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 La fin d'une ère (FlashBack Red-Red)

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Siobhán Mac Mahon
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MessageSujet: La fin d'une ère (FlashBack Red-Red)   Dim 6 Juin - 19:04

Siobhán Mac Mahon était une jeune fille calme. Tranquille. Le sourire toujours accroché aux lèvres. Elle s’entendait bien avec tout le monde, n’ayant ni raison ni envie de les détester. Tout lui réussissait. Elle était l’un des meilleurs élèves de son pensionnat, et promise a un avenir reluisant dans le monde de l’histoire. Sa thèse sur les réminiscences celtes dans le peuple écossais avait été qualifiée de brillante et novatrice, et on murmurait qu’à la fin de ses études, l’année suivante, un poste de professeur d’université l’attendait. L’histoire était sa passion, mais elle ignorait encore à quel point ce qui serait relaté plus tard dans les livres sous le titre « 7 mai 2079 : l’Empire Livingstone » allait bouleverser le cours de son existence.

Joane Livingstone, la mégalomane qui avait la prétention de vouloir contrôler ce qui autrefois se nommait « Europe » avait déclaré la guerre à l’Ecosse qui refusait de tomber sous la coupe d’une telle femme. Manquant de soldats, la nation écossaise avait fait appel à ses citoyens. Pas de service obligatoire, cela allait de soi, seuls les volontaires pouvaient s’engager. Sean et Moira Mac Mahon, les parents de Siobhán, avaient signé. Cela faisait maintenant 4 ans qu’ils étaient partis sur le front écossais, se battre contre les armées du général Keith Livingstone, le frère de l’Impératrice. Isobel Cunnigham, la Ministre des Affaires Etrangères écossaise qui depuis plusieurs années essayait de la raisonner, avait été envoyé à Hegemony, pour parlementer avec Livingstone, rendant espoir au peuple écossais qui malgré ses faibles chances, se battrait jusqu’au bout. En attendant que la situation ne s’améliore, la jeune femme ne pouvait que trembler en pensant à ses parents, lorsqu’elle écoutait les informations et voyait le nombre de morts toujours croissant.

Mais pour l’heure, l’étudiante essayait de ne pas y penser. Elle lisait, assise seule sur un banc du parc parfaitement entretenu du pensionnat où elle vivait. Le soleil de juin jetait sur ses cheveux roux des reflets de feu, et réchauffait sa peau pâle, mise en valeur par le tissu de coton bleu clair de sa robe d’été. Silencieuse. Seule. Tranquille, à défaut d’être totalement en paix. Elle profitait de cette journée de printemps, lorsqu’une petite voix se fit entendre : c’était Laura Murphy, l’élève de première année dont elle était la marraine.


-Euh… Excuse-moi, Siobhán, je te dérange peut-être… Mais le directeur te demande.

La jeune femme sourit à sa filleule et la remercia. Puis elle prit le chemin du bureau de Mr MacLaren, son livre à la main, une légère brise faisant voler le tissu léger de son vêtement. Elle frappa trois coups à la porte et attendit qu’on l’invite à rentrer, ce qui ne tarda pas. Le proviseur était assis derrière son bureau, ses lunettes posées devant lui. Siobhán inclina la tête en saluant son responsable comme il se devait.

- Asseyez-vous.

Interpelée par son ton sérieux et sa proposition, l’étudiante s’exécuta, attendant la suite avec une pointe d’anxiété. Il ne tarda pas à poursuivre.

- Mademoiselle Mac Mahon, laissez-moi déjà vous assurer du soutien de cet établissement et de moi-même. Quoi qu’il se passe.

Il lui tendit une enveloppe fermée. Sur le coin supérieur droit, Siobhán vit ce qui alarmait le directeur. Le sceau de l’Ecosse, utilisé par l’armée. Elle déglutit avec difficulté. Si cette lettre venait de l’armée… Lentement, elle décacheta l’enveloppe et lut le document :

« Mademoiselle Mac Mahon,
Je prends le temps de vous écrire cette lettre brève, mais non dénuées de pensées, pour que vous trouviez dans mes mots plus de réconfort que dans un faire-part officiel. Capitaine sur le front écossais de Gretna Green, j’ai la triste charge de vous annoncer du décès de votre mère, Moira Mac Mahon, lors d’un assaut contre l’armée impériale de Livingstone. Je me dois aussi de vous informer que votre père, Sean Mac Mahon, a été gravement blessé. Ses jours sont en danger s’il persiste à refuser la greffe que le médecin militaire est en mesure de pratiquer. Votre père demande à vous voir. Il est actuellement à l’hôpital de Gretna, mais pour combien de temps encore ? Vos parents étaient mes amis et c’est en toute sincérité que je vous adresse mes condoléances.
J’ose vous demander de venir voir votre père, et de tenter de le raisonner.
Sachez que mes pensées vous accompagnent.
Cordialement,
Innes O’Neil. »

Siobhán se mordit les lèvres, se retenant de toutes ses forces pour ne pas libérer les larmes qu’elle peinait à contenir. Elle déglutit une nouvelle fois, et replaça une mèche de cheveux derrière son oreille gauche, les yeux fixés sur la lettre, regardant sans voir. Sa mère était morte. Elle ne la reverrait plus. Son père était blessé, et se laissait mourir. Elle serait seule. Seule. Ces pensées tournaient en boucle dans son crâne, tandis qu’une perle d’eau salé coulait sur sa joue pour mourir sur sa clavicule. Mr MacLaren s’approcha d’elle et lui posa une main sur l’épaule :

- Sincères condoléances, Siobhán.
- Je demande une permission d’exemption de cours. Mon père est blessé.
- Deux jours. Avec les examens, je ne…
- Merci.

La jeune femme se leva un peu trop brusquement, salua le directeur et sortit du bureau comme un automate. Son corps la guida seul jusqu’à sa petite chambre, tandis que les mots du capitaine O’Neil résonnaient douloureusement dans son crâne comme autant de malédictions. Il fallait qu’elle aille a Gretna, qu’elle voie son père, qu’elle parle à Innes O’Neil. Qu’elle sache. Mécaniquement, elle fourra sans un sac des affaires de rechange, enfila un jean et un débardeur, mis sa veste et une paire de rangers et se rendit au garage où sa moto reposait, consciente que des larmes traçaient sur son visage des ruisseaux irisés, mais sans qu’elle ne puisse les arrêter, ni même les essuyer. Elle enfourcha son véhicule et sortit en trombe du pensionnat.

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MessageSujet: Re: La fin d'une ère (FlashBack Red-Red)   Lun 7 Juin - 3:18

Pendant l’heure et demie que dura le voyage entre Edinbourg, où elle étudiait, et Gretna, la jeune femme laissa libre cours à ses larmes, que la présence de son casque rutilant l’empêchait d’essuyer. Battant des paupières pour conserver une vue nette, la gorge nouée, elle accélérait sans s’en rendre compte, sans prêter attention aux avertissements sonores que lui adressaient les conducteurs qu’elle doublait plus ou moins dangereusement. Qu’elle arrive en vie à l’hôpital militaire de Gretna relevait du miracle.

- Je viens voir Sean Mac Mahon, dit-elle à la réceptionniste.
- Oh. Vous êtes…
- Sa fille, rétorqua-t-elle avec un pincement au cœur.

On la conduisit dans les couloirs qui sentaient la peur, la douleur et la maladie, et où tant de gens comme elle visitaient leurs proches, blessés pour sauver la nation écossaise de la tyrannie de Livingstone. Le blanc uniforme de l’hôpital l’oppressait, présent partout : les murs, le sol, les portes, les uniformes du personnel… les visages aussi. Et cette odeur médicamenteuse, qui donnait l’impression que l’air était vicié, empoisonné par les miasmes s’échappant des blessés… Elle arriva devant la chambre 230 et l’infirmière la laissa seule avec un petit sourire désolé qui donna à l’étudiante l’envie de pleurer une fois encore. Elle entra.

Le blanc, toujours. Et le rouge. Rouge sang. Rouge blessure. Rouge mort, macabre (et unique) note de couleur qui cassait sur le torse de Sean l’uniformité de la chambre. Elle se mordit violemment la lèvre. Son père, qu’elle avait quitté 6 mois auparavant plein de vie, légèrement amaigri sans doute, mais toujours en forme, le sourire aux lèvres sous sa moustache rousse, son père était couché sur un lit d’hôpital, la sueur au front et les paupières closes agitées de soubresauts. Le nœud dans l’estomac de la jeune femme explosa, et à nouveau la barrière de ses yeux ne put contenir les larmes qui se pressaient pour sortir. Elle avança, chancelante, et s’assit au bord de la chaise, au bord de son cœur, au bord du précipice. Elle passa ses doigts tremblants sur le visage de l’homme qui lui avait donné naissance et celui-ci murmura, avant d’ouvrir les yeux :


- Siobhán… Tu es venue
- Bien sûr, Papa. Je suis là.
- Ma fille… Ma petite Sissi…
- Je suis là, répéta la jolie rousse la gorge serrée.
- Je vais mourir.
- Ne dis pas ça ! Le médecin dit que tu peux être sauvé !
- Et rester paralysé à vie ?rétorqua amèrement le militaire. Non, Siobhán. Je ne peux plus. Je suis déjà mort. Mon cœur s’est arrêté quand ta mère s’est éteinte. Je ne veux pas qu’on me sauve.
- Papa… ne dis pas ça…
- Tu ignores ce que c’est, Sissi.

Il ferma les yeux et fronça les sourcils, sans doute pour endiguer une vague de douleur. Puis il tendit doucement la main et cueillit sur son doigt une larme qui souillait le visage de sa fille unique, qu’il regarda avec tendresse avant de reprendre :

- Siobhán, je veux que tu vives. Que tu deviennes une étoile pour nous éclairer, ta mère et moi, murmura Sean.
- Je ne pourrais pas vous oublier !
- N’oublie pas. N’oublie jamais. Mais sert-en pour aller de l’avant. Maintenant, vas-t-en. Je ne veux pas que tu me voies mourir.
- Papa… Je veux rester avec toi… protesta-t-elle.
- Non. Sors d’ici, l’air est nocif pour une jeune femme pure comme toi.

Le ton était sans appel, et le cœur brisé, Red se leva pour obéir à son père. Elle déposa un baiser sur son front, et murmura un « je t’aime » déchirant. Puis elle sortit, sans se retourner pour ne pas accentuer la tristesse de ces adieux définitifs. Elle quitta l’hôpital sans savoir comment et s’effondra dans le parc, dos à un mur, la tête sur ses genoux entourés de ses bras, sanglotant sans retenue.

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Dernière édition par Siobhán Mac Mahon le Lun 6 Sep - 17:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La fin d'une ère (FlashBack Red-Red)   Mar 15 Juin - 0:13

Lorsqu’elle eut pleuré tout son saoul, elle ferma momentanément son cœur et se dirigea vers les bâtiments administratifs. A la secrétaire qui se tenait droite derrière son bureau, elle demanda à voir le capitaine O’Neill. Celle-ci refusa, le capitaine étant occupée pour le moment. De toute façon, si elle n’avait pas de rendez-vous, cette entrevue serait impossible. Tout à coup retentit derrière elle une voix douce :

- Vous êtes Siobhán, n’est-ce pas ?
- Oui, fit-elle en se retournant pour se retrouver nez-à-nez avec une grande femme aux courts cheveux noirs.
- Je suis Innes O’Neill. Voulez-vous me suivre dans mon bureau ? Nous pourrons parler un peu plus à l’aise.

La jolie rouquine acquiesça doucement et le capitaine, avec un sourire froid à sa secrétaire, lui annonça qu’elle était indisponible pour une durée indéterminée. Les deux femmes longèrent un corridor et arrivèrent dans une salle exiguë aux murs dénués de toute décoration inutile, éclairée par une unique fenêtre par laquelle entraient des flots de lumière estivale. Elles s’assirent et laissèrent un temps de silence entre elles. Puis la militaire commença :

- Je tiens à vous adresser une fois de plus mes plus sincères condoléances. Sachez que vous pourrez trouver en moi un soutien pour quoi que ce soit, si vous en avez besoin, bien sûr.
- Je ne suis pas encore orpheline, se buta Red. Mon père est en vie.
- Siobhán. Ma lettre date du 14 juin, nous sommes le 17. Cela fait trois jours que votre père refuse la greffe qui le sauvera. C’est clair qu’il attendait de vous voir avant de se laisser mourir.

La jeune femme jeta un regard noir à la militaire qui parlait si crument de ses parents. Elle ne rajouta rien, sachant qu’Innes avait parfaitement raison, même si elle-même ne voulait pas l’admettre. A partir de maintenant, elle était orpheline, et pupille de l’Etat, parce que ses deux parents avaient trouvés la mort en se battant pour la liberté du peuple écossais. Il faudra bien qu’elle l’admette un jour. C’était à peu près le message que tentait de lui faire passer cette femme capitaine qui se disait amie de ses géniteurs, sans prendre de gants, sans doute à cause de la rigueur imposée par son métier.

- Je veux savoir comment c’est arrivé, dit l’étudiante d’un ton déterminé.
- C’est que… c’est classé secret d’Etat.
- Je veux savoir. J’ai le droit de savoir ! S’écria Red en se levant brusquement, prise de l’envie subite de frapper cette femme qui vivait toujours, alors que ses parents étaient morts, morts pour la patrie, pour que des familles écossaises puissent vivre en paix, pour que des enfants puissent encore rire, heureux, libre. Elle n’en avait rien à foutre de leur putain de secret d’Etat ! Elle n’avait plus de famille, bordel ! Est-ce que c’était si dur à comprendre, qu’elle puisse avoir envie de savoir ce qui avait causé la mort de ses parents ? Elle serra les poings, de douleur et de colère. Le capitaine O’Neill leva les mains en signe d’apaisement. Elle se rassit.

-,Sean et Moira, ainsi que deux autres militaires, ont été envoyés en mission d’espionnage dans le camp adverse. Le but de cette mission était de récupérer certains documents classés confidentiels, en possession du général Livingstone, prélevé sur le corps d’un émissaire envoyé à la Suisse. La récupération de ces documents était primordiale, et nous avons du agir très vite. Vos parents se sont portés volontaires. L’opération a mal tourné. L’un des membres a été tué, Sean s’est fait blesser au torse. Après avoir récupérer les documents, fort heureusement. Votre mère s’est sacrifié et a couvert votre père et l’autre soldat pendant qu’ils s’enfuyaient. Elle a malheureusement été tuée, elle aussi. Siobhán, reprit-elle après un temps de silence, ne laissez pas la douleur assombrir votre cœur ! Vous êtes en vie. Profitez de cette chance !

Devant le silence de son interlocutrice, la militaire commença à lui parler bourses, allocations et autres versements d’argent. Désormais, elle était une pupille de la Nation, une orpheline de guerre. Siobhán ne put se contenir et explosa, frappant violemment ses mains sur le bureau :

- Laissez-moi ! Connaissez-vous le mot tristesse ? Avez-vous seulement déjà pleuré ? Vous pensez réellement que l’argent peut remplacer la famille que j’ai perdue ? Que vos putains de livres sterlings peuvent me faire oublier la perte que j’ai subie ? Je n’ai rien à foutre de votre argent, tout comme de la compassion creuse de l’Etat ! Mes parents sont morts, et mes yeux ne sont pas assez grands pour verser toutes les larmes qu’ils méritent. Pouvez-vous vous enfoncer ça dans le crâne ?

Elle sortit à grand pas, laissant le capitaine O’Neil assise sur sa chaise, interdite.

Le lendemain matin, on enterra Sean et Moira Mac Mahon dans le cimetière militaire de Gretna, en présence du colonel Wasp, du capitaine O’Neil, de l’orpheline et de quelques soldats venus rendre hommage à leurs camarades et amis disparus. Longtemps après que tout le monde soit parti, Red restait agenouillée devant les deux crois mitoyennes sous lesquels reposaient maintenant et à jamais ses géniteurs. Elle ne pleurait plus, n’ayant sans doute plus de larmes à verser, se contentant de ressentir le vide qu’avait creusé leur mort. Et, toujours, revenait dans la tête une des dernières phrases de son père
« N’oublie pas. N’oublie jamais. Mais sers-t-en pour avancer. » Ces mots résonnaient de plus en plus vite, de plus en plus forts, comme s’ils étaient l’allégorie mentale de la colère qui montait en elle, irrépressible. Elle n’était pas furieuse contre l’armée écossaise, non : ses parents avaient été volontaires, ils avaient signés en sachant parfaitement ce qui les attendait, en étant conscients des dangers qu’ils courraient. Elle-même avait compris leur décision. Non… La responsable, c’était Livingstone. C’était à cause d’elle que des gens perdaient un mari, une sœur, des parents… a cause d’elle que la crainte habitait le cœur de chaque écossais. A cause d’elle que ce qui avait été l’union de pays libres n’était plus qu’un ensemble de provinces dans lesquelles les riches éructaient pour avoir mangé trop de caviar et les pauvres souffraient de la restriction toujours croissante. A cause d’elle, qui restreignait la liberté des pauvres hères qui constituait ce qu’elle appelait son peuple. N’oublie pas. Les hommes naissent libres et égaux en droit. N’oublie jamais. Comment ceci avait pu arriver ? N’oublie pas. C’était pour que Livingstone ne sévisse plus que Sean et Moira étaient morts. N’oublie jamais. C’était elle, la fautive. Sers-t-en pour avancer. Il fallait qu’elle soit châtiée.

C’est à cet instant que Siobhán Mac Mahon, étudiante en histoire, orpheline depuis peu, prit la décision qui allait changer le cours de son existence. La décision qui l’éloignerait de tout ce à quoi elle se croyait destinée. Elle serait celle qui tuerait Joane Livingstone, ou qui mourrait pour cette cause.

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Siobhán Mac Mahon
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MessageSujet: Re: La fin d'une ère (FlashBack Red-Red)   Lun 29 Nov - 13:16

La jeune femme savait que la décision qu’elle venait de prendre allait changer tout ce en quoi elle croyait, sa façon de se comporter et jusqu’à sa façon d’être. Elle ne serait plus jamais la même. Mais en voyant les deux croix qui surplombaient la dernière demeure de ses parents, elle sut qu’elle ne pourrait pas revenir en arrière et faire comme si de rien n’était. En ce jour de juin, alors que le soleil qui brillait de tout son éclat ne parvenait à réchauffer sa peau blanche, quelque chose c’était brisé en elle. Pas forcément pour le pire. Quelque part, elle sut que la mort de ses parents n’était que l’élément déclencheur d’une décision qu’elle murissait déjà depuis quelques temps sans en avoir pleinement conscience. Elle avait confusément pensé à s’engager dans l’armée pour défendre son pays contre l’envahisseur. Mais aller directement sur le territoire du tyran et se confronter presque directement à lui, c’était beaucoup mieux.

Siobhán se leva avec dans les yeux une étincelle nouvelle de détermination. Elle savait ce qui lui restait à faire. Un objectif. Voilà ce qui lui avait toujours manqué. Désormais, elle en tenait un et ne le lâcherait pour rien au monde. L’étudiante, après un dernier regard, sortit à grand pas du cimetière. Elle reprit la route, roulant à une allure folle dont le chagrin n’était pas la cause, violant toutes les limitations de vitesse et bafouant sans sourciller les lois les plus élémentaires du code de la route. Folie et violation de la loi. Voilà ce qui à partir de dorénavant constituerait son pain quotidien, même s’il elle ne savait pas encore à quel point. L’historienne ne rentra pas à pensionnat. Non, elle prit la route de sa ville natale, et ne s’arrêta pas avant d’avoir rejoint la petite maison qui, désormais, lui appartenait de droit jusqu’à preuve du contraire. Une vague de sentiments la prit à la gorge quand elle posa le pied dans le hall d’entrée. C’était le lieu où elle avait grandi, et les souvenirs hantaient les murs. Elle posa son sac dans l’entrée, se sentant presque comme une intruse. Elle n’aurait jamais imaginé revenir un jour dans cette maison sans y voir le sourire rayonnant de sa mère ou entendre le rire joyeux de son père. Une fois encore, elle se rendit compte que maintenant, elle était seule. S’interdisant la moindre larme, elle commença par appeler le proviseur MacLaren pour l’informer qu’elle ne reviendrait pas au pensionnat pour terminer ses études, pas pour le moment.


- Un jour peut-être, dit-elle pour le rassurer alors qu’il se lamentait de perdre un de ses meilleurs éléments, mais pour l’instant, j’ai beaucoup de problèmes à régler. Je ne suis pas dans l’état d’esprit idéal pour poursuivre des études, fussent-elles passionnantes. Merci pour tout, Monsieur.

Elle raccrocha, ayant conscience de tourner une page de son existence. Siobhán MacMahon, l’étudiante en civilisation celte, n’existait plus. Elle savait parfaitement qu’elle ne terminerait jamais son doctorat, qu’elle ne serait jamais professeur à l’université. C’était un rêve qui s’effilochait, mais un autre qui naissait. Ce n’était pas seulement son honneur qui lui dictait de partir pour la capitale de l’Empire, mais son amour-propre et le besoin d’un accomplissement personnel. En un rien de temps, en quelques phrases prononcées par son père sur son lit de mort, l’aspiration personnelle de la jeune femme avait basculé. Au lieu de servir le monde en enseignant, elle le servirait en recréant un monde plus juste. Et s’il fallait pour ça passer par la violence, tant pis. C’était… pour la bonne cause.

Désormais, il lui fallait préparer son départ. Arriverait-elle clandestinement, ou en toute légalité ? Tout dépendait de la surveillance. Sans doute était-elle importante, mais sans doute y avait-il des failles. Dans l’Histoire, jamais aucun système défensif n’avait été parfait. Le problème, c’était qu’elle manquait d’informations. Et pour les obtenir, elle aurait besoin de Dorian. Dorian, connu aussi par certaines sociétés sous le nom de Nero. Dorian, un de ses amis d’enfance, devenu informaticien et accessoirement pirate informatique pendant son temps libre. Pas l’un des moindres, d’ailleurs. Si quelque pourrait l’aider, c’était bien lui.

La jeune femme se rendit chez son ami le soir même. Il se passa quelques secondes avant qu’il ne vienne ouvrir la porte du studio où il habitait depuis cinq ou six ans sans jamais vouloir chercher mieux. Il ne manifesta aucune surprise en voyant Siobhán, alors qu’ils ne s’étaient pas vus depuis un certain nombre d’années. Il la laissa entrer après un salut d’usage puis, alors qu’ils étaient assis sur le canapé, lui adressa ses condoléances. Devant la surprise manifeste de l’étudiante, il haussa les épaules en disant :


- Ça fait longtemps que j’ai piraté le système informatique de l’armée. C’est toujours utile. D’ailleurs ils devraient faire un effort pour l’améliorer. Si j’ai réussi, les espions de l’Empire devraient pouvoir aussi. Ce qui expliquerait sans doute la mort de tes parents d’ailleurs. Je devrais leur proposer mes services. Bref, j’étais sûr que t’allais te pointer. J’sais pas, une intuition. Tu veux quoi ? un virus sur le système informatique de Livingstone ? Un visa pour les States ? Que je balance une bombe nucléaire sur la capitale? Je t’écoute.
- Des infos. Sur les points de passage, la manière la plus discrète de rentrer de se rendre jusqu’à Hegemony. Les failles. Tout ce que tu pourras m’apporter. Et des faux papiers, si tu peux me faire ça.

Dorian se mit à rire. Il la connaissait si bien ! Les deux jeunes gens travaillèrent toute la soirée et une partie de la nuit. Nero avait à plusieurs reprises tenté d’infiltrer le système informatique de l’armée impériale. Sans succès, ils avaient des défenses un peu trop dangereuses pour un hacker. Mais indépendamment, en infiltrant les ordinateurs de membres de l’armées ou de la milice, moins protégés, il avait réunis plusieurs informations importante. Il s’avérait que la voix la plus simple était de passer par la voix légale, en toute illégalité. Bien sûr, en hiver, le taux de réussite était plus important, puisque les gardes aux douanes avaient tendance à vite vouloir rentrer au chaud. Peu à peu, ils établirent un itinéraire sûr. A part aux frontières de l’ancienne Autriche, où les contrôles seraient beaucoup plus stricts, ça irait tout seul. Nero lui fabriqua un faux passeport sous le nom d’Emilie Stone, une carte d’identité impériale, puisqu’aucun écossais sensé n’aurait pensé à immigrer vers la ville de celle qui opprimait leur peuple ainsi qu’une lettre de recommandation de l’institut National de Recherche de Londres, signé par le doyen, stipulant qu’elle était enseignant-chercheur en génétique, méritante et en quête de travail. Alors qu’ils s’endormaient, épuisé, Dorian lui demanda :

- Tu es sûre de ce que tu fais ?
- Absolument pas. Mais je ne peux pas rester sans rien faire. Je n’ai plus rien à perdre.

Désormais dotée d’une nouvelle identité, il ne lui restait plus qu’à partir. Elle prépara un sac contenant ses affaires, y planqua un Glock 22 et un Sig Sauer P220,les deux armes de service de son père qui lui avait appris à s’en servir –les temps l’y obligeait, quelques munitions et un souvenir de ses parents pour ne jamais oublier son objectif. Puis elle partit, se promettant de ne pas revenir avant que Joane Livingstone n’ait poussé son dernier soupir en se vidant de son sang.

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