient trop le monde, un champ électromagnétique, dont la source est un bouton rouge ici ou au japon, mettrait hors d’état nos produits. Mon père crée mais n’est pas assez fou pour ne pas prendre des précautions sur ce qu’il crée.
    Je le regarde, je n’arrive plus à lever mes yeux de lui en vérité. Ce sont ses pupilles que je trouve attirantes, leurs couleurs, leurs calmes et leurs tendresses. Où alors je divague toute seule et je ne sais pas vraiment ce qu’il m’arrive. Ato…on se reprend, concentration, sourire, sage, gentille, pas d’emportement comme quand tu avais vingt ans, tu es un peu trop vieille pour ce genre de connerie.

    -C’est une belle idée. Mais je suppose que cela ne servirait pas qu’à garder des mots d’amours…non, les hommes ne s’en serviraient pas pour des choses si simples. Je souris un instant mélancolique et pensive. Toutes les inventions peuvent mal virer, comme vous le dites. Surtout dans un pays comme celui-ci. La résistance veut protéger les hommes qui sont malmenés, l’impératrice et ses miliciens s’imposaient, au final chacun use de violence sur l’autre. Pour la liberté ou pour la soumission. Un cercle vicieux et qui existe depuis la nuit des temps. Je lui souris tendrement. Je suis plutôt sombre non ? Pourtant, voyez, l’homme que j’ai aimé, m’a utilisé pour obtenir des armes et les donner à la cible. Il m’a battu quand j’ai été enceinte parce qu’il ne voulait rien de plus de moi. Il m’a mentit, il m’a utilisé, il m’a laissé pour morte. J’ai beaucoup de mal à croire…en l’humain. Mais je suis sûr, qu’en tant que scientifique vous pouvez me comprendre. Un esprit, un seul peut apporter beaucoup à l’humanité, une humanité qui peut user de cette invention comme d’une arme la plus terrible qu’il soit.

    Je le regarde, chassant ma mélancolie d’un sourire, secouant doucement la tête, grignotant la dernière bouchée de boulette au poulpe dans un sourire merveilleux. Je me sens bien, je ne sais pas pourquoi c’est si facile de parler avec lui.
    Je n’ai pas envie que le repas se finisse, mais doucement déjà l’entrée se termine. Je ne peux m’empêcher de lever mon regard de lui, je l’observe avec un air tendre sur les traits. J’ai envie de rester là, de profiter, de figer le temps pour ne pas voir demain arriver.

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