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 INTRIGUE 1.0 : LA GRANDE PARADE IMPERIALE [28 Février 2100 - CLOS]

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MessageSujet: INTRIGUE 1.0 : LA GRANDE PARADE IMPERIALE [28 Février 2100 - CLOS]   Dim 14 Mar - 19:05

Hegemony était en effervescence ce 28 février 2100, car la Grande Parade Impériale était enfin arrivée. C'était l'occasion pour le peuple de sortir de son quotidien plus ou moins difficile et de faire la fête (presque) sans aucune restriction. Les rues avaient été décorées la semaine précédente de banderoles, guirlandes et lumières colorées, des affiches du programme de la journée avaient été placardées un peu partout et des contrôles d'identité imposés à quiconque entrait ou sortait du centre-ville. La sécurité avait toujours été présente dans la capitale de l'Empire, mais lorsque la GPI approchait, cela n'avait plus rien de comparable. Personne ne pouvait sortir de chez lui sans en avoir une bonne raison et le couvre-feu était avancé à 18h, histoire de ne prendre aucun risque. La principale préoccupation était la sécurité de la Cheffe du Gouvernement, encore plus après que l'un de ses Ministres se soit fait enlever par la Cible quelques semaines auparavant. Rien ne devait être laissé au hasard et la méfiance et la tension régnait un peu partout dans le comité d'organisation et dans les rangs de la Milice qui n'espéraient qu'une chose : que tout se déroule comme prévu! Si les résistants arrivaient, par miracle, à faire quoique ce soit, de nombreuses têtes tomberaient sans aucun doute.

C'était donc la boule au ventre que certaines personnes accueillirent le convoi de l'Impératrice Suprême sur la grande place du Centre placée sous haute surveillance. Le reste de la population était elle aux anges de voir leur protectrice bien-aimée sous leurs yeux, enfin proche, réelle et non plus derrière un écran de télévision ou sur des affiches de propagande. La journée était belle et ensoleillée et malgré le froid, la foule s'amassait tout autour des cordons de sécurité placés tout autour de la place. Lorsque Livingstone sortit de sa voiture, entourée de ses gardes du corps et suivie de sa famille et de sa cour, une clameur monta du public, de plus en plus forte et qui ne s'arrêta que lorsque tout ce petit monde fut installé dans la tribune officielle. C'est à ce moment-là que les festivités allaient enfin commencer après des mois de préparation.

C'était au Ministre de la Défense qu'incombait la tâche de donner le départ. Il s'avança donc sur l'estrade, ses papiers à la main et avec un ton grave et solennel, entama son discours. Il commença bien évidemment par glorifier l'Impératrice avant de rendre hommage aux hommes qui se trouvaient sur les fronts des différents conflits impliquant l'Empire et termina en parlant des différents corps d'armée qui défilèrent ensuite durant une bonne heure et demi lorsqu'il eut fini. Vint ensuite le tour du Ministre de la Communication de s'adresser à la foule pour donner le programme des réjouissances de l'après-midi avant de laisser la parole à son Altesse l'Impératrice Suprême. Comme il fallait s'y attendre, elle fut acclamée avec un enthousiasme débordant, contrairement à l'homme qui l'avait précédé. De Guise n'était que très peu apprécié dans la Capitale car il était de notoriété publique qu'il mettait plus de bâtons dans les roues de Livingstone que le reste de son gouvernement réuni! Mais lui pouvait se le permettre, ce qui n'était pas le cas de tout le monde... Quoiqu'il en soit, elle eut un franc succès en rappelant l'importance de l'Empire dans le monde et surtout de sa capitale, Hegemony, qui offrait l'opportunité aux plus grands scientifiques, chercheurs, professeurs et autres de faire des avancées technologiques primordiales pour l'avenir du pays. Cependant, ce qui fit sensation furent les annonces de la nouvelle alliance de l'Empire avec l'Islande ainsi que celle de la nomination au poste de Chef de la Milice de Cassandra Jones, jeune femme décrite comme l'un des meilleurs éléments des hommes en rouge. Cette dernière s'avança fièrement sur l'estrade pour se faire décorer comme il se devait avant de retourner s'asseoir, un sourire sadique et plein de satisfaction sur le visage.

La partie officielle de cette matinée se termina par la révélation de la Statue du Centenaire, œuvre d'un artiste très prisé par sa Majesté qui avait eu l'honneur et le devoir de faire une sculpture digne de ce nom pour marquer le passage à ce nouveau siècle. La statue représentait, bien évidemment, Livingstone, assise sur un trône sobre et simplement décoré qui focalisait encore plus l'attention du spectateur sur le sujet. Elle était réalisée en marbre très légèrement rosé et faisait quelques mètres de haut. Elle devait être placée au centre de la place quelques jours plus tard, mais pour le moment, elle trônait fièrement près de l'estrade réservée à l'Impératrice et à ses invités. Après que la foule eut applaudit durant de longues minutes la sculpture et l'Impératrice, celle-ci se dirigea vers sa voiture, sous bonne escorte, afin de rejoindre le Palais où une garden party était prévue. Seuls les personnages les plus importants de l'Empire étaient conviés. Membres du gouvernements, hommes d'affaires influents, chercheurs, représentants des pays alliés et quelques invités personnels de Joane. Tous triés sur le volet et soumis à un rigoureux contrôle de sécurité. Le peuple, lui, allait faire la fête dans les rues, modérément cela va sans dire, ou chez lui. Quelques feux d'artifices tirés dans les avenues ou les boulevards interdits à la circulation, de la musique diffusée par des hauts-parleurs dispersés dans la ville, voilà à quoi se résumèrent les festivités pour les habitants d'Hegemony jusqu'au début de soirée.

A 18h, tout le monde migra vers la Place Impériale située devant le Palais où devait avoir lieu les exécutions des traîtres à l'Empire. Livingstone et sa cour arrivèrent une vingtaine de minutes plus tard et prit place devant la foule compacte qui s'amassait derrière les barrières de sécurité. Il faut dire que ce genre d'évènements, tout comme les gladiateurs dans le Colisée, ameutait beaucoup de monde. Certes il n'y avait pas de combat, ce n'était pas un tel « spectacle divertissant », mais les mises à mort nourrissaient le côté morbide de chacun. Cela leur permettait également de se rassurer d'une certaine manière. Ils étaient heureux de ne pas être à la place des accusés qui allaient être fusillés et profitaient encore plus après du fait d'être encore vivant. Cependant certaines personnes étaient juste là pour le plaisir sadique de voir ceux qu'ils considéraient comme de la vermine se faire tuer sans regrets ni remords. D'autres s'en fichaient royalement et n'étaient là que pour passer le temps. Ce qui n'était sûrement pas le cas du Ministre de la Communication qui s'avançait sur l'estrade pour faire son discours et lire les chefs d'accusation des condamnés ainsi que leurs aveux. Ces hommes et ces femmes avaient fait leur entrée sur la place et avançaient vers une mort certaine sous les huées et les sifflets de la foule qui leur jetait parfois des projectiles divers comme des œufs pourris ou encore des pierres.

Le discours, prononcé d'une voix grave, dura plus d'un quart d'heure et lorsqu'il fut terminé, on fit avancer tous les condamnés devant un mur déjà criblé de balles. Seules deux personnes restèrent en arrière : Richard Demierre, ancien Chef de la Milice et Shela Hennessy, ancienne dame de compagnie. Ceux-ci étaient le clou du spectacle, la cerise sur le gâteau en quelque sorte. Arrêtés pour incompétence ou haute trahison, membres proches de l'Impératrice, leur sort n'allait pas être différent des autres, simplement ils auraient le plaisir d'assister aux exécutions de leurs pairs avant de les subir. La place, bien que bondée, se fit soudainement silencieuse, attendant avec appréhension ou excitation que les coups de feu viennent briser ce calme si inhabituel. Les soldats armèrent leurs fusils tour à tour avant de les pointer sur les condamnés qui pleuraient et tremblaient littéralement de peur. Le doigt sur la gâchette, tout le monde retint son souffle lorsque....... une immense explosion se fit entendre à un bout de la place, sur la gauche, suivie d'une autre bien plus proche de la tribune officielle et des accusés. Une troisième retentit à l'autre bout, sur la droite et fini de créer un mouvement de panique. Le ciel, après avoir été illuminé par les trois bombes successives, s'était assombri sous la fumée, la poussière et les débris en tout genre qui volaient un peu partout. Le calme précédent avait fait place à des hurlements incessants, des gens se faisaient piétiner, d'autres suffoquaient, tous couraient pour trouver un quelconque refuge et pour fuir cette scène de désolation. La Place était détruite, tout comme l'estrade officielle et des corps inconscients jonchaient le sol. Ce que tout le monde avait craint, ou espéré, venait de se produire... La Cible avait réussi un attentat que personne ne croyait possible.




(HRP Alors, histoire que ce ne soit pas trop le bordel, je laisse les gens placés en tribune commencer : Joane, Luc, Aaron, Violet, Isobel, Cassy, etc... Tous les persos que vous voulez poster et qui seraient susceptibles d'être aux côtés de Livingstone. Ensuite ceux qui se trouvent dans la foule (ainsi que les condamnés) pour finir par ceux qui ne seraient pas là (je pense surtout à Ju et James).

Je posterai la suite après les réponses de tout le monde et on fera les réactions après l'attentat. Ensuite, ça sera fini!!

P.S. Quitte à sauver Shela, je me suis dit que les membres de la Cible n'allaient pas laisser crever les autres condamnés, donc j'ai fait exploser la bombe un peu avant l'heure prévue lol Pour Demierre, il peut très bien avoir été touché par un projectile, je te laisse décider ^^)


Dernière édition par Admin le Mer 2 Jan - 23:55, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: INTRIGUE 1.0 : LA GRANDE PARADE IMPERIALE [28 Février 2100 - CLOS]   Mer 24 Mar - 23:48

10 février 2100, 5h00. Joane s'était levée aux aurores après une courte de nuit bercée d'impatience malgré quelques pilules décontractantes et un verre de scotch pour s'aide à trouver le sommeil. Cette journée serait l'apogée, le symbole de sa grandeur, une preuve supplémentaire qui montrerait au monde sa puissance et sa magnificence. Elle voulait pouvoir profiter de cette journée, la moindre seconde serait importante. Elle avait passé des mois et des mois à superviser l'évènement et tout devait être absolument parfait. Tout serait absolument parfait. Quelques derniers petits détails avait été réglés et dans le palais effervescence était à son comble, personne n'avait cinq minutes à lui, sauf peut-être Joane qui se tenait debout devant une des fenêtres de ses appartements, dans une robe absolument somptueuse tandis qu'une couturière lui tournait tout autour affairée à placer quelques épingles par-ci par-là pour les dernières retouches. L'Impératrice se tenait droite et fière, regardant plus bas l'agitation extérieur. Son visage était neutre, elle commençait doucement à savourer la journée.

L'heure de quitter le palais pour rejoindre le centre ville où se déroulerait la première partie des festivités étaient arrivée et la souveraine commençait à sentir son cœur battre d'excitation. Le convois de voiture sillonna les rues pendant une bonne dizaine de minute et partout sur son passage Joane pouvait voir une foule dense massée derrière les barrière et le cordon de sécurité assuré par la police de la capitale. Les voitures arrivèrent finalement jusqu'à la tribune officielles, elles s'arrêtèrent devant pour laisser sortir tous les gens qui avaient eut le droit à une place privilégiée aux côté de Son Altesse Suprême. Lorsque tout le monde fut installé, Joane sortie de sa propre berline noir sous les flashs des photographes et les caméras des journalistes. La tribune l'accueillit alors avec des applaudissements que la foule reprit presque instantanément. Joane distribuait les sourires radieux et les petits signes polis de la main.

Elle avait finit par rejoindre sa place et avait salué la foule pendant plusieurs minutes. Elle regarda tout ce monde amassée là pour l'occasion. Tout ça, tout ça c'était elle, son Empire, qu'elle avait crée de ses propres mains et façonné à son image. Sa poitrine se gonflait d'orgueil et elle aurait presque été de se sentir aussi forte à cette instant. Il s'assit finalement et les vivats cessèrent alors que le ministre de la Défense se levait et prenait place sur l'estrade et le pupitre d'où il ferait son discours. Joane n'écoutait que d'une oreille, elle savait ce que le discours disait, elle l'avait elle-même approuvé. Assise à la place d'honneur elle avait une vue parfaite sur la suite des évènements, c'était à dire le défilé des différents corps de son armée, par qualification, par province, etc. A sa droite, Aaron, à qui elle lança un petit sourire entendu, et à sa gauche, sa nièce, Violet, habillée correctement pour l'occasion. Joane avait posé une main sur la sienne, et lui avait sourit gentiment, lui faisait un compliment pour sa tenue.

La tyran savourait ce moment avec délectation, elle ferma quelques secondes les yeux pour profiter au maximum de ces sensations qu'elle aimait tant. Elle se remémora le première jour où la foule l'avait acclamée, le jour où elle était arrivée au pouvoir, tant d'année auparavant maintenant. Mais aujourd'hui c'était la victoire totale, définitive. Une fois que les représentants de l'ensemble des troupes (bah oui, ils y en avaient encore quelques uns à la guerre quand même !) eurent remontée la plus grande avenue d'Hegemony, que les avions ai paradé gaiement dans le ciel, Luc été aller faire un petit discours. Pendant ce temps, Joane s'était levée avait changer de tenue et avait troqué sa robe (la première de la journée) sobre mais élégante contre un smoking féminin taillé sur mesure à la fois strict et raffinée qui la mettait parfaitement en valeur. Elle était alors montée sur l'estrade tandis que son ministre de la communication lui laissait la place.

Une nouvelle clameur s'éleva de la foule qui se tue d'un coup sous un geste doux de Joane. Son discours qui fut accueillit comme jamais. L'Impératrice semblait rayonnante et aborda un sourire magnifique. Quelques fiches étaient posées sur le pupitre mais pas un instant elle ne baissa les yeux pour remettre ses idées en place grâce à ce soutient; ses idées étaient parfaitement claires. Elle commenca à parler et son ton est parfait, à la fois calme et bienveillant, mais aussi ferme et sûr. Sa voix ne tremblait pas, elle ne cherchait pas ses mots, son intonation irréprochable. L'accentuation des ses phrases était bien dosée et ses pauses oratoires, placées au bons endroits. Le discours avait été préparé dans les moindres détails et le timming était admirable admirable. Son discours se clôtura par la nomination de sa nouvelle Chef de la Milice. On apporta à l'Impératrice l'insigne dû à ce rang et la remit à la nominée avec un mot de gratification. Finalement, Joane eut le droit d'admirer la magnifique statue d'elle qu'elle avait fait commander pour offrir à la nation. Une nouvelle vague d'auto-satisfaction vint emplir sa poitrine.

Une fois tout ça terminé, elle retourna vers la tribune signe que tout le monde devait se lever pour rejoindre le convois que ramènerait tout ce beau monde au palais pour la garden party. Dans la voiture, elle s'était de nouveau changé pour revêtir une nouvelle robe, un peu plus courte et légèrement plus provocante dans le récolté aussi bien devant que dernière. Durant la petite fête privée organisée au palais on avait dû la félicité une bonne centaine de fois, lui dire autant qu'elle était « magnifique », ou « radieuse », elle avait parlé politique et commerce avec les hommes, haute couture et autre avec les femmes. Elle avait bu plus que de raison mais tenait étrangement bien l'alcool. Elle n'avait pas résisté à s'absenter quelques (longue, très longues) minutes en bonne compagnie (bon je donne pas de détail ! XD), laissant ces «invités » qui de toute façon, même s'ils avaient remarqué son absence, ne poseraient aucune question.

Et puis à dix huit heure, tout ce beau monde s'était rendu dans la tribune officielle qui se trouvait cette fois sur l'immense Place Impériale devant le palais. De nouveau le peuple était rassemblé pour voir l'exécution des traites de la nation et des terroristes qui avaient tenter de mettre l'Empire en péril. Joane regarda attentivement De Guise pendant qu'on amenait les condamnés. Le point final, la cerise sur le gâteau de sa vengeance personnelle. Shela entra en scène, un peu à l'écart pour l'instant, puisqu'elle était le clou du spectacle (avec Demierre, mais évidement, elle était davantage pressée de voir l'exécution de la trainée). Pendant ce temps, l'homme s'était avancer pour lire les chefs d'accusation. Le silence vint alors saisir l'ensemble du public présent. Comme si tout le monde retenait un souffle général alors que les soldats chargés de l'exécution prenait place.

Au moment même où l'ordre de tirer allait tomber, une déflagration énorme s'était produite. Le bruit de l'explosion déchira les oreilles de l'Impératrice alors qu'un éclair blanc avait déchiré ses yeux. Elle n'arrivait pas à comprendre ce qui s'était passée. La douleur la traversait de part en part, à chaque mouvement, chaque respiration, chaque battement de cœur qui continuait pourtant d'envoyer le sang dans son corps, c'était insupportable. Joane entendant les cris sourds des gens autour d'elle et un voile sur ses yeux floutait son regard et même ce qu'elle pouvait tenter de discerner, ce qui techniquement était vu, puisque touchait sa rétine n'étaient pas analysés. A demi consciente, elle savait qu'elle était allongée sur le sol. La douleur était de plus en plus insupportable et son cerveau était assailli par des messages nerveux provenant de l'ensemble du corps qui lui informait qu'une partie était mal en point et qu'il devait envoyer à son tour un message de douleur. Sous cet harcellement incessant il avait dû prendre une mesure radicale et se mettre sur 'OFF' pour assurer sa propre survie en n'assurant plus les fonctions vitales. Il avait coupé tous les chemin nerveux jusqu'à lui, sauf entre les poumons et le cœurs. Faire de contracter le diaphragme pour emplir les poumons d'oxygène, que le sang viendrait prendre, pour le transporter jusqu'au coeur pour que celui-ci l'expulse jusqu'au cerveau justement et lui permette de recommencer le processus... l'instinct basique et primaire de survie... le coma.

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Luc De Guise
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MessageSujet: Re: INTRIGUE 1.0 : LA GRANDE PARADE IMPERIALE [28 Février 2100 - CLOS]   Jeu 25 Mar - 12:28

La Grande Parade, enfin... voilà un jour qu'il avait attendu avec inquiétude. Pas pour les mêmes raisons que l'Impératrice, non, lui c'était pour sa compagne qu'il s'inquiétait, pour les rebelles qui allaient la sauver et le reste. Cette mission de sauvetage ne devait être, en aucun cas, un foirage. Il ne se le pardonnerait jamais. Voilà qu'il œuvrait depuis plusieurs jours sous couverture, pour passer toutes les informations qu'il trouvait à la Cible. Ils se devaient d'être préparer pour l'événement et De Guise y mettait du cœur. Ce qu'il avait vécu depuis quelques jours lui avait donné une rage de détruire Livingstone assez incroyable.

Après le cassage de gueule de Darius, il avait eu droit à son propre passage dans les cachots, mais pour y être torturé psychologiquement, personne ne l'avait touché, c'était Shela qui avait tout prit. Sous ses yeux. Ruée de coup, violée, sans qu'il ne puisse rien faire, mis à part hurler sa rage et tenter de se débattre, mais en vain. Impuissant, il avait du assister aux séances de tortures, suppliant qu'on la laisse tranquille. Mais si Joane avait pensé ainsi briser totalement son ministre, elle s'était trompée et ça, sur toute la ligne. Il en était sortit encore plus en colère qu'auparavant. Même si les images passaient en boucle dans sa tête, le culpabilisant chaque minute un peu plus, il avait tenu bon. Pour elle, pour la sauver. Sa rage le consumait littéralement et l'Impératrice devait faire bien attention à ne jamais se retrouver en tête à tête avec lui. Ce qu'elle n'avait pas eu le temps de faire de toutes les façons, vu son emplois du temps plus ou moins chargé.

Tournant comme un lion en cage dans ses appartements, il n'avait pas prit le temps de relire son discours, ses discours, il s'en moquait. L'heure était enfin arrivée, il fallait se diriger au voiture, pour se rendre là où les festivités les attendait. Tout en noir, la mine sombre, le ministre de la communication montrait clairement qu'il ne partageait en aucun cas les réjouissances et on ne lui adressa pas la parole dans le véhicule, préférant le laisser tranquille plutôt que de risquer de se prendre une remarque acide dans la tronche. Et c'était mieux ainsi. Assis sur la tribune, De Guise hallucinait sur ce peuple de mouton venu acclamé leur tyran, elle leur en faisait voir des vertes et des pas mures et pourtant... ils étaient toujours là, à lui lécher les bottes. Impressionnant.

Le discours de son collègue ne manqua pas de le faire soupirer à plusieurs reprises, discrètement, avant qu'il ne doive s'avancer à son tour. Bizarrement, les regards étaient devenus hostiles, l'ambiance un peu plus tendue. Le peuple ne l'aimait pas, mais lui le méprisait en retour. Son discours fût bref, succinct, il devait juste laisser le temps à Sa Majesté de changer de costume, pour lui laisser enfin la place sur la tribune. Leurs regards se croisèrent quelques instants et la femme pouvait y lire toute la haine qu'il avait pour elle. Son regard noir planté dans le sien, il retourna alors s'asseoir sans faire plus d'histoire. Les paroles de Joane manquèrent de le faire vomir, autant d'hypocrisie le rendait malade, vivement que tout cela prenne fin! Et ce fût le cas, enfin... notre ministre sentait qu'une minute de plus l'aurait fait exploser sur sa chaise.

Retour à la case départ, pour la garden party, dont il n'avait cure. Installer dans un coin du jardin, les bras croisés, il n'adressait la parole à personne, observant simplement la Reine et ses sujets interagir. Pitoyables humains... son humeur devenait de plus en plus maussade au fil des heures, qui le rapprochaient inlassablement du pire moment de la journée. Il n'avait pas réellement réalisé, mais voilà qu'il se trouvait à nouveau sur une tribune, un papier entre les mains, pour lire les chefs d'accusations de tout ces pauvres gens qui allaient mourir sous les huées de ceux qu'ils tentaient de sortir du joug de la tyrannie. Comme c'était ironique!

Son ton était noir, mais calme, professionnel. Pour ceux qui était au plus proche, donc la famille royale en tous les cas, ils ne pouvaient que remarquer la pâleur de l'homme politique et les quelques gouttes de sueurs qui coulaient le long de ses temps, alors que du coin de l'oeil, il avait aperçu la femme qu'il aimait, enchaînée et prête à être envoyé sur l'échafaud. Il dut faire un effort surhumain pour empêcher sa voix de trembler alors qu'il prononçait son nom, ses fautes et sa peine capitale. Il sentait le regard de victoire de Joane sur lui, mais elle n'avait pas gagné, pas encore. Une dernière carte dans la manche du canadien, un joker qu'elle ne soupçonnait même pas.

Joker qui se fit enfin entendre, une explosion, suivit rapidement d'autres, Luc n'eut que le temps de croiser le regard de sa chère et tendre et de lui faire un dernier sourire, rassurant. Tout irait bien. Le souffle de l'explosion près des gradins le fit voler dans les airs, une douleur vive et fugace au visage, avant de s'écraser par terre un bon mètre plus loin, lui tirant un grognement de douleur. Il avait les yeux fermés et n'osait plus les ouvrir, car la douleur qu'il ressentait alors au visage, devenait de plus en plus amplifiée, lui faisant comprendre que quelque chose de pas normal venait de se ficher dans sa chaire, mais voilà bien la seule information qui arriva à son cerveau avant que celui-ci ne décide de tout mettre en veille. Noir total, couché sur le dos, au milieu des décombres, Luc De Guise, comme une grande partie de ceux qui l'entourait, venait de rejoindre la longue liste des blessés graves de cet attentat qui ferait parler de lui bien longtemps.

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Violet Livingstone
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MessageSujet: Re: INTRIGUE 1.0 : LA GRANDE PARADE IMPERIALE [28 Février 2100 - CLOS]   Jeu 25 Mar - 21:04

Violet s’était réveillé de bonne heure ce matin-là. Enfin, encore plus de bonne heure que d’habitude, elle qui était levée dès potron-minet ouvrit les yeux une heure avant son réveil, à six heures. Encore quatre heures à attendre ! C’était pas humain, ça, elle, elle voulait sortir maintenant ! L’adolescente se leva doucement, ses pieds s’enfonçant avec délice dans le tapis rose bonbon qui faisait office de descende de lit. En chemise de nuit, elle ouvrit avec fracas les volets de sa chambre (bon, volets automatisés, ça fait pas beaucoup de bruits non plus, mais c’est une licence artistique XD) pour finir par se planter devant son miroir. Elle s’admira, passant sur sa chevelure. Sa tante lui avait proposé du roux. Bien trop commun. Une fois assise sur le siège, alors que les mains expertes de son coiffeur attitré lui avaient présenté le nuancier de colorations possibles, elle avait opté pour un rose foncé qui virait au rouge. Voilà de quoi (presque) satisfaire Joane tout en conservant sa couleur fétiche. Un compromis qui ne ferait pas trop râler sa chère parente.

Scarlet s’étira en souriant, et appuya sur le bouton qui reliait sa chambre à celle de sa nourrice. Nourrice qui ne s’était fait aucune illusion, elle ne pourrait pas faire de grasse matinée ce matin. Elle s’était levée encore plus tôt et quand sa protégée sonna, elle était levée, habillée, prête à aider sa petite princesse à se préparer et se vêtir pour faire honneur à la famille Livingstone. Pour commencer, la fille de Keith Livingstone se coula dans un bain chaud et relaxant qui donnerait à sa peau un éclat magnifique. Puis Judith la massa pour la déstresser totalement (quoique ce n’était certainement pas elle la plus tendue de la famille, mais un massage, c’est toujours agréable !). Enfin, la jeune fille se retrouve assise en sous-vêtements sur son lit, à enfiler une paire de bas couleur chair. Aujourd’hui, comme elle l’avait promis à sa tante, elle serait habillée… décemment. Pas de tutus, pas de rose fluo, pas de corset gothique ou de short punk. Non, sa robe était blanche, avec un corps rehaussé de broderie argentée et de dentelle blanche, fermé dans le dos par un laçage fort sage, et une jupe bouffante qui descendait jusqu’aux pieds. Le tout porté sur une crinoline, évidemment. Violet Livingstone actualisait le style Louis XIV à la mode du jour. Pour rehausser sa peau pâle, un collier monté autour d’un rubis (cadeau de son père, bien sûr !), et un châle gris perle. Sans oublier un maquillage un tantinet tapageur (joues rosées, traits carmin aux coins des yeux rehaussés de khôl et lèvres écarlates). En coiffure, les cheveux bouclés et relevé élégamment.

La demoiselle était fin prête. Et elle avait vingt petites minutes d’avance, qu’elle mit à profit pour se pavaner dans le palais et faire admirer sa tenue. Puis vint l’heure de monter en voiture pour défiler dans Hegemony, et aller s’installer dans la tribune officielle, sur LA place du centre-ville. Voilà qui promettait d’être existant !! L’adolescente connaissait son rôle sur le bout des doigts. Sa place surtout. Elle avait aussi appris par cœur le nom des invités de sa tante, histoire de faire bonne figure auprès d’eux. Pour le cas peu probable où l’un d’entre eux lui adresserait la parole, bien évidemment. Violet monta dans la voiture qui lui était réservée. Au départ, elle pensait qu’elle serait avec sa tante ou son oncle. Mais non, Joane avait sa voiture et Aaron la suivait bien évidemment, en tant que frère et garde du corps. Si Keith était rentré, il aurait été avec elle, histoire de partager un court moment privilégié. Mais non, son père était resté en Ecosse. Elle avait donc fait un caprice pour avoir sa propre voiture avec chauffeur. Qu’elle avait finie par obtenir, d’ailleurs. Princesse circula donc dans la ville en regardant, émerveillée, le peuple se masser le long des rues et scander le nom de sa tante. Le nom de leur famille. Et elle se sentit emplie de fierté. De même lorsqu’elle sortit de la voiture, et qu’elle entendit le crépitement des appareils photos et les applaudissements de la foule. Bon, ce n’était pas elle qu’on applaudissait, personne ne savait qui elle était. Mais d’un coup, elle s’imagina marchant à la place de Joane, superbe dans une robe élégante, saluant la foule d’un petit geste amical du bout des doigts, distribuant sourires et regards à qui en voulait… Elle aussi voulait devenir célèbre et adulée !

La nièce de l’Impératrice prit finalement place à la gauche de celle-ci, en souriant intérieurement. Cette fois, on serait bien forcés de se demander qui était cette jeune fille assise aux côtés de son Altesse Joane Livingstone ! Elle sourit pour les photographes, puis se tourna vers la cheffe du gouvernement lorsque celle-ci posa une main sur la sienne. L’adolescente fut fière de voir la satisfaction dans le regard de sa tante, même si ce n’était que pour une chose aussi futile que sa tenue. Cela faisait toujours plaisir (bon, elle préférait toujours ses fringues excentriques, mais se dit qu’elle pouvait au moins faire un effort pour se conduire comme une adolescente de seize ans (presque dix-sept, d’ailleurs) plutôt que comme une gamine de sept ans). Le ministre de la défense se leva pour faire un discours, et Violet fit une petite grimace : cet homme était terriblement ennuyeux. Elle écouta quand même avec attention, surtout lorsqu’il parla des hommes qui étaient sur les différents fronts, salant leur bravoure : elle se serait attendue à voir le nom de son père mentionné, mais non, pas un mot sur Keith Livingstone, qui pourtant était le commandant de l’arme impériale sur le front écossais. Cela chiffonna un peu sa fille, qui se fit du souci. Personne ne parlait de lui, au palais. C’était à peine si l’on savait que les Livingstone étaient trois. D’un coup, elle se tourna vers sa tante, les yeux inquiets, se promettant de lui demander des nouvelles de son frère dès qu’elle pourrait lui parler seule à seule. La jeune fille regarda d’un œil boudeur les différents corps de l’armée qui défilaient. Eux, ils étaient pas en train de combattre ! Tapettes, va. Son papa, il était bien mieux qu’eux, il était courageux, au moins ! Tout ce défilé dura plus d’une heure, au grand ennui de Scarlet, qui voulait que sa tante fasse son discours.

Celui-ci arriva enfin, après une courte prise de parole du ministre de la Communication, Luc de Guise, qui avait l’air plutôt tendu. Lui, il cachait quelque chose… enfin bon, ça la regardait pas, après tout ! Enfin sa tante prit la parole, magnifique dans son smoking. C’était pas juste, tout lui allait, à elle ! Et en plus, elle parlait bien ! Le peuple avait l’air emballé. Faut dire aussi que ce qu’annonçait Joane Livingstone était encourageant ! Ils avaient de la chance de vivre sous le gouvernement de celle-ci. Puis, l’on inaugura la statue du Centenaire. En cachette, Violet avait observé le travail de l’artiste qui logeait au palais. Elle n’avait pu voir le résultat final, mais elle l’imaginait grandiose ! Et ne se trompait pas. Comme tous, elle applaudit à tout rompre quand fut découverte la statue de sa tante, assise sur un trône. Mais elle n’eut pas le temps de l’admirer suffisamment longtemps à son goût. Il fallait déjà repartir pour la garden-party au palais.

Violet se changea avec l’aide de sa nourrice : sa robe empire ne convenait décidément pas pour un tel événement. Elle enfila donc une robe-corset longue de couleur blanche évasée à partir de ses genoux, ornée d’un nœud noir à l’arrière et de dentelle noire sur le corset. Judith lâche ses cheveux qu’elle peigna, et en touche finale posa sur sa chevelure flamboyante un chapeau haut de forme noir à voilette de la même couleur. Tenue classe, et conçue par un grand créateur, mais plutôt conforme avec les goûts de la jeune fille (qui s’aperçut que sur cette question aussi elle pouvait faire des compromis. Alléluia, Violet grandirait-elle ?)

L’adolescente rejoignit donc sa famille et leurs invités dans les parcs du palais impérial. Elle marchait avec élégance, et souriait à tous. Ravie lorsque plusieurs jeunes hommes lui sourirent et lui jetèrent un regard approbateur. Aux anges lorsqu’un des invités (le fils aîné du gouverneur français) lui fit un baisemain. Elle discuta avec plusieurs représentants étrangers (le français, un espagnol, deux américaines et un japonais), leurs faisant admirer sa parfaite maîtrise des bonnes manières et de la discussion polie (et du japonais. Mais ça, personne d’autre que le jeune asiatique ne le sut, quand ils eurent une discussion privée un peu à l’écart.) Violet était heureuse. Pour la première fois, elle pouvait parler et rencontrer des gens de son âge on un peu plus vieux, qui ne la considéraient pas comme une gamine. Voilà qui se fêtait – et un verre de champagne en plus ! Enfin toute bonne chose à une fin. L’Impératrice, sa cour et ses invités repartirent vers la ville pour assister à l’exécution des condamnés à mort. Joane lui avait laissé le choix : sa nièce avait préférer rester : voir des gens mourir ne lui faisait aucunement envie. Et comme ça, elle aurait presque deux heures pour se détendre un peu avant de changer une troisième fois de tenue avant la réception du soir.

Ni une, ni deux. La jeune fille remonta rapidement et s’habilla confortablement avec un minishort blanc, des collants résilles violets et un tee-shirt noir déchirés. Elle rattacha ses mèches roses, et s’empara de son violon, savourant la sérénité que jouer lui apportait. Elle pratiqua un moment, puis entendit des pas précipités dans le parc, par la fenêtre entrouverte. Se penchant, Vi’ constata que les gardes encore présents se précipitaient vers des voitures, et quittaient le palais. Elle ne savait pas ce qui se passait, mais c’était sa chance. Sa chance de partir un peu toute seule en ville. Une chance qui ne se reproduirait sans doute pas, ou alors pas avant un petit moment… Tout de même, elle hésitait. Sa tante lui faisait confiance… Oh, mais elle reviendrait à temps pour la réception du soir. Ou un peu en retard, mais ce n’était pas si grave ! Elle voulait juste se promener un peu sans garde du corps, elle ne comptait pas fuguer réellement. Et tout le monde était obnubilé par la Grand Parade Impériale, elle ne pourrait pas faire de mauvaise rencontre ! Bien entendu, Tante Jo’ le lui avait interdit, mais c’était d’autant plus excitant ! Elle sourit, enfila une paire de rangers, prit son long manteau de cuir et sortit, empoignant un sac où traînait un peu d’argent de poche et son téléphone (ainsi qu’un couteau à cran d’arrêt, elle faisait mignonne comme ça, mais bon, son oncle Aaron lui avait appris les techniques de base de self-défense, tout de même !), prenant tout de même garde à ne pas se faire repérer par les quelques personnes assurant la sécurité du palais qui étaient encore là. Elle réussit à passer sans encombre les limites du palais en passant par les quartiers des domestiques qui n’étaient pas à leurs postes, d’ailleurs, il y avait un relâchement du personnel, dans ce palais ! Mais où étaient-ils donc tous passés ? Bah, au final, ça l’arrangeait bien, elle n’allait tout de même pas se plaindre !

Une fois dehors, la petite princesse enfin libérée de sa tour respira à plein poumons l’air de la liberté. Puis elle s’éloigna du palais en courant, pour éviter qu’un garde ayant eu la mauvaise idée de tourner la tête à ce moment-là ne l’aperçoive.

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Isobel Cunningham
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MessageSujet: Re: INTRIGUE 1.0 : LA GRANDE PARADE IMPERIALE [28 Février 2100 - CLOS]   Jeu 25 Mar - 23:48

Isobel était arrivée dans la capitale de l'Empire depuis un peu plus d'un mois maintenant et il fallait avouer qu'elle n'avait fait aucun progrès dans sa mission diplomatique. A sa décharge, elle n'avait quasiment pas pu discuter avec Livingstone qui était occupée à préparer sa Grande Parade tant attendue. Cependant, elle avait pu utiliser ce temps pour observer tout ce qui se passait autour d'elle et en apprendre un peu plus sur le mode de fonctionnement de ce gouvernement. Heureusement pour elle, la ministre écossaise avait pu obtenir de loger à l'extérieur du Palais et de se soustraire, de temps à autre, à la présence de Joane. Elle était invitée à la table de cette dernière tous les soirs, mais entre les différentes obligations de l'Impératrice et ses célèbres sautes d'humeur, elle n'avait finalement passé que très peu de temps en sa compagnie. Mais les rares rencontres avaient été animées et la dame avait pu se rendre compte à quel point sa tâche allait être ardue. Pourtant, cela ne l'avait pas découragée, bien au contraire! Elle était habituée à jouer des coudes et à se battre jusqu'au bout pour ce en quoi elle croyait, maintenant qu'elle était à Hegemony, elle n'allait pas lâcher le morceau! Et cela même si son humeur avait été affectée depuis son arrivée dans la ville. Elle se sentait plus irritable, plus maussade, beaucoup moins encline à rire, comme si les nuages gris qui planaient en permanence au-dessus des toits étaient descendus sur elle et l'avaient enveloppée. Elle savourait alors d'autant plus ses rares moments de répit durant lesquels plus aucune obligation étouffante et contraignante ne venait la déranger. Lorsqu'elle pouvait passer une soirée tranquille dans son appartement de fonction avec ses collègues venus avec elle ou encore lorsqu'elle réussissait à joindre sa famille. Elle savait, du moins avait-elle de gros doutes, que l'appartement était surveillé en permanence et avait été mis sur écoute, tout comme son téléphone. Mais elle n'en avait cure. Elle n'avait rien à cacher sur ce qu'elle pensait de « l'Impératrice » et de sa politique de répression et d'expansion, cette dernière sachant parfaitement à quoi s'en tenir avec l'Ecossaise!

C'est donc dans un étrange état d'esprit, morne et à la fois combatif, qu'Isobel se prépara pour la grosse journée diplomatique qui l'attendait. Aujourd'hui, elle allait devoir faire bonne figure et ne pas gâcher la fête de Livingstone sous peine de rendre sa mission encore plus compliqué. Elle allait donc devoir accrocher son plus beau sourire sur ses lèvres et endurer silencieusement et avec calme la répugnante vision de ce peuple asservi et qui, en plus, en redemandait. Incroyable le pouvoir que le tyran exerçait sur la population. Incroyable et surtout navrant. Aucun jugement, aucune individualité, aucune liberté de penser. Les seuls qui sortaient de ce moule insipide étaient les résistants de la Cible et bien que la jeune femme n'approuvait pas leur manière de faire, elle avait pour eux le plus grand des respects. Ils osaient se dresser contre un régime totalitaire, clamer leurs divergences d'opinion et se battre pour recouvrer leurs libertés les plus élémentaires. Oui, elle les admirait. Cependant, elle n'était pas complètement folle (pas comme certaine!) et n'avait jamais exprimé ce point de vue en public. Elle avait toujours condamné les attentats de l'organisation résistante, tout comme elle condamnait le despotisme de Joane. Ne pas le faire aurait été une erreur et surtout, un brin hypocrite. Certes elle était du côté de la Cible, mais tuer des civils, aussi idiots soient-ils, n'entrait pas dans le genre d'action qu'elle cautionnait. Heureusement, cela faisait quelques années déjà que les rebelles, comme les appelait le gouvernement, s'étaient calmés et ne posaient des bombes plus que dans des lieux stratégiques vides de civils. La ministre ne se doutait pas qu'elle allait vivre l'un de ces attentats sanglants qu'elle pensait appartenir à une époque passée.

Elle serait, durant cette journée, bien évidemment accompagnée par ses gardes du corps qui la suivaient toujours de très près et dont les nerfs étaient mis à rude épreuve depuis leur arrivée. Ils ne pouvaient se permettre de laisser l'Impératrice mettre la main sur la ministre si l'envie lui en prenait! Mais aujourd'hui en tout cas, il n'y aurait aucun risque qu'il arrive quoique ce soit à Isobel. La sécurité déployée était digne d'une prison sous haute surveillance et personne ne voyait comment quelqu'un aurait pu tenter quoique ce soit. Elle tenta donc de se déstresser un maximum alors qu'elle montait dans la voiture qui la conduirait à la Place du Centre et croisait la nièce de Livingstone, Violet. Instinctivement, un sentiment de haine profonde l'envahi alors qu'elle posait les yeux sur l'adolescente. Elle avait l'âge de son fils, Kenneth, mais elle était bien plus immature et enfantine. Une vraie gamine capricieuse pour ce qu'elle avait pu en voir et qui prenait de plus le même chemin que sa chère tante. Cependant, ce qui mettait la femme hors d'elle, c'était que le père de la jeune femme, Keith, était le responsable de l'armée de l'Empire sur le front écossais et rien que pour ça, pour tout le sang que son paternel avait fait couler, Isobel ne pouvait s'empêcher de la détester. Elle tentait comme elle le pouvait de lutter contre ce sentiment, mais rien n'y faisait, elle avait cette enfant pourrie gâtée en horreur.

Heureusement pour la ministre, elle n'eut pas à la supporter, ni sa tante d'ailleurs, car elle se trouvait derrière elles lorsqu'elle fut installée dans la tribune officielle avec les autres invités. Elle dû cependant endurer les discours successifs et les défilés ennuyeux à mourir. Mais elle ne laissa rien paraître de ses sentiments et surtout de son dégoût profond qui l'avait assailli dès que Joane avait pris la parole ou que la statue avait été dévoilée. Le pire avait tout de même été la réaction de la foule face à tous ces divers évènements. Ecœurante était le bon mot. Et tout ce monde! Elle aurait pensé que les rues seraient beaucoup moins pleines.... La torture ne dura cependant pas plus longtemps que prévu et ils furent bientôt reparti au Palais pour la fameuse garden party. Isobel voulait mettre ce temps à profit pour oublier un peu l'endroit où elle était et pour parler de tout, sauf de politique. Elle aurait pu voir là une opportunité d'approcher de futurs alliés, mais le seul qui pourrait l'aider ne semblait pas dans son assiette et elle préféra le laisser tranquillement dans son coin. Luc De Guise ne voulait clairement pas être importuné. Elle se contenta donc de manger et de parler de choses et d'autres avec différents représentants étrangers ou membres du gouvernement. Etonnement, l'après-midi se passa assez rapidement pour l'Ecossaise et elle fut surprise lorsqu'on vint la chercher pour l'amener à sa voiture. Son visage s'assombrit aussitôt à la seule pensée de ce qui l'attendait : les exécutions publiques. Elle n'avait jamais assisté à cela et n'aurait jamais pensé le faire, mais lorsqu'elle avait émis l'hypothèse de ne pas y aller, elle avait senti que ce serait là un manque de diplomatie certain. Elle était obligée de le faire, même si elle avait indéniablement pâlit rien qu'à cette idée. Arrivée à la Place Impériale, elle s'installa rapidement à sa place dans la tribune avant de tourner son regard vers le ministre de la communication. Il ne semblait décidément pas du tout dans son assiette mais sa consœur ne pouvait s'imaginer pourquoi.

Tout le long du discours, elle n'avait pu détacher son regard des accusés, sûrement innocents, qui attendaient avec angoisse et peur qu'on vienne leur ôter la vie. Des larmes avaient alors pointé le bout de leur nez au coin de ses yeux. Elle avait réussi, tant bien que mal, à les retenir, mais la scène qui se déroulait sous ses yeux la touchait bien plus qu'elle n'aurait pu l'imaginer. Elle attendait avec appréhension le moment où les coups de feu allaient partir, en rafale et s'écraser contre le mur derrière les condamnés. Alors que les derniers mots de l'acte d'accusation avaient été prononcés, un énorme bruit fit tourner la tête de la diplomate vers sa droite. A peine avait-elle eu le temps de poser les yeux sur un énorme nuage de fumée qu'une explosion, beaucoup plus proche cette fois-ci, la propulsa en arrière. Elle retomba avec une certaine violence sur le sol de la tribune, perdant momentanément connaissance. Lorsqu'elle se réveilla sur un amas de gravât, elle dût attendre de longues et éprouvante minutes avant de recouvrer la vue. Elle n'était plus capable que d'entendre et ce qui lui parvenait aux oreilles n'était pas pour la rassurer. Des hurlements plus ou moins distants et qui semblaient ne pas vouloir s'arrêter. Elle s'habitua petit à petit à la fumée qui l'entourait et la vision apocalyptique qu'elle découvrit lui figea le sang dans les veines. Partout des corps ensanglantés, étendus par terre et juste devant elle, ceux notamment de Joane et Luc.


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Cassandra Jones
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MessageSujet: Re: INTRIGUE 1.0 : LA GRANDE PARADE IMPERIALE [28 Février 2100 - CLOS]   Ven 26 Mar - 2:36

Cassandra se tenait devant son miroir, droite comme un « i », la mine tantôt radieuse, tantôt sérieuse, essayant de contenir comme elle le pouvait l'excitation qui l'avait progressivement gagnée au fil des derniers jours. Après tant d'années à l'avoir convoité, elle arrivait enfin au summum de sa carrière, à son point culminant, à la place de Chef de la Milice. Ce jour serait bien sûr celui de l'Impératrice, mais également un peu le sien. Elle allait enfin être à sa place, celle qui lui était destinée, celle pour laquelle elle s'était autant démenée. C'était l'achèvement d'une vie, même si elle était encore jeune pour dire ce genre de choses, elle le ressentait réellement comme ça. Le fait de se tenir sur la même estrade que l'Impératrice lui gonflait déjà la poitrine d'orgueil et de fierté, mais recevoir cette position sociale, cette si haute distinction, cela n'avait pas de prix, pas de mots. Bien sûr, toute sa famille serait là, ses parents ainsi que sa sœur aînée et son jeune frère, aux premières loges pour voir sa réussite. Tout en continuant à se regarder dans la glace, elle se dit que si quelqu'un d'autre avait eu le poste, elle l'aurait jalousé jusqu'à la haine. Un large sourire malveillant se dessina sur son visage alors qu'un rire s'échappait de ses lèvres. Cette pensée était tout simplement grotesque! C'était elle qui allait être nommé à la tête de la Milice et après toute l'énergie qu'elle avait déployé dans son travail, elle ne voyait pas comment il aurait pu en être autrement.

Dans son habit de cérémonie rouge flamboyant, elle ressemblait à un petit diable. On l'avait fait faire sur mesure quelques jours plus tôt, il ne lui manquait plus que l'insigne tant convoité. Mais sur sa poitrine et son épaule droite trônait déjà un grand M couleur bordeaux, signe distinctif de la police de la capitale. Elle avait coiffé ses cheveux en arrière, les plaquant sur son crâne avec minutie et c'était maquillé comme à l'accoutumée : du noir sur les yeux et du rouge sur les lèvres. Elle n'essayait pas d'être jolie, mais plutôt de laisser ressortir sa personnalité. Une personne très sombre, sadique et qui aimait le goût et l'odeur du sang. Elle aimait penser que c'était ces « qualités » qui lui avaient valu sa place, le fait qu'elle ne faisait pas autant de chichis que d'autres sur la vie humaine. S'il fallait coller une balle entre les deux yeux de quelqu'un, elle n'allait pas se le faire répéter deux fois. Elle obéissait toujours aux ordres, c'était d'ailleurs ce qui lui avait permis d'avoir de l'avancement assez rapidement. Un soldat si obéissant ne pouvait que plaire. Elle réalisa soudain qu'à partir de maintenant, c'était elle qui allait les donner, les ordres. En-dehors de ceux de l'Impératrice bien évidemment! Elle allait avoir un contrôle et un pouvoir sur la vie d'autrui qui lui montaient déjà légèrement à la tête. Sans peut-être même le savoir, Joane Livingstone s'apprêtait à nommer l'une des personnes les plus dénuées d'humanité et des plus folles à la tête des Hommes en Rouge.

L'heure approchait d'ailleurs à grands pas! Cassy s'activa donc et finit de se préparer en quatrième vitesse avant de descendre devant les portes du Palais où l'attendait déjà sa voiture personnelle. Lorsqu'elle réapparu à la lumière du jour une vingtaine de minutes plus tard, son sourire ne l'avait toujours pas quitté, bien qu'elle essayait de le contenir comme elle le pouvait. Elle s'installa dans la loge impériale et se tint droite durant tout le long de la première partie des festivités, attentive à tout ce qui se passait. Elle avait suivi le discours du ministre de la défense avec passion, ainsi que le défilé qui suivit, particulièrement lorsque ce fut le tour des Miliciens. C'étaient ses hommes qui défilaient ainsi devant elle! Suivit ensuite l'annonce de la suite de la journée par De Guise, l'une des personnes que la jeune femme détestait le plus. Le jour où elle aurait le feu vert, elle se ferait un véritable plaisir de l'éliminer en le faisant souffrir de la pire des manières au préalable. Il n'était qu'un immonde parasite qui ne méritait pas de se trouver aussi près de Livingstone. Il ne réalisait pas la chance qu'il avait, ne serait-ce que de lui parler! Alors de la côtoyer quasi quotidiennement! Cet homme n'était qu'un fou qui avait besoin qu'on lui donne une leçon... Jones ne pouvait se douter qu'on l'avait justement torturé de la pire des manières quelques jours plus tôt, car cela c'était fait assez discrètement et même si elle allait bientôt passer chef, ce n'était pas pour autant qu'elle était dans la confidence.

Vint enfin le moment où l'homme céda sa place à l'Impératrice Suprême pour son discours. Cassandra buvait littéralement ses paroles et lorsque son nom fut appelé, elle se leva calmement malgré la nervosité qui l'avait soudain envahi. Elle s'avança d'un pas assuré vers l'avant de la tribune et écouta Joane la féliciter pour son dévouement et son excellent travail qui lui avait valu sa promotion. Elle lui épingla ensuite l'insigne qui allait avec sa nouvelle fonction avant de la féliciter à nouveau et de la laisser retourner s'asseoir. La jeune femme n'arrivait pas vraiment à réaliser, mais le sourire satisfait sur son visage montrait bien ce qu'elle pouvait ressentir à ce moment précis. Un brin de sadisme émanait également d'elle comme si, à présent qu'elle avait le pouvoir, plus rien ne l'arrêterait. Ce qui n'était pas totalement faux, seule la Cheffe du Gouvernement le pourrait. Mais pour le moment, la cérémonie continuait avec la révélation de la Statue qui arracha presque un cri d'admiration à la jeune femme. Cependant, il fallut repartir rapidement vers le Palais où se déroulait la garden party à laquelle Cassandra avait été invitée. Encore un honneur dont elle n'aurait jamais osé rêver!

L'après-midi se passa sans le moindre encombre, la milicienne prenant petit à petit ses marques dans son nouveau poste. Elle passa son temps à discuter des problèmes de sécurité d'Hegemony et des mesures qu'il allait falloir prendre pour écraser et éliminer de manière définitive la vermine de la Cible. Elle ne mangea presque rien, bien trop excitée et surtout occupée, pour se le permettre. Lorsqu'elle s'installa à nouveau à l'arrière de sa voiture pour la seconde partie de la journée, un sentiment de contentement l'avait submergé. Elle se sentait réellement à sa place dans ce rôle qu'on lui avait attribué et elle avait eu la satisfaction d'entrer directement en fonction. Certes, elle allait toujours assister au spectacle depuis la tribune officielle, mais lorsque tout le monde s'en irait dormir cette nuit, elle resterait debout afin de prendre les choses en mains. Il fallait dire que Demierre n'avait pas été très bon dans sa tâche et avait laissé derrière lui une sacrée pagaille! En parlant de lui.... Un sourire sadique s'esquissa sur les lèvres rouge sang de Cassy alors qu'elle pensait au programme qui l'attendait. Elle adorait les exécutions publiques et avait déjà eu l'occasion d'y assister à maintes reprises mais également d'y participer! Presser sur cette gâchette et atteindre sa cible, cela n'avait pas de prix! Bien sûr, c'était moins glorieux que de le faire durant un raid, mais cela avait aussi ces bons côtés. Et puis après tout, on rendait toujours service à l'Empire en faisant cela, non? D'ailleurs le moment n'allait plus tarder car le ministre de la communication était déjà en train de lire les chefs d'accusation. La jeune femme avait posé son regard glacial et dénué de toute compassion sur la dizaine de condamnés, s'attardant plus particulièrement sur son ancien chef ainsi que sur une femme qu'elle avait déjà croisé dans les couloirs du Palais. Il lui semblait qu'elle était dame de compagnie de l'Impératrice, mais ce qu'elle avait pu faire pour atterrir là, elle l'ignorait. Sûrement quelque chose qui avait avoir avec de la haute trahison. En tout les cas, elle devait l'avoir mérité, ça c'était un fait.

Jones regarda les Miliciens qui se tenaient devant les accusés armer leurs fusils et les mettre en joug. Une montée d'adrénaline se diffusa dans tout le corps de la jeune femme qui se pencha légèrement en avant pour admirer le spectacle d'un peu plus près. Tous ses muscles s'étaient tendus et ne se relâcheraient qu'avec le son des diverses détonations qui allaient se succéder jusqu'à ce que tous les corps soient tombés à terre. Mais au lieu de cela, ce fut une autre sorte de déflagration qui se fit entendre avant qu'une autre ne les touche de plein fouet. Cassandra tomba à la renverse et se couvrit la tête de ses mains pour éviter que des débris ne l'atteignent au visage. Elle s'était instinctivement mise en position fœtale et ne réalisa pas qu'une troisième bombe avait encore éclaté. Elle attendit quelques minutes, toussant et crachant tous ses poumons, avant de se relever et de jeter un regard horrifié sur la tribune. Les corps qui jonchaient le sol de la Place ne lui importait pas, seule comptait l'Impératrice qu'elle ne pouvait voir et qu'elle se mit à chercher avec frénésie en appelant les secours avec colère et force.
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Noah Ward

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MessageSujet: Re: INTRIGUE 1.0 : LA GRANDE PARADE IMPERIALE [28 Février 2100 - CLOS]   Ven 26 Mar - 21:22

Noah avait eu le temps de se remettre correctement de son agression durant le mois qui venait de passer. Il avait effectué sa convalescence chez lui, après un petit séjour à l'hôpital, histoire d'attendre que son appartement soit remis en état. On l'y avait chouchouté et contenté du mieux que le personnel le pouvait, essayajt de toujours satisfaire sa moindre envie. Et en parlant d'envie... Il avait bien évidemment eu tout le loisir de draguer la gente féminine qui transitait dans par chambre et d'en profiter pleinement! Et ce n''était pas ses admiratrices qui allaient s'en plaindre... Cependant, cela ne dura pas très longtemps. En effet, il y avait eu, comme on aurait pu s'en douter, un grand battage médiatique autour de ce qu'il avait vécu et il avait joué le rôle du martyr à la perfection, mais il ne s'était montré qu'en de très rares occasions, alimentant ainsi la compassion de la population et n'avait plus croisé la route de ses fans après sa sortie d'hôpital. Il avait été remplacé momentanément au journal télévisé par l'un de ses confrères tout aussi compétent que lui mais bien moins populaire, les audiences s'en étaient d'ailleurs ressenties! Aujourd'hui devait donc être son grand retour à l'écran pour son plus grand plaisir ainsi que de celui des téléspectateurs(trices!). Il devait avouer que ça lui manquait. S'asseoir chaque soir sur son confortable fauteuil, mentir à la nation toute entière en lisant son prompteur. Il adorait ça!

Pour l'occasion, il s'était mis sur son trente-et-un en choisissant un costume gris sombre et une chemise bleue clair agrémentée d'une cravate à grosses rayures bleues foncées et blanches. Accrochant son plus beau et charmant sourire sur ses lèvres, il s'était installé dans sa cabine quui se trouvait à quelques mètres de la tribune officielle, prêt à commenter l'évènement qui allait être retransmis en direct dans tout l'Empire. Lorsqu'il était sorti de la voiture qui l'avait conduit à la Place Centrale, il avait été heureux de constater que la foule l'acclamait avec force. Malgré son absence, ses fans étaient resté fidèles au poste et étaient apparemment heureux de le retrouver. Lorsque 10h sonna, il commença son émission avec ce ton sympathique que tout le monde lui connaissait. Il mettait tout son entrain dans la description du temps de la journée, splendide selon lui, du long convoi qui s'avançait et des robes élégantes que les officielles portaient. Tout ceci n'était qu'une mascarade et il en était conscient. Il ne voyait rien d'exaltant dans ce qui se déroulait sous ses yeux, pourtant il y mettait tant de cœur et de conviction que personne n'aurait pu remarquer à quel point il s'emmerdait ferme! Heureusement pour lui, ce n'était pas la première fois qu'il devait jouer ainsi la comédie et le temps passa bien plus vite qu'il ne l'aurait cru. Il n'eut que le défilé des différents corps d'armée à commenter ainsi que la révélation de la Statue du Centenaire. Pour le reste, il n'avait quasiment rien eu à faire sinon à écouter les différents discours des ministre et de l'Impératrice.

Tout c'était donc déroulé comme prévu et l'homme ne pu s'empêcher d'avoir une petite pensée pour Abigail Foster. Naïve petite Abi qui avait cru pouvoir le faire parler! Qui avait eu la folie de croire que la Cible arriverait à tenter quoique ce soit durant la Grande Parade! Comment avait-elle pu être aussi bête? Pourtant elle avait prouvé par le passé et à de nombreuses reprises, qu'elle était ingénieuse, intelligente et rusée. Pourquoi avait-elle pris le risque de se dévoiler ainsi à ses yeux? Il ne comprenait pas sa stratégie et doutait en réalité qu'elle en ait eu une. Il pensait plutôt que c'était le désespoir qui l'avait poussé à agir. Les rebelles étaient au pied du mur, c'était certain, à moins qu'ils aient trouvé un autre moyen d'obtenir les informations qu'elle avait tenté de lui extorquer. Il se demandait où elle se trouvait à l'instant, maintenant que sa tête était placardée partout en ville... Peut-être déjà dans les cachots de la Milice? Allait-elle faire partie des exécutions de début de soirée? Pour cela, il fallait encore attendre un moment car entre les deux parties des festivités, il y avait la garden party au Palais. Noah y avait été invité, étant le journaliste le plus aimé de l'Empire, on savait sûrement quelle influence il pouvait avoir sur le peuple, autrement, jamais il n'aurait été convié! Il s'était changé pour l'occasion, arborant un costume un peu plus décontracté qui convenait bien mieux à une telle réception. Il s'y amusa comme un fou! A flirter avec toutes les femmes qui l'approchaient et à prendre le numéro de celles qui l'intéressait vraiment. Il avait tout de même trouvé le temps de parler avec divers hommes politiques étrangers de la politique de l'Empire. C'était un moyen de savoir si le vent allait tourner pour Livingstone ou non et apparemment, elle n'avait pas trop de soucis à se faire.

Sur le coup des 17h, Ward s'excusa auprès de Joane et des autres femmes qu'il avait rencontré et reprit le chemin de sa voiture qui allait le conduire cette fois-ci à la Place Impériale. Il s'installa à nouveau dans une cabine où il s'isola durant un long moment avec l'une des techniciennes de son équipe. Pas à dire, cela le mettait toujours d'une excellente humeur! Surtout lorsque la jeune femme était aussi douée que celle qui se trouvait à califourchon sur lui... Après avoir passé un excellent moment en charmante compagnie, il se changea à nouveau (pire qu'une gonzesse!) et passa cette fois-ci un costume noir accompagné d'une chemise de la même couleur et d'une cravate bordeaux. Quelque chose de plus approprié à la suite des évènements en somme... Il préférait porter quelque chose de plus sobre pour les exécutions, bien que personnellement, cela ne l'affectait guère. C'était plus histoire d'être professionnel.

Lorsque le convoi reprit la route, Noah se trouvait derrière son micro à commenter l'après-midi qu'il venait de passer au millier de gens qui n'avait évidemment pas pu y assister. Entre-temps, les invités de l'Impératrice s'étaient retrouvés sur la tribune officielle du haut de laquelle les actes d'accusation furent lu. Le journaliste nota la pâleur du ministre de la communication, suggérant peut-être qu'il devait être fatigué par la préparation de ce grand jour. Il n'en pensait pas un mot, mais il fallait bien trouver quelque chose à dire sur le sujet! Car personne ne pouvait passer à côté de la mine effroyable de l'homme. Vint ensuite un silence de mort, pesant, attentif. Tout le monde attendait l'ordre qui allait ôter la vie à la dizaine de personnes qui avaient été alignées devant un mur. Les soldats étaient prêt et l'on sentait la tension qui les envahissait ainsi que la foule. Mais aucun coup de feu ne partit, seule une série d'explosion retentit, plongeant la place dans un chaos innommable. Le journaliste ne fut que très peu atteint par les déflagrations qui s'était succédées presque sans aucune pause, sa cabine se trouvant plus loin que celle où il se trouvait le matin. Il fut tout de même assez sonné et mit quelques minutes avant d'avoir une quelconque réactions. Il se mit soudainement à rire, d'un rire hystérique et incontrôlable, les larmes lui montant carrément aux yeux.

- Ils ont réussis! Les enfoirés..... Ils ont réussi à le faire leur attentat...... Chapeau bas Mlle Foster.....

Ce fut tout ce qu'il fut capable de dire avant qu'une quinte de toux particulièrement tenace ne le fasse taire. Pas à dire, il était tout de même sous le choc pour débiter ce genre de propos! Mais personne ne s'en souciait de toute manière, les gens étaient bien trop occupés à se sauver en courant, se marchant les uns sur les autres, se bousculant, n'ayant plus aucune considération pour leur prochain. Incroyable ce que la panique pouvait faire faire, mais Noah n'était pas plus étonné que ça. Après tout, il vivaient dans l'Empire et il fallait avouer que la compassion n'était pas monnaie courante. Il préféra donc rester là où il se trouvait, laissant le gros de la foule se disperser avant de sortir pour voir ce qui se passait. Tout ce qu'il espérait, c'était qu'il n'y ait pas d'autres bombes qui explosent près de lui...

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Amaury Scherr

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MessageSujet: Re: INTRIGUE 1.0 : LA GRANDE PARADE IMPERIALE [28 Février 2100 - CLOS]   Mer 21 Avr - 18:37

Amaury Scherr s'était levé tiraillé, ce matin-là. Tiraillé, parce que sa conscience tendait entre son travail et sa vie personnel. Aujourd'hui avait lieu la Grand Parade Impériale, l'évènement qu'il attendait en tant que créateur et indic' de la Cible. D’un côté, cette journée représenterait l’aboutissement d’années de lutte, de mois de préparation et de pas mal d’argent dépensé, un grand coup d’éclat de la Cible qui serait appréciable, pour commencer une rébellion (parce que malheureusement, les quidams d’Hegemony les voyaient plutôt comme des agitateurs fous, à cause de la propagande…)et qui permettrait de sauver les prisonniers.De l’autre, ça serait la première grande sortie de Violet en public, et il se demandait comment cela se passerait pour elle. Depuis le temps qu’elle lui en parlait ! Elle avait décidé de lui commander trois robes, une pour le matin, une pour la garden party et une pour le soir. En parallèle, ils avaient eu plusieurs réunions de la Cible. Il avait été décidé qu’Amaury devrait introduire d’une manière ou d’une autre des micros dans les robes de sa protégée. Pour être tenus au courant en cas de changement de programme ou autre modification de dernière minute. Le problème était qu’il avait des scrupules à trahir Vi’ de cette manière. Il l’utilisait… heureusement, il avait eu une conversation avec elle et s’était assuré qu’elle ne serait pas là au moment des explosions. Au moins, et ce malgré tous les efforts de Mnémé, elle ne serait pas blessée.

Le créateur soupira en repensant à Evan. Qu’il pouvait être buté ! Il ne voulait pas comprendre que Violet était différente. Pour lui, c’était juste une Livingstone, donc de la mauvaise graine. Et ça ne le gênait pas de blesser une adolescente. Amaury s’était opposé à lui sur ce sujet, et les deux colériques avaient haussé le ton. Mais au final, il avait eu gain de cause, tout en faisant des compromis bien sûr, grâce à l’intervention de Connor.

Le jeune homme se leva et se prépara. Il voulait voir Scarlet dans sa robe. Puis il rejoindrait le QG de la Cible ou il écouterait ce que lui transmettaient les micros, assisté par Amalie Bakenhoven, une autre recrue. Parce que, par un heureux hasard, il avait pu « infiltrer » la robe que Joane Livingstone porterait pour l’exécution. Il sourit en se rappelant de l’anecdote.

Violet l’avait appelé, complètement paniquée. C’était la première fois qu’il la voyait dans cet état, d’habitude, elle restait toujours plus… d’humeur joyeuse, gamine. Nan, là, elle avait peur. Elle lui avait demandé de se rendre immédiatement au palais et de la retrouver dans son salon privé. Un peu inquiet, il s’était empressé d’obéir. Il était arrivé au palais une vingtaine de minutes plus tard. L’adolescente était assise, habillée avec des fringues déchirées artistiquement (de sa composition, d’ailleurs), peu apprêtée. Oh oh… Il devait y avoir eu un gros problème, pour que la petite se montre ainsi, presque pas maquillée, les cheveux juste attachés grossièrement. Scarlet lui montra une robe posée sur un fauteuil près d’elle. C’était un ouvrage magnifique, une robe bustier bleu nuit au corps de taffetas de soie, à première vue, et à la jupe sans doute d’une armure semblable, sur laquelle était superposée des jupons de tulle. Le tout était réhaussé de broderie de fils d’argent. Une pièce magnifique, mais un peu trop commune pour être du goût de Violet. Il lui lança un regard interrogateur.


« C’est à Tante Joane. Elle va porter ça pour l’exécution des prisonniers, pendant la Grande Parade.
- Eh bien, c’est du beau travail. Mais…
- Je l’ai essayé sans lui dire. C’était trop tentant, tu comprends ?
- Euh…
- Et j’ai fait un accro. Si elle apprend ça, elle va me tuer ! Amaury, je t’en prie, tu es le seul à pouvoir me sauver.
- Montre-moi ça. »

Il avait constaté l’étendue des dégats, et avait rassuré Vi’ : c’était réparable, et elle n’y verrait que du feu. Repartant clandestinement avec la robe, il était rentré chez lui ou il avait tout de suite appelé Evan, pour lui annoncer la formidable opportunité. Puis avait passé la soirée à coudre, incluant dans les doublures des micros contenus dans des rubans. La haute technologie de l’Empire se retournait contre celui-ci…

Blackbird sortit de chez lui pour se rendre sur la place Impériale. Juste le temps d’apercevoir Violet. Puis il repartit, rapidement, discrètement, après lui avoir adressé un sourire encourageant. Direction le QG. Il entra, posa son chapeau sur le dossier d’une chaise et salua sa camarade. Du nouveau ? Rien ? Bon. Ils écoutèrent à tour de rôle. Travail pas très passionnant, étant donné que Violet ne faisait rien de très percutant. Arriva la garden party où les informations se firent plus nombreuses : les placements de certains invités par exemple (ou le fait que Vi’ parlait japonais : cette gamine ne cesserait donc jamais de l’étonner ?). Les deux résistants notèrent tout ce qui semblait intéressant et s’occupaient de relayer l’info aux différentes plaques tournantes.

La journée passa. Arriva le moment tant attendu, le paroxysme de cette journée, l’exécution des prisonniers. Amaury était réglé sur les micros de Joane, et Amalie écoutait encore, par acquis de conscience, ceux de Scarlet, lorsque la jeune fille lui tapa sur l’épaule.


« Blackbird, ta petite protégé a décidé de foutre la merde dans sa vie. Elle fugue. Elle est en train de sortir, là. Toute seule. Si elle tombe sur Mnémé, je donne pas cher de sa peau. »

Merde. Elle déconnait, là !? Si Violet était réellement sortie sans garde du corps, bon sang, mais elle risquait de jamais rentrer ! En soi, c’était une bonne chose, mais seulement si c’était préparé. Il ne fallait pas qu’elle subisse une quelconque violence et parmi les activistes de la Cible, ils n’étaient pas nombreux à lui vouloir du bien. Fallait aller la récupérer. Mais lui, il avait reçu l’ordre d’écouter et de relayer des infos. S’ils étaient deux c’était pour quelque chose ! Il ne pouvait absolument pas bouger… Mais putain, qu’est-ce qu’il était inquiet, d’un coup ! La jeune femme à ses côté vit son embarras :

« Ecoute, on va aller la récupérer, la gamine. Mon frère est en ville. Je vais lui demander, il s’en occupera, et t’auras qu’à aller la chercher après… tout ça.
- Amalie, t’es un ange ! »

Si elle pensait qu’on pouvait compter sur son frère, c’est que c’était le cas. Elle passa un appel téléphonique très succinct. Puis rassura son camarade : tout était réglé. Amaury se reconcentra : l’heure approchait. Le stress monta d’un cran. En ce moment, trois résistants se tenaient prêt à déclencher trois engins mortels conçus par la nouvelle recrue de la Cible, une mercenaire très adroite de ses mains pour ce qui était de manier des armes –et de les concevoir. Et ce serait lui qui leur donnerait le feu vert. Avec Amalie, il s’assura que tous l’entendait. Puis, il se prépara a entendre une énorme déflagration, et dit, sans artifices :

« Maintenant ».


Les bombes explosèrent. La Cible avait réussi.
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Aaron Livingstone
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MessageSujet: Re: INTRIGUE 1.0 : LA GRANDE PARADE IMPERIALE [28 Février 2100 - CLOS]   Jeu 22 Avr - 12:20

Le grand jour enfin! Voilà bien longtemps que les quelques semaines qui les séparaient de la Grande Parade n'avaient pas été aussi fastidieux. Pas à dire, Joane avait du passer par tous les états et Aaron avait veillé au grain. Même s'il n'y paraissait pas. Mais il avait été là pour empêcher la petite soeur de trop péter un câble sur ses sujets. Ce n'était pas le moment de se faire détester, alors qu'ils préparaient SA journée. Puisque la Milice manquait d'un chef, jusqu'à l'avènement de Jones, l'aîné avait reprit les reines. Après tout, il connaissait bien le milieu, puisqu'il en avait été un, alors autant en profiter et avait été plutôt bien occupé jusqu'à aujourd'hui.

Pour la journée, il serait la sécurité personnalisé de sa frangine. Sans rien en montrer bien entendu. Mais après tout, il faisait aussi office de garde du corps et c'était dans ce genre d'événement que ce boulot prenait réellement tout son sens. Normalement, vu la sécurité installée, elle ne risquait presque rien. Mais le risque zéro n'existait pas et notre homme en était parfaitement conscient. C'était donc pour cela, que malgré la petite fête, il resterait aux aguets. Il avait passé la main à un homme de confiance pour s'occuper de la Milice, pendant qu'il suivrait les festivités avec sa soeur. De plus, la nouvelle Chef de la Milice prendrait ses fonctions dans les heures à venir et il n'aurait plus aucun besoin de s'en préoccuper. Tout en espérant que cette femme soit à la hauteur de la tâche, mais pour l'avoir vu travailler, il n'en doutait que très peu.

Enfin pour le moment, il était encore dans la chambre, à s'habiller. Rasé de près, passant un costard classe, d'un blanc cassé, il posa des lunettes fumées sur le nez et un holster d'épaule était bien planqué sous le veston, contenant son arme de poing qu'il n'hésiterait pas une seule seconde à sortir, s'il le fallait. Autant dire qu'il était paré! Et après un dernier coup d'oeil dans le miroir pour se passer une énième fois les mains dans les cheveux pour leur faire prendre la forme qu'il souhaitait, il sortit de ses appartements, pour se rendre directement vers les véhicules, contrôlant que tout était bon. Pour sa soeur, comme pour sa nièce, en fait. Ça ne serait pas malin que l'un des Livingstone soit blessé aujourd'hui.

Le petit monde qui devait assister en tant que VIP à la fête, fit bientôt son arrivée et chacun monta dans la voiture qui lui était désigné. Aaron monta avec sa frangine dans la même voiture. Le voyage avait quelque peu silencieux entre le frère et la soeur. Il la laissait apprécier la vue de ce peuple qui l'acclamait. C'était quand même étrange comme contraste. Après tout, ces gens n'étaient pas traité de la meilleure des façons et pourtant... pourtant... ils continuaient de suivre aveuglement l'Impératrice. Oui, ça avait quelque chose de complétement grisant et l'aîné ressentait une certaine fierté d'avoir une frangine pareille. Après tout, elle tenait cet Empire depuis quelques années déjà et malgré toutes les tentatives, jamais personne n'avait pu prendre sa place ou retourner le peuple contre elle. La classe quoi. Première sortie de voiture, et notre ami ne put s'empêcher de faire son malin. C'était toujours ainsi lorsqu'il croisait l'objectif des photographes de toutes les façons et l'on commençait à connaître le frère Livingstone pour ses frasques. Voilà pourquoi il avait trouvé amusant de séduire une jeune femme qui ne semblait le connaître ni d'Eve, ni d'Adam. Puis il laissa la place à Joane et alla s'installer à la droite du trône.

Ils échangèrent alors un petit sourire tout à fait complice. Pas besoin de mots pour se comprendre, surtout sur ce genre de chose. Il comprenait parfaitement ce que pouvait ressentir la cadette. Bon, bien sûr, cette partie de l'événement ne lui plaisait guère. Pour un hyperactif comme lui, devoir assister, assis, sans bouger, pendant de longues minutes à différents discours et à toute la présentation de l'armée, l'ennuyait profondément. Mais il sut se tenir. Il resta d'ailleurs bien dubitatif en constatant que même Violet savait faire preuve de patience. Impressionnant! Tout autant que sa tenue qui la mettait enfin en valeur! En fin connaisseur, il pouvait jugé qu'habillée ainsi, elle attirait bien plus les regards intéressé de ses congénères que d'habitude. Ça n'empêchait pourtant pas l'oncle d'apprécier l'excentricité de la jeune femme. Le discours de la frangine fût accueilli par un tonnerre d'applaudissement, ce qui ne manqua pas de faire sourire l'homme, cette masse informe était vraiment pitoyable, que ça en était fort amusant! Mais on ne pouvait nier que la Chef du gouvernement savait parfaitement y faire, trouver les mots qui toucheraient ses sujets à la perfection, décidément, Joane était née pour ça, quoi qu'on en dise. Jones prit alors ses fonctions et il ne manqua pas cette petite lueur dans ses yeux, ils n'avaient plus besoin de s'inquiéter, avec une femme pareille à la tête de la police, tout irait droit. Et pendant tout ce temps, il restait pourtant bien attentif à ce qu'il pouvait se passer, au moindre mouvement de foule suspect. Rien n'était laissé au hasard.

Voilà qu'une des parties les plus intéressantes de la journée arrivait enfin, la garden party! De quoi respirer un moment, tout en se détendant. Aaron en avait profité pour discuter un moment avec la nièce, puis quelques convives, tout en voyant qu'au fil des heures, le ministre de la communication perdait des couleurs. Mais... il l'avait cherché. On ne jouait pas avec le feu impunément. Dommage quand même de perdre une femme telle que Shela. Il l'avait toujours trouvé très agréable à regarder et n'aurait pas dit non à en faire son quatre heure. Mais comme beaucoup d'autre, il avait été rembarré sans aucune forme de procès. Ce qui n'avait, bien entendu, pas empêcher le playboy national d'attaquer encore plus! Quoi de mieux qu'une femme qui vous refusait net? En parlant de femme qui ne l'appréciait guère, il n'avait pas manqué de croiser l'écossaise et comme d'habitude, n'avait pas manqué de la draguer, légèrement. Il finirait bien par lui briser ses défenses un jour ou l'autre! Il fût sûrement l'un des seuls à remarquer la disparition soudaine de Sa Majesté, mais ne s'en inquiéta pas plus, il l'avait vu partir avec un jeune galant, pas besoin de se demander ce qu'ils étaient partis faire, à part jouer au docteur.

Étonnamment, le frangin avait été calme là-dessus, il pouvait se disperser mais pas trop et autant garder une certaine adrénaline jusqu'au soir. Là, il se lâcherait comme il fallait. L'heure était d'ailleurs arrivée de retourner sur la place. Pour le clou du spectacle. Les exécutions publiques avaient toujours un certain cachet auprès de la populace, des plus pauvres au plus riches, tout le monde venait y assister. Depuis l'époque Romaine, rien n'avait changé à ce sujet. La mort en spectacle était bien ce qui payait le mieux! Quand on n’était pas à la place des acteurs, bien entendu. De nouveau assis sur l'estrade, Aaron observait les condamnés, tandis que De Guise lisait chaque chef d'accusation et leur sentence. Il ne semblait pas aller au mieux, quoi de plus normal? Sa frangine, quand à elle, jubilait, il le sentait parfaitement, elle l'avait donc eu, sa vengeance. Vengeance qu'elle ne pourrait jamais apprécier jusqu'au bout, puisqu'au lieu des détonations des fusils, ce fût 3 explosions qui coupèrent courent à toute la fête!

Si la quasi-totalité des convives s'étaient couchés à terre par réflexe de survie, Aaron avait tenté de protéger au mieux sa cadette, mais la deuxième explosion l'avait soufflé loin en arrière, il n'avait rien comprit de ce qu'il venait de se passer. Couché sur le dos, recouvert de gravât, le costume détruit, les yeux grands ouverts, il tentait de remettre un peu d'ordre dans son esprit. Ses oreilles sifflaient comme jamais et les voix qui l'entouraient semblaient totalement disproportionner. Les choses allaient au ralenti et il se sentit soulever sans aucune douceur, quelqu'un le secouait comme rarement, pour tenter de le faire revenir à la réalité et d'un coup, tout revint comme avant. Plus de sifflement, les voix étaient normal, plus aucun ralentit. Il observa l'homme qui lui faisait face, un milicien, sans aucun doute. Petit hochement de la tête pour dire qu'il allait au mieux, il se précipita rapidement du côté où il avait vu sa soeur pour la dernière fois, bousculant au passage Isobel, si elle n'était pas utile, autant qu'elle dégage de suite! Ordre qu'il cria d'ailleurs sans attendre, aux hommes en rouge qui étaient dans les parages. Les invités dans les voitures, qu'on les ramène en sécurité au palais, puis se mit à genoux près du corps de Joane. Aie aie, elle avait morflé! Sans la touché, pour ne pas risquer de casser encore quelque chose, il continua à hurler ses ordres, demandant en urgence un médecin pour lui prodiguer les premiers soins, tandis qu'une civière était amenée. Il fallait la conduire au plus vite aux urgences. Luc ne semblait pas en meilleur état un peu plus loin et il donna l'ordre qu'on s'en occupe aussi.

Puis quand se fût fait, ne se laissant pas abattre une seule seconde, il se redressa pour observer les dégâts aux alentours, son air avait complétement changé. Loin le charmeur, loin les futilités, il prenait la direction des opérations d'une main de maître, un air froid et totalement professionnel sur le visage. Ces saloperies de rebelles avaient réussi leur coup! Et ils s'en mordraient tous les doigts, foi de Livingstone!

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Evan Kane
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MessageSujet: Re: INTRIGUE 1.0 : LA GRANDE PARADE IMPERIALE [28 Février 2100 - CLOS]   Mer 7 Juil - 0:48

Evan s'était levé tôt ce jour-là, incapable de rester en place plus longtemps, nerveux et excité de la journée qui l'attendait. Le soleil n'avait pas encore percé les quelques nuages de l'horizon qu'il était déjà près à partir pour le Centre-Ville. Il lui fallu pourtant attendre plusieurs heures avant de pouvoir sortir de chez lui en toute sécurité. Il avait tourné en rond dans son salon, jetant des coups d'œil agacés à sa montre, pestant et jurant contre ce temps qui prenait un plaisir sadique à s'éterniser, fumant cigarette sur cigarette. Il s'inquiétait pour la journée qui allait se dérouler, pour Julianne qu'il savait frustrée de ne pas pouvoir participer ainsi que pour Pat. Il n'avait pas pu lui interdire d'aller faire un tour en ville, mais il l'avait fortement mise en garde. Il lui avait vivement conseillé de ne pas aller au plus près des évènements, mais de rester tranquille dans un coin. Une jeune fille, surtout aussi naïve, innocente et fragile qu'elle, ne ferait pas le poids face à une horde de citoyens enflammés et surexcités. Malgré toutes ces inquiétudes, lorsqu'il fut enfin sept heures, il sortit avec un calme étonnant de son appartement et prit la direction des quartiers aisés. Il déambula dans les rues encore ensommeillées mais néanmoins prêtes à accueillir la grande fête qui se préparait. Tout cela le dégoûtait au plus haut point. Ces banderoles accrochées au balcon, clamant l'amour du peuple pour Livingstone ou encore toutes ces décorations qui ne cacheraient que pour une journée la misère qui se trouvait derrière, lui donnait littéralement envie de vomir. Cependant, il avait son rôle à jouer, aujourd'hui plus que jamais. Il était Evan Kane, journaliste au JOP, participant à la Grande Parade en tant que professionnel. Personne ne devait se douter que Mnémé serait également là, tapit dans l'ombre et prêt à soutenir les membres de la résistance. Car il fallait être franc, il avait beau avoir aidé à préparer cette mission, le jour J, il ne pourrait malheureusement pas y participer pleinement. Il allait devoir se contente d'être attentif aux différents discours, plus ennuyeux les uns que les autres, mais qui pouvaient révéler d'importants détails si on savait lire entre les lignes. Il prendraient des notes anodines en premier lieu pour son article officiel et relèverait de manière discrète des points plus importants pour la Cible. Ensuite commencerait le vrai travail. Il enregistrerait les paroles prononcées et les écouterait en boucle jusqu'à percer leur véritable signification. Une tâche longue et laborieuse mais ô combien essentielle pour sa cause. Avant d'en arriver là cependant, il allait devoir se comporter le plus naturellement du monde.

Il passa donc les divers contrôles de sécurité sans encombres et se dirigea tout de suite vers la petite estrade, sorte de régie, mise à disposition des journalistes et située au milieu de la foule. Après avoir montré sa carte de presse, il trouva son siège attitré et déposa son sac duquel il avait bien pris soin d'enlever tout ce qui aurait pu être considéré comme subversif. Il s'était contenté de prendre un épais bloc-notes, plusieurs stylo, un magnétophone, des cigarettes de mauvaise qualité, un thermos de café bien fort et deux croissants. Ses feuilles de dessins et ses crayons avaient disparus, de même que ses vraies cigarettes et que sa petite flasque de whisky. Montrer ostensiblement que l'on avait les moyens ou les contacts pour se fournir des produits de bonne qualité n'était pas toujours une bonne chose. L'homme savait qu'on lui aurait posé des questions aux nombreux contrôles de sécurité qu'il avait dû passer pour arriver jusqu'à la place du Centre-Ville. Mieux valait ne pas tenter le diable dans ce genre d'occasion, surtout maintenant qu'il allait être père et qu'il avait promis d'être plus prudent! Il se comporta donc normalement et alla saluer ses collègues d'une bonne poignée de main, un grand sourire de façade sur les lèvres. Ils n'étaient que quelques-uns à être déjà sur place mais la tribune se remplirait très rapidement dans l'heure qui allait suivre car la foule n'allait pas tarder. Il avait beau être huit heures seulement, les gens aimaient arriver tôt afin d'être bien situé et de pouvoir voir quelque chose des défilés. Il était évidemment impossible de dormir sur place, les fervents citoyens et admirateurs de Livingstone avaient donc dû se précipiter dès que le couvre-feu avait été levé. La zone réservée à la population était déjà bien remplie et il ne fallu pas plus de trente minutes depuis l'arrivée d'Evan pour qu'elle soit noire de monde. Le rebelle s'était prêtée aux pseudo-mondanités journalistiques avant de se rasseoir et de déjeuner dans le calme. Il n'arrivait pas à réaliser que tous les derniers mois d'efforts et de lutte pour préparer leur action allaient enfin payer. Ce qu'il avait sous les yeux et contemplait avec écœurement était si irréel et pathétique qu'il se perdit dans des pensées révolutionnaires dont il se sortit bien vite. Après avoir avalé une dernière gorgée de café qui aida à faire descendre l'ultime bouchée de son croissant, il sortir ses affaires et commença ce pour quoi il état payé.

Il décrivit l'atmosphère de la scène, l'ambiance électrique qui se dégageait de la foule qui s'amassait de plus en plus contre les barrières jusqu'à ce qu'enfin le convoi impérial prenne la route. L'évènement était retransmis sur des écrans géants tout autour de la grande place et le résistant était obligé de voir représenté devant lui tout ce contre quoi il se battait avec tant d'acharnement depuis si longtemps. Etrangement, il eut une pensée pour Julianne qui elle aurait très certainement bondi de son siège en voyant tout cela autrement que derrière un écran de télévision. Lui était resté calme et avait simplement souri avant de se reconcentrer sur son travail. Il était fébrile, il le sentait et n'essayait même pas de le cacher. Tout le monde était dans le même état, comme si la ville était tombée sous l'emprise de cette masse informe et dévouée, adorant sa fausse idole plus que jamais. Lorsqu'enfin la Cinglée arriva, la clameur qui monta glaça le sang dans les veines de l'artiste. Son échine fut parcourue d'un frisson et il dû se concentrer pour ne pas laisser libre court à la soudaine nausée qui l'assaillait. Les applaudissements semblaient ne jamais vouloir s'arrêter et lui martelaient la tête douloureusement, cependant ils stoppèrent lorsque le Ministre de la Défense prit la parole pour le premier discours de la journée. Evan se reprit instantanément et écouta avec la plus grande des attentions ce qui était dit avant que les différents corps d'armée ne défilent. Cette partie était tout de suite moins intéressantes, mais elle pouvait donner de précieux indices sur les réelles forces de l'Empire, ce qui n'était pas négligeable. L'homme regarda le visage fermé du Ministre de la Communication avec une pointe d'agacement et de colère qui ne fit que s'accroître lorsqu'il passa la parole à Livingstone. Celle-ci vanta encore les mérites de l'Empire avec une hypocrisie et une assurance effroyables avant de révéler ce qu'il savait déjà sur la nouvelle alliance avec l'Islande. La nouvelle Cheffe de la Milice fut ensuite nommée. Cassandra Jones. Ce nom n'était évidemment pas inconnu dans les rangs de la Cible où personne n'avait été étonné de savoir qu'elle prenait la place de Demierre. Tout le monde savait le fanatisme et le sadisme sans bornes qui l'animaient et cette promotion amenait un adversaire de taille à tous les résistants. L'expression satisfaite de son visage ne présageait rien de bon et après l'attentat qui allait avoir lieu plus tard dans la journée, une seule chose était sûre : il faudrait se méfier plus que jamais des Hommes en Rouge.

La présentation de la Statue du Centenaire finit d'achever Evan qui ne pouvait trouver quelque chose qui serait de plus mauvais goût et de plus moqueur. La population, au bord de l'hystérie, ne voyait pas à quel point ce symbole était représentatif de tout ce qui les écrasait dans cet Empire. Une nouvelle nausée assaillit le journaliste qui fut content de voir la Cinglée et sa cour repartir vers le Palais. Enfin, après une matinée bien remplie, il allait pouvoir se reposer quelque peu. Il n'était pas invité à la petite réception de Livingstone et ne s'en portait pas plus mal! Il aurait aimé rejoindre Julianne, cependant, il ne pouvait prendre aucun risque. Il alla donc déjeuner avec ses collègues dans un petit restaurant non loin où une personne avait eu la présence d'esprit de réserver. L'après-midi se passa sans encombres, l'artiste se forçant à regarder les différents feux d'artifices ou autres réjouissances qui se passaient dans la rue. Lorsqu'il fut près de six heures, la petite troupe de journalistes prit le chemin de la Place Impériale où devaient avoir lieu les exécutions. A nouveau, un emplacement avait été prévu pour eux et après avoir montré patte blanche, l'homme s'installa sur son siège et ressortit tout ce dont il avait besoin. Il relut rapidement ses notes avant que les écrans ne laissent voir le convoi de voiture reprendre la route pour venir s'arrêter une vingtaine de minutes plus tard sur la Place. Lorsque la Cinglée sortit, une nouvelle clameur monta qui eut le même effet qu'un peu plus tôt sur l'artiste et qui le fit frissonner et hérissa ses cheveux sur sa tête. Cependant, son attention fut détournée de la Cheffe du gouvernement par le Ministre Luc De Guise qui s'avançait sur l'estrade, le visage blême et fermé. Sa voix ne tremblât pas tandis qu'il égrainait les noms des condamnés qui venaient d'être amenés sous les huées. A voir son expression, Evan su qu'il aimait profondément Shela et qu'il devait très certainement prier tous les dieux pour que les bombes explosent et qu'elle soit sauvée, ce qui n'allait plus trop tarder si tout se passait comme prévu. Lorsqu'enfin il eut fini, un silence de plomb s'installa au-dessus de la foule. Le résistant posa ses yeux avec plus d'attention sur les visages alignés devant les fusils et qu'il connaissait pour la plupart. Certains étaient membres de la Cible, d'autres leur avaient juste offert une aide et pour ceux qui restaient, ils étaient de pauvres innocents, choisis au hasard pour faire gonfler les chiffres des statistiques impériales. Cette scène tordit les entrailles d'Evan qui eut soudainement un doute sur le bon fonctionnement de l'attentat. Une peur presque panique que tout rate le prit aux tripes et ne le lâcha pas tandis que les bourreaux armaient leur fusil et que lui retenait sa respiration.

Le temps semblait comme suspendu alors que les Miliciens portaient l'arme à l'épaule et s'apprêtaient à tirer. Tout tournait au ralenti. L'œil qui s'approchait du viseur, le bout du doigt qui venait caresser la détente, fébrile, impatient de pouvoir ôter la vie avec si peu d'efforts. Soudain, l'effet hypnotique se brisa sous le coup d'un bruit sourd et d'une déflagration toute proche. Les choses s'accélérèrent jusqu'à retrouver leur rythme normal avant de continuer à se précipiter. Deux autres explosion retentirent, plus lointaines celles-ci, mais tout aussi affolantes et dévastatrice. Evan avait réussi à ne pas laisser paraître qu'il se doutait de quoique ce soit et lorsque la première bombe éclata, il ne s'y était pas plus attendu que les autres et fut projeté en arrière avec violence. Il ratterrit durement sur le sol et resta sonné quelques instants alors que tout autour de lui les gens lui marchaient dessus pour sortir au plus vite de cet enfer. En effet, des débris tombaient tout autour d'eux et la structure sur laquelle ils se trouvaient ne semblait plus très stable à présent. Il fallait réagir vite et évacuer tout le monde le plus vite possible. Le rebelle se ressaisit donc rapidement et réussi à se relever sans trop de peine. Lorsqu'il posa les yeux sur le spectacle qui s'étendait devant lui, il eut de la peine à retenir un grand sourire. Ils avaient réussi! Ils avaient réussi à se faire entendre, à prouver que la résistance n'était pas morte et enterrée, mais au contraire vivante et active! Les mois de préparation avaient payé. Ils avaient pu attirer l'attention sur eux et peut-être viendrait-on enfin les aider? L'heure n'était pourtant pas aux questions, mais à l'évacuation des personnes présentes dans la tribune des journalistes. Evan reprit ses esprits et aida à sortir tous ceux qui étaient trop paniqués ou en état de choc pour le faire eux-mêmes. Après avoir vérifié que tout le monde était sorti, il descendit lui-même les marches bancales qui le menèrent sur la terre ferme un étage plus bas. Impossible pour lui de suivre la suite des évènements sans attirer les soupçons, il se devait donc de s'engouffrer dans la foule dense et désordonnée. Subitement, il eut peur de se jeter dans cette masse si instable et qui pouvait se révéler dangereuse, mais il n'avait pas le choix. Autant se mêler aux personnes paniquées qui couraient dans tous les sens n'était pas sûr, autant rester sur son escalier au-dessous d'une structure qui risquait de s'effondrer à tout instant n'était pas la meilleure des idées. Il n'eut donc pas le choix et s'élança en avant, se faisant immédiatement bousculer de tous les côtés, se demandant comment il allait réussir à sortir de là en un seul morceau.


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MessageSujet: Re: INTRIGUE 1.0 : LA GRANDE PARADE IMPERIALE [28 Février 2100 - CLOS]   Jeu 8 Juil - 0:35

Gabriel, en temps que résistant infiltré dans la Milice, s'était vu confier dans la réalisation du plan de la Cible pour la GPI un rôle majeur depuis les prémices de sa confection. D'une part, parce qu'il possédait une position et un rang au sein des hommes en rouge qui lui permettait d'être en contact avec des informations de prime importance pour la rébellion : telles que le déroulement de la Grande Parade pour toute la face cachée de l'évènement, c'était à dire les positions des forces de l'ordre, les effectifs, les endroits plus où moins surveillés, les rondes près des points stratégique. D'autre part, parce qu'il serait obligatoirement sur place en toute impunité avec son uniforme de milicien et qu'il serait prédisposé à poser, en partie, lui-même les charges d'explosifs le jour J en toute discrétion ainsi que d'activer la détonation au moment opportun sans être soupçonné, car il risquait bien d'être au premier rang.

Lorsque les résistants en haut de l'échelle de la Cible avant commencé à parler du projet et que Mmémé était venu lui dire qu'ils avaient besoin d'informations provenant tout droit du Palais Impérial pour le QG de la Milice, l'homme avait juré qu'il ferait tous son possible avant d'argumenter sur son bonne position pour placer les bombes. Pas qu'il voulait se mettre en avant en se proposant ainsi. Pour Gabriel il n'y avait pas de personnalité au sein de la résistance, personne qui se démarquait. Juste un groupe d'individus, généralement anonymes, qui se battait pour la même cause et donnait leur vie sans s'occuper de savoir si leur nom resterait gravé dans l'histoire. Ils n'étaient pas là pour la gloire, ni pour se démarquer en temps que héros, mais pour se battre contre la dictature et offrir un monde meilleur aux générations futurs. Ca, Mmémé l'avait compris et c'est probablement pourquoi il accepta de confier cette mission au pseudo-milicien.
Quelques mois avaient passé maintenant et Gab ne savait pas dire s'il les avaient trouvé long, ou si au contraire il était passé à toute vitesse. D'un côté, il avait l'impression d'avoir fait une multitude de chose depuis qu'il s'était engagé dans le projet, de l'autre, l'arrivée de la GPI lui avait semblé ne jamais se montrer. Mais bientôt le jour J était arrivé et Gabriel n'avait presque pas dormis de la nuit. Il savait parfaitement que ce n'était pas spécialement une bonne chose car il devait être au mieux de sa forme pour pouvoir faire parfaitement ce qu'il devait accomplir. Il n'avait pas le droit à l'erreur. C'est pour cela qu'il avait maint fois re-vérifié que les bombes étaient correctement amorcées, qu'il avait lu et relu les plans des dispositifs de la Milice, qu'il avait gravé dans sa mémoire le planning de sa propre journée en temps qu'homme de l'Impératrice et les quelques minutes qui lui étaient donnés pour poser les explosifs en toute impunité.

Lorsque le réveil avait sonné, il était déjà debout, légèrement assoupi tout de même, assis à la table de sa petite cuisine, les yeux abimé par la lampe qui était restée allumée toute la nuit et les petits circuits qu'il n'avait eu de cesse de vérifier. Il s'était alors levé et étirer brillamment avant de venir se poser devant le lavabo de sa cuisine qui était également celui de sa salle de bain. Il s'était regardé quelques instants dans son miroir, grattant négligemment sa barbe naissante et baillant une nouvelle fois. Il se frotta bien les yeux avant de remplir ses mains d'eau et de s'en asperger toniquement le visage. Il avait rapidement revêtu son uniforme avant de grignoter un petit quelque chose et d'emporter une barre de céréale dans sa poche. Avec lui, un sac noir contenant quelques fripes inutiles et... les bombes, bien dissimulées au fond. Il devrait se séparer du sac avant d'arriver à QG de la Milice, qu'il aurait alors déposé dans un coin stratégique qu'il avait repéré près de trois semaines plus tôt.
Lorsqu'il sorti de son immeuble, il faisait encore nuit et il était suffisamment tôt pour que personne n'ai le droit de trainer dans les rues sans avoir revêtu les couleurs sanglantes de l'Empire. Il était arrivé pile à l'heure du briefing par ses supérieurs et il s'était délesté de son sac. On lui assigna la tâche prévu et pendant plusieurs et longues heures, il dut se forcer à oublier sa mission. Mais c'était plus fort que lui. Dans son ventre, une boule d'appréhension, mêlée à de l'excitation, grandissait.

Les festivités commençaient et pourtant ce n'était pas encore l'heure pour Gabriel d'aller placer le petit feu d'artifice que réservait la Cible à sa très chère Impératrice. Le pseudo-milicien était au final tellement occupé à courir à droite à gauche pour faire son travail de milicien justement, qu'il ne prêta guère attention aux différents discours et défilés qui constituaient la GPI. Entre les allées et venu des officiels et de la foule il n'avait rien vu. Lui-même ne savait plus bien où il se trouvait, entre les allés et retours du QG au Palais, du défilé à la Place Impériale. Même pensant la Garden Party de sa Majesté, il n'avait pas vu le temps passé, affairé ailleurs. Au final, il avait été envoyé comme prévu à la place des exécutions et depuis il jetait de plus en plus souvent un coup d'œil rapide à sa montre. Elle se rapprochait inévitablement des quatre minutes vingts qui lui était données pour réaliser sa besogne.

Lorsque le compte à rebours commença, le rebelle ne perdit pas une seconde. Il avait quitté son poste pendant les quelques seules courtes minutes où personne ne pourrait se rendre compte de son absence. Il avait alors récupéré son sac noir, ou plutôt son contenu. Il avait rejoint le plus naturellement possible l'arrière de la tribune officielle, montrant patte blanche à son approche. Inconsciemment, une perle de sueur froide était née sur son front, mais il l'avait essuyé bien vite lorsque ses collègues l'avait laissé passer. Il avait alors disparu sous la structure, vérifiant que personne ne l'avait vu. Il avait placé la charge explosive qui serait déclenchée en premier et qui donnerait le feu vert aux autres charges, placées un peu plus loin et dont il n'avait pas la charge.

Quatre minutes dix plus tard. Il était de nouveau à son poste, essoufflé, les mains moites et les yeux rivé sur sa montre. Sa gorge se sera brusquement lorsqu'un collègue posa sa main sur son épaule avec un grand sourire pour lui demandait si tout ce passait comme il le voulait. Gabriel avait sursauté violemment décrochant des rires amusées au trouble faite et à un autre milicien qui semblait l'accompagner. Gabriel rit un moment avec eux avant de se rendre compte que le milicien qui venait de lui faire la frayeur du siècle était un camarade. Rebelle, comme lui. Il ne se parlait que très rarement et ne se connaissait pas vraiment, affecté à deux équipes totalement différentes dans deux coins de la ville opposé. Mais ils savaient qu'ils vivaient secrètement pour la même chose et sa question prit alors un tout autre sens.

Gabriel lui assura alors que tout allait parfaitement bien mais que toute cette liesse le tendait un peu. Le deux autres acquiescèrent avant de reprendre leur chemin dans un dernier petit clin d'œil de la part du résistant à son confrère.
Plus l'heure approchait, plus Gabriel était tendu. Il n'était pas réputé pour être très excité ou faire des démonstrations d'impatience, bien au contraire. Gab était en toute circonstance quelqu'un de très calme et de très posé. Toujours à parler doucement et à prendre son temps, mais pour une fois, il en aurait limite tremblé et il devait faire attention à ce que justement, cette excitation inhabituelle de sa part n'attire pas l'attention. Il faisait tout pour se contrôlé et se forçait à discuter poliment avec d'autre Milicien alors qu'arrivait l'heure de sa pause (qu'il avait réussit à obtenir pile à l'heure fatidique). Peut avant les exécutions, il s'était excusé auprès des ses « potes de travail »prétextant avec un sourire carnassier qu'il voulait assister aux exécutions de plus près. Alibi trouvé, il s'éclipsa au milieu de la foule de fous furieux venu avidement se nourrir d'un voyeurisme perverse de la mort d'autres humains.

Les mains dans les poches, entre ses doigts tournaient le petit détonateur, tout petit pour la si grosse explosion qu'il allait provoquer. Il tentait de ne pas penser aux hommes et aux femmes qui se tenaient sur l'échafaud, surtout pour en connaître quelques uns. Il se forçait à se répéter qu'ils allaient être sauvés lorsqu'il appuierait sur le fameux bouton. Il fixait avec intensité la sorte de podium monté pour l'occasion. Les bourreaux, aux ordres de leur supérieurs, armaient leur fusils et se plaçait en position. Alors Gabriel appuya. Appuya encore. Mais rien. Pas de déflagration. Pas de bruit assourdissant ni de cri. Le rebelle paniqua. Il sorti rapidement le détonateur de sa poche. Ouvrit, les doigts tremblants, le boitier et regarda à l'intérieur ce qui clochait. Il avait du mal à voir dans l'ombre des personnes qui le collaient de tous côtés et ses mains tremblaient comme jamais. Merde, ils allaient tirer d'une minute à l'autre putain !
Deux fils, deux fils s'était déliés et il fallu une seconde pour régler le problème. Sans hésiter, il appuya de nouveau et...

La déflagration lui déchira les tympans. Le souffle de l'explosion arriva sur eux, déplaçant des projectiles dans tous les sens. Par réflexe de survis, il s'était accroupi. Comme la majorité des gens de la foule d'ailleurs. Ses bras étaient venus protéger son visage et il sentait des milliers de particule de matériaux venir les écorcher. Bientôt, les cris déchirants, assourdit par l'horrible bourdonnement qu'avait provoqué l'explosion dans sa tête, résonnèrent. La foule commença à reculé dans un mouvement de panique incontrôlable et Gabriel, comme la majorité des personnes, se laissa porter, tendant simplement de ne pas se faire écraser ou piétiné par la masse prise par la peur. Étrangement, dans l'esprit du résistant tous avait déconnecté. Il voyait tout au ralentis et son instinct de survis se chargeait de le protéger de ses concitoyens et de le faire sortir de là, tandis que Gabriel Emerson, lui, se rendait compte de la réelle porté de son acte; La résistance avait réussit. Elle avait ébranlé le pouvoir, prouvé qu'elle pouvait encore se faire entendre. Mais peut-être aussi que pour cela, des vies avaient été prises... Le pseudo-milicien était sorti miraculeusement de la foule sans pouvoir savoir comment. Il était assis sur un banc, la tête dans les mains, les oreilles encore sifflantes entouré par des collègues qui avaient été trop loin pour être touché et une aide médicale qui s'enquérait de savoir si tout allait bien.
Oui, tout allait pour le mieux. Ils avaient réussit.
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MessageSujet: Re: INTRIGUE 1.0 : LA GRANDE PARADE IMPERIALE [28 Février 2100 - CLOS]   Ven 9 Juil - 0:24

Anton. Que dire d'Anton dans cette journée GPIesque comme il l'aurait dit. Rien de bien particulier. Elle serait rythmée par une petit musique folk jouée du bout des doigts sur une guitare abimée, tapée du bout du pieds pas un soulier usée mais propre. Il y aurait aussi un peu d'alcool, pas trop il se l'était promis et de cigarettes. La fumée entourerait probablement toute la journée le visage de notre protagoniste qui alternerait entre souffler dans son harmonica (seule pièce qui ne semblait pas défraichie ou abimée dans le décor) et tirer sur sa clope. Il serait posté dans un recoin sombre d'un bar glauque encore ouvert qu'il n'aurait pas mis longtemps à dénicher grâce à son flaire redoutable et aurait fini les pieds sur la table, son chapeau baissé sur les yeux à faire un petit somme. Jusqu'à ce que Jude ne le réveille en sursaut, tapant d'un point rageur sur la table, l'engueulant de tous les noms, surtout de « petite fiote », Anton ne savait pas pourquoi mais Jude semblait adorer particulièrement cette insulte, il lui ferait alors la morale pendant une demi-heure avant de finir par cracher le morceau : il n'avait pas sortit le moindre truc intelligent de sa tête depuis près d'une semaine et c'était totalement impensable.

-Oh là... ça va, oui ?! Tout doux, on se calme, ma poule, tu veux ? Essayerait d'articuler l'artiste en tirant sur sa cigarette et remontant son chapeau sur le haut de son crâne.

Jude dans un accès de colère ferait voler ledit chapeau quelques mères plus loin et pointerait son loin doigt fin sous le nez d'Anton en lui retirant d'un geste sec la cigarette des lèvres au passage, qui elle aussi finirait sur le sol.


-Tu vas me faire le plaisir de te réveiller, fainéant de mes deux ! Et faire quelque chose de tes dix doigts et de ton cerveau si tu veux pas que je t'ouvre le ventre avec mes ongles, que je plonge mes mains dans ta carcasse chaude et que j'en sorte tes foutus intestins que j'enroulerais délicatement autour de ton coup avant de te pendre à un arbre ! Crierait alors Jude. Et son halène pestilentiel ferait rebrousser les narines d'Anton qui répondrait pas un :

-Okay, okay. Lasse. Jude lèverait les yeux au ciel, exaspéré; Soupirerait bruyamment avant de disparaître dans une explosion de fumée violette à étincelles rouges.

Anton repousserait sa chaise, se lèverait avec difficulté et sortirait dans la rue, guitare dans le dos, chapeau (ramassé) sur le haut de la tête, clope au bec. Il pisserait contre une gouttière en pestant contre cette saleté de Jude. Une fois sa braguette remontée il reprendrait son chemin, évitant le moindre amoncellement de foule. Il rentrerait chez lui et composerait jusqu'à ce que la lune soit haute dans le ciel et que l'anguille qui habite dans la canalisation de son lavabo ne se mette à faire un bruit de crécelle.

-Toi, demain je t'attrape avec du porridge goût orange/banane et je te fais frire dans l'huile pour le déjeuné ma petite.

Tous les soirs quand elle commençait à jouer de la crécelle Anton répétait la même chose, mais le lendemain matin au réveil, il n'avait jamais le coeur de le faire, après tout, ça faisait de la compagnie un peu plus agréable que Jude quand il était dans ces mauvais jours.
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Connor Peek
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MessageSujet: Re: INTRIGUE 1.0 : LA GRANDE PARADE IMPERIALE [28 Février 2100 - CLOS]   Ven 9 Juil - 7:35

Comme à son habitude, Connor avait dormi d'un sommeil lourd et réparateur et ce malgré la journée plutôt chargée qui l'attendait en ce jour de Grande Parade. C'était mal le connaître que de penser que ce genre de choses pouvaient l'empêcher de se reposer tranquillement. Il fallait qu'il soit en forme pour gérer avec sang-froid la mission qu'on lui avait confiée et c'est en gardant simplement cela en tête qu'il avait été se coucher. Sa tâche, elle, ne différait que quelque peu de ses activités habituelles. Il serait certes présent pour faire disparaître des preuves, mais ces dernières étaient des personnes bien vivantes qu'il devait aider à mettre en sécurité. De plus, il n'allait pas réellement nettoyer une scène, mais au contraire la « salir » afin de faire croire à la mort de leur collègue Shela Hennessy. Rares étaient les fois où il avait dû faire ce genre de choses, cependant, connaissant tout ce qu'il y avait à savoir sur le sujet, il avait été tout désigné pour accomplir ce travail. Son rôle, bien que primordial, comportait toutefois des risques supérieurs à la normale. En effet, il allait devoir agir en plein jour, sur une place bondée de monde et remplie d'Homme en Rouge qui n'attendraient qu'une chose: mettre la main sur les rebelles responsables de ces explosions. Il allait devoir redoubler de prudence et être à l'affut du moindre mouvement suspect au milieu de ce qui allait être un chaos des plus total. A n'en pas douter, la chose allait être compliquée, mais heureusement pour lui et pour celle qu'il devait faire disparaître, il ne serait pas seul. D'autres résistants, mêlés incognito à la population, avait pour mission de faire le guet, même si cela allait être rendu difficile par les mouvements de foule qui suivraient les déflagrations. A vrai dire, le Fossoyeur comptait légèrement sur l'absence totale d'ordre et de coordination et sur la panique absolue qui l'entourerait pour faire son travail dans les meilleures conditions de sécurité.

Toutefois, avant de devoir penser à cela, il avait une journée entière dont il pourrait profiter à loisir. Il ne se pressa donc pas pour émerger de sous sa couette, ses paupières encore collées, baillant à s'en décrocher la mâchoire. Il se tourna vers Suzy et lui déposa un baiser sur l'épaule avant de s'asseoir au bord du lit et de se frotter énergiquement les yeux. Il s'étira durant de longues secondes avant de se lever, un sourire aux lèvres, et de se diriger vers la cuisine pour un petit-déjeuner gargantuesque. Après avoir avalé son café et son jus d'orange ainsi que ses toasts et ses pancakes. Il prit discrètement la direction de la salle de bain en prenant bien soin de ne pas réveiller sa petite femme. Il avait bien dormi, certes, mais il s'était tout de même levé aux aurores et il était hors de question d'imposer ses horaires impossibles à sa douce moitié. Une douche et des vêtements propres plus tard, il se retrouva assis dans le canapé de son salon, l'obscurité de la pièce s'éclaircissant petit à petit tandis que le jour se levait doucement au-dehors. Un bloc de feuilles sur les genoux, un crayon gris à la main, il travaillait sur le dessin qu'un client lui avait commandé. L'œuvre, une grosse pièce emplie de détails, n'était pas simple à réaliser, mais se concentrer ainsi lui procurait une sensation de paisible sérénité qu'il appréciait, particulièrement lorsqu'il avait un travail à accomplir pour la Cible par la suite. Le calme avant la tempête en quelque sorte, c'était là sa manière de se préparer. Il passa deux heure à fignoler son tatouage, avant de se décider à partir pour son studio où quelques clients, peu friands de festivités impériales, l'attendaient. Il passa en coup de vent dans la chambre pour embrasser une nouvelle fois sa compagne avant de partir, puis il ramassa ses affaires et sortit d'un bon pas de leur appartement, atterrissant rapidement dans l'air froid de la rue où des vagues de personnes se dirigeaient vers le Centre-Ville. Lui devait prendre la direction opposée et se sentit comme un saumon remontant la rivière durant les dix minutes que durèrent son trajet.

Lorsqu'enfin il fut arrivé, il constata avec un grand sourire que l'un de ses habitués était déjà arrivé. L'homme avait le corps presque entièrement tatoué, cependant, il arrivait toujours à trouver une petite place inexploitée pour l'une de ses nombreuses idées. Sans attendre, Connor le fit entrer et lui apporta café et biscuits tout en discutant joyeusement. Il adorait ce contact avec ses clients, qu'ils soient de longues dates ou non. Il passa donc un excellente journée faite uniquement de bons moments. Après sa pause déjeuner, il reçut encore une personne avant de fermer son salon et de se préparer à passer aux choses sérieuses. Il serait impossible d'introduire tout le matériel dont il aurait besoin dans la zone de la Parade sans se faire embarquer dans les salles d'interrogatoire du Commissariat Central. Il devait donc retrouver l'un des leur, infiltré dans la Milice depuis longtemps et qui avait pu faire passer tous ses ustensiles, du moins l'espérait-il. Il partit par conséquent sans bagage quelconque vers 16h afin d'arriver au centre dans les délais. Il n'avait absolument pas suivi tout ce qui avait pu se dérouler jusque là et il n'en avait, il fallait l'avouer, plutôt rien à foutre. Pourtant, il ne fut pas étonné de voir les gens au bord de l'hystérie collective, savourant, à tort, une journée de congé consacrée uniquement à adorer, célébrer et glorifier celle qui les torturaient perpétuellement et de bien des manières. Tout cela le dégoûtait au plus haut point et le peinait énormément. Quand allaient-ils ouvrirent les yeux? Peut-être aujourd'hui, dans quelques heures, lorsque les charges sauteraient. Rien n'était moins sûr, mais il fallait toutefois mener le plan à bien, ne serait-ce que pour sauver des vies. C'était là qu'il allait intervenir et lorsqu'il entra dans la place du Palais Impérial, son cœur se serra en voyant le mur criblé de balles devant lequel tant d'êtres humains innocents avaient péris. Il reprit cependant rapidement ses esprit et chercha du regard le Milicien qui lui indiquerait où se trouvait son matériel. Après avoir tourné en rond durant une bonne demi-heure, affichant un sourire de circonstance pour donner le change, il réussit enfin à mettre là main sur l'homme en question qui lui indiqua un recoin sous l'estrade servant aux exécutions. Rassuré de savoir que tout se déroulait jusqu'à présent selon les plans convenus, le tatoueur partit à la recherche d'une bonne place pour la suite du spectacle.

Il réussit à se faufiler dans l'un des premiers rangs derrière les barrières de sécurité, sa stature et son allure facilitant son avancée en dissuadant rapidement les éventuels protestataires qui auraient voulu se plaindre de la manière qu'il avait de leur passer devant. Ne lui manquait plus qu'à attendre que l'heure des exécutions arrive, ce qui lui paru prendre un temps interminable. Lorsqu'enfin les bombes explosèrent, le souffle le projeta sur de malheureuses personnes qui ne s'attendaient pas à recevoir une telle masse sur le coin du nez. Sa tête tournait légèrement lorsqu'il se releva et il prit quelques secondes pour se remettre les idées en place. Ses yeux se fixèrent ensuite immédiatement sur ceux qu'il devait secourir, à savoir les condamnés à mort. Ni une ni deux, il se fraya un chemin dans la foule, ses oreilles martelées de hurlements que les détonations avaient rendus sourds, sauta ensuite une barrière qui n'était à présent plus du tout surveillée et se dirigea droit sous la tribune d'où il tira un gros sac noir. Il n'y avait pas de temps à perdre, il devait s'occuper de donner certaines informations à deux prisonniers avant de faire disparaître Shela de la surface de la Terre. Il se précipita donc vers les personnes en questions qui gisaient à terre avec les autres détenus. Déjà d'autres membres de la Cible arrivaient en renfort, chacun s'occupant de remettre d'aplomb les personnes qu'ils étaient chargés d'aider. Ils étaient cinq en tout à donner des claques énergiques aux condamnés afin de les réveiller, avant de venir se servir dans le sac de Connor. A l'intérieur, ils avaient pris soins de cacher des vêtements salis, des chapeaux, bonnets et écharpes qui cacheraient le visage des fugitifs, mais également, et surtout, des nouveaux papiers d'identité. Le tout était multiplié par dix avec chacun une adresse à rejoindre afin d'être pris en charge par des résistants qui leur feraient quitter le pays. L'homme s'occupa de donner tout cela à ses compagnons à présent libres et qui n'en croyaient pas leurs yeux. Installés sous la tribune afin de ne pas éveiller les soupçons, ils se changèrent avant de partir rejoindre un lieu plus sûr. Cette partie de la mission accomplie, le Fossoyeur passa au « nettoyage » de la scène. Il rejoint Shela qui était revenue à son point de départ après s'être changée et qui regardait le corps de Demierre qui gisait à présent à ses pieds. Il lui fit un grand sourire rassurant avant de sortir des ciseaux du fond du sac, ainsi qu'un couteau. Cela n'avait sûrement rien de rassurant et à vrai dire, ce qui allait suivre n'aurait rien de plaisant pour la jeune femme.


- Shela, il va falloir que tu me fasses confiance, okay? Je ne vais pas te mentir, ça va faire mal, très mal même, mais il ne faut pas qu'on se fasse remarquer. Alors tu vas mordre ça, d'accord?

Il lui tendit un morceau de tissu propre qu'elle fourra dans sa bouche d'une main tremblante tandis qu'il lui caressait rapidement les cheveux dans un geste qui se voulait réconfortant. Il lui lança un regard désolé alors qu'il déchirait brusquement son pantalon et plantait son couteau d'un geste vif dans sa cuisse. Il réussit à faire abstraction des cris de la jeune femme dont il venait d'arracher un morceau de chair qu'il mit dans un conteneur réfrigéré avant de placer une bouteille sous la blessure et de récolter le sang qui s'écoulait abondamment de la plaie. Cela n'avait rien de réjouissant, mais il était nécessaire d'avoir des preuves ADN à fournir pour l'identification. Après un rapide bandage, il s'empressa de lui couper une bonne mèche de cheveux ainsi que deux ongles. Il rassembla le tout dans un sac plus petit qu'il donnerait plus tard à son fameux collègue Milicien, puis confia Shela aux bons soin de l'un des résistants qui allait à présent l'aider à s'enfuir. Ne restait plus qu'à mettre en place la mise en scène, l'idée étant qu'un autre cadavre ressemblant plus ou moins à l'ancienne dame de compagnie prendrait sa place. Comment avaient-ils réussi à se procurer un corps? Difficilement, mais il fallait avouer que ce n'était pas tant trouver une morte crédible que de savoir où la garder le jour de la GPI, qui avait posé problème. Plusieurs visites aux différentes morgues leur avait permis de mettre la main sur une dépouille que personne n'était venu réclamer. Après quelques réajustement tel que couleur de cheveux, lentilles colorées et blessures afin de rendre son visage méconnaissable, tout avait été prêt. Elle ne faisait peut-être pas exactement la bonne taille, mais Connor savait que personne ne s'en soucierait vraiment. Il avait pu apprendre que la jeune femme était une prostituée morte d'overdose, ainsi que son nom. Il avait été déposer un bouquet de fleurs pour elle dont la disparition ne serait même pas remarquée mais qui ferait beaucoup pour leur cause sans même le vouloir.

Les premières ambulances arrivèrent enfin et là résidait la clé de la dernière partie de sa mission. Pour le moment, tout c'était bien déroulé et il priait pour que la foule, qui continuait à courir dans tous les sens, occupe encore un moment les Hommes en Rouge qui tentaient de rétablir un semblant d'ordre. Après quelques minutes d'attente, le nettoyeur vit arriver vers lui une civière sur laquelle on pouvait distinguer, si l'on y prêtait attention, une forme sous un drap blanc. Le gouvernement utilisait parfois cette technique pour avoir des images de « civils tués par les terroristes de la Cible », alors qu'il s'agissait bêtement de simples mannequins. C'était donc le moyen le plus efficace et le moins risqué pour amener le cadavre de celle qui serait à présent connue sous le nom de Shela Hennessy. Après un salut rapide d'un simple mouvement de tête, le Fossoyeur aida à déposer le corps à terre qu'il s'empressa d'imbiber du sang récolté plus tôt, laissant toutefois un fond dans la bouteille. La femme portait des vêtements de condamnés également salis et après avoir jeté un dernier coup d'œil à la scène, il ramassa son sac et s'enfonça dans la foule. Il remit plus tard les preuves ADN qu'il avait récoltées et qui permettraient de définitivement déclarer morte l'ancienne dame de compagnie. Une autopsie suivrait, truquée bien sûr car réalisée par l'un des leur. Le laboratoire recevrait des échantillons provenant tous de la véritable Shela, ce qui leur permettrait d'affirmer que c'était bien elle qui avait péri dans l'attentat, à la plus grande satisfaction de Joane Livingstone qui ne se douterait de rien.


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Shela Hennessy

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MessageSujet: Re: INTRIGUE 1.0 : LA GRANDE PARADE IMPERIALE [28 Février 2100 - CLOS]   Ven 9 Juil - 17:16

Shela venait de passer ces deux dernières semaines dans une cellule froide et humide du Palais Impérial, celle-là même dans laquelle elle avait été jetée lorsque sa relation avec le Ministre avait été découverte. Elle avait immédiatement été torturée et violée par l'immonde petite ordure qu'était Darius qui ne lui avait pas laissé la moindre dignité. Il l'avait blessée et humiliée et cela même devant les yeux de l'homme qu'elle aimait tellement qu'à cause de leur imprudence, elle se retrouvait à présent condamnée à être exécutée. Elle ne lui en voulait cependant pas le moins du monde. Elle l'avait vu lutter de toutes ses forces et avait décelé dans ses yeux toute la rage et la haine qu'il pouvait ressentir à rester ainsi impuissant devant cette scène cauchemardesque. Mais malgré tous ses efforts, il n'avait rien pu faire, personne n'aurait pu d'ailleurs et il appartenait maintenant à la jeune femme de ne pas se laisser totalement détruire par ces évènements pour les quelques jours qui lui restaient à vivre. Elle savait pertinemment qu'une action de la Cible était prévue pour la Grande Parade et elle aimait à penser que, peut-être, ses amis ne la laisseraient pas tomber et la sauveraient. Et puis il y avait Luc aussi... elle le connaissait par cœur depuis toutes ces années et elle était persuadée que jamais il ne la laisserait monter sur l'échafaud sans avoir tout tenté pour la sortir de là. Il donnerait même sa vie si cela pouvait l'épargner elle, mais Joane était trop furieuse contre son ancienne dame de compagnie pour ne pas la punir comme il se devait. La jeune femme serait donc le clou du spectacle! Accompagnée de Demierre qu'elle méprisait tout autant que Livingstone. Tu parles d'un compagnon d'infortune!

Les jours qu'elle venait de passer n'avaient rien eu d'une sinécure. On l'avait interrogée, encore et toujours, sur sa relation avec De Guise, cherchant une faille quelconque dans son récit qui ne changeait pas d'un iota. Ils avaient beaux avoir des soupçons, ils ne purent prouver qu'elle était liée à la résistance et étant donné l'importance qu'elle avait aux yeux de l'Impératrice, ils ne pouvaient se permettre de trop l'amocher. Elle avait donc, de part son statut de traître, réussi à échapper à une mort certaine sous les supplices de Miliciens sadiques. A croire que dans son malheur, il y avait aussi du bon. Elle était toujours envie, ce qui relevait du miracle après tout ce temps passé dans les cachots, et elle n'avait pas trahi la Cible. Son esprit était donc apaisé, tout du moins autant qu'il aurait pu l'être en pareilles circonstances. L'unique pensée qui venait la troubler était celle qu'elle portait à son amant. Neuf années de danger et de cachoteries mais surtout de bonheur et de plaisir partagés. Elle avait commencé à l'aimer dès cette rencontre passionnel sur un balcon, un soir de bal et depuis, ses sentiments n'avaient fait que se renforcer à mesure que le temps passait et qu'ils apprenaient à se connaître. Son cœur s'était brisé lorsqu'il avait cru durant quelques minutes qu'elle pouvait avoir joué avec lui afin d'obtenir des informations pour les rebelles, mais lorsqu'elle s'était précipitée pour prendre une balle à sa place, il avait compris. A partir de cet instant, ils n'avaient eu que très peu de moments d'intimité et la jeune femme aurait tout donné à ce moment pour serrer l'homme de sa vie une dernière fois dans ses bras. Il devait s'en vouloir à mort de tout ce qu'elle avait pu subir, elle le savait pertinemment et n'était pas tant inquiète pour elle mais plutôt pour lui. Qu'est-ce qu'elle n'aurait pas fait pour pouvoir l'apaiser! Lui parler d'une voix calme et douce et lui dire que rien n'était de sa faute, qu'elle avait passé les meilleures années de sa vie auprès de lui et qu'elle préférait mourir pour sa cause, pour eux, plutôt que de ne l'avoir jamais connu. Mais, la cruauté et le sadisme de Joane étant ce qu'ils étaient, Luc n'avait, bien évidement, pas eu de droits de visite. D'ailleurs, les seules personnes que l'ex-dame de compagnie avait croisées étaient deux gorilles habillés de rouge, celui qui l'interrogeait et celui qui lui apportait ses maigres repas. En-dehors de ça, elle vivait sans le moindre contact avec l'extérieur et passait ses journées allongée sur son matelas défoncé à rêver et s'inquiéter de se amant, tentant par tous les moyens de chasser les images écœurantes de ce qu'elle avait subi.

C'était d'ailleurs à cela qu'elle était occupée lorsqu'on vint la chercher tôt ce matin-là pour l'emmener prendre une douche. Une jeune milicienne, petite et assez frêle, l'accompagna pour la surveiller, lui donnant du savon et des vêtements propres qu'elle ne porterait qu'une seule fois. Ce fut là l'unique moment où une personne fut aimable avec elle dans ces sous-sol. En effet, l'apparente nouvelle recrue n'avait pas encore eu le temps de devenir complètement pourrie et faisait preuve envers Shela d'égards qui auraient pu la mettre sur la liste des gens à arrêter! Elle lui parla avec calme et, plus important que tout, avec respect. La maîtresse du Ministre réussissait à sourire avec tristesse afin de la remercier de ses attentions qui lui apportaient un peu plus de force pour faire face à ce qui l'attendait. Lorsqu'elle en eu fini, elle fut ramenée à sa cellule où elle dû prendre son mal en patience en attendant son dernier repas qui n'aurait rien de plus que tous les précédents. La peur commençait peu à peu à l'envahir et elle était persuadée que jamais elle ne réussirait à tenir le coup. Quand 18h sonnèrent, elle failli s'évanouir sous la pression. Une sorte de brouillard l'empêchait de penser clairement et obscurcissait son esprit. Une chose était sûre : elle allait mourir, aujourd'hui, dans à peine trente minutes. Les dernières de sa vie que venaient partager ses deux geôliers venus à présent la chercher. Ceux-ci la traînèrent sans aucun ménagement jusqu'à un fourgon dans lequel elle rejoignit ses compagnons d'infortune. Aucun n'avait le cœur à parler, perdus dans leurs propres pensées, revivant les moments clés de leur vie, pleurant en silence, recroquevillé sur eux-mêmes. La jeune femme ne dérogea pas à la règle et, le regard dans le vide, repensa à se remémora quelques souvenirs heureux, chassant de son esprit ceux qu'elle avait passé dans les sous-sol.

Arrivés sur la place, ils descendirent un à un du véhicule et s'alignèrent en attendant qu'on les force à avancer. Aucun d'eux ne résistait plus réellement et Shela était trop absorbée par la lueur du soleil et l'air frais qui lui fouettait le visage pour tenter quoique ce soit. De toutes les manières, ils n'avaient aucune chance de s'en sortir, pas seuls en tout cas. Mieux valait donc profiter de ces derniers instants pour savourer la douce chaleur des rayons qui les frappaient de plein fouet ainsi que le léger vent qui venait de se lever. Ils furent rapidement amenés au lieu d'exécution, sous les huées et projectiles divers que la foule croyait bon de leur jeter à la figure. La jeune femme n'y prêta aucune attention, tout concentrée qu'elle était maintenant sur un visage bien connu qu'elle distinguait un peu plus loin dans la tribune officielle. Lorsque Luc De Guise s'avança et commença son discours, sa maîtresse ne pu retenir ses larmes. Elle était triste, apeurée et surtout en colère de ne pouvoir vivre en toute quiétude avec l'homme qu'elle aimait. Cette voix qu'elle connaissait si bien réussit toutefois à la calmer, l'emplit d'une douce chaleur et la réconforta bien qu'elle soit en train de proclamer des mensonges. Elle n'avait pu l'étreindre une dernière fois, mais au moins pourrait-elle profiter de l'entendre, lui qui ne tremblait pas malgré ce qu'il pouvait ressentir. Les quinze minutes d'actes d'accusation et de sentences passèrent bien trop vite au goût de l'ancienne dame de compagnie. Des miliciens amenèrent les premiers condamnés devant les fusils que d'autres prenaient maintenant soin de charger. Tiraillée entre ce spectacle douloureux et celui non moins réjouissant du Ministre qui était devenu livide, Shela avait envie de hurler. La scène lui semblait si pathétique! Si irréelle! Cependant, elle n'eût pas le temps de penser à autre chose qu'une explosion la projetait à terre, lui faisant perdre connaissance au passage. Elle n'entendit pas les deux autres déflagrations et lorsqu'elle se réveilla sous les claques d'un rebelle, elle ne comprit plus rien. Que s'était-il passé? Où était-elle? Pourquoi tous ces bruits assourdissants? Sans avoir une quelconque réponse à toutes ces questions, elle fut remise debout et poussée jusque sous une estrade. Là, un peu plus au calme, elle reconnu l'homme qui lui faisait face et lui souriait. Un membre de la Cible!


- Tu croyais toute de même pas qu'on allait vous laisser mourir comme ça non?

Trop heureuse d'être sauvée, la jeune femme ne pu rien faire d'autre que de se jeter au coup de l'un de ses sauveurs qui, après quelques secondes et une tape dans le dos, la ramena à la réalité. Ils devaient se dépêcher et filer en vitesse avant de se faire remarquer. Elle se changea donc aussi vite qu'elle le pu avant de ressortir dans le chaos qui les entourait. Son compagnon l'abandonna quelques instants là où il l'avait trouvée afin de s'occuper des autres personnes présentes. Son regard se promenait tout autour d'elle, son esprit essayant d'analyser ce qu'elle voyait, lorsque ses yeux se posèrent sur une forme allongée à ses pieds. Demierre. Défiguré par un débris, totalement méconnaissable, mort. Elle ne savait si elle devait se sentir soulagée ou non, triste ou heureuse et n'eut en réalité pas le temps d'y réfléchir plus longuement qu'une autre pensée la frappa aussi violemment que si elle s'était pris un coup de poing en pleine figure. Luc! Où était-il? Etait-il blessé? Comment allait-il? Elle devait savoir! Mais ce fut à ce moment qu'elle fut rejointe par le Fossoyeur de la Cible qui devait apparemment s'occuper de la faire « disparaître ». Le couteau aiguisé et les ciseaux détournèrent momentanément son attention de son amant et ne la rassurèrent pas, tout comme les paroles qu'il lui adressa. Elle pensait avoir compris ce qu'il s'apprêtait à faire et obéit docilement à ses instructions malgré sa peur et son appréhension. Mettant l'épais bout de tissu dans sa bouche, elle détourna le regard tandis que Connor s'apprêtait à récolter les preuves de sa mort. Lorsque la lame pénétra sa peau, une douleur fulgurante l'assaillit et un long hurlement étouffé traversa ses lèvres. Elle chancela, réussit à tenir sur son autre jambe quelques instants, puis s'écroula au sol. L'homme n'avait pas encore finit son travail et récoltait à présent son sang, restant incroyablement concentré malgré les cris incessants poussés par Shela. Quand la bouteille fut bien remplie, il s'occupa enfin d'elle, lui faisant un pansement sommaire mais efficace qui avait eu le don de stopper l'hémorragie. Après un regard de remerciement malgré le fait qu'il venait littéralement de lui arracher un morceau de chair, elle fut relevée par un autre homme qui l'aida à se relever et à marcher à travers la foule hystérique. A vrai dire, il la portait carrément, incapable qu'elle était de se tenir debout et réussit au prix de gros efforts à les sortir de cet enfer. Après une bonne vingtaine minutes de marche dans les rues plus calmes des bas-fonds, ils arrivèrent enfin à destination, dans un petit appartement où elle allait être soignée avant de quitter le pays pour de bon.
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Siobhán Mac Mahon
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MessageSujet: Re: INTRIGUE 1.0 : LA GRANDE PARADE IMPERIALE [28 Février 2100 - CLOS]   Sam 10 Juil - 1:42

Siobhán Mac Mahon n’avait pas été aussi apaisée depuis bien longtemps. Calme. Comme… libérée. Comme elle l’avait dit à Uriel quelques jours auparavant, elle touchait au but. Pas son objectif final, bien sûr, étant donné que la pétasse blonde qui gouvernait despotiquement l’Empire n’était pas morte, loin de là. Mais le plus important de ses objectifs secondaires, à savoir, réussir à rentrer dans la Cible. Elle était arrivée à Hegemony un peu plus d’un an auparavant, et s’était faite un nom –enfin, un nom de code !- parmi les « grands du crime » qui régnaient sur la ville. Entre guillemets, puisqu’elle n’était pas vraiment connues en tant que serial killer qui assassinerait pour son plaisir, mais comme homme (enfin, femme) de main de première qualité. Elle était Ludwig, tueuse à gages, sniper d’élite, à l’occasion passeuse. Parfois charmeuse, toujours dangereuse, elle était connue pour son taux de réussite exceptionnel et ses méthodes méticuleuses qui ne laissaient place à aucun soupçons. Accident. Morts naturelles. Suicide. Mais très rarement meurtres. Ses victimes ne laissaient aucun message, aucun indice, puisqu’elle ne laissait jamais aucun détail au hasard. Minutie, méthode, rigueur… et résultat. Peut-être que sa réputation avait été portée jusqu’aux oreilles des « parrains » de la Cible. Peut-être que son discours enflammé au résistant infiltré avaient été rapporté. Ou peut-être que son comportement dans le bar du Dernier Pétale avait été remarqué. Peut-être rien de tout cela. Plus sûrement un mélange. Toujours était-il qu’après sa conversation avec Mnémé, le résistant haut placé à qui elle avait (certes pas seule, mais si elle n’avait pas été là, il y aurait sans doute eu, sans se vanter, plus de dégâts parmi les gentils) sauvé la vie, il avait été décidé qu’elle pourrait rentrer dans l’organisation que l’Empire qualifiait de terroriste. Et, plus important, qu’elle pourrait participer au coup d’éclat qu’ils comptaient mener le jour sacrosaint de la Grande Parade Impériale.

Red en jubilait déjà. Porter un coup –et quel coup !- à l’empire le jour même ou sa dégénérée de dirigeante croyait avoir atteint le paroxysme de la domination et le montrait à tous, quel honneur pour une écossaise ! Surtout que son rôle ne serait pas des moindres. On avait décidé de mettre ses compétences à profit (choix fort intelligent, ma foi) et de lui confier l’élaboration des trois bombes qui exploseraient le jour J. Une marque de confiance qui toucha la jeune femme. Après tout, ils ne la connaissaient pas vraiment. Elle pourrait tout à fait être une espionne particulièrement zélée (qui n’hésiterait pas à tuer quelques uns de ses camarades pour se faire bien voir) et fabriquer de faux explosifs. Ce qui aurait été dramatique, sans nul doute. Mais l’écossaise était sincère lorsqu’elle exprimait sa haine à l’encontre de l’Empire et son profond besoin de venger ses parents et les milliers d’écossais morts sur le front. Elle était l’un des rouages de la machine conçue par Abigaïl Foster et renforcée par Mnémé et tous les autres. Mais elle espérait secrètement que ça serait son arme qui tirerait la balle qui se logerait dans le cœur noir de Joane Livingstone. Pour autant qu’elle ait un cœur et ne soit pas juste un robot.

Trèves de pensées. Ludwig était rentrée chez elle après la discussion et s’était assise en tailleur sur le sol, des feuilles de papiers étalées autour d’elle. Elle se mit à réfléchir. On lui avait commandé trois bombes. Il faudrait qu’elle soit commandées par un détonateur, et assez stable pour ne pas exploser malencontreusement. Ce qui excluait la nitroglycérine pure. En revanche… utiliser la nitroglycérine alliée au nitrate de sodium pour faire des bombes a base de dynamite, ça pourrait marcher. Le mieux aurait été des bombes électroniques, bien évidemment, mais en confectionner trois dans un délai de deux semaines, alors qu’elle était seule… c’était de la folie. Par contre, une, c’était tout à fait faisable. Prenant frénétiquement des notes, elle imagina l’attentat d’un point de vue pratique. Il faudrait une bombe principale qui permettrait de créer la confusion et la panique, afin de pouvoir libérer les prisonniers. Mais aussi deux bombes secondaires, qui elles permettraient, dans l’idéal, de masser la foule dans un endroit non touché (la seule issue pour les moutons qui attendaient les exécutions) de façon à créer un no man’s land dont le centre serait les condamnés, où les résistants pourraient circuler en toute sécurité. Deux bombes fumigènes. Non, deux bombes explosives ET fumigènes. Une électronique. Eh ben, elle allait avoir du boulot, la rouquine ! Et son appartement n’était pas assez équipé, il y avait juste de quoi faire quelques cocktail Molotov. Pas très discret, de voir quelqu’un sortir une bouteille de verre et la lancer. Bon, ça faisait du dégât, mais c’était pas suffisant. Loin de là. Elle devrait se rendre au Labo.

L’orpheline sourit à cette pensée. Il y avait quelque temps qu’elle n’y avait pas mis les pieds. Le Labo, c’était l’antre de Nero. Le seul qui serait capable de lui filer le matos afin de mener à bien cette mission. Nero était arrivé peu de temps après elle dans la capitale de l’Empire. Au cas où, avait-il dit. Elle faisait appel à lui pour confectionner des fausses licences lorsqu’elle piquait un HK USP à la milice. Ou, comme pour ce cas, pour utiliser des composants électroniques introuvables partout ailleurs, sauf dans les laboratoires de recherche impériale (là ou elle s’approvisionnait parfois, d’ailleurs). Elle s’empara de la clé, planquée sous une latte de plancher et se rhabilla. Fourrant ses notes dans son sac, elle eut une pensée pour son ami d’enfance. Faudrait qu’elle aille sur sa tombe, un de ces quatre.

Ombre parmi les ombres, la tueuse se glissa dans la rue à la faveur de la nuit, et marcha, silencieuse, féline, tous ses sens en alertes. Le Labo se trouvait non loin, mais se faire chopper par une patrouille, ça aurait été dommage. Ce fut sans encombre qu’elle arriva au lieu-dit, situé au sous-sol d’un immeuble abandonné, après avoir parcouru un bout de chemin dans les souterrains, à genoux, en évitant les rats. Empêchant la nostalgie de brouiller sa concentration, elle alluma la lumière et embrassa la pièce du regard. Elle sentait presque la présence de son ami. Mais elle avait une mission, et écarta bien vite son défunt complice de ses pensées –momentanément.

Les jours passèrent. Red avançait peu à peu dans son fastidieux ouvrage. C’était la bombe électronique qui lui donnait le plus de fil à retordre, en fin de compte. Normal. Les autres, elle en avait fait des dizaines de fois, et elle les avait bien vite terminées. Mais ce type d’explosif, elle l’utilisait rarement. Trop chiant à faire. Pourtant, elle mettait tout son cœur dans cet assemblage de circuit. Il fallait que tout soit parfait. Elle mangeait quand elle y pensait, dormait sur le vieux matelas de Nero, et sortait parfois se vider la tête et respirer l’air frais. Trois jours avant la Grande Parade, elle s’effondra sur une chaise, contemplant les trois valises et les trois détonateurs qu’elle venait de terminer, et qui trônaient fièrement sur la table. Elle avait réussi. Le matériel de Nero l’y avait bien aidé, et rien que pour ça, il méritait qu’elle aille dévaliser un fleuriste pour embellir sa tombe. Fatiguée, le teint cireux, les doigts tremblants, elle composa sur son portable le numéro d’Evan. Elle dit d’une voix lasse, mais heureuse :

- J’ai terminé. Je te les apporte ce soir.

Rien de plus. Cela suffisait. Siobhán fit passer les bombes au résistant un peu plus tard dans la journée et faillit lui sauter au cou lorsqu’il lui laissa un détonateur. Puis elle rentra chez elle, excitée comme une gamine la veille de son anniversaire. Elle prit une douche, et s’écroula sur son lit où Morphée vint la prendre avant qu’elle ne s’en rende compte.

Le lendemain, lorsqu’elle ouvrit un œil, le soleil était déjà haut et son premier réflexe fut de regarder l’heure. Presque deux heures. Faut croire qu’elle avait du sommeil en retard. Sa première pensée fut le mot « Aujourd’hui », que sa conscience prononça avec une joie non dissimulée. La jeune femme, sans bouger de son lit, ramassa son carnet, et relut les notes qu’elle avait prises. En ce moment, le gratin impérial était à la garden party. Un dénommé BlackBird qu’elle ne connaissait pas ainsi qu’une autre recrue formaient la plaque tournante et relayaient les infos qu’ils entendaient grâce à des micros posés sur les robes des femmes Livingstone. Evan était sur place en tant que journaliste. Les autres s’affairaient. Elle ignorait qui aurait la responsabilité des deux autres bombes. C’était pas plus mal, même si son instinct professionnel l’aurait empêchée d’essayer de les voir et de leur parler. Elle ne s’occuperait que de sa bombe. Et pour le reste, tout irait bien, puisqu’elle s’était promis de ne plus jamais foirer une mission. D’autant que si une bombe ne pétait pas au moment prévu, la faute retomberait sur elle. Et elle ferait tout pour éviter le déshonneur.
L’écossaise se noya sous une douche brûlante, et se prépara. Aujourd’hui, pas de cuir, pas de noir. Cela la ferait trop remarquer, parmi les béotiens du peuple. Elle choisit une robe courte à manche longue, assez ajustée, en tissu rouge et au décolleté conséquent, enfila des bas, mis ses bottes à talons haut et se vêtit de son blouson de cuir. Dissimulant le détonateur dans son soutien-gorge, elle attrapa un sac vidé de tout contenu suspect et partit. Elle fut sur place vers quatre heures trente, et fit mine de flâner, se donnant l’air d’une groupie en avance, observant la configuration des lieux et se remémorant le plan du piège qu’ils avaient mis en place. Se gardant bien d’approcher les endroits stratégiques où attendaient les explosifs, elle regarda les miliciens à l’œuvre en regrettant presque de pas avoir de flingue pour pouvoir faire un beau carton. Puis elle remarqua le petit brun qui l’avait mis en contact avec la Cible. Elle sourit intérieurement, mais resta impassible en surface, appliquant ce qu’il lui avait dit et ce que son professionnalisme lui aurait conseillé : faire mine de ne pas le connaître. Résistant à l’envie d’aller le draguer, juste pour s’occuper (hrp : désolée, j’ai pas pu résister^^) elle se posta près des barrières et attendit. La foule la rejoignit peu à peu, et bientôt, l’Impératrice et sa cour de chiens galeux furent sur place. Dire que cette grognasse était tout près d’elle, fière comme un paon en rut dans sa robe empire bleu nuit, et qu’elle ne pouvait même pas la toucher ! Mais bientôt viendrait son heure. Elle s’éloigna un peu du cœur des opérations, et se dirigea avec discrétion près de l’endroit de SON explosion. Red s’équipa du micro où BlackBird parlait toujours : c’était lui qui lui donnerait le feu vert, étant donné qu’elle ne pourrait pas voir par elle-même.

Des bribes de discours portées par le vent lui parvenaient aux oreilles, de mêmes que la respiration régulière de son interlocuteur, de l’autre côté du micro. L’heure approchait, et elle porta la main à sa poitrine, comme pour replacer son collier, et sortit le détonateur qui tenait dans le creux de sa main. Un unique bouton. Aucuns risques de se planter. Dans son oreille, le signal retentit. Elle appuya. Et là, elle comprit ce que pouvaient ressentir les jihadistes qui se faisaient exploser. Cette félicité, cette fierté d’avoir accompli quelque chose d’important, alors même qu’elle volait presque littéralement en arrière, portée par le souffle de l’explosion. Elle se recroquevilla près d’un mur tandis que la foule en panique fuyait exactement à l’endroit où Julianne avait voulu les entraîner. L’écossaise attendit que le fumigène atteigne son bout de mur. Puis elle disparut dans la fumée, n’ayant plus rien a faire.

Un large sourire barrait son visage.

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Suzy Weissman

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MessageSujet: Re: INTRIGUE 1.0 : LA GRANDE PARADE IMPERIALE [28 Février 2100 - CLOS]   Lun 2 Aoû - 14:56

Suzanna Weissman n’était pas une résistante, à proprement parler. Elle n’était pas activiste de la Cible, mettant juste de temps en temps ses qualités artistiques au service de l’organisation pour faire des affiches ou tagguer la propagande de l’empire. Rien de bien méchant, même si aux yeux du pouvoir en place, ce rôle pour le moins minime la condamnait déjà. Non, Suzy n’était pas une « terroriste ». Par contre, celui qu’elle considérait comme l’homme de son cœur qui partageait sa vie et son appartement, lui… Lui, c’était différent. Lui, il était l’un des maillons déterminant de la Cible, l’élément indispensable à toute scène de boucherie, celui qui faisait en sorte que ces connards de la Milice ne remarquent rien. Non, Su n’était pas une pure résistante. Par contre, elle était tout, sauf pro-empire. Et c’était sans doute pour ça qu’elle boycottait la Grande Parade Impériale. Pour ça, et parce que Connor lui avait fait part, en lui donnant le minimum d’informations, de ce qui se tramait, de l’attentat qui aurait lieu ce jour-là. Elle n’avait aucun détail. Elle savait juste que ce jour-là, autant ne pas compter sur son chéri, qui aurait beaucoup à faire.

Et même si son optimisme l’empêchait de montrer ses craintes, elle tremblait pour le tatoueur de son cœur. Mais ne dit rien. Elle acceptait ses décisions, sachant pertinemment qu’il avait accepté tous les risques qu’il aurait à courir, mais qu’il ferait tout pour lui revenir vivant, une fois de plus. Suzy aurait sans doute à lui changer les idées, lorsque viendrait le soir. C’était le moins (et la seule chose) qu’elle puisse faire. Voilà ce à quoi pensait la jeune femme alors qu’elle se tournait dans son lit, inquiète de ce qui pourrait se passer. Son regard tomba sur son homme, endormi à ses côtés. Elle lui caressa la joue avec tendresse, se demandant furtivement, comme à chaque fois qu’elle soupçonnait qu’il allait participer à quelque activité dangereuse, si elle le reverrait vivant et ce qu’elle ferait si elle perdait sa raison de vivre. La restauratrice finit par s’endormir.

Lorsque ses yeux s’ouvrirent à demie, son esprit encore englué dans le cauchemar dont elle venait de s’échapper, son premier réflexe fut de tendre la main pour toucher la peau nue du torse de Connor, et pouvoir écouter sa respiration régulière. Un des rares sons qui pouvait lui faire retrouver son calme après un mauvais rêve. Ses doigts ne rencontrèrent que le vide, et la place déjà froide de son chéri. La jeune femme se redressa vivement, le cœur serré. Repoussant ses mèches folles, elle constata qu’elle était seule dans la chambre à coucher : il n’avait pas voulu la réveiller et était parti sans elle. Quelle heure ? Presque midi ! Suzy se leva rapidement, le cœur serré par un mauvais présage. Sans doute était-ce juste à cause de son cauchemar, sans doute se faisait-elle un sang d’encre pour rien… mais elle ne pouvait s’empêcher d’imaginer le pire. Elle déglutit avec difficulté :


- Il faut que je le trouve.

Quelques minutes plus tard, elle sortait de la douche en trombe, une serviette sur la tête, enfilant ses sous-vêtements en manquant de se casser la gueule par terre. Un jean, un tee-shirt, des baskets… Elle attrapa son manteau et son sac au vol, verrouilla la porte et se mit à courir, se maudissant, elle et ses mauvais rêves, de ne pas s’être réveillée plus tôt. Peut-être qu’ils n’auraient besoin de lui que l’après-midi. Elle ne connaissait même pas l’heure exacte de l’attentat prévu. Si ça se trouve c’était déjà trop tard ! Le salon. Il fallait qu’elle passe au salon. Ses pieds martelaient le sol. Juste le revoir avant… tout ça. Même si elle s’efforçait de se dire qu’Evan et Ju avaient certainement tout prévu, que tout se passerait bien, que Connor reviendrait ce soir épuisé, mais content de lui et que pour une fois c’est elle qui ferait à manger, et profiterait de sa présence le temps d’une soirée… Malgré tout ça, Suzy avait besoin de pouvoir le voir avant les explosions. Elle accéléra, le vent giflait son visage. Elle arriverait bientôt au salon de tatouage de son homme. Su descendit la volée de marche qui menait à l’entrée et tambourina à la porte, sans réponse.

- Connor ! Bordel, mais ou il est ? Ou il est ?

Sans crier. Enfin, dans sa tête, oui, elle vociférait a en décorner les rhinocéros, mais en réalité, elle avait plutôt intérêt à pas trop faire de bruit. C’était pourtant pas dans ses habitudes, de perdre son calme comme ça. Comme quoi, un simple rêve… Un rêve et quelques circonstances. Après un regard angoissé, Suzanna repartit en trombe, sans se douter que s’il n’y avait eu aucune réponse, c’était juste parce que Connor était occupé avec un client, et qu’il avait sans doute la musique à fond…

L’artiste parcouru la ville pendant toute l’après-midi, se rendant aux endroits ou pouvait être son chéri. En marchant, le plus souvent, pour ne pas attirer l’attention des miliciens qui surveillaient que la grande journée de SAR Jo Livingstone ne soit pas réduite à néant par un mec complètement bourré ou… trois explosions, par exemple. Elle finit par se rendre à l’évidence. Son homme n’était plus disponible, elle n’avait plus qu’à attendre qu’il rentre. Angoissée comme c’était pas permis, la belle retourna chez eux, et tenta d’évacuer son stress en se noyant sous des litres d’eau froide. Peine perdue, bien que ça ait eu au moins l’avantage de la débarrasser des sueurs froides qu’elle avait amassé en côtoyant de près les porcs en rouges. Assise en tailleur sur le canapé, les yeux fixés sur l’entrée, Su attendit. Attendit que des pas familiers foulent le sol devant leur porte, qu’un bruit de clé se fasse entendre et qu’enfin, Connor apparaisse, afin qu’elle puisse se jeter dans ses bras.
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James Bell

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MessageSujet: Re: INTRIGUE 1.0 : LA GRANDE PARADE IMPERIALE [28 Février 2100 - CLOS]   Jeu 5 Aoû - 16:18

James était affalé sur le canapé de son salon plongé dans la pénombre, les yeux demi-clos, laissant les quelques rayons du soleil qui traversait la pièce lui chauffer doucement la peau. Son regard peinait à se fixer sur un point précis et un large sourire lui barrait le visage tandis qu'il levait une main pour essuyer les restes de poudre blanche sur le bout de son nez. Il porta l'un de ses doigts à ses lèvres et imprégna ses gencives – il ne faut pas gâcher! - les frottant avec une étonnante conviction vu la mollesse qui semblait l'avoir envahi. A côté de lui se trouvait une seringue vide qui avait visiblement servi et un garrot qui expliquaient la petite marque de piqûre qui s'était dessinée dans le creux de son bras. Speedball. Rien de mieux que ce fix' si spécial et aux effets si contrastés pour réussir à le détendre et à faire passer le temps, car aujourd'hui était un jour de congé. Le revendeur s'en serait volontiers passé, mais avec cette Parade, dont il se foutait éperdument, il aurait été risqué de trafiquer. Des Hommes en Rouge dans tous les coins, ce n'était pas bon pour les affaires et puis de toutes les manières, une grande partie de sa clientèle irait très certainement faire un tour au Centre-Ville pour participer à l'évènement. Quelle bande de moutons! Pourquoi aller voir une nana qui ne se préoccupe que de son nombril? Il ne comprenait pas cet engouement, mais en même temps ne disait rien contre. Réveiller les consciences, très peu pour lui, surtout qu'il trouvait dans ce régime dictatorial des intérêts bien lucratifs. Alors autant les laisser faire et prendre un peu de bon temps comme il n'en avait pas pris depuis longtemps. Il avait décidé de passer cette journée avec comme unique compagne sa dope adorée. Il l'aimait plus qu'il ne pourrait jamais aimer une femme, du moins était-ce là le sentiment qu'il avait. En même temps, il ne s'était jamais considéré comme amoureux de qui que ce soit, il ne connaissait pas les effets de cette drogue-là, se contentant avec un ravissement non dissimulé de celles qu'il pouvait se procurer facilement. Les femmes allaient et venaient dans ses bras, mais rien ne les liait mise à part leurs coups de reins échangés. Il n'aurait d'ailleurs pas été contre un peu de compagnie féminine à cet instant, mais après tout, il n'était pas si mal tout seul.

Il resta ainsi, couché sur son canapé, durant à peine cinq minutes avant de se lever, en pleine forme et rempli d'une euphorie toute artificielle. Une sensation de chaleur avait envahi son corps et ses pupilles dilatées avaient presque fait disparaître le bleu de ses yeux. Son pouls s'était soudainement accéléré et toute la fatigue qu'il pouvait ressentir s'était évanouie pour faire place à un sentiment de puissance qui le submergeait. Il était capable de tout à présent et avait besoin de se bouger. Impossible pour lui de rester assis à ne rien faire, le mélange qu'il venait de prendre le stimulait au plus haut point. Il alluma donc sa chaîne hi-fi et poussa le volume à fond avant de commencer à danser comme un fou sur les rythmes électro-rock qui lui parvenaient. Il avait une envie irrépressible de se défouler et c'est ce qu'il fit, passant d'une pièce de son appartement à une autre, rangeant deci delà ce qui lui tombait sous la main. Il se sentait bien, il se sentait invincible et rien n'était plus impossible pour lui. Il fut toutefois stoppé dans ses allées et venues par quatre petits coups frappés à sa porte. Quatre petits coups caractéristiques que n'utilisaient que les gens qu'il connaissait et qu'il appréciait. Intrigué, il se déporta jusqu'à la porte et après avoir jeté un rapide coup d'oeil par le judas, l'ouvrit pour tomber nez-à-nez avec Nemi, l'une des personnes qu'il pouvait considérer comme son amie et parfois plus lorsque l'envie les prenaient. Il l'accueillit avec une grande et longue accolade avant de lui proposer de s'asseoir et de prendre un petit quelque chose. La jeune femme avait ses petites habitudes que James connaissait. Ce qu'elle aimait, elle, c'était les amphèt' et leurs douces hallucinations, alors avant même qu'elle ne lui donne une quelconque réponse, il lui avait déposé sur les genoux ce dont elle aurait besoin. Il ne fallait pas se le cacher. Si elle était venue pour le voir spécialement aujourd'hui c'est que, de un, elle savait qu'elle allait le trouver défoncé et, de deux, qu'elle aussi voudrait se faire un trip pour passer le temps de cette interminable journée. Elle accepta donc son offre avec plaisir et avala ce qui allait la faire partir dans un tout autre monde durant les heures qui allaient suivre.

Bell, lui, s'était remis debout et arpentait la pièce en lançant des regards amusés à son hôte qui semblait déjà partir, un large sourire béat sur les lèvres. Ce qui était bien avec elle, c'est qu'il ne l'avait jamais vu faire un bad trip. Il savait que lorsqu'il prenait un fix' en sa compagnie, ce serait toujours une réussite totale et que rien ne viendrait gâcher le moment. Sans prévenir, il lui attrapa les mains et l'entraîna au milieu du salon pour danser avec lui dans des mouvements désarticulés et tout sauf coordonnés. La jeune femme se laissa bien volontiers aller à ce moment qui s'intensifia un peu plus lorsqu'elle commença à voir des choses qui étaient tout sauf réelles. Elle s'arrêta et se posa dans le canapé, entraînant le revendeur dans sa douce chute et commençant une discussion qui n'avait ni queue ni tête. Ils étaient parti pour refaire le monde et parler jusqu'à ce que leur bouche ne s'assèche, n'ayant plus aucune notion du temps qui passait ni de ce qui les entourait. Tout était là, inchangé et pourtant, dans leur vision, il y avait toujours un détail qui leur montrait que rien n'était plus pareil. Que ce soit par des hallucinations ou par le sentiment que tout était possible, sensation enivrante et pleine que n'offrait pas la réalité, pas à ce point-là en tout les cas. Cependant, leur attention fut détournée par les formes et les couleurs qui s'agitaient à côté d'eux, dans une boîte posée sur un vieux meuble défraîchi. Leurs yeux se posèrent sur le poste de télévision, là où défilaient encore et toujours, semblant ne vouloir jamais s'arrêter, des régiments entiers appartenant à différents corps de l'armée impériale. Ce spectacle les fascinait littéralement et ils ne pouvaient détacher leur regard de ces formes qui bougeaient en cadence, aussi droites et strictes que la musique qui les accompagnait mais que les deux spectateurs ne pouvaient entendre. Posé contre son amie, la tête dans le creux de son cou, l'homme se laissait envahir petit à petit par le second effet de son fix'. Son pouls s'était considérablement ralenti et, les heures passant, il commençait à présent à somnoler. Nemi quand à elle continuait de rire doucement toute seule de ce que son esprit embrumé lui faisait parvenir. La musique s'était tu depuis longtemps déjà et seuls les bruits de la TV leurs parvenaient. Ils n'avaient jamais réellement cessé de regarder les évènements qui se déroulaient au Centre-Ville à cet instant, mais l'effet hypnotique de la scène semblait avoir diminué. Pourtant, leur attention fut ravivée quand soudain, une détonation se fit entendre et que les caméras tremblèrent et se couvrir de fumée avant de se brouiller définitivement. L'opération se répéta encore à deux reprises et à chaque fois, Jim et son amie distinguaient des fragments nets et précis de ce qui se passait, comme si quelqu'un avait mis l'image sur pause. Un grand silence s'installa entre eux jusqu'à ce que le revendeur, le regard toujours fixé sur le poste, ne prenne la parole.


- BOUM!

Il avait dit cela sur un ton surpris, interloqué et quelque peu comique, ce qui détonait complètement face à l'évènement qui venait de se produire. Une fraction de seconde de silence se passa avant que les deux comparses n'éclatent de rire, ne pouvant plus se reprendre, durant de longues minutes. Ils ne réalisaient pas ce qui venait de se passer, du moins pas complètement et de toute façon, même s'ils avaient été clean, ils ne se seraient pas sentis concernés pour un sous! Entre deux hoquets, James réussi à reprendre quelque peu son souffle avant de reprendre la parole d'une voix amusée qui finit en rire.

- Il neige maintenant!

Ils repartirent de plus belle, des larmes coulant sur leurs joues pâles. Ils cherchaient désespérément de l'air entre deux rires mais rien n'y faisait, ils n'arrivaient pas à s'arrêter. Ils se bougeaient lentement dans tous les sens, ne réussissant pas à se regarder sans que cela ne provoque une nouvelle hilarité incontrôlable. Ils se retrouvèrent allongé, le revendeur ayant recalé sa tête dans le creux du cou de son amie, gloussant toujours comme des fous. La Cible avait réussi un coup de maître et Joane Livingstone avait été blessée. Le monde avait vu cela sur leur écran de télévision et comprenait, qu'il soit pro-gouvernement ou pro-résistance, les conséquences que cela allait engendrer. Tout le monde sauf James et Nemi qui, en cet instant, n'étaient occupés qu'à rire encore et toujours de ce grand boum si inattendu.
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